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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

samedi 11 septembre 2010

C comme Caverne du Dragon



- Creute devenue aujourd’hui musée du Chemin des Dames

- La Caverne du Dragon est située au niveau de l’isthme d’Hurtebise, là où le plateau est le plus étroit : c’est donc un lieu hautement stratégique d’un point de vue militaire. C’est la creute d’importance la plus à l’Est du Chemin des Dames.

- La carrière est exploitée du XVIe au XIXe siècle. Le site est généralement appelé « ferme de la Creute » ou « caverne de la Creute » jusqu’en 1914.



Pendant la guerre

- Au cours des combats de la mi-septembre 1914, les Français parviennent à s’en emparer en même temps qu’ils prennent bien sur l’isthme d’Hurtebise. Leur position reste cependant précaire.

- Le 25 janvier 1915, les Allemands lancent une attaque pour en obtenir le contrôle entier et dominer les positions françaises. Dans la nuit suivante, les dernières troupes françaises doivent se rendre (bataille de la Creute).
- Les Allemands aménagent alors la « Creute-Höhle » et la relient à leurs positions arrière en construisant un tunnel qui débouche en 1916 sur la « Drachen-Höhle », petite creute qui donne finalement son nom à l’ensemble dès l’offensive Nivelle.


- Le 16 avril 1917, l’action des troupes de la Caverne du Dragon est une des raisons de l’échec de l’offensive Nivelle, les Allemands prenant notamment à revers les troupes sénégalaises qui attaquent vers la ferme d’Hurtebise. Le compte-rendu du 2e CAC fait part de la découverte française : « Une communication souterraine semble traverser du nord au sud le goulot d’Hurtebise et recèle des mitrailleuses qui tirent en arrière de nos troupes et dans la Vallée-Foulon. » (cité par RGN Nobécourt, page 156)

- Le 20 avril, la ligne de front passe au-dessus de la grotte. Les Allemands en gardent la maîtrise mais préfèrent se replier dans sa partie Nord, en construisant un mur fortifié qui la coupe en deux, efficace lorsque les Français tentent d’entrer pendant plusieurs semaines.

- Le 25 juin, les troupes françaises lancent un nouvel assaut, réussi cette fois : les Allemands (environ 200 ?) sont prisonniers à l’intérieur, grâce à la destruction par l’artillerie de la sortie Nord et à la maîtrise des autres. Il faut noter qu’une controverse existe entre les deux régiments qui ont participé à l’assaut pour savoir qui est vraiment entré dans la creute et a « recueilli » les prisonniers ; le mérite en est finalement attribué au 152e RI (contre le 334e), qui défile le 14 juillet à Paris …
- La prise de la Caverne du Dragon est très « médiatisée », dans une période où le haut-commandement a grand besoin de succès militaires.

- Les Allemands parviennent à reprendre pied dans une petite partie de la creute le 26 juillet, et une cohabitation commence, qui dure jusqu’à leur repli sur l’Ailette début novembre.


- En 1918, rapidement prise par les Allemands le 27 mai, la Caverne du Dragon redevient définitivement française le 12 octobre.



Après la guerre

- Dès 1919, la Caverne du dragon devient lieu de visite (improvisé dans un premier temps) pour les premiers touristes des champs de bataille ; Alphonse Hanras devient le premier guide « officieux » des lieux, suivi par Auguste Rogez qui lui est témoin de la transition vers l’espace officiel.

- Dans les années 1960, en effet, le Souvenir français décide de créer un véritable musée sur le site. Il est inauguré, après appel de dons d’objets, en mai 1969 grâce à l’action, notamment, d’Henri de Benoist (président de la Jeune Chambre économique de Laon), de Gérard de Francqueville (qui y associe le Souvenir français) et de Maurice Bruaux (directeur du comité du tourisme de l’Aisne).




- En 1995, le musée est confié au Conseil général de l’Aisne et il est rénové (réouverture en juillet 1999). On met en place un « espace muséographique » qui ne se contente pas d’exposer des pièces (difficiles à conserver par 12°C et un fort taux d’humidité) mais s’intègre à l’ensemble du parcours du Chemin des Dames et se centre sur les aspects pédagogiques. Il devient « Musée du Chemin des Dames » en 2007.

- L’architecte franco-iranienne Nasrine Seraji utilise la situation de promontoire des lieux pour construire un bâtiment qui mette en valeur le panorama et permette de bien comprendre les enjeux des combats du 16 avril.
- Des expositions temporaires annuelles sont installées au niveau de l’entrée du musée; des visites thématiques sont organisées depuis l'été 2009.

- L’année 2009 est l’occasion de la célébration des divers anniversaires de la Caverne du Dragon.




Sources principales :
Thierry Hardier, « La Caverne du Dragon », in N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 402 à 409
Lettre du Chemin des Dames n° 16, été 2009


Site internet : http://www.caverne-du-dragon.com/fr/default.aspx

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