jeudi 11 septembre 2008

C comme Coucy-le-Château



- Village à proximité de la D1, sur la rive droite de l'Ailette.
- 1 000 habitants

- En 1914, Coucy est pris par les Allemands.
- En 1917, lors de la retraite sur la ligne Hindenburg, ils dynamitent le château et saccagent le village.
- Coucy n’est pas directement concerné par l’offensive Nivelle, qui se déroule quelques kilomètres plus à l’Est, mais sert de base arrière aux soldats.

- En 1921, la commune de Coucy-le-Château absorbe celle d’Auffrique.


- Sur l’autre rive de l’Ailette se trouve la nécropole française et le cimetière allemand (construit par les Français) de Crécy-au-Mont, qui rassemble des corps de soldats morts essentiellement en 1914 et 1918.

V comme Voies de communication

- Au début de 1917, les voies ferrées reliant Laon à Reims et Soissons sont coupées par la ligne de tranchées. Seule une voie secondaire suit la vallée de la Vesle. En vue de l'offensive, trois lignes de dépôts sont organisées, la ligne de la vallée de l'Ardre dotée de gares-dépôts. En mars, le recul allemand permet la pose au bord de l'Aisne d'une voie reliée au réseau du Nord à Crouy avec deux gares de ravitaillement. Au total, le génie équipe la région de 510 km de voies ferrées.

- Un réseau de routes militaires est aussi mis en place. 16 000 hommes vont utiliser 450 000 tonnes de matériaux.

- L'artillerie peut ainsi être ravitaillée : dans la seule journée du 16 avril, elle consomme 1 135 000 obus (un canon de 75 pour 23 mètres de front). Le Service de Santé implante plusieurs hôpitaux d'évacuation de 3 000 lits chacun, submergés dès le premier jour de l'offensive par l'afflux de blessés. Du 16 avril au 15 mai, plus de 300 trains empruntent la voie ferrée réservée aux trains sanitaires, Fère-en-Tardenois - Meaux, transportant près de 80 000 blessés ou malades.

(Source : cheminsdememoire.gouv.fr)

mardi 9 septembre 2008

B comme Braine

(MAJ novembre 2010)






- Ville située sur la Vesle, à l’est de Soissons
- 2 100 habitants

- Braine et sa célèbre abbaye de Saint-Yved restent français pendant presque toute la guerre, à l’exception de quelques jours en septembre 1914 et, surtout, de plusieurs semaines en 1918.
- Fin mai de cette année-là, en effet, les Allemands s’en emparent, au lendemain de leur déferlement sur le Chemin des Dames : « Le 28 mai nous reprenions notre marche en avant, d’abord sans rencontrer l’ennemi qui semblait totalement dispersé. […] A l’horizon nous apercevions Braine, tenu par les Français qui nous arrosaient de rafales de mitrailleuses, depuis les hauteurs environnantes. Notre artillerie fit une nouvelle fois ses preuves. […] Bientôt les obus explosèrent sur les maisons de Braine et au milieu des nids de mitrailleuses. Il ne nous resta pas grand-chose à faire.
Une brève halte à Braine, et tout le monde se mit immédiatement à la recherche de nourriture. La plupart disparurent dans les maisons abandonnées. »
(Lieutenant von Hüllesheim, 2e régiment de la Garde à pied, cité par G. Lachaux, op. cit., page 162)

- Braine n’est que peu concernée directement par les combats de la guerre, même si elle est parfois bombardée par des obus à longue portée ou des avions : les destructions y sont mineures. La ville, qui s’est vidée d’une grande partie de sa population pendant le conflit, voit revenir rapidement ses habitants (1 500 habitants avant 1914, 1 600 après 1918).


