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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

mardi 28 avril 2009

C comme Cherêt

(MAJ  décembre 2013)




« Au fond d'un val sans horizons,
Dans un site voilé d'ombrages,
Une église et quelques maisons,
C'est là Chérêt, humble village ! »
(Charles Charpentier, poète)


- Village proche de Bruyères-et-Montbérault, au sud-est de Laon
- 130 habitants

- Début septembre 1914, les Allemands ne sont que passer à Chérêt (dont la population est déjà de 130 habitants) ; seule une compagnie d'aérostiers s'installe, qui va y faire des entraînements pendant environ 18 mois.
- Avec le repli organisé consécutif à la bataille de la Marne, tout change : le village devient une base arrière importante dans le dispositif allemand. C'est un lieu de repos pour les soldats de retour de première ligne, un hôpital est mis en place dans l'église.

- Un nouveau cap est franchi début 1917, lorsque s'annonce l'offensive Nivelle. En février, les hommes valides sont envoyés séjourner dans les carrières de Parfondru : ils sont employés à la construction d'une gare près d'Eppes destinée à amener hommes et matériel en renfort (le premier train utilisant cette gare, chargé de munitions, la fait en grande partie exploser …). Au cours de ce séjour dans les carrières, 4 hommes meurent à cause de leurs conditions de vie et de travail.
- Pendant ce temps, le reste du village est évacué (sauf deux familles) en direction de Liesse ; la population entière survivante se regroupe autour de Trélon, fin 1917.

- Lorsqu'elle rentre à Chérêt, début 1919, il n'y a plus que ruines, champs incultes et dépôts de munitions. Une coopérative de reconstruction rassemble les villages du secteur, autour de Bruyères (dirigée par M. Ghidossi puis par le maire de Bruyères, Pouillart, enfin par le docteur Devauchelle. Plus de 6 millions de francs valeur 1914 de dégâts sont déclarés par les 292 propriétaires participant. Les architectes Lhotellier et Muller et les entreprises Rey, Bertin, Prainville et Gouverneur sont chargés des travaux (en 1925, une coopérative plus petite est créée pour accélérer les travaux : elle regroupent Chérêt, Martigny, Monthenault).

- Chérêt reçoit la croix-de-guerre avec 45 autres localités de l'arrondissement de Laon.

- « Ces souvenirs, tragiques ou émouvants, s'estompent aujourd'hui dans la grisaille du passé, qui sera bientôt la nuit des temps. Le vallon de Chérêt a repris sa ceinture verdoyante qui encadre la douce blancheur de ses maisons et le gris bleu de ses toitures. La nature paraît oublier le violences qui lui ont été faites pour prodiguer ses trésors aux hommes de bonne volonté. Il est bon que ceux-ci conservent le souvenir des âges révolus, dont l'histoire est une leçon pour qui sait la comprendre. »



Source principale : Maxime de Sars, Chérêt et la commune de Bruyères, 1936

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