mercredi 19 août 2009

G comme Genteur (Noël)



- Maire de Craonne et conseiller général de l’Aisne
- Craonne (1952)


- Noël Genteur grandit à Craonne et y revient après ses études à Paris. Au cours de jeux puis d’explorations plus « sérieuses », il entre en contact avec le passé de sa région : découvertes de munitions, de restes de fortifications, de souterrains, etc.
- En 1977, il s’installe définitivement dans son village natal, où il devient agriculteur (éleveur), bénéficiant notamment de l’expérience et des conseils de son grand-père, Jules, prisonnier des Allemands pendant toute la première guerre et qui avait dû reconstruire l’exploitation familiale dans les années 1920.

- « Je me souviens d’une conversation avec grand-père quelques années seulement avant qu’il parte. Un jour, à l’occasion d’une de ces découvertes, je lui posais des questions sur les conditions de survie des hommes des tranchées, ici, chez nous. Sa réponse fut simple et très courte. « Tu sais, c’est terrible ce qui s’est passé ici. » Je crois, avec le recul, que mon engagement pour mon village et la mémoire du Chemin des Dames découle de cette phrase. […] Quelques rencontres opportunes et certaines circonstances heureuses des dernières années ont suffi à enraciner en moi ce besoin de savoir, d’aller un peu plus loin dans l’histoire de ce sol et de ces hommes qui l’ont foulé. Lentement, je me laissais imprégner par une impression d’injustice à leur mémoire en même temps que grandissait la nécessité d’assumer cette dette. »

- Depuis lors, Noël Genteur a recueilli beaucoup de témoignages d’anciens combattants revenus sur le lieu de la bataille qui les a marqués, ou de membres de leur famille. « Pourtant il ne serait pas raisonnable de penser que la mémoire seule suffit à maîtriser le passé ; elle s’accompagne nécessairement du travail des historiens, de leur rigueur dans l’analyse et de la quête de la vérité qui anime leurs débats contradictoires. »

- Son engagement civique pour la mémoire et la sauvegarde du Chemin des Dames est important : il est maire de son village (depuis 1995 ?) puis conseiller général de son canton (2004).



- Il consacre aussi depuis des années beaucoup de temps, d’énergie et d’enthousiasme communicatif à guider des groupes, notamment de scolaires, dans la visite du Vieux Craonne ou du plateau de Californie.



- « Passer sa vie sur ce lieu, où l’histoire accumule autant de sépultures d’hommes tombés les uns à côté des autres dans un silence si lourd, ces tombes ignorées que seule la nature fleurit chaque printemps d’un ornement vulnérable, relève d’un mystère qui doit venir d’ailleurs. Je remercie cette terre qui m’a amené à ces hommes et à leurs souffrances. Aujourd’hui c’est à eux que je dois d’adorer cette terre redevenue libre et sauvage. »


Source principale : « C’est à Craonne, sur le plateau … Récit », article autobiographique de Noël Genteur, dans N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 454 à 463

Photographies issues d'une visite avec les élèves du lycée Camille Desmoulins (20/03/2009), au cours de laquelle nous avons eu la chance de croiser M. Noël Genteur qui accompagnait un autre groupe de scolaires ...)

mardi 18 août 2009

D comme Désastre sanitaire

- Comme en ce qui concerne les décès, le nombre de blessés du Chemin des Dames lors de l’offensive Nivelle est difficile à évaluer, encore plus compte tenu de la difficulté à placer des bornes chronologiques à l’événement. Le service de Santé indique environ 80.000 blessés pour deux semaines de combat mais on a parlé de 120.000 évacués (article censuré d’Eugène Lautier). Il faut dire que la bataille des chiffres est aussi une bataille politique, qui permet d’affaiblir Nivelle.

Un conflit de pouvoir

- Le sous-secrétariat d’Etat au service de Santé est créé le 2 juillet 1915, avec « la volonté d’étendre le contrôle du pouvoir civil sur les autorités militaires » qui donnent la priorité totale aux médecins militaires et laissant les tâches subalternes aux civils, négligeant parfois le soin des blessés.
- Dès le début, le sous-secrétariat d’Etat est confié à un avocat, Justin Godart (l’ancien responsable de la santé au ministère de la Guerre, le général Troussaint, se sentant désavoué, démissionne). Celui-ci s’y montre efficace, et il est obéi par les médecins militaires.

