Information

Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

lundi 10 mai 2010

C comme Chaillevois

- Village de la rive droite de l’Ailette et de l’Ardon, à proximité d’Urcel et d’Anizy-le-Château
- 200 habitants

- Chaillevois est peuplé d’une centaine d’habitants quand commence la guerre. Le village est occupé par les Allemands du 2 septembre 1914 à octobre 1918.

- On sait beaucoup de choses sur la vie de Chaillevois entre 1914 et 1917 grâce au journal d’Alexis Dessaint, qui y vit pendant cette période.
http://www.histoireaisne.fr/memoires_numerises/chapitres/tome_47/Tome_047_page_121.pdf


- Dans un premier temps, le front est assez éloigné du village. Puis, après le retrait sur la ligne Hindenburg, le village est intégré au système défensif allemand.
« 13 février - I1 se fait depuis quelques jours des transports considérables de troupes par camions automobiles dans la direction de Laon, ainsi que des travaux et des installations de lance-bombes et de canons dans notre région. »
« 27 février - On continue de poser des fils télégraphiques un peu partout et on mutile des arbres fruitiers qui gênent les Allemands. C’est une véritable toile d’araignée qui s’étend sur tout le pays. »


- Le 11 mars, la population de Chaillevois est évacuée en train vers la région de Namur.
« Jour de désolation !
À 9 heures, par ordre allemand, les habitants du village condamnés à l’évacuation sont obligés de se rendre à la gare de Chailvet à 5 heures. Ce sont les vieillards à partir de 60 ans et les enfants depuis l’âge de 14 ans. Dans le désarroi d’une pareille nouvelle, on fait à la hâte ses préparatifs de départ, très insuffisants et il faut se résigner à quitter sa demeure en abandonnant tout aux Allemands qui n’attendent que le moment de piller, de sorte qu’à notre retour, nous ne trouverons plus rien dans nos maisons que les traces du brigandage teuton.
Hélas, hélas !
Un tombereau nous emporte, mon beau-frère et moi, avec d’autres vieillards à la gare où nous attendons plus d’une heure. Heureusement, la température s’est adoucie et vers 6 heures, le train s’ébranle vers l’inconnu. Mais nous avons la grande douleur de partir sans ma nièce qui n’était pas prête et nous nous demandons avec anxiété comment elle s’en tirera avec les nombreux Prussiens logés dans la maison. Ils auront bientôt enlevé nos provisions de bouche et dévalisé la basse-cour.
C’est dans des wagons à bestiaux que nous sommes entassés avec nos bagages et nous roulons vers Laon avec quantité d’autres évacués amenés des villages voisins. »



- Les bombardements français lors des combats de 1917 font les premiers vrais dégâts à Chaillevois.
- Enfin, après la bataille de La Malmaison, la première ligne de front atteint l’Ailette, à quelques hectomètres du village.


- Seuls 94 habitants sont recensés en 1921 (mais le chiffre remonte assez vite dans les années 1920). Le château de Chaillevois, détruit par la guerre, n’est pas reconstruit. Le village est décoré de la Croix de guerre en 1920.

_

Aucun commentaire: