dimanche 2 mai 2010

J comme Joussot (Charles)


- Militaire français
- Salins (Jura) 1870 – Crouy 1915

- Le commandant Charles Joussot est blessé lors de la bataille de l’Ourcq (6 septembre 1914) et rejoint son régiment, le 289e, près de Soissons le 30 novembre.

- En janvier 1915, il participe à la bataille de Crouy. Le 11 janvier, il essaie à la tête de la 23e compagnie qu’il commande de profiter des succès français sur la cote 132 pour avancer sur la « dent de Crouy » (saillant allemand dans la vallée, entre les plateaux). Il est tué dès le début de l’assaut, vers 16 heures, au bas du Chemin Creux ; on ne connaît pas précisément les circonstances de sa mort (le JMO du 289e RI le classe parmi les « disparus » du 11 janvier, page 43)


- Une stèle est élevée en bordure du chemin, qui lui rend hommage.



Fiche MPF (avec erreur sur la date du décès)



Source principale : F. Beauclerc, op. cit., page 57

vendredi 30 avril 2010

N comme Neuville-sur-Margival

- Village proche de Laffaux, en bordure du plateau rive droite du vallon de la Jocienne
- 110 habitants

- Avant 1914, Neuville-sur-Margival compte environ 130 habitants, qui voient les Allemands occuper le village le 31 août. Ceux-ci s’y installent pour plusieurs années et utilisent la zone comme base arrière, notamment au moment de la bataille de Crouy (janvier 1915).


- Après le retrait allemand sur la ligne Hindenburg, les Français reprennent possession de Neuville le 27 mars 1917 (224e puis 64e RI) ; les ruines du village se trouvent pendant plusieurs mois à proximité du front et des combats de Vauxaillon ou du Moulin de Laffaux, servant de base de départ à ceux-ci.




- Réoccupé le 27 mai 1918, Neuville-sur-Margival est définitivement libéré par le 8e de marche de zouaves le 5 septembre.


- Le village est presque entièrement détruit en 1918 et doit être reconstruit. La population chute fortement à cause de la guerre et des non-retours après celle-ci ; au recensement de 1921, le chiffre n’est encore que de 64 habitants (il remonte autour de la centaine avant la seconde guerre mondiale).

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mercredi 28 avril 2010

R comme Roucy (mutinerie de)



- En avril 1916 a lieu à Roucy, un peu en retrait du front, un mouvement de désobéissance collectif. C’est l’un des plus importants avant les mutineries de 1917.


- Dans le courant du mois de mars 1916, deux bataillons du 96e RI sont envoyés au sein de la 55e DI dans le secteur du Bois-des-Buttes, que les Allemands viennent de prendre (c’est alors que Guillaume Apollinaire y est blessé). Les 25, 26 et 27 avril, ces unités participent à de violents combats dans la zone.

- Le 30 avril, apprenant qu’ils doivent remonter en ligne, certains soldats se révoltent et refusent pendant une heure d’obéir. « Cependant, le commandement n'était pas du tout satisfait ; il trouva les résultats à peu près nuls pour une si grande dépense de munitions. Il demanda des explications et exigea de connaître les responsables. Tout retomba sur quatre soldats du 96e qui furent exécutés après un jugement qui n'est pas en faveur de la justice militaire. Les victimes appartenaient au 1er Btn. Ce bataillon, relevé de première ligne dans la nuit, était arrivé dans la matinée au repos au camp du Faité, bien en arrière. Comme après chaque relève, on laissait un peu de liberté aux soldats dont beaucoup profitaient pour se rendre chez le marchand de vin. Mais lorsque le Cdt Riols reçoit l'ordre de remonter en ligne dans la matinée même, le rassemblement fut difficile. Il y eut même des protestations d'abord, puis des cris ensuite et des commencements de désobéissance, car certains avaient du vent dans les voiles. L'intervention des officiers put ramener le calme, et tout le monde monta finalement en ligne. Le Cdt Riols crut devoir signaler les faits au Général de la 55e D.I., sous les ordres duquel nous étions passés depuis notre détachement provisoire dans ce secteur (nous étions coupés de notre D.I. et de notre colonel resté à Fismes). Lorsque le Commandement réclama des responsables, le Général grossit les incidents du 96e. Il ordonna l'arrestation des plus excités, qui furent jugés et exécutés sur le champ, sans même que notre Colonel ait eu le temps d'intervenir. L'affaire eut une répercussion douloureuse dans le Régiment. De l'avis même de nos officiers, on avait exagéré, car si une punition exemplaire était nécessaire, la peine de mort était excessive. Le Cdt Riols n'avait désigné que les fortes têtes, des soldats réputés indisciplinés et certainement peu recommandables, mais la justice doit être toujours la justice. » Par la suite les choses rentrent dans l’ordre.
(Pierre Bellet, Ma grande guerre au 96e, cité ici)


- Quatre hommes sont désignés comme meneurs : Lucien Baleux, Emile Lhermenier, Félix Milhau et Paul Regourdt. Ils sont condamnés à mort par le tribunal de guerre de la 55e DI et exécutés à Roucy le 22 mai 1916 par un peloton du 246e RI. Ils reposent dans la nécropole de Pontavert.





Extraits de témoignages sur cet épisode


Le blog d’Eric Viot


Fiche des 4 fusillés sur le Mémorial virtuel du Chemin des Dames

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lundi 26 avril 2010

C comme Crue de l'Aisne


- Depuis le 8 janvier 1915, l’état-major français cherche à renforcer la tête de pont qu’il contrôle au Nord de l’Aisne près de Soissons (bataille de Crouy). En effet, la position des soldats est fragile car ils sont séparés des réserves et surtout de l’artillerie par la rivière, dont beaucoup de ponts ont été détruits ou endommagés (ceux qui restent sont sous la menace permanente des canons allemands situés sur les hauteurs).

