- Peintre français
- Balagny-sur-Thérain (Oise) 1896 – Paris 1987
- Après une enfance en Belgique, il s’installe à Paris en 1912.
- Engagé volontaire dans l’infanterie, André Masson connaît plusieurs champs de bataille.
- Il combat au Chemin des Dames en avril 1917 et y est grièvement blessé, d’une balle à la poitrine.
- Après 1918, il devient peintre (influence cubiste) et rejoint le mouvement surréaliste après 1923. Ses œuvres reflète les horreurs vécues et il garde en lui une haine de la guerre et du bellicisme : « Je n’ai pas réussi à me désintoxiquer. Le film est là : on m’enterrera avec ! »
Connaître et comprendre le lieu, les hommes, les événements et la mémoire du Chemin des Dames
mercredi 24 décembre 2008
samedi 20 décembre 2008
C comme CARD
- Comité américain pour les régions dévastées
- Au moment de l’entrée en guerre des Etats-Unis, Anne Morgan (fille du banquier JP Morgan) et Anne Murray Dike créent le CARD grâce aux fonds privés qu’elle collecte. En juin 1917, elles et un groupe de femmes américaines viennent en France et s’installent à Blérancourt, dans des baraquements provisoires au cœur du château (qu’Anne Morgan rachète en 1919). Pendant 7 ans, elles parcourent la Picardie, apportant ravitaillement, premiers soins et aide à la reconstruction dans les villages détruits ; l’œuvre du CARD se centre aussi sur l’éducation, notamment par l’aménagement de bibliothèques, et sur la formation : cours de bricolage, de jardinage aux enfants, etc.
- L’action du CARD est surtout importante dans l’Ouest du département de l’Aisne et de la zone du Chemin des Dames (Soissons, Anizy-le-Château, Monampteuil, etc.)
- Le CARD est dissous le 1er avril 1924. Le château de Blérancourt devient un musée. Anne Morgan et Anne Murray Dike reçoivent la croix d’officier de la légion d’honneur des mains du général Pétain.
- Au moment de l’entrée en guerre des Etats-Unis, Anne Morgan (fille du banquier JP Morgan) et Anne Murray Dike créent le CARD grâce aux fonds privés qu’elle collecte. En juin 1917, elles et un groupe de femmes américaines viennent en France et s’installent à Blérancourt, dans des baraquements provisoires au cœur du château (qu’Anne Morgan rachète en 1919). Pendant 7 ans, elles parcourent la Picardie, apportant ravitaillement, premiers soins et aide à la reconstruction dans les villages détruits ; l’œuvre du CARD se centre aussi sur l’éducation, notamment par l’aménagement de bibliothèques, et sur la formation : cours de bricolage, de jardinage aux enfants, etc.
- L’action du CARD est surtout importante dans l’Ouest du département de l’Aisne et de la zone du Chemin des Dames (Soissons, Anizy-le-Château, Monampteuil, etc.)
- Le CARD est dissous le 1er avril 1924. Le château de Blérancourt devient un musée. Anne Morgan et Anne Murray Dike reçoivent la croix d’officier de la légion d’honneur des mains du général Pétain.
C comme Chevregny
- Village de la rive droite de l’Ailette, au pied du mont Bossu et près du bassin de Monampteuil
- 200 habitants
- En 1914, Chevregny a une population d’environ 460 habitants.
- Le village est possession allemande de septembre 1914 à septembre 1918.
- Il subit des bombardements intenses pendant plusieurs mois en 1917, notamment à l’été (bataille des Observatoires, l’Epine de Chevregny en particulier) et à l’automne (bataille de la Malmaison) ; le repli allemand est à nouveau une occasion de souffrances.
- Chevregny est par conséquent totalement détruit (170 maisons). En 1922, 44% de la surface du village est classée en zone rouge. La population chute considérablement : il y a moins de 200 habitants au recensement de 1921, puis près de 300 en 1926.
- Le département de la Loire adopte la commune dans le cadre de la reconstruction, mais celle-ci est lente et difficile. La mairie-école est achevée en 1925, après des retards dans les travaux, avec une aide de la Tunisie. L’église romane Saint-Médard, qui avait la réputation d’être une des plus belles de la région, est anéantie ; la nouvelle est inaugurée en 1931.
- NB : on y trouve aujourd’hui le Musée départemental de l’Ecole publique.
- 200 habitants
- En 1914, Chevregny a une population d’environ 460 habitants.
- Le village est possession allemande de septembre 1914 à septembre 1918.
