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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

samedi 8 mai 2010

B comme Brunon (Raoul)

- Soldat français
- Marseille 1892 – Cerseuil (Aisne) 1917

- Pendant toute sa jeunesse, Raoul Brunon et son frère Jean se passionnent pour l’Armée et collectionnent tout ce qui y a trait.
- En 1914, ils sont appelés sous les drapeaux : tandis que Jean devient artilleur, Raoul Brunon est chauffeur, notamment du général d’Armau de Pouydraguin.
- Mais cette situation ne lui convient pas : après l’accord du général, il passe une visite médicale, est déclaré apte pour le service dans l’infanterie et suit des cours à Saint-Cyr pour devenir aspirant. Suite à un désaccord avec un supérieur, il n’est finalement que sergent.

- Après le 25e Bataillon de Chasseurs alpins, Raoul Brunon intègre fin juin 1917 le 6e BCA. Le 27 juillet, il est envoyé sur le Chemin des Dames, entre Panthéon et Epine de Chevregny. C’est alors un secteur très difficile, au cœur de la « bataille des Observatoires » : « Le quatre août 1917 : Je vous écris du fond de mon trou – accroupi – mal à l’aise. Nous sommes ici dans des conditions matérielles épouvantables ! Je suis sale et repoussant. Pour vous en donner une idée, qu’il me suffise de vous dire que je ne me suis pas rasé depuis cinq jours ! Bientôt je pourrai couper ma barbe au ciseau !! Il n’y a pas d’eau dans ce secteur, et ce n’est qu’à la relève qui ne tardera pas, j’espère, que je pourrai reprendre une apparence humaine. »
- Le 10 août, il subit de plein fouet l’attaque allemande sur la tranchée de la Gargousse. "11 août 1917 : Nous avons eu une journée de bataille très dure. Les Allemands nous ont violemment attaqués « à la Verdun ». Naturellement, on a tenu comme un roc. Trois formidables bombardements suivis de trois attaques. Depuis que je suis aux tranchées, j’occupe un petit poste avancé. Pendant les six jours qui ont précédé l’attaque, j’ai organisé rapidement la défense de la position, faisant tout creuser et plaçant moi-même des fils de fer barbelés à quelques mètres des Boches avec deux ou trois hommes dévoués (j’en ai d’ailleurs perdu un au cours de cette opération). Tout cela a porté ses fruits puisque les Boches n’ont pu aborder devant chez moi. »


- Le 23 octobre, lors des premières heures de la bataille de La Malmaison, il est blessé très grièvement d’une balle à la tête à proximité du fort. Il reste plusieurs heures sur le champ de bataille avant d’être amené vers l’ambulance 12/20 à Cerseuil, près de Braine (il est à nouveau blessé, à la poitrine, par un éclat d’obus, lors du transport). Toute intervention chirurgicale est impossible ; il décède le lendemain après-midi.


- En 1920, sa famille fait publier ses Lettres d’un soldat de la Grande Guerre (Raoul Brunon), 1914-1917. In Memoriam.

- Son frère Jean poursuit leur collection d’objets liés à l’Armée, parcourt les champs de bataille de la Grande guerre puis se spécialise sur les XVIIIe et XIXe siècles. En 1967, la collection est achetée par le musée de l’Armée et conservée au château de l’Empéri, à Salon-de-Provence.





Fiche MPF


Sources :
G. Lachaux, op. cit., page 135

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