- Or, « deux semaines de pluie ont copieusement alimenté les bassins fluviaux en amont, et provoquent une crue de l’Aisne qui va menacer les ponts de la vallée de Soissons à partir du 11 janvier. » (F. Beauclerc)
- Dans les heures suivantes, sept ponts ou passerelles (anciens ou construits par le Génie) sont détruits par les flots. « A l’aube du 12, la situation est inquiétante : la crue menace à terme tous les ponts de Soissons à Missy. Cela signifie qu’en cas d’attaque allemande, le 5e GDR [Groupe de division de réserve] éprouverait les pires difficultés à envoyer des renforts sur la rive droite ou à replier les troupes, des milliers d’hommes risquant d’être pris dans la nasse. » (F. B.)


- La crue de l’Aisne est souvent présentée comme une cause essentielle de la défaite française lors de la bataille de Crouy, qui voit le front se reporter sur la rivière et se rapprocher de la ville de Soissons.
- Au lendemain de la défaite, le 14 janvier, le communiqué officiel déclare : « La crue persistante de l’Aisne a déjà emporté plusieurs des ponts et des passerelles que nous avions jetés, rendant ainsi précaires les communications de nos troupes. Dans ces conditions, nous nous sommes établis au sud de la rivière. »
- La thèse est ensuite souvent répétée, puis reprise par la plupart des historiens, tel RG Nobécourt : « il s’y ajouta le 12, à 16 heures, un autre drame. […] Cette crue interdisait l’arrivée de renforts – des radeaux étaient partis à la dérive – et elle bloquait sur la rive droite nos unités désemparées, accablées de projectiles, à bout de forces après six jours et six nuits de combats ininterrompus. » (op. cit., page 74)

- Il est vrai que bien que prévue et finalement pas exceptionnelle, la crue a été mal gérée, notamment parce que l’Aisne n’avait pas été nettoyée de tous les déchets consécutifs aux combats et aux destructions de l’automne.
- Pourtant, comme le montre F. Beauclerc, plusieurs dizaines de bataillons et de canons ont pu franchir la rivière en crue entre le 11 et le 14 janvier. « Ceci démontre catégoriquement que la crue de l’Aisne n’a ni empêché les renforts d’intervenir, ni bloqué les troupes sur la rive nord, contrairement à ce qu’a affirmé le GQG et à ce qu’ont répété ensuite les historiens. » « L’argument commode de la catastrophe naturelle » sert de prétexte et dissimule en réalité les autres causes de la défaite, et notamment les erreurs et les tâtonnements de l’artillerie et du haut commandement.



Source principale : F. Beauclerc, op. cit., pages 58/59 et pages 142 à 145

samedi 24 avril 2010

F comme Fruty



- Isthme où le plateau se resserre entre les vallons qui descendent vers l’Aisne (par Nanteuil-la-Fosse, un d’eux portant le nom de Fruty d’ailleurs) et ceux qui plongent sur l’Ailette (par Allemant) ; proche du moulin de Laffaux, traversé par la RN2, on y trouve notamment des carrières.


- La zone est allemande de septembre 1914 jusqu’à l’automne 1917, transformée en un point de défense central après le retrait sur la ligne Hindenburg.

- Lorsque les troupes françaises stationnées à proximité de Laffaux attaquent le 16 avril 1917 et parviennent (difficilement) à gagner quelques hectomètres, elles ont devant elle « l’isthme de Fruty, bande étroite entre le plateau du Moulin de Laffaux et le plateau de l’Ange gardien, dont le versant Nord est plus abrupt encore. Ces pentes, ici et là, sont naturellement percées de creutes, de tunnels, d’abris profonds, nids de mitrailleuses et repaires de réserves que notre artillerie voit mal. » (RG Nobécourt, op. cit., page 327)
- L’offensive Nivelle est bloquée aussi dans ce secteur, même si les combats se poursuivent.

- « Le 5 mai, à 4h45, « à l’aube d’une splendide journée de printemps » (qu’avaient pollué pendant plus de six heures nos obus toxiques déversés dans les ravins où s’abritaient les Allemands), les fantassins qui attaquaient l’ouest du Chemin des Dames étaient des cuirassiers […] auxquels il incombait, à partir des pentes occidentales du plateau de Laffaux, d’atteindre, au-delà du moulin, un front Vallée Guerbette-carrières de Fruty où la 2e division coloniale prendrait en charge la poursuite. » Mais le 11e cuirassiers qui attaque dans cette direction se heurte aux tirs de mitrailleuses qui proviennent des carrières. L’offensive se poursuit le lendemain mais se solde finalement par un échec, malgré l’appui des chars (dont c’est le 2e engagement sur le front français) ; les premières lignes se stabilisent au niveau du moulin de Laffaux. Les carrières servent de base aux tentatives allemandes dans les semaines qui suivent.


- Le 23 octobre 1917, après une intense préparation d’artillerie, « les carrières de Fruty sont rapidement encerclées dès le départ de l’attaque. » La progression est rapide, « alors que le bataillon de deuxième ligne du 75 [RI] achève, avec des lance-flammes et des chars, de réduire et de nettoyer les carrières de Fruty, les chars annihilant aussi des résistances qui se manifestaient encore en arrière du grand mont [de Laffaux]. » (RG Nobécourt, page 328, et JMO du 75e RI)


- Les carrières de Fruty sont à nouveau le lieu de combats terribles le 14 septembre 1918 ; les fusiliers marins y sont engagés et subissent des pertes importantes (18 officiers et 430 soldats tués notamment) ; finalement les Français s’en emparent et les compagnies Schilt les « nettoient » au lance-flammes; elles en portent encore les traces aujourd’hui.