- Il subit des bombardements intenses pendant plusieurs mois en 1917, notamment à l’été (bataille des Observatoires, l’Epine de Chevregny en particulier) et à l’automne (bataille de la Malmaison) ; le repli allemand est à nouveau une occasion de souffrances.
- Chevregny est par conséquent totalement détruit (170 maisons). En 1922, 44% de la surface du village est classée en zone rouge. La population chute considérablement : il y a moins de 200 habitants au recensement de 1921, puis près de 300 en 1926.
- Le département de la Loire adopte la commune dans le cadre de la reconstruction, mais celle-ci est lente et difficile. La mairie-école est achevée en 1925, après des retards dans les travaux, avec une aide de la Tunisie. L’église romane Saint-Médard, qui avait la réputation d’être une des plus belles de la région, est anéantie ; la nouvelle est inaugurée en 1931.
- NB : on y trouve aujourd’hui le Musée départemental de l’Ecole publique.
vendredi 19 décembre 2008
C comme Cerny-en-Laonnois
- Village aujourd’hui situé sur le Chemin des Dames lui-même
- 60 habitants
- En 1914, Cerny compte près de 200 habitants et une cinquantaine de bâtiments. Le village est situé un peu en contrebas du Chemin des Dames, sur le versant nord, tandis qu’une sucrerie occupe le haut du plateau. C’est un village très ancien (lieu de naissance supposé de Saint-Rémi), situé près d’un carrefour stratégique, qui a déjà connu des combats en 1814.
- Cerny est très proche de la ligne de front, côté allemand de septembre 1914 à mai 1917, puis exactement sur la ligne de front. La sucrerie proche du village sert de poste de surveillance aux Allemands, avant sa destruction complète.
- Dès le 16 avril 1917, les troupes françaises (153e DI) parviennent dans le secteur de cette sucrerie; la résistance allemande y est féroce. Les combats s’y poursuivent, pendant de longues semaines.
- Cerny-en-Laonnois n’existe plus après la guerre. Seuls 3 habitants sont comptabilisés au recensement de 1921 ; le chiffre remonte autour de la soixantaine après la reconstruction.
- Pour celle-ci, Cerny est adopté par le Puy-de-Dôme en 1920. 53% de sa superficie est classée en Zone Rouge ; une décision préfectorale de 1924 décide de reconstruire le village, plus petit, à quelques hectomètres de l’emplacement original. Seul le cimetière, peu détruit, est maintenu à son emplacement premier.
- Cerny-en-Laonnois est dès après la guerre un lieu de mémoire central pour le Chemin des Dames ; en 1930, par exemple, le président Herriot visite le cimetière militaire.
- Une chapelle œcuménique pour toute la zone, prévue dès les années 30, est inaugurée en 1951, plus limitée que sur les plans précédents.
Face à la chapelle, une lanterne des morts (années 60) maintient le souvenir de la génération tombée au Chemin des Dames, elle aussi bien plus modeste que celles de Lorette ou Douaumont …
« De ce qui précède, il faut assurément conclure à une mémorialisation lente, étriquée et limité, constamment réduite, symptôme des tensions inhérentes aux discours sur l’événement “Chemin des Dames”. » (N. Offenstadt)
- Très proche de la chapelle, on trouve aussi, côte-à-côte, deux nécropoles, une française et une allemande. La première, aménagée de 1919 à 1925 puis rénovée en 1972, comprend 5 150 corps (54 Russes aussi), dont 2 386 en ossuaire. La deuxième compte 7 526 morts, dont près de 4 000 en ossuaire, venus d’une centaine de petits cimetières allemands du Chemin des Dames ; il est aussi rénové en 1972 (installation de croix en pierre).
- Enfin, la Colonne des Britanniques rend hommage aux premiers combattants du Chemin des Dames, en septembre 1914, qui partirent à l’assaut de la sucrerie, et dont la plupart sont enterrés à Vendresse, en contrebas.
- « Cet ensemble, situé à un carrefour routier, semble aujourd’hui un peu étrange par son manque évident d’aménagement et d’organisation, par l’absence de liens entre les monuments qui s’y trouvent […] et de lien, aussi, avec la plaque, peu visible, rappelant plus loin la sucrerie de Cerny, lieu si éprouvant pour les combattants. La mémoire semble ici figée dans un temps difficilement identifiable où le présent du visiteur ne domine pas. » (N. Offenstadt)
- Aujourd’hui, rien n’est fait pour mettre en valeur le site originel de Cerny-en-Laonnois. Les restes sont perdus, en contrebas, dans la végétation, et un petit chemin non indiqué et difficile d’emprunt les dessert. 90 ans après la fin de la guerre, les blocages liés à la « non victoire » du Chemin des Dames sont-ils encore trop forts ? L’exemple de Craonne montre ce que l’on peut faire tout en respectant la mémoire des lieux et des hommes.