Le service de santé au Chemin des Dames

- Dès les premiers jours de l’offensive Nivelle, les critiques pleuvent contre le service de santé, jugé inefficace et responsable de l’aggravation du bilan humain. Une Commission d’enquête sénatoriale est créée et se rend sur le terrain fin avril puis mi-mai, et son rapport est accablant, que ce soit en ce qui concerne les HOE (Hôpitaux d'orientation et d'évacuation) ou le service des évacuations : « la commission blâme l’autorité responsable du fonctionnement du service de Santé au cours de la dernière offensive. »

- « En avril 1917, la chaîne sanitaire semble avoir fonctionné correctement jusqu’aux HOE. » En revanche ceux-ci connaissent une crise majeure, submergés par une vague de blessés, y compris de blessés légers arrivés par leurs propres moyens sans en avoir été empêchés …
- « La question cruciale est alors de savoir si les moyens étaient suffisants. […] Insuffisantes en raison de l’imprévision du commandement, les capacités sanitaires prévues n’étaient en outre pas prêtes le 16 avril. » Aucun HOE ne peut répondre à l’afflux de blessés, qui doivent attendre leur tour dans des conditions épouvantables.
- Le service de Santé et le Grand Quartier Général se renvoient la responsabilité d’un sur l’autre, mais la gestion du premier est la plus remise en cause, sachant que Justin Godart avait accepté le principe d’être soumis aux décisions militaires et au secret qui les accompagne dès le début de sa mission.

- « Il semble, pour des raisons logistiques évidentes, que les évacuations soient très lentes », ce qui ne permet pas de décongestionner les HOE. « La priorité absolue, c’est la bataille, et non les blessés. » Le réseau ferré n’a pas été prévu pour permettre à la fois l’évacuation des blessés, le stationnement des trains devant les HOE et le ravitaillement du front (qui se fait à partir de Fère-en-Tardenois sur une voie unique). « Le manque de préparation, une fois encore, est patent. »
- De plus, le nombre de trains est insuffisant et les absurdités sont nombreuses : il n’est pas rare qu’un blessé léger soit envoyé à Orléans, et un grave à Bordeaux …

Les limites des solutions administratives

- Un décret du 11 mai 1917 confère au service de Santé des pouvoirs digne d’une arme (comme l’artillerie), sans lui en donner le statut cependant. Il peut s’exprimer, fait partie des états-majors et disposent d’une autonomie certaine.
- Cette décision calme rapidement la polémique, « mais il n’est pas certain qu’elle aurait suffi pour permettre au service de Santé de faire face à une nouvelle offensive du Chemin des Dames. »
- Tout simplement, il n’y a pas assez de chirurgiens en France pour soigner tous les blessés, à moins de vider totalement les régions qui ne sont pas sur le front …

- « Personne, à l’état-major, ne s’était sans doute posé la question, mais il est clair que Nivelle avait conçu une bataille telle qu’elle ferait plus de blessés qu’on en pouvait soigner. Si la catastrophe de s’est pas reproduite, c’est sans doute que la réorganisation menée à chaud par Justin Godart a été efficace, mais c’est surtout parce que le commandement s’est abstenu de lancer de nouvelles offensives d’une telle ampleur. »



Source : Antoine Prost, « Le désastre sanitaire du Chemin des Dames », in N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 137 à 151

dimanche 16 août 2009

C comme Ciry-Salsogne

- Village des rives gauche de l’Aisne et de la Vesle, au sud de Condé-sur-Aisne
- 800 habitants

- En 1914, Ciry-Salsogne est un village de près de 600 habitants, qui vit notamment de sa sucrerie.

- Après la contre-offensive alliée de septembre et la poussée allemande sur Vailly de janvier 1915, il est à proximité immédiate du saillant que fait le front vers le sud.
- Gagnant un peu de tranquillité après avril 1917, Ciry devient une base arrière importante et un lieu de transit pour les soldats français, qui s’abritent notamment dans ses creutes. Le 5 juin, une mutinerie y éclate au sein du 158e RI.

- Le village subit une occupation sévère et des combats sérieux en 1918, surtout lors de l’offensive française, en septembre. Une grande partie du village doit être reconstruit, notamment l’église Saint-Martin entre 1924 et 1926 (classée aux Monument Historiques en 2007). Le château de Salsogne (1683), miné par les Allemands à leur départ, n’est pas reconstruit, et seul la structure extérieure demeure aujourd’hui. Ciry-Salsogne est parrainé par Montpellier pour sa reconstruction.