- Braine est avant tout une base arrière et joue un rôle essentiel dans la logistique du front du Chemin des Dames. Plusieurs axes de communication majeurs passent par la ville. C’est le point obligé de la plupart des troupes qui vont vers le front ou en reviennent.
- « Braine, chef-lieu de canton, 1 500 habitants avant guerre, maintenant 500. […] Aux tranchées nous avons fait quelques économies et, avec mon escouade, nous décidons de souper en ville dans un petit restaurant. Après un repas copieux et bien arrosé, nous faisons ensemble une promenade autour de Braine. Pour prendre un raccourci, il nous faut passer sur une forte planche pour traverser la Vesle. Le camarade Montblanc tombe à l’eau, nous l’aidons à sortir, mais nous rions aux éclats. Nous revenons dormir dans notre cantonnement. » (Paul Clerfeuille, le 8 mai 1918 après deux mois passés près de Craonne, cité par R. Cazals)





- Au bord de la D14 en direction de Reims, la nécropole française de Braine rassemble sur une pente boisée 1 583 morts des combats du Chemin des Dames (dont 495 en ossuaire).




- On trouve aussi un cimetière des combattants danois de cette guerre (79 corps), le seul existant en France. Originaires du Schleswig-Holstein annexé par la Prusse en 1866, ils ont combattu dans l’armée allemande. Les corps ont été enterrés là à la demande des familles danoises après-guerre, en provenance de divers cimetières allemands de la région, lorsque le Schleswig est redevenu danois (la commune de Braine est jumelée depuis 1922 avec le Danemark, en particulier la ville d’Haderslev depuis 1956).



- Quelques tombes britanniques se trouvent dans le cimetière communal.




Site de la ville : http://www.braine.fr/

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G comme Giono (Jean)

(MAJ février 2011)


- Ecrivain français
- Manosque 1895 – Manosque 1970

- Employé de banque dès 1911 pour subvenir aux besoins de sa famille, Jean Giono est mobilisé en janvier 1915 (140e RI).
- Après Verdun, il est affecté pendant toute la fin de 1916 autour de Loivre et de la cote 108.

- Son régiment accompagne le retrait allemand de mars 1917 dans la Somme avant d’être affecté – et durement éprouvé – au Chemin des Dames du 16 mai au 27 juin, près d’Hurtebise.
- Quelques semaines plus tard, Giono participe aux travaux préparatoires à l’offensive d’octobre autour de Laffaux puis à la bataille de La Malmaison elle-même, en direction de Pinon.

- Il est légèrement gazé au mont Kemmel en 1918.
- Après guerre, il refuse d’adhérer à une association d’anciens combattants et devient pacifiste. Le souvenir de la Grande Guerre le suit, malgré ses écrits. Il écrit dans la revue Europe (1934) : « Depuis 20 ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne suis pas encore lavé de la guerre. L’horreur de ces quatre ans est toujours en moi. » Il prône le refus d’obéissance en 1939 ; il est arrêté (une deuxième fois à la Libération).

- En 1939, dans Recherche de la Pureté, il parle de « la boucherie en plein soleil des attaques Nivelle au Chemin des Dames ».


Source principale : Guy Marival – 1917 Le Chemin des Dames – L’Aisne Hors-série

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M comme Mons-en-Laonnois

(MAJ septembre 2010)





- Village du sud-ouest de Laon
- 1 080 habitants

- En 1914, Mons-en-Laonnois offre un site privilégié aux Allemands qui l’occupent à partir du 1er septembre. On trouve en effet de nombreuses creutes sur les hauteurs du village ; de plus, au-dessus de Mons, on a construit à la fin du XIXe siècle le fort de Laniscourt, déclassé en 1912 comme tous ceux de la région.
Voir http://www.fortiff.be/iff/index.php?page=l34

- Occupé pendant plus de 4 ans, le village subit les affres de la présence ennemie, notamment avec des prises d’otages et une évacuation au moment de l’offensive de La Malmaison, à l’automne 1917.


- En 1921, le recensement donne à Mons-en-Laonnois à peu près autant d’habitants que lors de celui de 1911 (532 habitants).





- A proximité, les Français ont aménagé en 1920 un cimetière allemand qui regroupe des corps issus de 45 lieux d’inhumation (en particulier Vauxaillon). Il regroupe 5 010 corps de combattants du Chemin des Dames, dont 1 753 dans deux ossuaires.
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/cimetiere_detail.asp?cimetiere=46





Sources :
http://www.mons-en-laonnois.fr/vivre_a_mons/patrimoine_et_curiosites

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dimanche 7 septembre 2008

P comme Poteau d'Ailles


- Lieu-dit situé sur le Chemin des Dames, au point le plus haut de celui-ci (200 mètres), à mi-chemin entre Hurtebise et Cerny.