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mercredi 17 décembre 2008
C comme Cormicy
(MAJ décembre 2011)
- Village du département de la Marne, proche de Berry-au-Bac et de la D 1044
- 1 200 habitants
- En 1911, Cormicy est déjà un bourg de 1200 âmes. Après la contre-offensive de la Marne, le village est repris par les Français mais reste proche du front, base arrière idéale pour les états-majors et les batteries d’artillerie.
- Fin mars 1917, Cormicy est – encore – un lieu relativement agréable, qui a assez peu souffert de la guerre. « Au pied de la cote [186], le village de Cormicy, près duquel nos hommes continuent leurs travaux, montre ses maisons dont beaucoup sont ou paraissent intactes. […] Les rues de Cormicy sont très animées. Croirait-on que l’ennemi est là, au fond de la plaine ? Mais le secteur est réputé calme. On peut s’y promener fort tranquillement. Combien durera encore la sécurité ? Une coopérative est établie au coin de la rue en face de la gare ou plutôt des vestiges de la gare. Ses clients font la queue. De l’autre côté de la rue un factionnaire se tient près de la guérite. Dans une maison voisine, un piano résonne gaiement. »
- Cependant, progressivement que la tension monte, « le secteur réputé si tranquille commence à se réveiller. Les avions boches viennent souvent rôder au-dessus de nos lignes ; l’animation décroît dans le village à proportion des obus qui y arrivent. »
- Les combats proches de fin avril et de début mai ne font qu’empirer les choses : « Le pays est de plus en plus bouleversé et défiguré. […] C’est lamentable. Le village n’est plus que ruines, cependant les caves sont habitées car elles résistent en général aux projectiles de moyen calibre. »
(toutes les citations sont de Félix Fonsagrive, En batterie !)
- Des combats très brefs mais intenses opposent Allemands et Britanniques à Cormicy le 27 mai 1918, ces derniers ne pouvant s’y maintenir, attaqués à la fois au nord et à l’est. Ce n’est que fin septembre que les lieux redeviennent français – et plus paisibles.
- Très peu d’habitants rentrent après l’armistice ; au recensement de 1921, Cormicy ne compte que 707 habitants (et ce chiffre remonte péniblement au-dessus de 900 habitants avant la deuxième guerre).

- A proximité de Cormicy, au lieu-dit « La Maison bleue », sur la D 1044, face à une usine bien peu esthétique dans un tel lieu, une nécropole française rassemble 14 406 corps de la première guerre (10 de la seconde), dont 6 945 en ossuaire. Créée pendant le conflit, elle reçoit ensuite dans les années 20 et 30 des corps de soldats enterrés dans des cimetières de la vallée de la Vesle.

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- Village du département de la Marne, proche de Berry-au-Bac et de la D 1044
- 1 200 habitants
- En 1911, Cormicy est déjà un bourg de 1200 âmes. Après la contre-offensive de la Marne, le village est repris par les Français mais reste proche du front, base arrière idéale pour les états-majors et les batteries d’artillerie.
- Fin mars 1917, Cormicy est – encore – un lieu relativement agréable, qui a assez peu souffert de la guerre. « Au pied de la cote [186], le village de Cormicy, près duquel nos hommes continuent leurs travaux, montre ses maisons dont beaucoup sont ou paraissent intactes. […] Les rues de Cormicy sont très animées. Croirait-on que l’ennemi est là, au fond de la plaine ? Mais le secteur est réputé calme. On peut s’y promener fort tranquillement. Combien durera encore la sécurité ? Une coopérative est établie au coin de la rue en face de la gare ou plutôt des vestiges de la gare. Ses clients font la queue. De l’autre côté de la rue un factionnaire se tient près de la guérite. Dans une maison voisine, un piano résonne gaiement. »
- Cependant, progressivement que la tension monte, « le secteur réputé si tranquille commence à se réveiller. Les avions boches viennent souvent rôder au-dessus de nos lignes ; l’animation décroît dans le village à proportion des obus qui y arrivent. »
- Les combats proches de fin avril et de début mai ne font qu’empirer les choses : « Le pays est de plus en plus bouleversé et défiguré. […] C’est lamentable. Le village n’est plus que ruines, cependant les caves sont habitées car elles résistent en général aux projectiles de moyen calibre. »
(toutes les citations sont de Félix Fonsagrive, En batterie !)
