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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

samedi 12 février 2011

P comme Potsdam sous les chênes

- Poème de Bertolt Brecht (1927)

- Bertolt Brecht est mobilisé à 20 ans, en 1918, comme infirmier, alors qu’il mène des études de médecine. Il est, comme beaucoup, marqué par les horreurs qu’il voit tous les jours. Dès 1919, Brecht commence à écrire, ayant rompu avec son existence d’avant le conflit, notamment des écrits pacifistes (voir ici par exemple).


- Le poème « A Potsdam sous les chênes » paraît dans la revue Der Knüppel d’août 1927. C’est un texte antimilitariste, qui repose sur la promesse faite par le gouvernement allemand aux combattants de la première guerre : « A chaque soldat son chez soi. » C’est aussi un écrit politique puisqu’il oppose les classes sociales en appelant à la méfiance à l’égard des possédants.


- Le poème en allemand :

Zu Potsdam unter den Eichen

Zu Potsdam unter den Eichen
Im hellen Mittag ein Zug
Vorn eine Trommel und hinten eine Fahn
In der Mitte einen Sarg man trug.

Zu Potsdam unter den Eichen
Im hundertjährigen Staub
Da trugen sechse einen Sarg
Mit Helm und Eichenlaub

Und auf dem Sarg mit Mennigerot
Da war geschrieben ein Reim
Die Buchstaben sahen häßlich aus:
"Jedem Krieger sein Helm!"

Das war zum Angedenken
An manchen toten Mann
Geboren in der Heimat
Gefallen am Chemin des Damen.

Gekrochen einst mit Herz und Hand
Dem Vaterland auf den Leim
Belohnt mit dem Sarge vom Vaterland:
Jedem Krieger sein Heim!

So zogen sie durch Potsdam
Für den Mann am Chemim des Dames
Da kam die grüne Polizei
Und haute sie zusamm’.




- La traduction en français (trouvée ici) :


A Potsdam sous les chênes

À Potsdam sous les chênes par
Un clair midi tout un convoi :
Tambour devant, drapeau derrière,
Au milieu le cercueil porté.

À Potsdam sous les chênes par
Une poussière séculaire
Six hommes portaient un cercueil
Avec casque et feuilles de chêne.

Et sur le cercueil, au minimum,
On avait écrit une phrase
En caractères plutôt laids :
« À chaque soldat son chez soi ! »

Cela c’était en souvenir
De plus d’un homme tombé mort
Qui naquit au pays d’ici
Et mourut au Chemin des Dames.

Lui, du cœur, de la main, donna
Dans le panneau de la Patrie
Qui d’un cercueil le récompense :
À chaque soldat son chez soi !

Ils allaient ainsi par Potsdam
Pour celui du Chemin des Dames.
Alors vint la police verte,
Matraqua d’une poigne experte.



- A écouter ici (interprété par Ute Lemper)
ou ici

(le poème est mis en musique par Kurt Weill)




Source : Fred Fischbach, L’évolution politique de Bertolt Brecht de 1913 à 1933




Merci à Yves Fohlen pour l’inspiration …

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