- La population de Ciry-Salsogne n’est plus que de 342 habitants au recensement de 1921, chiffre qui remonte proche de son niveau antérieur dans les années 1930.



A consulter : http://ciry-salsogne.pagesperso-orange.fr/, un site très riche en documents

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vendredi 14 août 2009

C comme Commémorations

- Dans l’immédiat après-guerre, peu de commémorations solennelles ont lieu au Chemin des Dames : la priorité va à la reconstruction et au repeuplement des régions dévastées, et « une certaine discrétion préside au souvenir d’une bataille qui n’est pas niée ou oubliée, mais qui reste sans doute gênante. » En ce sens, Verdun se prête davantage au souvenir.


- Les premières cérémonies sont individuelles ou organisées par les anciens combattants d’un régiment ou d’un bataillon. « Contrairement à Verdun, les modalités de la commémoration du Chemin des Dames renvoient dès l’origine à une dispersion, un éclatement. »

- La première cérémonie d’importance est l’inauguration du monument des chars, à Berry-au-Bac, en juillet 1922 : sont présents les généraux Foch, Weygand et Mangin. Mais c’est une mémoire particulière, qui n’évoque que l’épisode précis du premier engagement des blindés.



- « La mémoire de la bataille du Chemin des Dames commence à se fixer dans les années 1927 et 1928 », notamment avec le voyage d’Edouard Herriot (ministre de l’Instruction), le 24 juillet 1927, qui inaugure plusieurs monuments aux morts et préside une cérémonie au cimetière de Cerny-en-Laonnois, qui devient le lieu central du souvenir au Chemin des Dames.



- Le 30 octobre de la même année est inauguré le monument d’Hurtebise, qui permet d’intégrer la bataille de 1917 « dans un ensemble plus large et plus souple. » Le monument présente « une vision patriotique, dans une acception du terme renvoyant à la Belle Epoque – ce qui est finalement assez surprenant, surtout à considérer le rôle joué par les anciens combattants dans cette commémoration » (l’UNC a financé le monument, donné aux autorités). La cérémonie, très classique, « correspond à une vision de droite, respectueuse des institutions et des hiérarchies. » Elle privilégie la vision de l’état-major et insiste sur l’aspect glorieux de l’histoire, le monument reconstruit témoignant du courage et du patriotisme des habitants de la région et des Français, résolus à se battre contre l’envahisseur quelle que soit l’époque : « De tels souvenirs font de cette frontière une terre sacrée, et il est juste qu’un monument nouveau, remplaçant un monument détruit, jalonne, une fois de plus, une si belle histoire. » (Gabriel Hanotaux dans La Croix, 13 novembre 1927)



- Face à cette vision patriotique se manifeste une vision pacifiste, « qui dénonce et critique » (à l’instar d’Eugène Dabit à propos du monument d’Hurtebise), très présente chez les anciens combattants.
- On la perçoit lors de l’inauguration en 1928 du « Monument des Basques », en souvenir de la 36e DI qui comprenait beaucoup de soldats originaires du Sud-ouest. Si la mise en œuvre et la cérémonie classiques, l’absence d’autorité politique est significative (seuls les militaires sont présents). En effet, la statue elle-même est d’un style différent, « avec un visage grave et calme, contrastant avec l’attitude militaire et patriotique du monument d’Hurtebise. Il est, par son originalité, une critique implicite des monuments guerriers : en ce sens il est pacifiste. » S’ajoute à cela le fait que le 18e RI basé à Pau a été très touché par la répression consécutive aux mutineries.


- Le monument des Crapouillots à Laffaux « reste plus discret et confidentiel », tandis que le calvaire de l’Ange gardien, inauguré en 1924 de façon très officielle, « n’est pas ensuite commémoré de façon régulière. »