- Des combats très brefs mais intenses opposent Allemands et Britanniques à Cormicy le 27 mai 1918, ces derniers ne pouvant s’y maintenir, attaqués à la fois au nord et à l’est. Ce n’est que fin septembre que les lieux redeviennent français – et plus paisibles.
- Très peu d’habitants rentrent après l’armistice ; au recensement de 1921, Cormicy ne compte que 707 habitants (et ce chiffre remonte péniblement au-dessus de 900 habitants avant la deuxième guerre).
- A proximité de Cormicy, au lieu-dit « La Maison bleue », sur la D 1044, face à une usine bien peu esthétique dans un tel lieu, une nécropole française rassemble 14 406 corps de la première guerre (10 de la seconde), dont 6 945 en ossuaire. Créée pendant le conflit, elle reçoit ensuite dans les années 20 et 30 des corps de soldats enterrés dans des cimetières de la vallée de la Vesle.
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D comme Duhamel (Georges)
(MAJ mai 2012)
- « J’ai bien regardé l’autoclave
monstrueux sur son trône. Je vous le dis, en vérité la civilisation n’est pas
dans cet objet, pas plus que dans les pinces brillantes dont se servait le
chirurgien. La civilisation n’est pas dans toute cette pacotille
terrible ; et, si elle n’est pas dans le cœur de l’homme, eh bien !
elle n’est nulle part. »
- Ecrivain français
- Paris 1884 –
Valmondois (Val d’Oise) 1966
- Etudiant en
médecine et passionné par la vie artistique, Georges Duhamel est réformé pour
raisons médicales mais choisit néanmoins de s’engager, devenant commandant
d’ambulances chirurgicales pendant le conflit.
- « Il faut que je vous explique ce que
c’est qu’une A.C.A. Dans l’argot de la guerre, cela signifie une
« autochir », autrement dit, ce qu’on a inventé de plus perfectionné
comme ambulance. C’est le comble de la science, comme les canons de 400 sur voie
ferrée ; ça suit des armées avec moteurs, machines à vapeur, microscopes,
laboratoires, tout un outillage d’hôpital moderne. C’est le premier grand
atelier de réparation que l’homme blessé rencontre au sortir de l’atelier de
trituration et de destruction qui fonctionne à l’extrême avant. On apporte là
les pièces les plus abîmées de la machine militaire. »
- Les 4 et 5
mai 1917, Duhamel est autour de Laffaux (« dans
un secteur de combat, une position comme le moulin de Laffaux, c’est une épine
au fond d’une plaie : ça entretient l’inflammation ») lors de la
reprise de l’offensive Nivelle.
- Il soigne
des hommes du 1er corps colonial et des cuirassiers à pied (sans
doute des 4e, 9e et 11e régiments) : « Les plus beaux hommes de France
avaient touché terre par centaines, et ils attendaient là, comme des statues
brisées dont les restes sont encore de belles choses. »
- De son
expérience il écrit deux livres, Vie des
martyrs et Civilisation, prix
Goncourt en 1918 (dont les citations présentes ici sont issues). Revenu à la
vie civile, il décide de se consacrer entièrement à sa carrière littéraire.
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mardi 16 décembre 2008
C comme Courcy
- Village du département de la Marne situé à 10 km au NO de Reims à proximité du canal Aisne-Marne, près de l’aérodrome
- 1 400 habitants
- Le village compte environ 1 000 habitants en 1914. C’est un lieu assez dynamique d’un point de vue économique : depuis 1878, une verrerie et sa cité sont implantées de l’autre côté du canal, à proximité de la gare du chemin de fer Laon-Reims.
- Dès le 4 septembre 1914, Courcy est en possession des Allemands, très près de la ligne de front. Le maire, Gacoin, et l’instituteur sont pris comme otages.
- En 1917, le village est à l’extrémité Est de l’offensive, avant la zone « passive » de Reims : il est repris par la 1ère brigade russe dès les premières heures de l’offensive Nivelle, mais les combats sont acharnés pendant plusieurs semaines.
- Le 4 mai, on essaie de prendre le canal et la verrerie, mais c’est un nouvel échec.
- Le front se stabilise jusqu’en mai 1918 sur le canal et la voie ferrée.
- Entièrement détruit, Courcy est reconstruit grâce notamment à son futur maire, Givelet, le directeur de la verrerie avant 1914, qui obtient que le village ne soit pas classé en Zone rouge. La population s’effondre (558 habitants en 1921) avant de remonter à son niveau d’avant-guerre.
- La verrerie est reconstruite, avant de fermer en 1933.
- 1 400 habitants
- Le village compte environ 1 000 habitants en 1914. C’est un lieu assez dynamique d’un point de vue économique : depuis 1878, une verrerie et sa cité sont implantées de l’autre côté du canal, à proximité de la gare du chemin de fer Laon-Reims.