- Le Poteau d’Ailles est situé sur la ligne de front le 16 avril 1917, au début de l’offensive Nivelle. Il est un des lieux où les troupes françaises n’avancent pas du tout : les troupes coloniales qui parviennent au-delà du Chemin des Dames, voire jusqu’à l’Ailette, ne parviennent pas à revenir vivantes (10e DIC) …
Elles sont relevées par le 64e RI. « La relève est effectuée dans des conditions excessivement pénibles, dans un terrain recouvert d’une boue happante et avec des guides mal orientés. Le régiment prend un secteur d’attaque inexistant et présentant en 1ère ligne un large trou sans fin ».
Le Poteau d’Ailles est dépassé après l’offensive du 5 mai.
(source : CRID 14-18)


- C’est aujourd’hui une ferme construite après la première guerre (en 1924 ?), un immense ensemble de plusieurs bâtiments.

T comme Tour de Paissy

- Ferme située sur la commune de Paissy, au Sud du village, sur la D102 qui descend vers Beaurieux et la vallée de l’Aisne (alt. 190m).

- Il s’agit d’un ancien moulin à vent (une tour originelle subsiste) devenu ferme et entièrement reconstruit après-guerre.
- La ferme de la Tour de Paissy se trouve à quelques kilomètres du front au moment de l’offensive Nivelle.

P comme Paissy

- Village du versant Sud du Chemin des Dames, près de Vendresse et de la Caverne du Dragon. Paissy est situé d’un seul côté de la rue principale, en bordure de la falaise.

- 70 habitants

- Situé dans un endroit stratégique, Paissy (288 habitants en 1841) souffre de plusieurs invasions et est un lieu de combats au cours de son histoire. La population, vivant souvent dans les creutes nombreuses, vit surtout de la culture de la vigne.

- En octobre 1914, des affrontements très violents s’y déroulent pour le contrôle du plateau et de la Caverne du Dragon. Le village est en grande partie détruit ; il reste sous contrôle français. L’église Saint-Rémi est entièrement rasée par les Allemands en juillet 1917, pour ne pas servir de lieu d’observation aux Français.

- A partir de 1920, la reconstruction de Paissy commence, malgré le classement en zone rouge, malgré les nombreuses difficultés matérielles, selon les plans du géomètre Gambert. Le village reçoit l’aide de plusieurs communes du Puy-de-Dôme. L’argent est utilisé pour les réseaux électrique et d’eau courante ; mais l’insuffisance des fonds ne permet pas de reconstruire le lavoir. La mairie-école est achevée en 1927 ; l’église est reconstruite (fin des travaux en 1930), en essayant de respecter la structure et les matériaux du bâtiment originel.

- A l’origine, deux cimetières militaires se trouvaient sur le territoire de la commune ; mais celle-ci ne peut pas assurer leur entretien, et les nécropoles sont déplacées. Le cimetière communal actuel (achevé en 1931) contient quelques tombes de soldats du Commonwealth.

Base Mérimée

- Il faut noter que le philosophe Alain a séjourné à plusieurs reprises à Paissy, où il possédait une maison avec sa soeur.

samedi 6 septembre 2008

H comme Hindenburg (ligne)

- Système de fortification mise en place par Hindenburg, chef de l'état-major allemand, pendant l’hiver 1916/1917

- La ligne s’étend sur environ 160 km, de Lens à l’Aisne.
- Les fortifications comprennent des bunkers en béton armés de mitrailleuses, entourés de plusieurs lignes de fil barbelé, reliés entre eux par des tunnels pour déplacer les troupes, des profondes tranchées, des abris contre les obus et des postes de commandement. À une distance d'un kilomètre en avant des fortifications une ligne d'avant-postes plus légère est placée, dont le rôle est comparable à celui des chasseurs à pied : ralentir et perturber l'avance ennemie.

- Elle permet un repli des troupes allemandes, raccourcissant le front d’environ 50 km et permettant de disposer de troupes de réserve. La retraite débute en février 1917 et perturbe les plans de Nivelle, finalement maintenus tels quels. Elle fut accompagnée de la destruction complète des zones évacuées.