- Après 1945, Cerny devient le lieu central des commémorations, notamment à travers la construction de la chapelle-mémorial édifiée par l’UNC et inaugurée en 1951. « Le quarantième anniversaire de la guerre marque sa consécration » : visite du ministre des Anciens Combattants, cérémonies placées sous le patronage du président de la République, mise à contribution de tous les villages de la zone (illumination du front, éclairage des monuments). Pour la première fois les troupes coloniales sont mises en valeur (1954 correspond au centenaire de leur création). On rend aussi hommage aux combattants anglais et aux Français morts en Italie en 1917. « Il ne s’agit plus de célébrer une division ou un combat particulier, mais de rendre hommage aux combattants en général. » Les discours reconnaissent « l’insuccès » de l’offensive, l’entêtement et les erreurs du commandement. C’est ce que fait aussi le maréchal Juin, ancien combattant du Chemin des Dames, à plusieurs occasions.
- En 1962, c’est à Cerny que le chancelier Adenauer tient à se rendre à titre privé, pour se recueillir dans un cimetière allemand, accompagné du général de Gaulle.



- En 1967, le ministre des Armées, Pierre Messmer, est présent pour la cérémonie du cinquantenaire de la bataille, avec un grand succès populaire et chez les anciens combattants. Mais le discours officiel insiste sur le patriotisme et l’obéissance, sans évoquer les mutineries : « Ce sont les sacrifices, le sens du devoir et de l’obéissance, la générosité de ces soldats que nous évoquons avec émotion. » (P. Messmer) La cérémonie est œcuménique, met en valeur la réconciliation franco-allemande mais garde un aspect fortement militaire.
- En 1967 comme l’année suivante, il faut noter que les cérémonies de Cerny sont l’occasion de références à la guerre du Vietnam (appel à la paix en 1968 par un des présidents d’anciens combattants).

- Pour le 60e anniversaire, le dispositif prend encore de l’ampleur : il s’étale sur 3 jours, avec notamment un « son et lumières » à l’abbaye de Vauclair, exposition sur les villageois de la région pendant la guerre, conférence de Guy Pedroncini sur l’offensive Nivelle et projection des Croix de bois. Les cérémonies officielles se déroulent à Berry-au-Bac et Cerny, en présence de l’ambassadeur de RFA.


- Le dernier tournant important dans le souvenir du Chemin des Dames est 1998 : pour la première fois une autorité politique majeure, le Premier ministre Lionel Jospin, évoque les « fusillés pour l’exemple » et leur réhabilitation dans un discours à Craonne, déclenchant ainsi une vive polémique. « Le gouvernement rompt ainsi une tradition de propos patriotiques convenus et édulcorés. » L’Etat « se désolidarise alors d’une vision d’état-major de la bataille, pour se placer dans une perspective à la fois plus proche de la réalité historique et plus sensible au vécu des combattants. » Le choix de Craonne à la place de Cerny montre aussi une volonté de changement du gouvernement.

- « Après avoir été étouffé par le poids du souvenir de Verdun, qui reste le lieu majeur du souvenir de la Grande Guerre [comme le montre les cérémonies du 11 novembre 2008, dans lesquelles le président de la République reprend néanmoins le thème de la réhabilitation des fusillés, cette fois sans déclencher de polémique, NDLA], le Chemin des Dames semble pouvoir témoigner officiellement sur un registre qui lui est propre. »



Source principale : Antoine Calagué, « Commémorer un échec ? Le Chemin des Dames au miroir de Verdun », in N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 286 à 297

samedi 18 juillet 2009

R comme Rouge-Maison

- Château et ferme situés sur le plateau, au Nord de Vailly-sur-Aisne

- Le château de Rouge-Maison est aux mains des Allemands à partir de septembre 1914, les Alliés ne parvenant pas à remettre le pied sur le plateau dans cette zone, encore plus après le coup de main allemand de janvier 1915, qui leur assure quelques positions en rive gauche de l’Aisne.
- Le château est presqu’entièrement ruiné lors de ces premiers combats.

- Le 18 avril 1917, dans la soirée, le 355e RI (soutenu par les Tirailleurs sénégalais) s’empare des ruines du château. L’avancée française a été très difficile : on trouve en effet plusieurs creutes à proximité du château, qui dominent la pente et la vallée, dont la creute Prinz Frederick Karl.
- Début juin, les régiments qui combattent sur le Chemin des dames (secteur des Bovettes) y installent leur PC.

- En 1918, les soldats américains séjournent dans la zone, laissant leurs traces dans les creutes.

- Totalement détruit par le conflit, le château de Rouge-Maison est reconstruit, sur un emplacement légèrement différent de l’original.

