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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Gil Alcaix

lundi 29 mars 2010

C comme Crouy (bataille de)


- Défaite française surnommée aussi parfois « Affaire de Crouy » ou « Affaire de Soissons »
- 8 – 14 janvier 1915


- Depuis la fin de 1914, l’état-major français cherche à renforcer la tête de pont qu’elle possède au nord de Soissons, sur la rive droite de l’Aisne. En effet, les Français sont peu implantés sur les plateaux et se trouvent sous la double menace permanente de l’artillerie allemande et des caprices de la rivière, qui peuvent poser problème pour le ravitaillement des troupes.
- De plus, les avancées allemandes à Chavonne et Vailly ont montré la précarité des positions défensives françaises et la faible efficacité de l’artillerie bloquée en rive gauche.
- Il s’agit donc de d’installer plus solidement sur les plateaux, afin notamment d’y acheminer l’artillerie (une autre solution, logique d’un point de vue militaire, aurait été de se replier sur l’Aisne, mais le GQG s’y refuse pour ne pas affecter le moral de la population).

- Or, en parallèle, les Allemands ont aussi des projets dans le secteur de Soissons, dans le cadre des restrictions imposées par la volonté d’attaques décisives sur le front russe : il s’agit de réduire et de fortifier le front, comme cela a été fait à Vailly et Chavonne. L’attaque est prévue le 14 janvier 1915, principalement sur le plateau de Vregny.



- Ce sont les Français du 5e GDR (Groupe de division de réserve), commandé par le général Berthelot, qui lancent leur plan en premier : le 8 janvier, ils attaquent sur la cote 132 et parviennent à progresser. Les combats sont acharnés, les contre-attaques allemandes nombreuses, mais le 10, le plateau est sous contrôle.
- En revanche, une attaque pour s’emparer de la « dent de Crouy » (saillant allemande dans la ligne de front aux abords immédiats de la ville) échoue le 11.


- « A partir de la nuit du 11 janvier, la situation change radicalement. Simultanément, trois facteurs interviennent dans ce bouleversement : l’épuisement du 5e GDR, la crue de l’Aisne, et l’achèvement de la concentration allemande qui donne pour la première fois l’initiative au général von Lochow. » (F. Beauclerc, page 58)

- Le 12 janvier, les Allemands lancent une contre-offensive générale. Ils s’emparent d’abord du plateau de la Justice, qui sert d’observatoire pour l’artillerie française ; celle-ci s’en trouve considérablement affaiblie. Ensuite, ils attaquent sur la cote 132 pour éviter une mauvaise surprise sur leur flanc droit (c’est le moment où s’effondre la grotte du Petit-Bois sur l’état-major du 60e RI) ; c’est un succès total, tout le plateau étant sous leur contrôle dans la soirée. Les tentatives françaises échouent chacune à leur tour.

- Le 13, c’est le « coup de grâce allemand » (F.B.) sur le plateau de Vregny. Attaqués de toutes parts, y compris à leur grande surprise par les pentes escarpées du ravin de Chivres, les Français doivent se replier progressivement, malgré des tentatives désespérées de résistance (le sacrifice du capitaine Leroy-Beaulieu par exemple). L’artillerie française de la rive nord est annihilée. L’empereur Guillaume II vient en personne assister au succès depuis les hauteurs de Laffaux.

- Par conséquent, à 22 heures le 13 janvier, le général Maunoury (commandant en chef de la 6e Armée) ordonne le repli au sud de l’Aisne.
- Celui-ci se déroule tant bien que mal, tandis que les dernières escarmouches ont lieu aux portes de Soissons dans la matinée du 14, avant que la situation se fige pendant plus de deux ans.



- Le bilan de la bataille est lourd. On compte environ 11 000 français hors de combat, dont un très grand nombre de disparus et de prisonniers (certains soldats n’ayant pas pu se replier à temps) : environ 5 000. Le chiffre des morts et blessés allemands est comparable (5 400).

- En France, la défaite devient « l’affaire de Soissons » : les remous dans l’armée, la classe politique et l’opinion sont considérables. Plusieurs généraux et officiers sont sanctionnés (dont Berthelot), d’autres sont fortement critiqués (Nivelle par exemple) ; même Joffre est remis en cause. La presse doit être censurée pour minimiser les aspects négatifs de la bataille. La thèse de la crue de l’Aisne comme principale responsable de celle-ci devient la version officielle.


- La bataille de Crouy est donc « le choc fortuit de deux plans offensifs à l’issue duquel l’état-major le plus réactif et le plus audacieux l’a emporté. » « Cette « petite affaire » ; qui n’engageait initialement que deux bataillons et dont l’opinion s’est enthousiasmé des premiers succès, dégénéra en véritable bataille qui s’acheva par la perte de 11 000 hommes dont 5 200 prisonniers, et provoqua non seulement l’éviction de quatre généraux et la dépression d’un cinquième, mais faillit aussi entraîner la démission de Joffre et compromettre l’ascension de Nivelle. » (F.B.)





Source principale : Franck Beauclerc, Soissons et la bataille de Crouy, ed. YSEC, 2009

Voir aussi :
http://chtimiste.com/batailles1418/combats/Crouy.htm

http://pagesperso-orange.fr/EPERON-132-CROUY/

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