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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

mercredi 7 janvier 2009

T comme Teilhard de Chardin (Pierre)

- Homme d’Eglise, philosophe et paléontologue français
- Orcines (Puy-de-Dôme) 1881 – New York 1955

- Prêtre en 1911, il travaille au Muséum d’Histoire naturelle de Paris.
- Entre 1914 et 1919, il est brancardier et aumônier au 8e régiment de zouaves ; sa conduite exemplaire lui vaut plusieurs citations. D’avril à juin 1917, il combat autour de Paissy et d’Hurtebise ; son premier texte publié est Nostalgie du front, en novembre de la même année.

- Après la guerre, il poursuit sa carrière scientifique internationale, tandis que ses relations avec l’Eglise se tendent.


- « Je suis monté, au crépuscule, sur la colline d'où l'on découvre le secteur que nous venons de quitter, et où nous remonterons sans doute bientôt. Devant moi, au-delà des prairies voilées de brume naissante, où les coudes de l'Aisne font des taches laiteuses, la crête dénudée du Chemin des Dames se détache, nette comme une lame, sur le couchant doré, moucheté de Drachen. De loin en loin, une torpille fait jaillir un tourbillon de fumée silencieuse. [...]
L’eau qui blanchit dans la vallée, ce n’est plus l’Aisne : c’est le Nil, dont le miroir lointain m’obsédait jadis comme un appel des Tropiques. Je me crois maintenant assis au crépuscule, vers El-Guiouchi, sur le Mokkatam, et je regarde vers le sud… […]
Ce soir, plus que jamais, dans ce cadre merveilleusement calme et excitant où, à l'abri des violentes émotions et de la tension excessive des tranchées, je sens se raviver, dans leur milieu natif, les impressions déposées en moi par trois années de guerre, le front m'ensorcelle. Et j'interroge ardemment la ligne sacrée des levées de terre et des éclatements - la ligne des ballons qui se couchent à regret, l'un après l'autre, comme des astres biscornus et éteints —, la ligne des fusées qui commencent à monter. Quelles sont donc, enfin, les propriétés de cette ligne fascinante et mortelle ? Par quelle secrète vertu tient-elle à mon être le plus vivant, pour l'attirer ainsi à elle,invinciblement ?[...]
L'expérience inoubliable du front, à mon avis, c'est celle d'une immense liberté. »


(In Aux armées avec les tirailleurs, 1917)

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