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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

mercredi 7 mars 2012

B comme Bois de l'Enclume

(Les traces visibles des boyaux et tranchées sur une photo aérienne de 1949 - Source: IGN)




- Bois situé au sud de Corbeny, le long de la D 1044, sur une hauteur (Butte Noirmont sur les cartes IGN actuelles).
- Dans le détail, il existe en fait un bois principal qui porte ce nom, un autre de très faible superficie à l’ouest (bois du Forgeron), enfin un troisième ensemble au nord (Petits bois de l’Enclume ou Bois Licorne selon les documents)


- Après avoir repoussé les troupes françaises qui avaient réussi à occuper Corbeny le 14 septembre 1914, les Allemands fortifient la zone qui se trouve entre le village et le bois de Beaumarais. La hauteur qui longe la Nationale 44 est alors progressivement transformée en bastion défensif redoutable (pendant oriental des Bastions de Chevreux).
- Le bois de l’Enclume devient ainsi le cœur de la deuxième ligne de défense allemande, avec devant lui les tranchées du Marteau et de l’Enclume.


- La puissance de feu du bastion de l’Enclume, peu touchée par la préparation, est l’une des causes de l’échec de l’offensive Nivelle dans le secteur. Néanmoins, à partir de mai 1917, l’Enclume se retrouve en première ligne après les quelques progrès français.
- Le secteur connaît alors une suite de coups de main français qui tentent de s’emparer de ce site, en vain …



- Le 2 novembre, lors de leur mouvement général de repli sur l’Ailette, les Allemands abandonnent le bois tout en se renforçant dans Corbeny. « Il n’existait aucune organisation, et le gel durcissant le sol ne permettait à ce moment ni terrassements ni travaux de réseaux. La vigilance de nos troupes devait se montrer très active. Les entreprises de l’ennemi, fort bien retranché dans ses positions organisées depuis longtemps, étaient presque journalières, et nous trouvaient faiblement protégés contre lui. » (Historique 113e RI, décembre 1917)

- Le 18 décembre, un de ces coups de main allemands est particulièrement éprouvant pour le 113e, qui vient juste d’arriver en ligne :
« A 1 heure une patrouille ennemie se présente devant PP2 (Centre de Résistance de l’Enclume) occupé par le 1er Btn (Btn Genty). Elle est repoussée à coups de grenades.
A 6 heures 2 fortes colonnes comptant chacune 30 à 40 hommes tentent un coup de main sur nos petits postes devant le 1er Btn. Celle venant de l’ouest attaque notre petit poste PP6, commandé par le sergent Serreau de la 2e Cie. Le poste engage la lutte et résiste fermement. 1 caporal et trois hommes sont blessés. L’ennemi sous le tir de nos F.M. et l’action de nos grenadiers se retire sans avoir obtenu de résultat.
Au même et avant que nos postes puissent tenter un mouvement de repli sur notre ligne de résistance, un bombardement d’une violence extrême se déclanche [sic] sur toute la position de l’Enclume. La colonne de l’Est prend à revers en même temps notre PP5 échelonné à la corne Est du petit Bois de l’Enclume. Une lutte très vive s’engage, le sergent Chrétien qui commande le PP tombe blessé et roule en gémissant sur le sol. 3 autres hommes sont également blessés. Un sous-officier allemand tué à bout portant par un de nos hommes s’abat en même temps que plusieurs de ses hommes. Son corps qui ne porte aucun insigne ni aucun indice permettant de l’identifier reste entre nos mains.
L’ennemi en se retirant emporte le sergent Chrétien et au moins 2 autres corps de soldats allemands qu’on avait vu tomber et qu’on ne retrouve pas. Le sol porte des traces de corps sanglants traînés.
[A l’ouest de l’Enclume,] le sous-lieutenant Lochon qui commandait la section qui fournissait les postes, étant dans la parallèle de résistance avec un caporal et 4 hommes crie : “voilà les boches tout le monde à son poste” mais surpris par derrière par la colonne ennemie, il est rapidement mis hors d’état de résister. Cette fraction est considérée comme disparue. »

Le bilan pour le 113e RI est de 2 tués, 14 blessés et 7 disparus.

- Le 30 décembre, une nouvelle action allemande dans le secteur cause la mort de 2 soldats (2 autres sont blessés), cette fois sans grande réussite.

(JMO 113e RI – Source: SHD)



(Le bois de l'enclume aujourd'hui vu depuis l'ancienne première ligne française - Tranchée Anspach)
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2 commentaires:

un par jour a dit…

Bonsoir. vous parlez de la tranchée anspach .... vous en savez plus sur l'origine du nom de cette tranchée?

Gil Alcaix a dit…

Je n'ai aucune certitude, mais Anspach est l'ancien nom de la ville bavaroise de Ansbach ...