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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

vendredi 18 décembre 2009

A comme Arnoux (Jacques d')

- « 1 000 tomberont à ta gauche et 10 000 à ta droite mais toi tu ne seras pas atteint… »

- Aviateur français
- Seignelay (Yonne) 1896 – Les Arcs (Var) 1980


- Engagé volontaire à 18 ans en 1914 (116e puis 62e RI, que son père commande), le lieutenant Jacques d’Arnoux rejoint l’aviation en novembre 1916 après une blessure en Champagne, une longue convalescence puis une participation à la bataille de Verdun. « Adolescent très turbulent, d’une allégresse impatiente, dévoré par un feu dont il ignorait la nature, il était de ces garçons auxquels la guerre apporterait l’occasion de leur vie et dont elle déterminerait le destin. » (R.G. Nobécourt, page 289)

- Le 6 septembre 1917, il est aux côtés de l’adjudant Carré qui pilote un Sopwith chargé d’intercepter un avion allemand dont les reconnaissances fréquentes gênent l’armée française (un des nombreux « Fantôme-As » évoqués par les soldats). Jacques d’Arnoux raconte : « Voici le Chemin des Dames, le chemin maudit qui s’allonge sur la crête chauve et décharnée. Nous montons légèrement : le fort de La Malmaison s’élève dans un halo… Fantôme-As ! Fantôme-As ! C’est lui. Je l’ai vu ! Il évolue au-dessous, mitraille, virevolte et lance ses fusé »es. Sans l’inclinaison des ailes dans les renversements, on croirait qu’il roule au sol. Nous piquons sur lui, et dans un virage d’attaque … Dès les premières balles il se dérobe et s’enfuit à tire-d’aile vers le nord… C’est un traquenard. […] Soudain, deux avions couplés débouchent de l’ombre et fondent sur nous comme deux condors… « Les croix noires ! Les croix-noires ! » Je fais volte-face, les mitrailleuses sont braquées sur les assaillants et à genoux sur ma banquette je tire farouchement. Les rapaces grossissent, grossissent et arrivent dans le sillage de l’appareil… » L’adjudant Carré est tué par une rafale, l’avion s’écrase à quelques mètres de la tranchée du Casse-Tête.

- Le lieutenant d’Arnoux est grièvement blessé. Après 26 heures passées dans le no man’s land sous le feu de l’artillerie ennemie (une patrouille allemande s’approche de lui sans l’aider ni l’achever), il est secouru par des zouaves du 4e régiment mixte (les détails de ce sauvetage périlleux, douloureux et héroïque sont racontés par R.G. Nobécourt, op. cit., page 290)
Cf. le JMO du 4e Régiment mixte de zouaves et tirailleurs

- Victime d’une fracture de la colonne vertébrale et d’une lésion de la moelle épinière, le jeune homme de 21 ans reste hospitalisé jusqu’en 1922 et développe un sentiment religieux très intense.

- En 1925, Jacques d’Arnoux publie Paroles d’un revenant, auquel J. Norton Cru reproche ses excès (l’auteur est selon lui « une nature à la fois mystique, exaltée, fervente, plus que cela : frénétique »).

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