mercredi 17 novembre 2010

S comme Santerre (Augustin)

- Soldat français
- 18 ?? – La Neuville 1914

- Augustin Santerre appartient au 1er régiment d’infanterie. Depuis le 13 septembre 1914, celui-ci est dans le secteur de Loivre à la recherche d’une rupture qui permettrait de gagner la guerre au plus vite.
- Dans la nuit du 30 septembre, Augustin attend avec ses camarades de monter en première ligne près de La Neuville, sur les bords du canal de l’Aisne à la Marne. Tout en discutant, il « bat la semelle pour se réchauffer ». Bien que situé à 2 kilomètres environ des premières lignes, l’adjudant Dutemple exige le silence absolu ; il demande par trois fois à Santerre d’arrêter, mais celui-ci s’obstine (« Je me fous de ce que tu dis. J’ai froid aux pieds, je veux qu’on me laisse tranquille »).
- Dutemple avise alors le lieutenant Dancoeur, qui convoque le soldat et, sans attendre la réponse de Santerre, l’abat d’une balle de revolver dans la tête : « Des hommes comme ça, voilà ce que j’en fais. […] Que cela serve d’exemple aux autres ! »


- Apprécié de ses hommes pour le soin qu’il prend d’eux, Dancoeur a cependant la réputation d’être un homme nerveux à la gâchette facile, porté sur la boisson. Il meurt sur la Somme, en 1916.

- Une fois la guerre finie, les parents d’Augustin Santerre cherchent à obtenir sa réhabilitation ; cependant, il n’y a pas de révision possible en cas d’exécution sommaire. Pour atténuer leur douleur, on attribue la médaille militaire à titre posthume à leur fils en 1920, avec la mention suivante : « Brave soldat tombé glorieusement pour la France, le 30 septembre 1914, à Neuville. »
- En 1924, une loi rend possible la révision d’un fusillé sans jugement. Augustin Santerre est alors réhabilité car son lieutenant n’a fait aucune sommation et car les Allemands étaient trop loin au moment des faits.




Source : Jean-Yves Le Naour, Fusillés. Enquête sur les crimes de la justice militaire, Larousse, 2010 (page 279)

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