- Dès le 4 septembre 1914, Courcy est en possession des Allemands, très près de la ligne de front. Le maire, Gacoin, et l’instituteur sont pris comme otages.
- En 1917, le village est à l’extrémité Est de l’offensive, avant la zone « passive » de Reims : il est repris par la 1ère brigade russe dès les premières heures de l’offensive Nivelle, mais les combats sont acharnés pendant plusieurs semaines.
- Le 4 mai, on essaie de prendre le canal et la verrerie, mais c’est un nouvel échec.
- Le front se stabilise jusqu’en mai 1918 sur le canal et la voie ferrée.
- Entièrement détruit, Courcy est reconstruit grâce notamment à son futur maire, Givelet, le directeur de la verrerie avant 1914, qui obtient que le village ne soit pas classé en Zone rouge. La population s’effondre (558 habitants en 1921) avant de remonter à son niveau d’avant-guerre.
- La verrerie est reconstruite, avant de fermer en 1933.
lundi 15 décembre 2008
L comme Ligne de front
- Le 16 avril 1917, à 6 heures du matin, la ligne de front concernée par l’offensive Nivelle s’étend sur environ 60 kilomètres (90 si l’on prend en compte l’offensive des monts de Champagne du 17 avril)
- La ligne de front commence un peu au Nord-Est de Coucy-le-Château, passe près de Quincy-Basse, traverse le canal de l’Aisne à l’Oise puis longe Vauxaillon (qui se trouve côté français) et Laffaux (côté allemand cette fois-ci).
- Elle franchit la Nationale 2 et descend vers l’Aisne par le château de la Quincy et Chivres-Val, en laissant dans le camp français Vregny.
- Les Allemands possèdent une tête de pont de quelques kilomètres carrés sur la rive gauche de l’Aisne, parcourues de tranchées et appuyée sur les villages marquant la transition entre la vallée et les premières pentes (Condé, Celles, Vailly). Le front traverse donc l’Aisne quelques hectomètres à l’est de Missy puis la Vesle près de Chassemy avant de longer les flancs du Bois Morin.
- Après avoir repassé le canal latéral près de Vailly, la ligne suit la rivière, traversée entre Chavonne (allemand) et Soupir (français) au Mont Sapin.
- Le front traverse le canal de l’Aisne à l’Oise près de Moussy, à la ferme du Metz ; il coupe en deux le Mont de Beaulne (le sommet côté allemand), passe par le village du même nom et par Chivy.
- Pour la première fois il monte sur le plateau du Chemin des Dames près de Cerny, longe le vallon de Troyon puis le haut du plateau vers le Poteau d’Ailles et jusqu’à Hurtebise côté Vallée Foulon (mais les Français ne sont jamais positionnés sur le Chemin des Dames lui-même).
- Les plateaux de l’Est d’Hurtebise sont contrôlés par les Allemands, tandis que le front redescend vers Craonnelle (aux Français), Craonne et Chevreux (aux Allemands), passant par l’emplacement actuel du village. Il se courbe vers la ferme du Temple et le Bois-des-Buttes, au Nord-Est de Pontavert, traverse la Miette, la ferme du Choléra puis l’Aisne et la confluence du canal de l’Aisne à la Marne et du canal latéral quelques mètres à l’Est de Berry-au-Bac.
- Le canal de l’Aisne à la Marne marque ensuite la limite entre les zones allemande et française : la côte 108, Loivre, les monts Sapigneul, Spin et de Brimont sont dans la première, Courcy dans la deuxième.
- Ensuite, le front (inactif en 1917) contourne Reims, notamment par l’actuel aéroport, jusqu’au Fort de la Pompelle et à la ferme des Marquises. Rectiligne, il longe le versant Sud des Monts de Champagne, où l’on se bat férocement dès le 17 avril.
- La ligne de front commence un peu au Nord-Est de Coucy-le-Château, passe près de Quincy-Basse, traverse le canal de l’Aisne à l’Oise puis longe Vauxaillon (qui se trouve côté français) et Laffaux (côté allemand cette fois-ci).
- Elle franchit la Nationale 2 et descend vers l’Aisne par le château de la Quincy et Chivres-Val, en laissant dans le camp français Vregny.
- Les Allemands possèdent une tête de pont de quelques kilomètres carrés sur la rive gauche de l’Aisne, parcourues de tranchées et appuyée sur les villages marquant la transition entre la vallée et les premières pentes (Condé, Celles, Vailly). Le front traverse donc l’Aisne quelques hectomètres à l’est de Missy puis la Vesle près de Chassemy avant de longer les flancs du Bois Morin.