Voir les cartes postales anciennes du château :
http://dumultien.over-blog.fr/


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mardi 14 juillet 2009

B comme Beaumarais


- Bois situé entre Craonne et l’Aisne (orthographié parfois « Beau Marais »)

- Pendant la majeure partie du conflit, le bois de Beaumarais est en secteur français, mais à proximité immédiate de la ligne de front (le 16 avril 1917, celle-ci passe dans la partie Nord du bois, entre Craonnelle et la ferme du Temple).

- « En avril 1915, le commandant Chassery [du 36e RI] prend l’initiative d’y construire avec les hommes du 3e bataillon [une] chapelle en bois dédiée à Jeanne d’Arc. Après la guerre, un monument à la mémoire des 3 000 tués du 36e RI a été élevé à l’emplacement de la chapelle en bordure de la D 89 entre Craonne et Pontavert. » (Lettre du Chemin des Dames, HS n°2)

- C’est un lieu de séjour fréquent pour les soldats français, qui y vivent dans des conditions très humides. « Nous sommes dans le Bois de Beau Marais, il est effectivement situé dans un marais. Il y a de l’eau partout, jusque dans nos gourbis en tôle ondulée cimentée. Il nous faut mettre des caillebotis partout. Il y a des canards sauvages qui font leur nid dans les joncs. » (Paul Clerfeuille, 273e RI, 11 avril 1918, cité dans la Lettre du Chemin des Dames, HS n°2)

- Le bois de Beau Marais souffre évidemment de nombreuses destructions et doit être totalement remis en valeur après la guerre.

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lundi 13 juillet 2009

J comme Jaurès (Louis)

- Soldat français
- (Dordogne) 1898 – Pernant 1918

- Le fils de Jean Jaurès (à ne pas confondre avec son oncle, qui porte le même prénom) s’engage dès 1915, à 17 ans. « Quand on a l’honneur d’être le fils de Jean Jaurès, on doit donner l’exemple : l’internationalisme philosophique n’est point incompatible avec la défense de la patrie quand la vie de celle-ci est en jeu. »

- En 1918, il est au Chemin des Dames, aspirant au 10e Bataillon de chasseurs à pied. Lors de l’offensive Ludendorff, il est gravement blessé le 3 juin, à Chaudun, près de Soissons ; il meurt peu après, à Pernant.

- Une stèle à son honneur est aujourd’hui dressée à Chaudun, sur la place du village.

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samedi 11 juillet 2009

C comme Cuissy-et-Gény


- Village du versant Sud du plateau (au Nord d’Oeuilly et de Pargnan)
- 70 habitants

- Le village de Cuissy et la ferme de Gény sont réunis en une seule commune au moment de la Révolution. La ferme est une abbaye fondée au XIIe siècle, transformée en ferme et en manufacture de teintures.
- Cuissy-et-Gény compte environ 130 habitants en 1914.



- Le village, récupéré par les Français en septembre 1914, est à proximité de la ligne de front, relativement à l’abri. Lui et ses creutes servent de point de départ et de lieu de repos aux combattants d’avril 1917.

- Après guerre, la population a fortement chuté : seulement 78 habitants au recensement de 1921 (un peu plus d’une centaine dans les années 1930).

mardi 7 juillet 2009

M comme Maizy

- Village de la rive gauche de l’Aisne, face à Beaurieux
- 400 habitants

- Près de 400 personnes vivent déjà à Maizy lorsque les Allemands franchissent l’Aisne fin août 1914. Après la reprise du village, Maizy devient un poste arrière pour l’armée française.

- C’est là où le commandant Bossut est inhumé une première fois, le 16 avril 1917, dans le cimetière communal.


- « Le 12 juin 1917, au petit matin, 3 mutins du 18e RI sont fusillés à Maizy.
Placé en réserve au moment de l'offensive Nivelle, le 16 avril 1917, le 18ème R.I. paya un très lourd tribut, à partir du 4 mai, lors de la prise de Craonne et du plateau de Californie : 40% de pertes. Plus tard, le 27 mai 1917, alors que le régiment venait d'être mis au repos à Villers-sur-Fère, apprenant qu'ils devaient remonter en première ligne, des incidents éclatèrent, les hommes refusèrent de monter dans les camions.
Les mutineries éclataient dans l'armée française. Au 18ème R.I., douze hommes furent déférés devant le conseil de guerre, le 7 juin, et cinq furent condamnés à mort pour "révolte sous les armes". L'un deux fut gracié, un autre [NDLA : Vincent Moulia] parvint à s'échapper (il sera d'ailleurs contraint de s'exiler en Espagne jusque dans les années 30) et trois furent fusillés. »

(Source : Mémorial virtuel du ChdD)

- Assez peu détruit en 1918, Maizy compte près de 350 habitants au recensement de 1921.

