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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

dimanche 5 septembre 2010

C comme Contraste

- En 1920, le commandant du Plessis décrit l’ouest du Chemin des Dames juste après la bataille de La Malmaison dans l’historique de son régiment (Le Régiment Rose, histoire du 265e RI, 1914-1919).


- « Rien ne peut donner une juste idée de cette dévastation. Cela passe la description, la photographie, la peinture même. Il faut avoir vu. C’est un paysage lunaire. Partout la terre est éventrée, partout de profonds entonnoirs se touchent et s’entrecoupent. L’horreur et la désolation sont partout. Pas un brin d’herbe sur le plateau, rien de vert aux troncs mutilés dont sa bordure se hérisse. Tout est ravagé. Où se trouve le fameux Chemin des Dames ? De l’Ange Gardien aux Bovettes, il n’y a pas 10 mètres de terrain plat. On ne voit que larges trous, monticules à vives arêtes, crevasses tortueuses, coupées d’éboulement et de fondrières, et qui furent des boyaux et des tranchées ; un désert morne, chaotique, uniformément grisâtre, au milieu duquel se profile, boursouflure informe, le vieux fort de la Malmaison. »

- Il évoque aussi à la suite le paysage totalement différent que l’on rencontre un peu plus loin : « La crête franchie et les escarpements atteints au pied desquels coule l’Ailette, soudain, le panorama change. En bas, la vallée toute verte étale ses prairies ourlées de haies et de chemins ; ses vergers, ses bois où les arbres ont des branches et les branches des feuilles, rougies ou dorées par l’automne ; ses longues rangées de peupliers jaunissants au bord du tranquille canal. Au-delà, ce sont les coteaux intacts où l’ennemi demeure : les villages ont des maisons, des toits et des portes, on distingue des champs cultivés, et, dans la coulée de l’Ardon, au loin, altière et sans blessure sur sa montagne que la cathédrale couronne, la cité de Laon apparaît. » (NDLA : les mois passées poussent sans doute le commandant du Plessis à l’exagération, puisque les villages et les terrains de la rive droite de l’Ailette souffrent aussi des bombardements et de l’évacuation des populations, il est vrai beaucoup moins que ceux de la rive gauche)




Citations reprises de Th. Hardier, in N. Offenstadt (dir.), op. cit., page 75

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