- Après avoir repassé le canal latéral près de Vailly, la ligne suit la rivière, traversée entre Chavonne (allemand) et Soupir (français) au Mont Sapin.
- Le front traverse le canal de l’Aisne à l’Oise près de Moussy, à la ferme du Metz ; il coupe en deux le Mont de Beaulne (le sommet côté allemand), passe par le village du même nom et par Chivy.
- Pour la première fois il monte sur le plateau du Chemin des Dames près de Cerny, longe le vallon de Troyon puis le haut du plateau vers le Poteau d’Ailles et jusqu’à Hurtebise côté Vallée Foulon (mais les Français ne sont jamais positionnés sur le Chemin des Dames lui-même).
- Les plateaux de l’Est d’Hurtebise sont contrôlés par les Allemands, tandis que le front redescend vers Craonnelle (aux Français), Craonne et Chevreux (aux Allemands), passant par l’emplacement actuel du village. Il se courbe vers la ferme du Temple et le Bois-des-Buttes, au Nord-Est de Pontavert, traverse la Miette, la ferme du Choléra puis l’Aisne et la confluence du canal de l’Aisne à la Marne et du canal latéral quelques mètres à l’Est de Berry-au-Bac.
- Le canal de l’Aisne à la Marne marque ensuite la limite entre les zones allemande et française : la côte 108, Loivre, les monts Sapigneul, Spin et de Brimont sont dans la première, Courcy dans la deuxième.
- Ensuite, le front (inactif en 1917) contourne Reims, notamment par l’actuel aéroport, jusqu’au Fort de la Pompelle et à la ferme des Marquises. Rectiligne, il longe le versant Sud des Monts de Champagne, où l’on se bat férocement dès le 17 avril.
dimanche 14 décembre 2008
B comme Barbusse (Henri)
- Ecrivain français
- Asnières 1873 – Moscou 1935
- Issu d’une famille protestante d’origine cévenole, Henri Barbusse se fait vite remarquer dans le milieu littéraire et journalistique parisien et publie ses premiers écrits dès 1895.
- En 1914, il s’engage comme volontaire dans l’infanterie puis comme brancardier ; il est réformé après 22 mois. En janvier 1915, avec le 231e RI, il participe à la bataille de Crouy (qui devient vite « l’affaire de Soissons », tel le désastre est grand pour l’armée française).
- En 1916, à Soissons, il écrit Le Feu, influencé par cet épisode, qui paraît en feuilleton dans la revue L’Œuvre. Publié en 1916, le livre obtient immédiatement le prix Goncourt et un grand succès populaire.
- Il fonde l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants) en 1917 avec ses amis, Paul Vaillant-Couturier, Georges Bruyère et Raymond Lefèbvre.
- Après la guerre, il fonde le mouvement et la revue Clarté, qui défend un monde plus juste et sans guerre, soutenu par de nombreux intellectuels. Il adhère au parti communiste en 1923.
- « Ces hommes qui avaient été tenaillés par la fatigue, fouettés par la pluie, bouleversés par toute une nuit de tonnerre entrevoyaient à quel point la guerre, aussi hideuse au moral qu’au physique, non seulement viole le bon sens, avilit les grandes idées, commande tous les crimes, mais ils se rappelaient combien elle avaient développé en eux et autour d’eux tous les mauvais instincts sans en excepter un seul : la méchanceté jusqu’au sadisme, l’égoïsme jusqu’à la férocité, le besoin de jouir jusqu’à la folie. »
(in Le Feu)
- Asnières 1873 – Moscou 1935
- Issu d’une famille protestante d’origine cévenole, Henri Barbusse se fait vite remarquer dans le milieu littéraire et journalistique parisien et publie ses premiers écrits dès 1895.
- En 1914, il s’engage comme volontaire dans l’infanterie puis comme brancardier ; il est réformé après 22 mois. En janvier 1915, avec le 231e RI, il participe à la bataille de Crouy (qui devient vite « l’affaire de Soissons », tel le désastre est grand pour l’armée française).
- En 1916, à Soissons, il écrit Le Feu, influencé par cet épisode, qui paraît en feuilleton dans la revue L’Œuvre. Publié en 1916, le livre obtient immédiatement le prix Goncourt et un grand succès populaire.
- Il fonde l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants) en 1917 avec ses amis, Paul Vaillant-Couturier, Georges Bruyère et Raymond Lefèbvre.
- Après la guerre, il fonde le mouvement et la revue Clarté, qui défend un monde plus juste et sans guerre, soutenu par de nombreux intellectuels. Il adhère au parti communiste en 1923.