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samedi 4 juillet 2009

Beaulne (Mont de)


- Avancée du plateau du Chemin des Dames vers le Sud, juste au-dessus de Moussy-Verneuil.
- L’éperon de Beaulne qui sépare la vallée des Grelines et celle des hameaux de Beaulne et de Chivy.
- L’altitude est autour de 160 mètres (162 mètres maximum)

- De septembre 1914 à avril 1917, la ligne de front partage l’éperon.
- Les mitrailleuses allemandes installées sur les hauteurs bloquent les assauts français le 16 avril 1917 (146e et 153e RI). Mais les avancées dans le ravin des Grelines, vers Braye et au-delà de Chivy obligent les Allemands à reculer (en bon ordre) jusqu’au Chemin des Dames lui-même, où le front se fige jusqu’à l’automne.




(informations cartographiques réalisées à partir du JMO du 146e RI, avril 1917 page 20 :
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_695_006/viewer.html)

Extraits des carte et photographie aérienne provenant de l’IGN (Géoportail)

vendredi 3 juillet 2009

S comme Saint-Thomas

- Village localisé 5 kilomètres au Nord de Corbeny.
- 70 habitants

- Au-dessus de Saint-Thomas se trouve l’oppidum très vaste dit Camp des Romains (Vieux Laon). C’est sans doute le Bibrax cité par César dans la Guerre des Gaules.

- Saint-Thomas compte 120 habitants en 1914. Le village est occupé par les Allemands pendant toute la durée de la guerre et en subit les conséquences : réquisitions, travail forcé, évacuation avant l’offensive Nivelle.

- Les destructions ne sont pas considérables, liées surtout aux combats de 1918.
- La population perd quelques unités au recensement de 1921.

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mardi 30 juin 2009

T comme Thierry (Albert)

- Instituteur et écrivain français
- Montargis 1881 – Aix-Noulette (Pas-de-Calais) 1915

- Fils de maçon, Albert Thierry est un élève brillant et devient professeur à l’Ecole Normale de Versailles. Il s’investit dans la recherche pédagogique et le syndicalisme enseignant. En parallèle, il écrit des poèmes et des contes.

- Antimilitariste, il est touché par l’élan nationaliste de l’été 1914. Il est mobilisé au sein du 28e RI.
- Blessé en septembre dans le Tardenois, il reste aux mains des Allemands quelques jours avant d’être libéré lors de la contre-offensive française.

- Après quelques mois de convalescence, il revient au 28e RI comme mitrailleur à Berry-au-Bac, en janvier 1915, sur le canal de l’Aisne à la Marne.

- Il est tué le 26 mai, en Artois, lors d’une attaque allemande.

- En 1917 et 1918, on publie ses « Carnets de guerre ».

Source principale

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samedi 27 juin 2009

C comme Chaïla (Xavier)

(MAJ septembre 2011)


- Meunier / papetier et soldat français
- Brousses (Aude) 1886 – Brousses 1961

- En 1914, Xavier Chaïla travaille dans le moulin à papier de son village, que sa famille possède depuis 1877, lorsqu’il est mobilisé au 1er Hussards. Tout le début de sa guerre se passe en Lorraine. En 1916, il rejoint le 8e Cuirassiers.

- Début 1917, Chaïla est déplacé vers la région de Reims, où il assiste aux préparatifs de l’offensive Nivelle : « l’encombrement sur les routes est formidable. Par moments, on ne peut circuler tant la masse de véhicules et d’hommes est compacte. »
- Le 13 avril, il est à Guyencourt. « Dans la plaine, c’était une fournaise, on n’apercevait que fumée et éclatements. Et dire qu’il faudrait entrer dans cet enfer. »
- Le 16, le 8e Cuirassiers attaque en direction du nord-est (Chaïla aperçoit les chars qui partent à l’assaut) avec pour objectif d’être à Rethel dans la soirée. Retardé par la réaction allemande, il assiste à l’échec français et se scandalise du manque de moyens mis en œuvre pour l’évacuation des blessés. Le 17, après des heures passées à errer entre trous d’obus et restes de tranchées allemandes près de Juvincourt, il revient près de Berry-au-Bac.
- Le régiment est relevé le 28 (il séjourne sur la Marne), après plusieurs jours pénibles autour de la cote 108 et de ses explosions de mines.

