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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

vendredi 4 septembre 2009

M comme Moulia (Vincent)

- Soldat français
- Nassiet (Landes) 1888 – Nassiet 1984

- Vincent Moulia est mobilisé dès 1914 au sein du 18e RI. Il participe à la bataille de Verdun. Blessé à deux reprises, il obtient la Croix de guerre et devient caporal.

- Du 4 au 8 mai 1917, Moulia prend part aux combats qui permettent la « prise » de Craonne. Le 27 mai, à Villers-sur-Fère, alors qu’il se croit au repos pour un certain temps, le 18e RI apprend qu’il doit remonter au front. Une mutinerie éclate, mais tout rentre dans l’ordre le lendemain (l’alcool semble la cause principale du mouvement d’humeur des soldats). Cependant, les autorités militaires décident de juger 12 mutins à Maizy. Le 7 juin, le conseil de guerre prononce 5 condamnations à mort, dont celle de Vincent Moulia, qui n’est pas commuée par le président Poincaré.
- Mais Moulia parvient à s’enfuir la veille de son exécution, le 12 juin (à la faveur d’un bombardement allemand ?). Il se cache alors dans son village natal, puis à Pampelune en Espagne de 1918 à 1936, malgré l’amnistie de 1925, où il se marie avec sa fiancée.

- Dès l’entre-deux-guerres, des anciens combattants et des amis se mobilisent pour lui. « L’affaire Moulia est un des rares cas qui traverse la Seconde Guerre mondiale et se poursuit sans interruption jusqu’en 1979. [Elle est] un récit ininterrompu depuis 1917, modelé par les enjeux de chaque époque. » Les communistes en particulier jouent un rôle éminent dans les campagnes de presse.
- Pierre Durand lui consacre un livre, fait notamment de voyages sur les lieux de combat et de rencontres avec l’ancien soldat : Vincent Moulia – Mutins de 14-18 (réed. 2008).

- En juin 1979, il est invité par Alain Decaux dans son émission (Alain Decaux raconte : « Moi, Vincent Moulia, condamné pour l’exemple en 1917 »). C’est l’apogée de « l’affaire Moulia ». Les marques de solidarité se multiplient et il retrouve quelques temps plus tard, au cours d’une cérémonie (le 11 novembre) sa croix de guerre (qui ne lui avait en fait jamais été retirée officiellement !). Vincent Moulia devient même le héros de fictions.

- On finit par fausser la réalité et véhiculer la légende d’un tirage au sort des caporaux de la 18e RI (fusillés « pour l’exemple ») ; mais N. Offenstadt et D. Rolland montrent que l’on punit avant tout son indiscipline.


Source principale : N. Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), pages 168 à 176

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