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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

samedi 24 avril 2010

F comme Fruty



- Isthme où le plateau se resserre entre les vallons qui descendent vers l’Aisne (par Nanteuil-la-Fosse, un d’eux portant le nom de Fruty d’ailleurs) et ceux qui plongent sur l’Ailette (par Allemant) ; proche du moulin de Laffaux, traversé par la RN2, on y trouve notamment des carrières.


- La zone est allemande de septembre 1914 jusqu’à l’automne 1917, transformée en un point de défense central après le retrait sur la ligne Hindenburg.

- Lorsque les troupes françaises stationnées à proximité de Laffaux attaquent le 16 avril 1917 et parviennent (difficilement) à gagner quelques hectomètres, elles ont devant elle « l’isthme de Fruty, bande étroite entre le plateau du Moulin de Laffaux et le plateau de l’Ange gardien, dont le versant Nord est plus abrupt encore. Ces pentes, ici et là, sont naturellement percées de creutes, de tunnels, d’abris profonds, nids de mitrailleuses et repaires de réserves que notre artillerie voit mal. » (RG Nobécourt, op. cit., page 327)
- L’offensive Nivelle est bloquée aussi dans ce secteur, même si les combats se poursuivent.

- « Le 5 mai, à 4h45, « à l’aube d’une splendide journée de printemps » (qu’avaient pollué pendant plus de six heures nos obus toxiques déversés dans les ravins où s’abritaient les Allemands), les fantassins qui attaquaient l’ouest du Chemin des Dames étaient des cuirassiers […] auxquels il incombait, à partir des pentes occidentales du plateau de Laffaux, d’atteindre, au-delà du moulin, un front Vallée Guerbette-carrières de Fruty où la 2e division coloniale prendrait en charge la poursuite. » Mais le 11e cuirassiers qui attaque dans cette direction se heurte aux tirs de mitrailleuses qui proviennent des carrières. L’offensive se poursuit le lendemain mais se solde finalement par un échec, malgré l’appui des chars (dont c’est le 2e engagement sur le front français) ; les premières lignes se stabilisent au niveau du moulin de Laffaux. Les carrières servent de base aux tentatives allemandes dans les semaines qui suivent.


- Le 23 octobre 1917, après une intense préparation d’artillerie, « les carrières de Fruty sont rapidement encerclées dès le départ de l’attaque. » La progression est rapide, « alors que le bataillon de deuxième ligne du 75 [RI] achève, avec des lance-flammes et des chars, de réduire et de nettoyer les carrières de Fruty, les chars annihilant aussi des résistances qui se manifestaient encore en arrière du grand mont [de Laffaux]. » (RG Nobécourt, page 328, et JMO du 75e RI)


- Les carrières de Fruty sont à nouveau le lieu de combats terribles le 14 septembre 1918 ; les fusiliers marins y sont engagés et subissent des pertes importantes (18 officiers et 430 soldats tués notamment) ; finalement les Français s’en emparent et les compagnies Schilt les « nettoient » au lance-flammes; elles en portent encore les traces aujourd’hui.


- En 1938 est élevé un monument en l’honneur des fusiliers marins ; la stèle est offerte par M. Messager, ingénieur carrier à Soissons et réalisée par l’architecte Aubled, grand prix de Rome. (source : JF Jagielski in N. Offenstadt dir., op. cit., page 278)
Voir aussi : http://1418bd.free.fr/labase/dosmonummarinsLaffaux.pdf

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