- La ligne tombe finalement en septembre 1918, lors de la contre-offensive alliée.

M comme Margival

- Village situé près de Laffaux et de la N2, en contrebas du plateau.
- 350 habitants

- Occupé par les Prussiens en 1870 en raison de sa position stratégique sur la ligne Laon-Soissons (construite en 1866), Margival est contrôlé par les Allemands de septembre 1914 à mars 1917 (retrait volontaire sur la ligne Hindenburg après saccage et destruction de la zone abandonnée), puis de mai à septembre 1918.
- En avril 1917, Margival se trouve très près de la ligne de front, qui passe à Laffaux.

- Margival est entièrement détruit par les combats.


- A proximité se trouve la ferme modèle de Montgarny, classé aux Monuments Historiques en 2002, construite peu avant la première guerre par Alfred Dormeuil et reconstruite après par André Raimbert.


- En 1940, la situation de Margival lui vaut à nouveau l’intérêt des Allemands, qui y construisent blockhaus, tunnels et baraquements en vue de l’invasion de l’Angleterre (réutilisés comme postes de commandement face au débarquement de Normandie). Hitler y rencontre Rommel en 1944.


- Le site de Margival

Q comme Quincy-Basse

- Village proche de Coucy-le-Château, sur la rive droite de l’Ailette.
- 70 habitants

- Quincy, occupée par les Allemands depuis 1914 puis située tout près de la ligne Hindenburg, marque la limite occidentale de l’offensive Nivelle. C’est là où combat la 3e Division d’Infanterie Coloniale, en direction du mont de Singes.

- A Quincy se trouvait une vieille fonderie de cloches (XVIIe siècle) détruite par les combats de la Grande Guerre et jamais reconstruite.

M comme Mauchamp


(vue sur le Chemin des Dames depuis la Butte Mauchamp)



- Ferme et butte située près de Berry-au-Bac et à quelques hectomètres de l’entrée sur l’A 26.

- C’est le lieu d’un combat entre Romains et Gaulois en 57 av JC (bataille de Bibrax) ; un champ proche porte le nom de « camp de César ».

- L’offensive Nivelle est marquée par des affrontements très violents dans cette zone, notamment avec la première intervention des chars. Fin avril-début mai 1917, la zone se trouve en pleine ligne de front.

- La ferme est reconstruite ; c’est une de ces fermes typiques de la zone du Chemin des dames, vaste et isolée.

B comme Bucy-le-Long

- Petite ville de la rive droite de l’Aisne, très proche de Soissons
- 2 000 habitants

- Avant 1914, on trouve dans cette zone les dernières grandes vignes de la région du Chemin des Dames. Une sucrerie de la société Cungnier et Cie a été construite en 1862.

- Après le retrait allemand sur la ligne Hindenburg, Bucy redevient française, tout en restant à proximité du front.

- Bucy-le-Long dispose d’un riche patrimoine historique, restauré après avoir beaucoup souffert pendant la Grande Guerre : chapelle romane Sainte-Marguerite (1920), église Saint-Martin (1923), château (1926). La sucrerie, détruite, est reconstruite en plus solide ; sa production reprend en 1921.

vendredi 5 septembre 2008

C comme Chêne Cuif

- Arbre de la forêt de Vauclair qui porte le nom de l’inspecteur général des Eaux et Forêts Emile Cuif.

- Seul chêne de la forêt ayant survécu à la guerre (même s’il a été mitraillé), il est conservé après une décision de 1926. Il est endommagé par la foudre en 1979.
- Planté vers 1700, il a une forme atypique : gros diamètre, fût court, important développement du houppier.

C comme Concevreux

- Village de la vallée de l’Aisne, en rive gauche (au bord du canal latéral)
- 220 habitants

- Concevreux sert de base arrière aux offensives françaises sur le Chemin des Dames. De nombreux soldats de 2e ligne y attendent, fébriles, les résultats de l’offensive Nivelle.
- Le nom du village st notamment présent dans le témoignage de Paul Clerfeuille.

