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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

lundi 8 décembre 2008

B comme Bouffignereux


- Village de la rive gauche de l’Aisne, à 2 kilomètres environ de la rivière et de Cormicy
- 110 habitants

- Bouffignereux compte déjà 110 habitants environ en 1914.

- Pendant la guerre, le village est aux mains des Français, sauf brièvement début septembre 1914 et entre le 22 mai et le 1er octobre 1918.
- C’est une zone de repos pour les troupes qui combattent dans le secteur de Berry-au-Bac ou qui attendent pour monter au front.

- La population du village, très endommagé par les bombardements, tombe à moins de 80 habitants au recensement de 1921.


Dimanche 15 avril 1917, 14h30, je suis, depuis hier soir, en poste avancé, en lisière de forêt, près de Bouffignereux, à côté de la ferme du Choléra. On vient de nous annoncer les victoires des Canadiens à la bataille de Vimy. Nous avons reçu l'ordre de nous tenir prêts pour la grande offensive. On parle de demain à 6 heures du matin. Peut-on faire confiance au Général Nivelle ? Dans quelques heures, on sait tous qu'il va y avoir des morts, beaucoup de morts. Tant de camarades sont déjà tombés ... Depuis trois longues années déjà, nous vivons un cauchemar. Dans la boue, le froid, les maladies, les rats,...
Je pense maintenant à tous les miens : mon père, Henri, mort voici déjà 13 ans, il n'aura pas connu cette boucherie, ma mère Aimée dont je suis sans nouvelles, mon petit frère Henri (aussi) emporté par la tuberculose à quatre ans, mon autre frère Léon qui doit être là-haut, sur le plateau, prêt, lui aussi à attaquer et surtout à toi, ma petite Jeanne qui me manque tant. On s'est vu si peu depuis notre mariage le 19 juin 1915.
A vous tous qui me sont chers, je pars dans quelques heures pour la grande offensive. J'ai peur ! Peur de ne plus vous revoir. Pensez à moi, à nous tous qui partons sauver la Patrie. La guerre, quelle bêtise! C'est peut-être ma dernière journée,...

René Duif

Source : école primaire de Pontavert (orthographe corrigée)

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