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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

samedi 4 octobre 2008

S comme Sancy-les-Cheminots




- Village situé entre la RN2 et l’Aisne, en contrebas du plateau
- 110 habitants

- Avant 1914, Sancy compte 76 habitants.


- Le vallon de Sancy est un lieu de combats acharnés dès après la bataille de la Marne et la contre-offensive alliée de septembre ; finalement, les Allemands s’en emparent le 30 octobre 1914 et transforment l’église imposante (surtout pour un si petit village) en hôpital de campagne. Les dégâts sont déjà considérables.

- En 1917, la ligne de front se rapproche lors du retrait allemand sur la ligne Hindenburg. Le 329e RI s’empare du village le 20 avril, après d’âpres combats.
- Les nouveaux affrontements de 1918 achèvent la destruction totale d’un village dont l’emplacement n’est plus matérialisé que par un panneau « ICI FUT SANCY ». La commune est placée en zone rouge et semble vouée à la disparition.


- C’est sans compter l’acharnement de Paul Busquet, parti en 1918 à la recherche de la sépulture de son fils Lucien, mort le 5 novembre 1914 de ses blessures après avoir été recueilli par les Allemands dans l’église-hôpital. Il rencontre alors le maire de Sancy, Alexandre Cadot-Maître, qui vit au milieu des décombres. Paul Busquet, chef de bureau aux chemins de fer de l’Etat, décide de tout faire pour aider à la reconstruction du village : il lance une souscription en novembre 1919 dans le Cheminot de l’Etat, journal appartenant à la fédération CGT des cheminots, puis relayée par une feuille spécialement dédiée à cette opération ; enfin, Busquet fonde en 1920 l’Œuvre de Sancy, dont la présidence d’honneur est assurée par Louis Olivier, président de l’UNC (Union nationale des cheminots).


- Avec le soutien du Comité américain pour les régions dévastées, la reconstruction s’organise : déblaiement des ruines, réseau d’eau, construction d’une vaste mairie-école, de maisons et d’une église (grâce à l’Union catholique des personnels des chemins de fer). Des gestes spécifiques ont lieu lors des fêtes de Noël ou d’événements ponctuels.
- Une première cérémonie a lieu en 1922, mais c’est en 1925 qu’intervient le grand moment, avec l’inauguration du Jardin du souvenir, où sont regroupées les stèles en l’honneur de Lucien Busquet et de plusieurs soldats représentatifs de l’héroïsme, notamment cheminot (on y trouve aussi celle de Quentin Roosevelt, aviateur et fils du président américain Théodore, mort en 1918). 400 cheminots « montés » depuis la gare de Celles assistent à la cérémonie.





- En 1929, une décision du Conseil municipal rebaptise la commune « Sancy-les-Cheminots », en guise de remerciement à ceux qui ont permis la renaissance du village.

- Dix ans après la fin du conflit, la population de Sancy n’est pas supérieure à 40 habitants.



Sources principales :
- Christian Chevandier, « Construction identitaire et reconstruction : Sancy et les cheminots », in N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 382 à 392
- Site sur l'histoire de la reconstruction de Sancy

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