- En 1938 est élevé un monument en l’honneur des fusiliers marins ; la stèle est offerte par M. Messager, ingénieur carrier à Soissons et réalisée par l’architecte Aubled, grand prix de Rome. (source : JF Jagielski in N. Offenstadt dir., op. cit., page 278)
Voir aussi : http://1418bd.free.fr/labase/dosmonummarinsLaffaux.pdf

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jeudi 22 avril 2010

L comme Leroy-Beaulieu (Pierre)

- Enseignant, écrivain et homme politique français
- Olmet-et-Villecun (Hérault) 1871 – Anizy-le-Château 1915

- Polytechnicien, Pierre-Leroy-Beaulieu est capitaine de réserve dans l’artillerie quand la guerre commence. Il est issu d’une famille prestigieuse : petit-fils de l’économiste Michel Chevalier et fils de Paul Leroy-Beaulieu, lui aussi économiste et co-fondateur de l’actuelle Science Po. Il a été élu député de l’Hérault en 1907 puis 1910 (républicain progressiste), notamment en s’inspirant des méthodes « modernes » des partis politiques américains. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de « géopolitique ».

- A 43 ans, père de 6 enfants, Pierre Leroy-Beaulieu se porte volontaire ; il est mobilisé au 19e Régiment d’artillerie.

- Le 13 janvier 1915, lors de la bataille de Crouy, il dirige une batterie de 90 sur le plateau de Vregny, au nord de Bucy-le-Long (plateau du Moncel). Tous ses soldats ayant été tué ou évacués, il reste seul pour servir la pièce (par esprit de sacrifice ou hasard des combats ?). Les Allemands s’approchent de sa position. L’un deux, Walter Ambroselli, raconte : « Maintenant nous attaquions […] une hauteur sur laquelle un canon ennemi tirait encore. […] Là, un capitaine d’artillerie français se trouvait le dernier, seul à la pièce d’artillerie, il allait chercher les munitions, chargeait et tirait. Alors que nous arrivions, il essayait justement d’abattre avec son revolver le plus avancé d’entre nous, le sous-officier Finder. Cependant, celui-ci fut plus rapide et tira une balle dans la tête du capitaine. » Evacué vers Anizy-le-Château, il y meurt quatre jours plus tard.
- Son médecin en informe sa femme et lui envoie ses affaires personnelles. Les Allemands organisent des obsèques solennelles pour Pierre Leroy-Beaulieu, qui figure aussi dans le communiqué et la presse allemands dans les jours suivants.
http://www.jstor.org/pss/2222501?cookieSet=1
(document signalé ici)



- Un des ses fils, Marc, lieutenant, meurt lors de la bataille de Montcornet, au nord-est de Laon, le 16 mai 1940.


- Une rue du hameau du Montcel, en contrebas du plateau de Vregny où il a été tué porte aujourd’hui le nom de Pierre Leroy-Beaulieu




Fiche MPF de Pierre Leroy-Beaulieu


Source principale : F. Beauclerc, op. cit., pages 109/110

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dimanche 18 avril 2010

C comme Commémoration du 16 avril 2010




- Pour la 4e fois cette année, le Conseil général de l’Aisne organise autour de Craonne une journée de commémoration à l’occasion du 93e anniversaire de l’offensive Nivelle, « Sans casque et sans arme ». Cette journée repose essentiellement sur 3 temps et bénéficie d’une météo clémente.



- Le matin, à partir de 5h30, un millier de personnes environ marche sur les traces des soldats français, guidées par le toujours passionné Noël Genteur, maire de Craonne. Parmi eux on note la présence, entre autres, de Frédéric Rousseau et Rémy Cazals, historiens éminents et membres du CRID 14-18, mais aussi d’une groupe de lycéens corses, « invités d’honneur » de la journée.
- Au départ du village actuel, le groupe traverse les champs avant qu’un feu d’artifice n’illumine les crêtes du plateau de Californie et du Chemin des Dames. Les premières lueurs du jour accompagnent les marcheurs qui s’infiltrent (malgré l’embouteillage!) à travers le saillant du Tyrol pour rejoindre le vieux Craonne au moment où se lève un magnifique soleil rouge, qui contraste avec les conditions météorologiques de 1917 …


- C’est ensuite la poursuite de la montée vers le plateau de Californie puis la traversée de celui-ci par les chemins et les vestiges de boyaux. Après quelques chants corses, des colombes sont lâchées dans le ciel bleu à proximité du belvédère. Vient ensuite le temps de la redescente vers Craonne.





- En fin d’après-midi, un spectacle intense et émouvant est donné en l’église de Craonne par Dominique Grange et Jacques Tardi.



- A la nuit tombée, une nouvelle marche mène la foule (plus familiale que le matin) à travers le Ravin sans nom et les rebords du plateau des Casemates vers Craonnelle, où le cimetière est illuminé de centaines de bougies : vision sublime et ô combien émouvante. Après les Basques et les Bretons, ce sont les Corses qui cette année chantent pour l’occasion, accompagnant l’extinction progressive des bougies.



- Il faut au passage saluer le travail et l’investissement de tous, au niveau municipal ou départemental, et les remercier pour leur investissement et leur compétence.



Reportage de France 3 Picardie

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mercredi 14 avril 2010

B comme Battet (Georges)

- Militaire français
- Lille 1893 – Beaurieux 1917

- Saint-cyrien, Georges Battet est officier au 201e RI, avec lequel il participe à toutes les grandes batailles de la guerre.

- Le 16 avril 1917, il est entre Craonne et Craonnelle pour prendre d’assaut le plateau de Californie. « Notre 4e bataillon est commandé par une jeune capitaine de 23 ans, le capitaine Battet, qui a autant de coup d’œil que de sang froid. De l’endroit où il se tient, au pied du saillant de Jutland, il a découvert à la jumelle, qu’à la gauche de notre secteur, il y a au sud du Tourillon de Vauclerc, un élément de tranchée non occupé par l’ennemi. Il a conçu l’idée de s’infiltrer par là, et d’entrer à la grenade dans la tranchée du Balcon, en la prenant par un bout puisqu’on ne peut l’aborder en face. » Vers midi, « à la tête d’une section de grenadiers, il se jette par surprise sur le Tourillon de Vauclerc, pénètre à l’extrémité de la tranchée du Balcon, et de vive force, en chasse les défenseurs. »

- Le 17, les Allemands contre-attaquent sur la tranchée. « Le capitaine Battet tombe frappé mortellement d’une balle à la tête, au bord de la petite carrière, un peu au nord du Tourillon de Vauclerc. » La contre-attaque est repoussée. « Le capitaine Battet, le héros de la journée, n’est pas tombé entre leurs mains, on l’emporte mourant à l’ambulance de Beaurieux. » Il y décède le lendemain. On ne connaît pas son lieu de sépulture.