L comme Laby (Lucien)

(MAJ octobre 2010)



- Médecin français
- Reims 1892 – 1982

- Elève à l’Ecole du Service de santé militaire de Lyon en 1914, Lucien Laby devient aspirant au sein de la 56e DI au titre de médecin auxiliaire ; il se trouve notamment à l’ouest de Soissons après la bataille de la Marne. C’est avec un certain enthousiasme nationaliste qu’il vit ses premiers temps de la guerre.
- En avril 1915, il est affecté à sa demande au 294e RI, médecin de bataillon chargé des premiers soins et des évacuations. Laby suit alors son régiment de la Champagne à la Somme, en passant par Verdun.


- Début mars 1917, Lucien Laby arrive dans la vallée de la Vesle, autour de Fismes et Braine qui reçoivent fréquemment de gros obus allemands. Le 17, il est à proximité de Soupir où « le secteur est plus agité qu’on ne pensait. Des 105 arrivent toute la journée sur les passerelles ». Déçu de constater que les Allemands ne se replient pas dans cette zone comme ailleurs sur le front, il doit subir au contraire les attaques et les bombardements tout en écoutant les rumeurs d’une prochaine offensive.
- Le 28, son régiment se place vers Bourg-et-Comin ; le 3 avril, un dépôt d’obus explose après avoir reçu un obus de 77 allemand (« explosion formidable, telle que je n’ai encore jamais entendue »).
- Le 8, retrait du front vers Dhuizel puis Chacrise. Le 10, « le colonel nous réunit pour nous faire le speach [sic] d’usage avant chaque casse-gueule : ‟Dernière bataille… Victoire assurée… Préparation d’artillerie telle que les Boches seront tous tués, etc.ˮ Je veux bien le croire et irai encore de bon cœur faire tout mon devoir. Mais, plus d’excentricités, hein ! N.I. ni [sic] c’est fini ce petit jeu. Si je suis amoché, ce sera certes pas de ma faute. »


- Le 15 avril au soir, Lucien Laby part pour Dhuizel d’où il assiste à l’échec de l’offensive Nivelle (« de fait, on s’attendait à trouver peu de chose devant nous, et maintenant, on tombe sur un beau bec… », le 17 ; « les choses ne doivent pas marcher tout droit », le 18). Cependant, le 19, il participe à la poursuite qui suit le repli allemand dans le secteur de Chavonne-Soupir jusqu’au Chemin des Dames, près de la ferme des Bovettes. « On nous fait installer le secteur. Notre offensive serait-elle donc encore loupée, une fois de plus ? … On se stabilise. Alors ? J’aimerais mieux attaquer – pour en finir tout de suite avec cette mauvaise plaisanterie qui, à force, finit par démoraliser. » (29 avril)


- Après trois jours de repos, le régiment participe à la relance de l’offensive, le 5 mai. « On a beau faire la malin et avoir un certain entraînement, ça vous donne tout de même le petit frisson… Quelle boucherie encore on va voir !! C’est bien fait pour moi et je n’ai pas le droit de me plaindre : je suis l’un des nombreux imbéciles qui ont poussé le chauvinisme jusqu’à souhaiter la guerre. Eh bien, je suis servi ! Je dois boire le calice jusqu’à la lie, sans me plaindre… » Les pertes et les conditions de travail pour le médecin sont terribles.
- Le 9 mai, retrait du front pour Vasseny ; retour aux Bovettes le 21 (« Quel drôle de repos alors qu’on nous avait promis 45 jours à l’arrière ! ») avant les permissions tant attendues à partir de la fin du mois …



- A partir d’octobre 1917, il s’éloigne du front, participant aux opérations chirurgicales à l’arrière (« embusquage de première classe ») ; malade au printemps puis à l’été (grippe espagnole), il n’a pas le temps d’être reversé dans l’infanterie avant l’armistice.


- Après la guerre, Lucien Laby achève ses études et s’installe à Marle.
- Ses Feuilles de route rédigées pendant le conflit sont publiées en 2001 sous le titre Les carnets de l’aspirant Laby.





A lire :
http://www.histoireaisne.fr/memoires_numerises/chapitres/tome_50/Tome_050_page_187.pdf

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mercredi 3 septembre 2008

M comme Malval

- Ferme située sur le Chemin des Dames, près de Braye-en-Laonnois

- La Révolution crée les communes de Crandelain et de Malval (à l’origine deux paroisses séparées), qui sont réunies en 1800. Entièrement détruites, les deux communes fusionnent en 1923.