- Le 21 mai, retour en ligne. Puis Chaïla bénéficie de quelques jours de permission entre le 5 et le 20 juin. Le 17 juillet, il apprend la mort de son frère cadet lors de la prise de la Caverne du Dragon.

- Début août, le régiment est relevé et va passer plusieurs mois à l’est de Reims, autour de la Pompelle.

- Au moment où il est envoyé combattre contre l’offensive allemande dans la Somme, en mars 1918, Xavier Chaïla est évacué à cause des oreillons. Quand il revient, c’est pour participer à la résistance en bordure de la forêt de Villers-Cotterêts puis aux combats de Coeuvres début juin.


- L’Audois finit la guerre dans la Ruhr. Démobilisé en mars 1919, il revient dans son village et remet en état le moulin à papier, dont l’activité a cessé pendant son absence.

- En 1997 est publié C’est à Craonne, sur le plateau … Journal de route 1914-15-16-17-18-19 de Xavier Chaïla (présenté par Sandrine Laspalles), recueil de ses notes mises en forme pour en faire un récit continu.http://www.blogger.com/img/blank.gifhttp://www.blogger.com/img/blank.gif



A consulter : le site du CRID 14-18

Le site du moulin de Brousses

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jeudi 25 juin 2009

C comme Condé-sur-Aisne

- Village situé à la confluence de l’Aisne et de la Vesle, au pied du versant sud du Chemin des Dames et du fort de Condé.
- 360 habitants

- Condé-sur-Aisne est un village d’un peu moins de 500 habitants en 1914, stratégiquement situé. Les Allemands l’occupent en septembre 1914 et parviennent à résister aux Français, profitant de leur position sur les pentes. Ceci explique la présence allemande dans cette partie de la vallée de l’Aisne, confortée après la prise de Vailly au début de 1915.

- Objectif non prioritaire, Condé est pris par les troupes françaises dans la soirée du 16 avril, qui profitent du retrait organisé des Allemands vers les hauteurs du Chemin des Dames.

- Des combats violents s’y déroulent à nouveau en septembre 1918. Quand ils se terminent, la population a énormément chuté : elle n’est encore que de 208 personnes en 1921, beaucoup ayant choisi de reconstruire ailleurs, dans les villes du département.

- Le village subit de très gros dégâts. L’église Saint-Pierre et Saint-Paul, tout comme la chapelle Saint-Ouen, en grande partie anéanties, sont reconstruites et classées aux Monuments Historiques.

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mardi 23 juin 2009

D comme Duchêne (Denis)

- Général français
- Juzennecourt (Haute-Marne) 1862 – Bihorel (Seine-Inférieure) 1950

- A sa sortie de Saint-Cyr (1883), Denis Duchêne alterne postes en métropoles et dans les colonies.
- Colonel en 1914, il combat en Lorraine et devient général. Son caractère colérique le rend impopulaire dans ses troupes et attire la méfiance de l’élite de l’Armée.

- Au moment de l’offensive Nivelle, le général Duchêne dirige la 10e Armée qui intervient début mai dans le secteur de Craonne.

- Après un séjour en Italie, il prend la tête de la 6e Armée au Chemin des Dames en décembre 1917. Il décide d’y défendre avant tout la première ligne, contrairement aux souhaits de Pétain qui voulait renforcer les défenses plus à l’arrière (Duchêne le 20 mai 1918 : « combattre jusqu'au bout sur la première position. Interdire à l'ennemi de prendre pied au sud de l'Ailette et au nord du plateau du Chemin des Dames »). Mais, le 27 mai 1918, l’offensive Ludendorff enfonce le front sur des dizaines de kilomètres en quelques heures … Les réactions de Duchêne sont trop tardives ou trop hésitantes. Le 10 juin, il est limogé.

- Il retrouve un poste de commandement en 1920, jusqu’à sa mise en réserve 4 ans plus tard.