Fiche MPF

Source principale :
Abbé Achille Liénart, Journal de guerre 1914-1918, Presses universitaires du Septentrion, 2008 (pages 66/67)

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dimanche 11 avril 2010

C comme Courtine du Poteau d'Ailles



- Tranchée située de part et d’autre de la route qui descend vers Ailles à partir du carrefour du Poteau

- La tranchée de la Courtine appartient au saillant de Deimling. Elle est le prolongement oriental de la tranchée de Franconie ; son sort est donc très lié à celui de sa « voisine », et elle connaît le même lot d’attaques et de contre-attaques pendant tout l’été 1917.


- Devenue française le 16 avril 1917, elle se trouve au cœur des combats : « les vagues allaient et venaient, mais elles étaient le ressac d’un flot qui s’étendait tout au long de la courtine d’Ailles jusqu’au promontoire de la Bovelle » (RG Nobécourt).
- Pendant tout le mois de juin les Allemands « rabotent » le saillant de Deimling et rendent les positions françaises fragiles. Fin juin, ils reprennent la Courtine ; le 119e RI est chargé de sa reprise, ce qui est fait le 1er juillet (« la 2e compagnie […] parvient à occuper à l’est la Courtine d’Ailles » ; « la 3e compagnie réussit à progresser à la grenade dans la Courtine d’Ailles et établit un barrage dans cette tranchée » - JMO du 119e RI)



- Les combats sont acharnés pendant tout le mois de juillet ; les Français ne parviennent pas à s’installer durablement sur les hauteurs et doivent faire face en permanence aux coups de mains allemands. « Il semble qu’il ne faille pas escompter quelque succès si l’on ne parvient pas à rendre inhabitables par des émanations de gaz répétées les tunnels où ils se protègent contre nos bombardements. Encore est-il qu’il faudrait en tenir les issues, au-delà de Franconie. Nous nous préparons à réattaquer. L’ennemi nous devance. Le 25, à 18h30, il déclenche un puissant assaut sur un front de 3 kilomètres, d’Heurtebise à la Courtine du Poteau d’Ailles. Il atteint la crête. » (RG Nobécourt, page 271) Les Français essayent de reconquérir la tranchée le 28, sans succès.


- La situation évolue peu jusqu’au retrait allemand consécutif à la bataille de La Malmaison, le 2 novembre.



(La Courtine du Poteau d'Ailles se trouvait à peu près à l'emplacement du chemin de terre actuel)

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jeudi 8 avril 2010

G comme Grinons

- Plateau sur les hauteurs en rive droite de l’Aisne, près de Chavonne (« Crinons » sur les cartes actuelles)

- Après la contre-offensive alliée de septembre 1914 puis les combats qui permettent aux Allemands de contrôler Chavonne et de repousser les Français en rive gauche dans ce secteur, « l’éperon des Grinons » (R.G. Nobécourt) se trouve en première ligne. C’est un élément essentiel dans le dispositif allemand, grâce à ses creutes aménagées en particulier (par exemple la Krüger Höhle).




- Le 16 avril 1917, le 355e RI attaque vers les Grinons, sous le feu de l’artillerie allemande des hauteurs ; les soldats sont bloqués sur les tranchées Siegfried et Krupp, mais certains parviennent à pénétrer dans Chavonne en ruines (connaissant de grosses difficultés pour s’y maintenir).
- Le lendemain, le régiment recommence son assaut, appuyé par des Tirailleurs sénégalais et le 25e BCP. Les difficultés sont nombreuses : « toute l’après-midi, l’AL [artillerie lourde] tire trop court sur nos premières lignes aux Grinons malgré les demandes d’allongement de tir faites par nos fusées. » Cependant, « à l’heure d’attaque, 17h30, nos mitrailleuses et les canons de 374 exécutent soudainement des tirs rapides sur les mitrailleuses ennemies et réussissent à en réduire au silence la plus grande partie. » A la troisième tentative, les troupes françaises parviennent à mettre pied sur la hauteur en fin de journée. Les carrières souterraines sont nettoyées par les Sénégalais et au lance-flammes par les compagnies Schilt ; de nombreux prisonniers sont aussi capturés. « Il est impossible d’en faire plus, le terrain escarpé des 100 derniers mètres et l’avantage irréductible qu’en tire l’ennemi tournent à un échec certain tous nos efforts sur ce point qui n’est pas abordable de front. » (JMO du 355e RI)
- Le 18, le retrait allemand sur le Chemin des Dames permet de dégager complètement la zone.


- En 1918, les Grinons voient à nouveau passer les Allemands le 27 mai. Puis, le 2 octobre, ce sont les Italiens qui font la reconquête de la zone, où une nouvelle fois la résistance allemande est plus forte qu’ailleurs grâce aux avantages offerts par le terrain.




Sources : R.G. Nobécourt, op. cit., pages 175 et 191
JMO du 355e RI

mardi 6 avril 2010

Casimir-Périer (Claude)



- Homme politique français
- Pont-sur-Seine (Aube) 1880 – Crouy 1915

- Héritier d’une illustre famille et fils de l’ancien président de la République, Claude Casimir-Périer est un intellectuel brillant marié à l’actrice Pauline Benda. Il échoue au printemps 1914 aux élections législatives dans l’Hérault. Depuis 1912, son secrétaire particulier est le romancier Alain-Fournier.

