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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

vendredi 29 janvier 2010

T comme Tanty (Etienne)

- « C’est l’incertitude qui fait tout le poids de ces fatigues »

- Soldat français
- Versailles 1890 – Cholet 1970

- Universitaire pacifiste et antimilitariste, Etienne Tanty est mobilisé en 1914 (pendant son service militaire) au 129e RI.

- Après la bataille de la Marne, il combat près de Brimont puis dans le secteur de Loivre et Courcy. « J’ai déjà connu quelques nuits aussi voluptueuses : Courcy, Brimont, avec sa tranchée transformée en ruisseau ; on avait des fagots sous les pieds et l’eau coulait au travers ; les Allemands nous canardaient. J’en ai gardé une terreur invincible, de ces journées. Les obus nous prenaient de face et de flanc, notre artillerie nous tirait dans le dos. Je sens encore l’ébranlement de l’air, la terre et une poussière de charbon qui me couvrent complètement, et, en reprenant mes esprits, la tranchée vide, tout le monde s’était replié et il ne restait près de moi qu’un cadavre immobile, surpris et tué net, encore à genoux dans la position du tirailleur. La moitié du sac avait été emportée et l’immobilité seule, décelait la mort … » (18 octobre 1914)
- De décembre 1914 jusqu’en mai 1915, son régiment est engagé au nord de Berry-au-Bac et dans le bois de Beaumarais. « C’est la Ville Aubois [sic], quelque nom comme ça. […] La vie de Brimont était luxueuse auprès de l’existence littéralement sauvage où nous tombons. […] Nous sommes en avant d’un endroit appelé Pontauvert [sic] qui a été bombardé comme jamais ne le fut Saint-Thierry. Pas une maison n’a été épargnée. Nos gourbis sont au diable, perdus dans la plaine isolée de toute communication, dans un petit carré de bois. La moitié d’entre eux sont démolis, et ceux où nous couchons, on peut juste y entrer et y rester à plat ventre, et l’on n’arrive pas même à s’étendre pour dormir. Ils sont ouverts à tous les vents et pleins de fumier. La région n’est qu’un marécage, et, dès qu’on creuse, tout est inondé. On ne fait de feu que la nuit. » (12 décembre 1914)


- Le 3 octobre 1915, il est évacué après une blessure à la mâchoire à Neuville Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Après plus de 6 mois de soins, il est renvoyé au front et rejoint le 9e bataillon de marche du 24e RI.


- Du 30 mai au 15 août 1917 (dont 2 périodes de repos), Tanty se trouve dans le secteur de l’Epine de Chevregny puis à Hurtebise. Le 24e RI subit des pertes considérables. Lui-même doit être hospitalisé à Montdidier pour épuisement et hémorragies intestinales.


- Le 21 mars 1918, il est fait prisonnier à Tahure lors d’une violente attaque allemande et interné au camp de Giessen en Allemagne (rapatrié le 14 décembre, il est démobilisé le 8 août 1919, après près de 6 ans de service).


- Après la guerre, Etienne Tanty devient professeur de lettres et latin.


- Les lettres qu’il écrit tous les jours entre juillet 1914 et octobre 1915 sont rassemblées et publiées en 2002 sous le titre : Les violettes des tranchées – Lettres d’un poilu qui n’aimait pas la guerre (les informations présentes ici en sont issues).

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