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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

samedi 1 octobre 2011

R comme Roxane

- P.C. du 152e RI sur le plateau des Casemates en 1917
- Après avoir avancé jusqu’aux limites nord du plateau le 22 mai, le futur régiment des « Diables rouges » installe son système de défense.

- « Le colonel Barrard avait établi son P.C. à 400 mètres à peine de la tranchée de départ. Ce P.C. portait un nom délicieux. Je ne sais d’ailleurs pourquoi on lui avait donné un nom de femme. Par dérision sans doute. O lamentable et insipide P.C. Roxane, aux cases étroites et surchauffées ; P.C. où s’entassaient pêle-mêle sur les marches d’escaliers, fantassins, sapeurs, artilleurs ; refuge de tous les agents de liaison, des secrétaires, des téléphonistes ; relais où s’arrêtaient pour se reposer, reprendre haleine et se remettre de leurs émotions les coureurs et hommes de corvée ; P.C. où il fallait travailler, manger, dormir au son des musiques les plus variées : éclatement des gros obus qui s’écrasaient devant les entrées, bruit strident du ventilateur, perpétuel grincement de la T.S.F., ronflement sonore des hommes. Ô P.C. Roxane, au nom prometteur et charmant, que d’imagination il aurait fallu à ceux qui t’habitaient pour évoquer, dans un tel vacarme et dans une atmosphère aussi empestée, l’image de quelque gracieuse Orientale, ou seulement de la précieuse coquette de Cyrano ! […]
Le commandant du Bourg songe aux poilus qu’il a vu le matin en ligne, aux poilus qui vivent perpétuellement sous le bombardement. Il voudrait être comme eux. Ce P.C. Roxane où l’on meurt de chaleur et où l’on respire un air empoisonné, mais où l’ont tout de même à l’abri, ce P.C. Roxane, il le trouve trop confortable et le hait. Aussi passe-t-il son temps à faire les cent pas devant. Il va d’une entrée à l’autre, jouant comme à balle avec les obus qui consciencieusement, régulièrement – les Boches connaissent la sape – s’écrasent devant l’une et l’autre entrée. Et il soutient, car il ne veut pas avouer le vrai mobile de ses actions, qu’il fait meilleur vivre en plein air que dans un four. C’est une façon de nier le danger. »

(Source : Historique du 152e RI)


Photo dans la Lettre du Chemin des Dames n°22

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