- Officier de réserve, Casimir-Périer est capitaine au 276e RI lorsque celui-ci se retrouve dans le Soissonnais après la bataille de la Marne.
- Il participe aux combats de l’automne dans le secteur puis à la bataille de Crouy en janvier 1915. Il est tué le 12 à la cote 132.

- Claude Casimir-Périer repose dans la nécropole militaire de Crouy. Mort sans héritier, il est le dernier représentant de la dynastie.


Fiche MPF

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samedi 3 avril 2010

C comme Center Parcs



- Lieu de loisirs situé au bord du plan d’eu de l’Ailette, sur les communes de Chamouille et Neuville-sur-Ailette

- Au début des années 2000, la compagnie néerlandaise Center Parcs travaille sur l’implantation d’un troisième centre en France (après la Normandie et la Sologne) en partenariat avec la société Pierre et Vacances et avec le soutien du Conseil général de l’Aisne et du Conseil régional de Picardie. Le chantier commence en 2005.
http://www.aisne.com/fiche_actu.asp?id_actu=266
http://www.aisne.com/fiche_actu.asp?id_actu=285

- Le 28 septembre 2007, le Center Parcs du Domaine de l’Ailette est inauguré, en présence de Xavier Bertrand (ministre du Travail) et Luc Chatel (secrétaire d’Etat à la Consommation). Une semaine plus tôt, près de la Caverne du Dragon, aucun représentant du gouvernement n’est présent à la cérémonie d’inauguration de la Constellation de la Douleur.

- L’installation du centre de loisirs au cœur de la région qui a connu de si terribles combats fait débat. Certains mettent en avant l’incongruité d’une telle construction dans ce lieu de mémoire. D’autres insistent sur les retombées sur l’économie et les lieux de mémoire de la région.
- « A ce propos, je dois dire que j’ai d’abord été choqué par l’idée qu’un Center Parcs allait être construit là, près de l’Ailette. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Mais, à la réflexion, même si le passé est si fort, il faut arrêter de vivre dans le passé seulement. C’est bien qu’un nouveau public soit amené à découvrir ce qu’est le Chemin des Dames. Il y a un travail d’histoire à entreprendre toujours, un travail d’éducation. » (François Mayu dans la Lettre du Chemin des Dames n°18, mars 2010)

- Les premiers résultats du Center Parcs de l’Ailette sont satisfaisants et semblent profiter à d’autres sites de la région, telle la Caverne du Dragon.
http://www.pro-evasion-aisne.com/var/picardie/storage/original/application/a1e09178b7477572ccc16f8f0b8f74c6.pdf
http://www.evasion-aisne.com/fr/Archives/1er-anniversaire-1er-bilan-au-Domaine-du-lac-d-Ailette/
- L’année 2009 se révèle plus difficile …
http://www.slideshare.net/CDTAisne/espace-aisne-center-parcs-bilan-2009

mercredi 31 mars 2010

D comme Dumesnil (Gaston)

- Homme politique français
- Argenteuil 1879 – Mont-de-Leuilly 1918

- Avocat, Gaston Dumesnil devient député (Fédération républicaine) du Maine-et-Loire en avril 1914.
- A la mobilisation, il est sergent au 106e RI ; il prend part ensuite à tous les combats auxquels celui-ci est appelé à participer, Marne, Champagne, Verdun, Somme (il est blessé en septembre 1915).


- Le 16 avril 1917, Gaston Dumesnil participe à l’offensive Nivelle dans le secteur de Soupir et, en trois jours, atteint le Chemin des Dames via une progression régulière quoique difficile à travers le bois des Gouttes d’Or et le plateau de la Croix-sans-Tête. C’est ce qui lui permet d’avoir une vision plus positive que d’autres lorsqu’il participe, début juillet, aux débats organisés à l’Assemblé nationale pour étudier les causes de l’échec de l’offensive. « Nous avons tout de même, à gauche, enfoncé l’ennemi sur sept kilomètres de profondeur, sur huit kilomètres de front. Nous lui avons pris une vingtaine de mille hommes et 300 canons. Songez qu’elle eût été la joie des Allemands s’ils avaient obtenu contre nous un résultat semblable. » Il met en avant la bonne préparation d’artillerie dans ce secteur, qui a réduit les nids de mitrailleuses : « le résultat a été que le corps d’armée a fait une infiltration continue dans le bois de la Bovette, cueillant les mitrailleuses allemandes, tuant à la baïonnette ou à la grenade tous les servants qui refusaient de se rendre et faisant même de très nombreux prisonniers dans les creutes ». Dumesnil décrit ensuite la progression vers Ostel puis la ferme Certeaux, tout près de la crête. « A ce moment, nous avons vraiment cru que ça y était. Nous nous sommes accrochés le 19 sur les positions et ce n’est que le 20, quand nous avons reçu des coups de canon dans le flanc venant de la droite, que nous avons vu que nos camarades de la Ve armée avaient été moins heureux que nous. »
- Selon lui, même si la tactique militaire est à revoir à l’avenir, il ne faut pas sanctionner les responsables de l’offensive. « Il ne faut pas laisser dire que cette offensive a été une défaite, si elle n’a pas donné tous les magnifiques résultats escomptés. »
- Il demande enfin plus de repos pour les soldats afin de limiter les mécontentements.
(source : Henri Casteix, L’Affaire du Chemin des Dames. Les comités secrets (1917), Ed. Imago, 1998 (pages 136 à 138)


- Alors qu’il est en stage à l’état-major de la 66e division d’infanterie près de Vauxaillon, le capitaine Dumesnil accepte le 8 septembre 1918 d’accompagner son collègue Abel Ferry, qui mène une tournée d’inspection parlementaire. Tous les deux sont pris sous un bombardement allemand alors qu’ils se trouvent en première ligne. Touché par des éclats d’obus, Gaston Dumesnil est transporté difficilement vers Mont-de-Leuilly où il meurt en fin d’après-midi.



