dimanche 12 mai 2013

B comme Bois des Boches



(JMO 1er CA - mai 1915 - Source: SHD)
- Bois situé entre celui des Buttes et la D 1044, au sud-est de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert (il existe évidemment beaucoup de lieux dénommés ainsi tout le long du front ; un des plus célèbres se trouve en Artois, près de ND de Lorette)

- A partir de septembre 1914, comme son nom l’indique, la forêt est entièrement sous contrôle allemand, prolongée à l’ouest par le « Petit bois des Boches » puis le « Bois franco-allemand » où passe la ligne de front (contrairement à aujourd’hui, un court espace non boisé le sépare de son voisin, le Bois des Buttes).
- Le secteur est parcouru d’un important réseau de tranchées, notamment dans sa partie sud où il forme un saillant.

- Côté français, ce sont les 201e et 284e RI (2e DI) qui aménagement à l’automne 1914 puis pendant l’hiver le front qui longe la lisière occidentale du bois.

- A cet endroit, la limite entre les deux armées n’est pratiquement pas du tout modifiée jusqu’à l’offensive Nivelle, malgré la forte attaque allemande sur le voisin Bois des Buttes en mars 1916.

- Le 16 avril 1917, c’est le 4e régiment d’infanterie qui prend le Bois des Boches dès les premières heures de la bataille. Journée marquée notamment par la mort de Léandre Marcq …
« L'aube blafarde du 16 avril déchire l'ombre. Il est 6 heures ; les poilus du 4e  d'infanterie, pleins d'enthousiasme, s'élancent des parallèles de départ.
Soudain l'ennemi déclenche un tir de barrage d'une extrême violence. Du bois des Boches, de la plaine de Juvincourt crépite un exaspérant concert de mitrailleuses ; les rangs sont fauchés parmi nos braves soldats. Blessé deux fois, le capitaine Varin-d'Ainvelle (3e Compagnie) entraîne cependant ses hommes avec la dernière énergie.
Le Sous-Lieutenant Nottelet, l'ardent et vieux colonial, tombe frappé à mort.
Le 1er bataillon enlevé par son chef, le Commandant Eckenfelder, dépasse bientôt les premières lignes allemandes faisant des prisonniers. Il atteint la route 44 et attaque le bois des Boches. La lutte devient ardente.
Sortis de leurs abris bétonnés et du tunnel de la route, les Allemands opposent une résistance désespérée. On en vient au corps à corps.
Le Lieutenant Marcq, commandant la 2e Compagnie qui a fait passer son héroïsme dans le cœur de ses hommes, les entraîne irrésistiblement, Il tombe, la poitrine déchiquetée par les balles ; au sous-lieutenant Bucard, il crie encore : « Prends le commandement de la compagnie et venge-moi ». Il l'embrasse, se fait asseoir « face à l'ennemi », refuse de se laisser emmener, fait le signe de croix et meurt. Voilà les hommes de la grande guerre.
Le sous-lieutenant Bucard se précipite dans l'ouvrage de Hanovre suivi de tous ses braves. Le chef de bataillon allemand et ses quatre officiers, qu'il met en joue, lui remettent leur révolver. Plus de cent Allemands sont fait prisonniers.
Appuyé à un tronc d'arbre, une balle dans le ventre, Marchand, un petit gars relevé d'usine, tire jusqu'à son dernier souffle. Près de Marcq, Folquier, le vieux poilu d'Argonne, demeurera onze heures, perdant son sang, sans autre garrot que la courroie de son bidon.
Peu à peu, l'encerclement du bois des Boches se dessine. La majeure partie de l'ouvrage de Hanovre avec douze officiers, plus de trois cent cinquante prisonniers, quinze mitrailleuses et un matériel considérable, sont aux mains du 1er Bataillon. »
(Historique du 4e RI)

- Avec l’avancée française au-delà de la Nationale, le bois n’est plus en première ligne mais garde une grande importance dans le système défensif français puis britannique jusqu’à l’offensive allemande du 27 mai 1918.

 


- Les lieux jouent aussi un rôle important pendant la seconde guerre mondiale, abritant notamment des installations aériennes allemandes.

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mardi 7 mai 2013

D comme Dessin humoristique




- En 1918, dans la revue Oui, le dessinateur Jean-Louis Forain publie un dessin intitulé « Déplacement et villégiature ».
- Deux poilus dialoguent :
             - « Où va-t-il celui-là ? … à St Jean de Luz !
            - C’est leur chemin des Dames »


- Voir le dessin sur le site de la BDIC (ainsi que d’autres du même auteur)



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dimanche 28 avril 2013

K comme Koenig (Pierre-Marie)




- Militaire français
- Caen 1898 – Neuilly-sur-Seine 1970

- Pierre Koenig devance l’appel et s’engage en 1917. Les cours suivis à Issoudun lui permettent de devenir aspirant en février 1918 au 36e régiment d’infanterie.
- Le jeune homme subit les attaques allemandes des Flandres (avril) et du Matz (juin) avant de participer à la contre-offensive alliée dans l’Oise ; Koenig est promu sous-lieutenant.

