jeudi 8 avril 2010

G comme Grinons

- Plateau sur les hauteurs en rive droite de l’Aisne, près de Chavonne (« Crinons » sur les cartes actuelles)

- Après la contre-offensive alliée de septembre 1914 puis les combats qui permettent aux Allemands de contrôler Chavonne et de repousser les Français en rive gauche dans ce secteur, « l’éperon des Grinons » (R.G. Nobécourt) se trouve en première ligne. C’est un élément essentiel dans le dispositif allemand, grâce à ses creutes aménagées en particulier (par exemple la Krüger Höhle).




- Le 16 avril 1917, le 355e RI attaque vers les Grinons, sous le feu de l’artillerie allemande des hauteurs ; les soldats sont bloqués sur les tranchées Siegfried et Krupp, mais certains parviennent à pénétrer dans Chavonne en ruines (connaissant de grosses difficultés pour s’y maintenir).
- Le lendemain, le régiment recommence son assaut, appuyé par des Tirailleurs sénégalais et le 25e BCP. Les difficultés sont nombreuses : « toute l’après-midi, l’AL [artillerie lourde] tire trop court sur nos premières lignes aux Grinons malgré les demandes d’allongement de tir faites par nos fusées. » Cependant, « à l’heure d’attaque, 17h30, nos mitrailleuses et les canons de 374 exécutent soudainement des tirs rapides sur les mitrailleuses ennemies et réussissent à en réduire au silence la plus grande partie. » A la troisième tentative, les troupes françaises parviennent à mettre pied sur la hauteur en fin de journée. Les carrières souterraines sont nettoyées par les Sénégalais et au lance-flammes par les compagnies Schilt ; de nombreux prisonniers sont aussi capturés. « Il est impossible d’en faire plus, le terrain escarpé des 100 derniers mètres et l’avantage irréductible qu’en tire l’ennemi tournent à un échec certain tous nos efforts sur ce point qui n’est pas abordable de front. » (JMO du 355e RI)
- Le 18, le retrait allemand sur le Chemin des Dames permet de dégager complètement la zone.


- En 1918, les Grinons voient à nouveau passer les Allemands le 27 mai. Puis, le 2 octobre, ce sont les Italiens qui font la reconquête de la zone, où une nouvelle fois la résistance allemande est plus forte qu’ailleurs grâce aux avantages offerts par le terrain.




Sources : R.G. Nobécourt, op. cit., pages 175 et 191
JMO du 355e RI

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