lundi 22 mars 2010

E comme Effondrement

- Le 12 janvier 1915, au plus fort de la bataille de Crouy, l’état-major du 60e RI, en difficulté face à l’offensive allemande, se réunit dans la grotte du Petit Bois. Celle-ci est situé en contrebas de la cote 132, cible de l’artillerie allemande depuis que les Français ont réussi à s’y implanter 4 jours plus tôt.

- « Mais vers 9h30, la grotte voisine où se tenait en réserve la 8e compagnie s’écroule sous les coups du bombardement allemand, ensevelissant plus de 60 hommes dont deux prisonniers. Néanmoins, les officiers continuent leur briefing, lorsque vers 10 heures, se produit la seconde catastrophe : l’explosion d’un obus de 21 cm provoque l’effondrement de la grotte PC du Petit Bois où se tenait la réunion. » (F. Beauclerc) Plusieurs officiers sont tués, les plus proches de l’entrée pouvant être sauvés. Dans les heures suivantes, la zone devient allemande.


- En mars 1917, après le retrait sur la ligne Hindenburg, les Français reprennent possession de la grotte. Lorsque la situation est un peu plus calme, en septembre, des fouilles y sont réalisées. Le médecin aide-major de 21e classe Gaston Giraud raconte : « Les crânes sont intacts, à l’exception d’un seul, mais les corps brisés ont gardé l’attitude tourmentée que leur donna, à la première minute, l’éboulement brutal. Le commandant Thibaulot s’est replié sous une avalanche de madriers. Il n’est plus qu’un étroit amas d’ossements, refoulé dans une des encoignures de roches. […] Les uniformes, les képis demeurent très reconnaissables. Les galons dorés ont conservé leur éclat. […] On a retrouvé même dans un retrait un tonnelet encore à moitié plein de vin et les deux lampes à carbure qui éclairèrent les dernières minutes des hommes qui sont là. » Le général Marjoulet fait organiser une cérémonie sur les lieux lors de l’inhumation des dépouilles le 17 septembre.




Sources : F. Beauclerc, op.cit., pages 71/72

JMO du 60e RI

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