Fiche MPF

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lundi 29 mars 2010

C comme Crouy (bataille de)


- Défaite française surnommée aussi parfois « Affaire de Crouy » ou « Affaire de Soissons »
- 8 – 14 janvier 1915


- Depuis la fin de 1914, l’état-major français cherche à renforcer la tête de pont qu’elle possède au nord de Soissons, sur la rive droite de l’Aisne. En effet, les Français sont peu implantés sur les plateaux et se trouvent sous la double menace permanente de l’artillerie allemande et des caprices de la rivière, qui peuvent poser problème pour le ravitaillement des troupes.
- De plus, les avancées allemandes à Chavonne et Vailly ont montré la précarité des positions défensives françaises et la faible efficacité de l’artillerie bloquée en rive gauche.
- Il s’agit donc de d’installer plus solidement sur les plateaux, afin notamment d’y acheminer l’artillerie (une autre solution, logique d’un point de vue militaire, aurait été de se replier sur l’Aisne, mais le GQG s’y refuse pour ne pas affecter le moral de la population).

- Or, en parallèle, les Allemands ont aussi des projets dans le secteur de Soissons, dans le cadre des restrictions imposées par la volonté d’attaques décisives sur le front russe : il s’agit de réduire et de fortifier le front, comme cela a été fait à Vailly et Chavonne. L’attaque est prévue le 14 janvier 1915, principalement sur le plateau de Vregny.



- Ce sont les Français du 5e GDR (Groupe de division de réserve), commandé par le général Berthelot, qui lancent leur plan en premier : le 8 janvier, ils attaquent sur la cote 132 et parviennent à progresser. Les combats sont acharnés, les contre-attaques allemandes nombreuses, mais le 10, le plateau est sous contrôle.
- En revanche, une attaque pour s’emparer de la « dent de Crouy » (saillant allemande dans la ligne de front aux abords immédiats de la ville) échoue le 11.


- « A partir de la nuit du 11 janvier, la situation change radicalement. Simultanément, trois facteurs interviennent dans ce bouleversement : l’épuisement du 5e GDR, la crue de l’Aisne, et l’achèvement de la concentration allemande qui donne pour la première fois l’initiative au général von Lochow. » (F. Beauclerc, page 58)

- Le 12 janvier, les Allemands lancent une contre-offensive générale. Ils s’emparent d’abord du plateau de la Justice, qui sert d’observatoire pour l’artillerie française ; celle-ci s’en trouve considérablement affaiblie. Ensuite, ils attaquent sur la cote 132 pour éviter une mauvaise surprise sur leur flanc droit (c’est le moment où s’effondre la grotte du Petit-Bois sur l’état-major du 60e RI) ; c’est un succès total, tout le plateau étant sous leur contrôle dans la soirée. Les tentatives françaises échouent chacune à leur tour.

- Le 13, c’est le « coup de grâce allemand » (F.B.) sur le plateau de Vregny. Attaqués de toutes parts, y compris à leur grande surprise par les pentes escarpées du ravin de Chivres, les Français doivent se replier progressivement, malgré des tentatives désespérées de résistance (le sacrifice du capitaine Leroy-Beaulieu par exemple). L’artillerie française de la rive nord est annihilée. L’empereur Guillaume II vient en personne assister au succès depuis les hauteurs de Laffaux.

- Par conséquent, à 22 heures le 13 janvier, le général Maunoury (commandant en chef de la 6e Armée) ordonne le repli au sud de l’Aisne.
- Celui-ci se déroule tant bien que mal, tandis que les dernières escarmouches ont lieu aux portes de Soissons dans la matinée du 14, avant que la situation se fige pendant plus de deux ans.



- Le bilan de la bataille est lourd. On compte environ 11 000 français hors de combat, dont un très grand nombre de disparus et de prisonniers (certains soldats n’ayant pas pu se replier à temps) : environ 5 000. Le chiffre des morts et blessés allemands est comparable (5 400).

- En France, la défaite devient « l’affaire de Soissons » : les remous dans l’armée, la classe politique et l’opinion sont considérables. Plusieurs généraux et officiers sont sanctionnés (dont Berthelot), d’autres sont fortement critiqués (Nivelle par exemple) ; même Joffre est remis en cause. La presse doit être censurée pour minimiser les aspects négatifs de la bataille. La thèse de la crue de l’Aisne comme principale responsable de celle-ci devient la version officielle.


- La bataille de Crouy est donc « le choc fortuit de deux plans offensifs à l’issue duquel l’état-major le plus réactif et le plus audacieux l’a emporté. » « Cette « petite affaire » ; qui n’engageait initialement que deux bataillons et dont l’opinion s’est enthousiasmé des premiers succès, dégénéra en véritable bataille qui s’acheva par la perte de 11 000 hommes dont 5 200 prisonniers, et provoqua non seulement l’éviction de quatre généraux et la dépression d’un cinquième, mais faillit aussi entraîner la démission de Joffre et compromettre l’ascension de Nivelle. » (F.B.)





Source principale : Franck Beauclerc, Soissons et la bataille de Crouy, ed. YSEC, 2009

Voir aussi :
http://chtimiste.com/batailles1418/combats/Crouy.htm

http://pagesperso-orange.fr/EPERON-132-CROUY/

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vendredi 26 mars 2010

A comme Alsaciens

- La plupart des Alsaciens et Mosellans, dont le territoire est devenu allemand depuis 1871, sont envoyés sur le front oriental pour éviter les désertions.

- Cependant, des Alsaciens combattent au Chemin des Dames, près d’Hurtebise, en septembre 1914. Leur artillerie se révèle vite supérieur à celle des Français.
- Certains choisissent de se rendre, tel l’instituteur Fernand Boberiether (originaire de Colmar), près du Monument d’Hurtebise. Dans son carnet de route il écrit : « Voilà quatre jours qu’on se nourrit de pain durci et d’eau qu’il faut aller chercher au péril de sa vie, à de grands intervalles. » D’autres combattent « fidèlement et bravement » pour l’Allemagne, même s’ils reconnaissent une fois prisonniers une certaine sympathie pour la France.


