Information

Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

jeudi 16 février 2012

D comme Demi-sourire

- Le 16 avril 1917, le 208e RI est anéanti lors de son attaque vers la tranchée de Lutzow : près de 1 200 hommes sont hors de combat. On compte notamment 850 disparus, dont « 250 présumés tués » et un grand nombre de prisonniers.
- Un des soldats qui restent sur le terrain après le repli de ses camarades y passe plus de trois semaines, malgré les relèves successives et les attaques des deux camps.

- « Au moment où j’arrivais, deux brancardiers apportaient au poste de secours un fantassin du 208e, ramassé par une patrouille de nuit, et qui gisait entre les lignes depuis l’attaque du 16 avril. Teint parcheminé, os saillants sous la peau, jambe doublement fracturée et soutenue par une armature faite des montants de son havresac, il avait vécu trois semaines dans un trou d’obus, en consommant les vivres de réserve prélevés sur deux cadavres et en buvant de l’eau croupissante. Chaque soir, expliqua-t-il, les obus français et allemands des tirs de barrage éclataient autour de lui, mais sa crainte dominante était d’être assommé par l’une des innombrables fusées éclairantes des deux partis. Le médecin-major ne le considérait pas en danger de mort. Calme, satisfait, disait-il, de sortir d’un mauvais lieu, il nous quitta pour l’ambulance avec un demi-sourire. »
(André Zeller, Dialogues avec un lieutenant, page 118)



- Les blessés restant plusieurs jours entre les lignes avant d’être récupérés – vivants – sont nombreux lors de l’offensive Nivelle, comme lors d’autres combats acharnés au cours du combat. A Jules Ninet qui s’étonne que son camarade Monsinjau soit resté 6 jours et 6 nuits en avant des lignes, jambes brisées et mains gelées (il mourra de ses blessures à l’hôpital), un brancardier lui répond : « Pourquoi ? Parce qu’on ne pouvait pas, pardi ! Les Boches tiraient sans arrêt. Jour et nuit, les mitrailleuses crachaient, fallait voir. Et puis, il y en avait tant de blessés !... Partout, dans les boyaux, dans les ravins, dans les trous d’obus… Impossible de tous les voir, de tous les sauver. Pourtant, combien de brancardiers se sont faits descendre par dévouement ! » (Jules Ninet, Copains du front)

_

Aucun commentaire: