dimanche 5 octobre 2008

C comme Californie



Article en cours de réécriture
Consulter pour plus de renseignements l'article de Guy Marival dans la Lettre du Chemin des Dames n° 27





- Plateau situé sur les hauteurs de Craonne.

- Avant la guerre, la « montagne de Craonne » est un lieu de détente, avec guinguettes, zoo et jardin de plantes exotiques. Un saloon à l’américaine, « la Californie », créé par Henry Vasnier (négociant en vins de Champagne pour la maison Pommery, qui fait planter des vignes dans la région), donne son nom au lieu.


- Le 14 septembre 1914, les soldats français en reconquête ne parviennent pas à reprendre pied sur le plateau.

- Du 17 au 20 avril 1917, des attaques sont repoussés par les Allemands, dans des conditions très difficiles. Certaines troupes atteignent le plateau mais doivent se replier, faute de soutien ou à cause des contre-offensives (le 33e RI reçoit des obus toxiques le 19, par exemple).
- Le 4 mai, le 18e RI se lance par surprise à l’attaque de Craonne puis parvient sur le rebord du plateau ; il poursuit, avec le 34e RI, l’offensive vers le Nord (en perdant 40% de ses effectifs : ce régiment est touché par une importante mutinerie le 27 mai, à Villers-sur-Fère) ; un monument rend hommage au régiment palois, à l’extrémité orientale du plateau.
- Le plateau de Californie reste pendant tout l’été une zone très disputée, où plusieurs régiments s’épuisent de part et d’autre, où des coups de main ont lieu sans cesse …
- Ce n’est que fin octobre, avec la victoire de La Malmaison, que le plateau passe entièrement aux mains des Français.


- Un camp militaire français temporaire est installé sur les flancs du plateau fin 1918, à l’emplacement du parking actuel.

- Après la guerre, le plateau de Californie est classé en zone rouge : il est laissé en l’état et reboisé, ce qui a pour effet de fossiliser les tranchées et les traces de la bataille jusqu’à aujourd’hui. Il est aujourd’hui géré par l’ONF (Office National des Forêts).



- Il a été aménagé pour être à la fois un lieu de mémoire et un lieu de promenade : parking, panorama avec informations historiques, parcours balisé sur le plateau, au milieu de la forêt. En 1998, l’œuvre d’Haim Kern, « Ils n’ont pas choisi leur sépulture », est inauguré pour rendre hommage à tous les soldats morts sur le Chemin des Dames. Le plateau de Californie constitue, associé au site de l’ancien Craonne, l’un des hauts lieux du Chemin des Dames.





- NDLA.
Le plateau de Californie est symbolique du Chemin des Dames. Il est marqué par le vide, par l’absence : aucun monument d’envergure, aucune cérémonie spectaculaire, aucun lieu de mémoire comparables à ceux d’autres champs de bataille (Ypres, Lorette, Vimy, Somme, Verdun). Il est aussi extrêmement chargé en émotions et en sensations qui, elles, parlent, disent, hurlent ce que furent les combats en ce lieu par ailleurs enchanteur. C’est un endroit où cohabitent promeneurs et tranchées non (encore) comblées, pique-niqueurs et morceaux de métal (pas totalement) enfouis, rires du présent et cris du passé.
Quoique l’on fasse, ILS y sont ; et ils sont seuls.
Le lieu est habité, par eux, pour toujours. Jamais le silence n’est aussi bruyant qu’au plateau de Californie …


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2 commentaires:

Dumultien a dit…

Bonjour Gil,

Le dernier texte (NDLA) de cet article est admirablement écrit, et je tiens à vous en féliciter. Il traduit exactement ce que l'on ressent lorsqu'on se trouve en ce lieu emblématique du Chemin des Dames. S'il vous plaît, continuez à nous émerveiller et à nous émouvoir avec des textes de cette qualité !

Amicalement,

Jean-François.

Henry Delescaut a dit…

sans commentaire devrais-je dire...
c'est exactement le sentiment que l'on a en errant de trou en trou, ou en suivant le chemin, aujourd'hui balisé. Merci pour ces jolis mots, qu'apprécieront sans nul doute ceux dont l'âme erre à jamais dans ces lieux.
Merci pour eux !