- « Ces hommes qui avaient été tenaillés par la fatigue, fouettés par la pluie, bouleversés par toute une nuit de tonnerre entrevoyaient à quel point la guerre, aussi hideuse au moral qu’au physique, non seulement viole le bon sens, avilit les grandes idées, commande tous les crimes, mais ils se rappelaient combien elle avaient développé en eux et autour d’eux tous les mauvais instincts sans en excepter un seul : la méchanceté jusqu’au sadisme, l’égoïsme jusqu’à la férocité, le besoin de jouir jusqu’à la folie. »
(in Le Feu)
C comme Condé-sur-Suippe
- Village situé à la confluence de l’Aisne et de la Suippe
- 250 habitants
- Sur le territoire de la commune se trouvait l’oppidum gallo-romain de Variscourt, dit du « Vieux Reims ».
- En 1914, le village compte un peu plus de 200 habitants.
- Condé-sur-Suippe se trouve sous contrôle allemand pendant toute la durée de la guerre, à quelques kilomètres du front. Celui-ci se rapproche encore un peu après la poussée sur Berry-au-Bac et le Choléra consécutive à l’offensive Nivelle.
- C’est un des objectifs de la 42e DI le 16 avril 1917 ; certains hommes seraient parvenus aux abords du village, sans pouvoir s’y maintenir.
- Guynemer y remporte deux victoires, les 25 et 26 mai 1917.
- Condé-sur-Suippe souffre du repli allemand et de la contre-offensive française de septembre 1918.
- Cependant, la population augmente : 270 habitants au recensement de 1921.
- 250 habitants
- Sur le territoire de la commune se trouvait l’oppidum gallo-romain de Variscourt, dit du « Vieux Reims ».
- En 1914, le village compte un peu plus de 200 habitants.
- Condé-sur-Suippe se trouve sous contrôle allemand pendant toute la durée de la guerre, à quelques kilomètres du front. Celui-ci se rapproche encore un peu après la poussée sur Berry-au-Bac et le Choléra consécutive à l’offensive Nivelle.
- C’est un des objectifs de la 42e DI le 16 avril 1917 ; certains hommes seraient parvenus aux abords du village, sans pouvoir s’y maintenir.
- Guynemer y remporte deux victoires, les 25 et 26 mai 1917.
- Condé-sur-Suippe souffre du repli allemand et de la contre-offensive française de septembre 1918.
- Cependant, la population augmente : 270 habitants au recensement de 1921.
A comme Aisne (riv.)
Près de Condé, l'Aisne respire aujourd'hui la tranquillité ...
- Rivière, affluent de l’Oise (qu’elle rejoint à la hauteur de Compiègne)
- Environ 350 km
- Elle prend sa source dans l’Argonne, à Sommaisne.
- La rivière est navigable en aval de Condé-sur-Aisne ; en amont, elle est doublée d’un canal latéral.
- L’Aisne donne son nom à la bataille qui s’engage le 16 avril 1917, l’expression « Chemin des Dames » n’étant presque pas employée dans un premier temps (voir l’article « Nommer la bataille »).
- Début avril 1917, après le retrait allemand sur la ligne Hindenburg, les Français contrôlent tout le cours de l’Aisne en aval de Berry-au-Bac, à l’exception de quelques kilomètres dans la zone de Vailly-Condé.
- Tous les ponts ont été détruits en 1914, et le Génie a aménagé des passerelles diverses, en fer, en bois, ou flottant sur des tonneaux ou des péniches.
- « La faible importance stratégique de la rivière, peu large, aux nombreux gués, conduit les belligérants à tenter de tenir les hauteurs qui la dominent, plutôt que les rives. Cette présence de l’ennemi en surplomb est ce qui rend son franchissement risqué, et en fait plus une épreuve qu’un obstacle en 1917, sous le feu des bombardements. »
- « Inversement, pour les blessés et les survivants, franchir l’Aisne dans l’autre sens, c’est sortir de l’enfer. Le passage de la rivière, première étape sur le chemin du repos ou de l’évacuation, est alors le signe tangible qu’on s’éloigne enfin du Chemin des Dames. »
(Les citations sont d’André Loez, « Franchir l’Aisne en 1917 » dans N. Offenstadt (dir.) Le Chemin des Dames, pages 433/434)
L'Aisne près de Maizy
vendredi 12 décembre 2008
C comme Colligis - Crandelain
(MAJ décembre 2013)
- Villages fusionnés en une seule commune de
la rive droite de l’Ailette, près du lac de l’Ailette.