- Le 28 septembre, le 36e RI, alors au repos, est envoyé à Sermoise lorsque l’on apprend que les Allemands se replient à nouveau. Le 2 octobre, il relève le 404e aux alentours de Vailly-sur-Aisne. A partir du 4, c’est l’assaut difficile et meurtrier du plateau du Chemin des Dames en direction d’Ostel puis de la ferme Froidmont, qui conduit jusqu’à l’Ailette le 10. Deux jours plus tard, le repli allemand s’accentue, et Laon est dépassé.

- Pierre Koenig choisit de rester dans l’Armée après la guerre, devenant colonel en 1940, au moment où il rallie la France libre et s’engage aux côtés du général de Gaulle.



Biographie complète
 
JMO 36e RI

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mardi 23 avril 2013

M comme Meule de foin



- Dans les premiers mois de la guerre, au moment de la stabilisation du front et de l’aménagement défensif des deux armées, les obstacles naturels ou humains non détruits en septembre 1914 servent d’abris ou d’observatoires. C’est le cas par exemple des meules de foin, la guerre ayant souvent surpris les agriculteurs en pleine moisson ; elles sont donc aussi des cibles pour l’adversaire.

- Suivons ainsi le 287e RI dans le secteur où Aisne et Vesle confluent, près de Chassemy.
- Le 7 avril 1915, «  à 4h50, un soldat allemand portant les insignes du 8e Régiment d’Infanterie de la Garde prussienne et prétendument égaré au cours d’une patrouille, s’est présenté devant le réseau de fils de fer de la compagnie F (20e Cie).
Ce soldat allemand a fait le geste ‟uber handˮ après avoir jeté son fusil.
Introduit dans nos lignes il a été interrogé sommairement en présence du Chef de bataillon et ensuite au bureau du Colonel commandant le secteur. Des réponses obtenues, il résulte que ce soldat est né en Russie, à Moscou, qu’il parle le russe. Il est sur le front depuis trois mois, est âgé de 22 ans. Il faisait partie d’une patrouille de dix hommes qui s’était partagée en 2 groupes de cinq pour se réunir en un point donné.
Sa déclaration la plus intéressante est celle d’où il résulte que l’allemand qui réussirait à incendier une meule, notamment celle de la Cie F (20e Cie) recevra 60 marks et la croix de fer. »




JMO 287e RI

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dimanche 14 avril 2013

S comme Sapinière(s)



1) Au singulier, la Sapinière désigne la position française renforcée située dans la partie occidentale du Bois-des-Buttes.

(Source fond de carte: IGN)
- Lorsque le front se stabilise, mi-septembre 1914, le secteur est majoritairement (ré)occupé par les Allemands malgré les nombreuses tentatives françaises de progression en direction du nord. Ils ne peuvent cependant pas pousser jusqu’à l’Aisne et, pendant plusieurs mois, le Bois-des-Buttes reste principalement aux mains des Français.
- Le 10 mars 1916, l’attaque allemande est une réussite ; la 55e DI doit céder mais reçoit pour ordre de s’accrocher à la Butte de l’Edmond et à la Sapinière à tout prix, ce qu’elle parvient à faire : le Bois-des-Buttes est donc divisé en deux, la majeure partie allemande, le réduit occidental français. Cette situation perdure jusqu’à l’offensive Nivelle, soit pendant un peu plus de 13 mois.
- On renforce la Sapinière, qui se retrouve en première ligne, avec à sa gauche les buttes Villars et Denain et à sa droite les liaisons avec les bois en Marteau et Clausade.
- C’est dans ce secteur que le lieutenant Paul Truffau (246e RI), débarqué après l’attaque allemande, passe plusieurs mois, citant les lieux à de nombreuses reprises dans ses carnets.

- Après avril 1917, les Français progressent au-delà de la nationale, ce qui ôte à la Sapinière son rôle essentiel de première défense.

(Carte dans le JMO du 23e BCP en juillet 1917 - source: SHD)




2) Au pluriel, les Sapinières sont une tranchée allemande située entre le plateau des Casemates et celui de Californie
- Cette tranchée est prolongée à l’est par celle de Von Fett, à l’ouest par la Grande Tranchée.

JMO 201e RI - source SHD

- Le 16 avril 1917, le 201e RI prend la tranchée dans la foulée de son avancée dans celle du Balcon, notamment grâce à l’action décisive du capitaine Battet. Mais les survivants du régiment ne peuvent s’y maintenir dans la soirée.

- Pendant plusieurs journées, les Français buttent sur la tranchée des Sapinières, bien alimentée en hommes frais par le tunnel qui la relie à l’arrière (tranchée de Troyes), et se prolongeait d’ailleurs jusqu’à celle du Balcon. Les 18 et 19 avril, le 33e RI prend et perd les Sapinières plusieurs fois, sans jamais pouvoir s’y maintenir.

- Progressivement, le grignotage français permet de prendre possession entièrement des hauteurs du plateau. Cependant, la tranchée des Sapinières reste au cœur des combats pendant presque tout le reste de l’année, jusqu’au repli allemand du 2 novembre ; elle est fréquemment reprise lors de coups de main, changeant de propriétaire pour quelques heures ou quelques jours, constituant aussi parfois la limite entre les deux armées (l’activité est particulièrement forte en mai et en juillet).

JMO 18e DI - Source SHD

La tranchée des Sapinières aujourd'hui

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