Source : Alain Malinowski, op. cit., page 11

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mercredi 24 mars 2010

D comme Dimier (Joseph)

- Homme d’Eglise français
- 1898 – 1975

- Joseph Dimier est grenadier au 22e BCP lorsqu’en octobre 1917 il est envoyé dans le secteur du Chemin des Dames. Depuis les hauteurs du plateau, il croit assister au bombardement du village d’Ailles ; c’est en fait les ruines de l’abbaye de Vauclair qu’il a sous les yeux.
« …En arrière de la première ligne allemande
tout en bas dans la vallée, on voyait un
ensemble de ruines sur lesquelles les obus
tombaient à chaque instant. En regardant la
carte, je crus pouvoir reconnaître le village
d’Ailles. Ce n’est que beaucoup plus tard -
après la guerre- que j’appris qu’il s’agissait
de l’abbaye de Vauclair, fondée par saint
Bernard au XIIe siècle, et qui a donné son
nom au secteur du même nom ».



- En 1948, Dimier, devenu religieux (le père Anselme) et spécialiste de l’architecture cistercienne, visite pour la première fois l’abbaye.
- Il y revient en 1965 dans le but d’y entreprendre des fouilles archéologiques. L’année suivante, il reçoit le renfort du père René Courtois et du groupe « Sources ».
http://www.abbaye-vauclair.fr/pages/fr/menu-principal/l-histoire/vauclair-a-travers-le-temps/1965--le-reveil-de-vauclair-95.html


- En 1982 paraît un ouvrage intitulé Mélanges à la mémoire du père Anselme Dimier (Benoît Chauvin dir.)


Source principale :
http://www.chemindesdames.fr/photos_ftp/contenus/Lettre%20CDD%2017%20web.pdf

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lundi 22 mars 2010

E comme Effondrement

(MAJ septembre 2013)


- Terre de creutes, le Chemin des Dames est particulièrement concerné par les effondrements de grottes ou de caves qui touchent les armées au combat, surtout lors des préparations ou lors des batailles les plus intenses.


Les Britanniques, dès septembre 1914

- Cherchant à se maintenir sur l'éperon de Beaulne, l'état-major du 1st Queen's Own Cameron Highlanders s'installe dans une creute sur le versant sud ; celle-ci sert aussi d'infirmerie et de lieu de repos.
- A 7h30 le 25 septembre, un obus allemand explose sur le toit de la carrière, qui s'effondre sans que personne s'en rende compte immédiatement, les troupes combattants 500 mètres plus en avant.
- Plusieurs survivants se trouvent dans le fond. Il leur faut attendre une heure et demie avant que leurs cris soient attendus et que les premiers secours s'organisent : « Quand je revins à moi, ma tête sortait des gravats, mais je ne pouvais pas bouger. Deux hommes vinrent m'aider et finalement vers 10h je pus sortir. » (H. Rosher)
- La situation s'aggrave lorsque plusieurs obus atteignent la creute, tuant notamment un des sauveteurs. Le caporal Mitchell doit ainsi attendre huit heures enseveli – et finalement évanoui – avant d'être secouru.
- Quatre hommes sont secourus ; 29 décèdent dans la creute effondrée. Il faut attendre plusieurs jours pour que leurs corps puissent être récupérés.


(source : Paul Kendall, op. cit., pages 320 à 322)




Chez les Français : la grotte du Petit Bois à la cote 132

- Le 12 janvier 1915, au plus fort de la bataille de Crouy, l’état-major du 60e RI, en difficulté face à l’offensive allemande, se réunit dans la grotte du Petit Bois. Celle-ci est situé en contrebas de la cote 132, cible de l’artillerie allemande depuis que les Français ont réussi à s’y implanter 4 jours plus tôt.

- « Mais vers 9h30, la grotte voisine où se tenait en réserve la 8e compagnie s’écroule sous les coups du bombardement allemand, ensevelissant plus de 60 hommes dont deux prisonniers. Néanmoins, les officiers continuent leur briefing, lorsque vers 10 heures, se produit la seconde catastrophe : l’explosion d’un obus de 21 cm provoque l’effondrement de la grotte PC du Petit Bois où se tenait la réunion. » (F. Beauclerc) Plusieurs officiers sont tués, les plus proches de l’entrée pouvant être sauvés. Dans les heures suivantes, la zone devient allemande.

- En mars 1917, après le retrait sur la ligne Hindenburg, les Français reprennent possession de la grotte. Lorsque la situation est un peu plus calme, en septembre, des fouilles y sont réalisées. Le médecin aide-major de 21e classe Gaston Giraud raconte : « Les crânes sont intacts, à l’exception d’un seul, mais les corps brisés ont gardé l’attitude tourmentée que leur donna, à la première minute, l’éboulement brutal. Le commandant Thibaulot s’est replié sous une avalanche de madriers. Il n’est plus qu’un étroit amas d’ossements, refoulé dans une des encoignures de roches. […] Les uniformes, les képis demeurent très reconnaissables. Les galons dorés ont conservé leur éclat. […] On a retrouvé même dans un retrait un tonnelet encore à moitié plein de vin et les deux lampes à carbure qui éclairèrent les dernières minutes des hommes qui sont là. » Le général Marjoulet fait organiser une cérémonie sur les lieux lors de l’inhumation des dépouilles le 17 septembre.