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samedi 20 juin 2009

S comme Sainte-Croix



- Village où l’Ailette prend sa source, au Nord-Ouest de Corbeny, près de la D 1044
- 130 habitants

- Sainte-Croix, 180 habitants en 1914, est en zone allemande pendant toute la guerre. Le village souffre des bombardements liés à l’offensive Nivelle puis des combats de 1918 et doit être reconstruit après-guerre, mais sa population revient rapidement après la fin du conflit.

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jeudi 18 juin 2009

G comme Gernicourt



- Village de la rive gauche de l’Aisne, à proximité de Berry-au-Bac
- 60 habitants

- En 1914, Gernicourt est peuplé d’environ 100 habitants. Le village reste en possession des Français pendant presque toute la durée de la guerre, à proximité immédiate de la ligne de front.

- Gernicourt est le point de départ de l’offensive Nivelle dans le secteur de Berry-au-Bac, le 16 avril 1917. Les ruines du village bombardé voient passer les « poilus », tel Xavier Chaïla qui décrit les difficultés de son régiment, le 8e cuirassier à pied.
- Dans les jours suivants, le village reste sous les bombes à cause de l’enlisement de l’offensive. Un calme relatif n’intervient qu’à partir du mois de mai.

- Le village est totalement anéanti par les combats. La population, absente à la fin de la guerre, s’élève à peine à 18 personnes au recensement de 1921, avant de dépasser la centaine dans les années 1930.



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samedi 13 juin 2009

G comme Gaulle (Charles de)

- Militaire puis homme d’Etat français
- Lille 1890 – Colombey-les-Deux-Eglises 1970

- Charles de Gaulle sort diplômé de Saint-Cyr en 1912 et rejoint le 33e RI stationné à Arras, sous les ordres de Pétain.
- Lieutenant en 1914, il est blessé deux fois et devient capitaine dès 1915.

- En juillet 1915, Charles de Gaulle est pendant quelques semaines au Bois-des-Buttes. Il décrit dans ses notes presque quotidiennes ce qu’il voit au front ou dans les villages proches, à Pontavert par exemple.

- A nouveau blessé à Douaumont en 1916, il est capturé et soigné par les Allemands. A cinq reprises, il échoue dans ses tentatives d’évasion et est libéré après l’armistice.
- Après la guerre, le capitaine de Gaulle poursuit sa carrière militaire.

vendredi 5 juin 2009

G comme Grelines



- Ferme aujourd’hui disparue et bois proches de Braye-en-Laonnois, en contrebas du Chemin des dames à la hauteur de la ferme Malval et du Mont de Beaulne

- Allemand depuis septembre 1914, le secteur de Grelines est attaqué dès le 16 avril 1917 par les troupes françaises venues de Moussy-Verneuil et du canal de l’Aisne à l’Oise. C’est une zone très difficile entourée de versants très pentus et parsemée de fortifications allemandes : blockhaus, barbelés, etc.
- Les Français parviennent à la lisère du bois en fin de soirée, le 16, mais il faut plusieurs jours pour s’emparer de tout le vallon, une des clefs de la prise de Braye …
- Pendant des semaines, ensuite, le ravin des Grelines est sous le feu allemand, marqué par des coups de main fréquent ; c’est un lieu redouté par les « poilus » qui y sont affectés jusqu’au repli allemand de l’automne.

- La ferme des Grelines est totalement détruite.
- Le bois des Grelines porte encore aujourd’hui l’héritage de la première guerre, dans ses creutes et les restes des blockhaus.


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mardi 2 juin 2009

F comme Ferry (Abel)

- Homme politique français
- Paris 1881 – Vauxaillon 1918

- Après de brillantes études d’histoire, le neveu de Jules Ferry devient avocat. Il est élu député des Vosges en 1909 puis en 1914 et siège au centre, au sein de la Gauche radicale.
- Sous-secrétaire aux Affaires étrangères en juin 1914, il est mobilisé tout en restant membre du gouvernement (il a auparavant fait casser la décision qui le réformait pour tuberculose).
- Il mène en parallèle son rôle de combattant (notamment aux Eparges) et de ministre puis parlementaire, cherchant à améliorer le sort des soldats et la conduite de la guerre.

- Le 8 septembre 1918, Abel Ferry est gravement blessé par un obus allemand dans les premières lignes près de Vauxaillon ; il meurt quelques jours plus tard.


- André Loez publie en 2005 ses Carnets secrets 1914-1918 dans leur version non expurgée (contrairement à la première édition de 1957), avec préface de Nicolas Offenstadt


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