- Pendant la guerre, Malval est occupée par les Allemands, avant d’être reprise par les Français lors de la bataille des Observatoires. Un cimetière temporaire y est créé.

- Située sur la pente Nord du plateau, près de nombreuses creutes qu’elle utilise, Malval est reconstruite sur le territoire de Braye. C’est un vaste hameau constitué d’une ferme à cour fermée typique du Chemin des Dames (culture des betteraves pour la production d’alcool) et d’une cité ouvrière de maisons identiques.

C comme Creute (bataille de la)

(MAJ novembre 2010)



- Attaque allemande
- 25 et 26 janvier 1915

- Depuis la fin de 1914, les Allemands sont maîtres de toute la crête du Chemin des Dames, à l’exception d’une petite zone autour des fermes d’Hurtebise et de la Creute.


- Le 25 janvier 1915, ils lancent une attaque dans ce secteur après une brève mais intense préparation d’artillerie débutée à 7h30 qui oblige les soldats français du 18e RI à se réfugier dans la Creute (Caverne du Dragon). Le bombardement provoque des effondrements et un début de panique à l’intérieur. Par crainte, on fait alors sortir les hommes vers les tranchées.
- Dans l’après-midi, les fantassins allemands passent à l’offensive et progressent immédiatement ; les Français sont encerclés et capturés ou se replient vers Oulches, certains dans la grotte. Plusieurs tentatives de contre-attaques échouent.
- Toute la journée du 26, les Français résistent à l’intérieur de la creute en attente d’un éventuel renfort mais doivent se rendre un peu avant minuit. « Le 26 janvier voit encore une contre-attaque, mais elle est arrêtée par nos tirs d’infanterie. Les tranchées françaises prises peuvent alors être visitées. Les morts y gisent en grand nombre et les remplissent littéralement. […] Dans un abri étaient assis autour d’une table cinq Français lisant, écrivant. […] Ils ont été tués par la pression de l’air d’un projectile lourd. Dans la caverne de la Creute, il y avait 400 hommes enfermés car l’entrée avait été détruite par une mine. » (Historique du 14e régiment d’artillerie de campagne allemand, 1915, traduit par Yves Fohlen in Lettre du CDD n° 19, page 17)

- Le 27 au petit matin, malgré d’ultimes tentatives françaises, les Allemands sont maîtres de tout le plateau ; le général Bertin qui commande la 36e DI envoie le message à ses officiers : « Ne cherchez plus à reprendre les tranchées perdues devant Hurtebise. »


- Les combats ont fait plus de 2 000 morts (au moins 1 500 Français) ; 1 100 soldats français sont prisonniers.


- Immédiatement, les Allemands aménagent la creute (Caverne du Dragon) à la fois d’un point de vue militaire et d’un point de vue matériel (électricité, soins, etc.).


Carte animée de la bataille
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/carte_bataille.asp?bataille=2



Sources : Mémorial virtuel du Chemin des Dames
Alain Malinowski, op. cit., pages 39 à 53

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C comme Creute

- Carrière souterraine creusées pour extraire le calcaire servant à la construction dans la région du Chemin des Dames.

- Pendant la guerre, elles servent d’abri et sont parfois mises en valeur et aménagées.
- La plus célèbre est la caverne du Dragon.

G comme Guynemer

- Aviateur français
- Paris 1894 – Poelkappelle (Belgique) 1917

- Engagé volontaire dès novembre 1914, Guynemer obtient son brevet de pilote en avril 1915. Il devient vite l’un des « as » de l’aviation de guerre française (53 victoires « homologuées » et sans doute une trentaine d’autres ; il est aussi abattu 7 fois).

- De mai à juillet 1917, il est au Chemin des Dames, où il obtient 11 victoires : il abat 4 avions dans la seule journée du 25 mai, entre Corbeny et Guignicourt.

- Il disparaît dans le ciel des Flandres, le 11 septembre 1917 (son corps et son avion sont pulvérisés par un tir d’artillerie britannique : il ne peut donc être enterré).