Source : F. Beauclerc, op.cit., pages 71/72





Les Allemands de la cave de Chevregny

- Les bombardements français sur les positions avant et pendant la bataille de La Malmaison sont particulièrement violents. Ils concernent aussi des villages alentours afin de détourner l'attention ennemie quant aux plans exacts. C'est ainsi que Chevregny, occupé principalement par le 218e régiment d'infanterie de réserve allemand (47e DR), reçoit quantité d'obus.
- Les soldats cherchent désespérément tout lieu pour s'abriter dans le village ruiné: beaucoup se réfugient dans une cave qui a la réputation d'être la plus solide du lieu.
- Repérée, la cave est ciblée et, sans doute entre le 25 et le 30 octobre, reçoit un obus qui pulvérise l'escalier d'accès, tuant plusieurs soldats et bloquant la porte. Tous les occupants de la cave meurent étouffés avant que quelque opération de secours ait pu se mettre en place.
- Bombardements et combats se poursuivent jusqu'au repli allemand sur l'Ailette le 2 novembre, puis le régiment est relevé: rien d'important n'a pu être entrepris pour récupérer corps ou objets personnels.

- Ce n'est qu'en 1928 que les lieux sont (re)découverts par le propriétaire du terrain et que 13 soldats peuvent être identifiés (on ne connaît cependant pas le nombre exact de soldats décédés, aucune enquête officielle véritable n'ayant pu être menée). Ils sont enterrés dans un angle de la nécropole de Crécy-au-Mont.


(source: H. Plote et D. Becquart, Lettre du Chemin des Dames n°25, qui présente de nombreux autres détails des faits et des conséquences de la découverte de 1928)

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vendredi 19 mars 2010

T comme Trou d'Enfer



- Lieu situé en contrebas du Chemin des Dames, à quelques mètres à l’Ouest de la Caverne du Dragon

- Le « Trou d’Enfer » est situé en avant de la première ligne allemande, la courtine d’Iéna. Il permet de surveiller l’ensemble de la Vallée Foulon depuis les hauteurs.

- Le 16 avril 1917 au petit matin, ce sont les Sénégalais qui attaquent en direction de l’isthme d’Hurtebise. « A l’est le bataillon sénégalais du commandant Cames, à cheval sur les pentes de Paissy et de la Vallée-Foulon, face au Trou d’Enfer, devait combler le vide que ce trou même imposait au départ entre le 33e RI et le bataillon sénégalais du commandant Cauvain, dès qu’il auraient avancé sur le plateau. […] Chaque mètre carré de terrain ici était plus mesuré et plus cher. Le prix s’en trouva accru, dès le départ, à la suite des circonstances malencontreuses dans lesquelles le bataillon chargé de relier le groupement Querette et le groupement Petitdemange déboucha du Trou d’Enfer. Une erreur d’orientation, la boue, les entonnoirs et la mise hors de combat de ses cadres le firent obliquer trop à l’ouest » (RG Nobécourt, page 155). De plus, le « Trou d’Enfer » a été mal « nettoyé » et les troupes françaises sont prises à revers par les mitrailleuses allemandes.

- Finalement, dans les jours suivants, les Français parviennent à éliminer les résistances allemandes à cet endroit et à prendre pied plus solidement sur le plateau, même si la zone reste dangereuse à cause de la présence de la Caverne du Dragon.


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mardi 16 mars 2010

S comme Stützpunktberg



- Butte, située dans la forêt de Vauclair, au nord de l’isthme d’Hurtebise et à proximité de la D886 qui descend vers l’abbaye.
- Son sommet est à 149 mètres d’altitude, son pied autour des 120/130.
- Le lieu est désigné par le mot « Téton » ou le code « 147,4 » (son altitude sur les cartes de l’époque) dans les documents français ; les Allemands l’ont baptisé « Stützpunktberg » (ce qui peut se traduire par le mont du point d’appui ou de la base militaire).

- Le 16 avril 1917, au petit matin, lorsque les troupes françaises attaquent, certains parviennent malgré les difficultés et les pertes à franchir le Chemin des Dames et à avancer dans la direction de l’abbaye. C’est le cas notamment des troupes sénégalaises.
- « Mais leur progression est vite arrêtée par le principal élément de défense allemand : le mamelon 147,4. Véritable fort Chabrol, les Allemands l’appellent le « Stützpunktberg ». Tenu par les Hanovriens du 73e régiment d’infanterie de réserve, il est protégé par de solides réseaux de fils de fer et de nombreuses mitrailleuses qui balayent les pentes du plateau en tous sens et empêchent tout mouvement. Toute la journée, les hommes vont devoir se terrer dans les trous d’obus au pied du mamelon. Les rafales qui partent du sommet sont ininterrompues. Chaque tête qui se montre est prise pour cible. »
- En fin d’après-midi, les Français doivent se replier sous les tirs venus de cette hauteur.


- Le Stützpunktberg reste pendant tout l’été un élément défensif essentiel pour les Allemands dans la défense de la zone d’Hurtebise. Ce n’est qu’à l’automne, après le repli allemand, que les Français s’emparent de la position.


Source : Alain Malinowski, op. cit., page 104

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dimanche 14 mars 2010

J comme Jolinon (Joseph)

- Ecrivain français
- La Clayette (Saône-et-Loire) 1885 – Briant (Saône-et-Loire) 1971

- Joseph Jolinon est avocat à Lyon lorsque commence la guerre. Il est soldat au 370e RI pendant toute la guerre.
- En mai 1917, son régiment est amené de l’Alsace à l’Aisne mais ne participe pas directement aux combats du Chemin des Dames. Sa profession l’amène à défendre les mutins de son régiment (mutinerie dite de Coeuvres) face aux conseils de guerre.
- Pendant l’été, il est à proximité de Missy-sur-Aisne

- Après guerre, Jolinon quitte sa profession et commence une carrière d’écrivain qui le voit publier une dizaine d’ouvrages (dont Les Provinciaux, Grand prix du roman de l’Académie française en 1950).
- Dans Le valet de gloire (1923), il raconte son expérience de défenseur des mutins et dresse un portrait sombre de l’armée et des hommes qui la composent. En 1930, il évoque à la fois l’échec de l’offensive Nivelle et les actes de désobéissance dans Les Revenants dans la boutique.

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