- 150
habitants
- Avant 1914,
les villages de Colligis et de Crandelain-et-Malval (distants d’environ un
kilomètre) forment deux communes séparées. Ils sont assez prospères, grâce à la
vigne – malgré le déclin de celle-ci – et aux carrières. Chaque village compte
environ 150 habitants quand la guerre éclate.
- « La riante vallée de l'Ailette était
en pleine moisson lorsque le tocsin appela les hommes à quitter leurs paisibles
travaux pour courir au secours de la France attaquée. Ils partirent calmes et
résolus, les femmes et les vieux achevèrent la moisson, attendant des nouvelles
qui se faisaient de plus en plus rares. »
- Les
Allemands arrivent après avoir surpris un convoi d’artillerie sur le plateau de
Montbérault. La population est alors réfugiée dans les carrières qui servent de
protection depuis toujours aux locaux, sauf Mme de Laminière, « digne petite-fille du vicomte de
Cerny, le carabinier de l’Empire ».
- A peine
rentrés chez eux, les habitants de Crandelain sont évacués vers Barenton-Bugny.
Les hommes de Colligis partent aussi, vers Laon (ils rentrent en 1915), tandis
que les femmes sont employées dans le lazaret installé dans la mairie. Le
quartier général allemand prend possession du château.
- Les
conditions de l’occupation sont assez strictes : la population a par
exemple interdiction de sortir du village (le maire, Montaudon, est exclu de
son poste par la kommandantur car jugé trop indépendant).
- Mars
1917 : la population restante à Colligis est évacuée vers Liesse puis la
Belgique. La carrière tutélaire est encore davantage mise en ordre de
bataille : « De nombreux
prisonniers russes furent employés à consolider les voûtes, à élever de
nouveaux piliers aux endroits faibles, à élargir certaines galeries ;
l’entrée du souterrain fut aveuglée en deux endroits par des boucliers de
ciment posés en chicane, tandis qu’une voie d’accès de vingt mètres, taillée
dans le banc de pierre en plan incliné et recouvert d’un escalier de bois,
était ouvert au nord vers le ravin de Lierval ; deux groupes électrogènes
furent installés pour fournir la lumière. Vingt mille hommes, disaient-ils,
étaient massés dans la carrière. » (M. de Sars)
- Les villages
subissent des bombardements intenses en vue de l’offensive Nivelle. Le front se
rapproche encore d’eux après le repli allemand sur l’Ailette à l’automne, mais
il devient peu actif jusqu’en mai 1918. Les deux villages sont libérés le 10
octobre 1918.
- Après la
guerre, Crandelain (plus touché que son voisin) est voué à la
disparition : plus de 40% de son territoire est classé en Zone rouge en
1922. Mais l’acharnement des habitants permet la reconstruction partielle du
village, avec le soutien de la ville d’Haguenau et du Puy-de-Dôme notamment. La
très belle église Saint-Martin de Crandelain, en grande partie détruite par les
bombardements de 1917, est classée aux Monuments Historiques et elle aussi
reconstruite. Seuls 30 personnes sont revenues au recensement de 1921 (50 dix
ans plus tard).
- Colligis est
rebâti (les travaux s’étalent dans les deux cas jusqu’au début des années 1930)
selon un plan qui reprend la disposition des bâtiments avant la
guerre (l’église Saint-Nicolas est déplacée); il ne reste de cette époque
que la porte d’entrée du cimetière et la fontaine située sur la place du
village. La population est de 85 habitants en 1921, 130 en 1931.
- Bien que
fusionnés en une seule commune en 1923, Crandelain et Colligis sont donc
toujours physiquement séparés.
Sources
principales :
- Maxime de
Sars et Lucien Broche, La commune de
Colligis-Crandelain, 1934
- Inès Guérin
– Base Mérimée
- Les
carrières de Colligis (au nord du village, dans le Bois retondu) sont classées
aux Monuments Historiques. On y trouve des traces rupestres faites à
différentes époques : carriers depuis le XVIe siècle, réfugiés
des villages en 1814 ou 1870, et surtout soldats allemands entre 1917 et 1918.
_
mercredi 10 décembre 2008
N comme Nationale 2
- Route nationale reliant Paris à la Belgique (elle se poursuit vers Mons et Bruxelles), autrefois appelée Route des Flandres. Elle passe par Soissons, Laon, Maubeuge, etc.
- 202 kilomètres en France aujourd’hui (225 jusqu’en 2006)
- Elle est créée en 1824, et son parcours évolue très peu au cours de l’histoire.
- La RN2 est en cours d’aménagement en voie express (2x2 voies): plusieurs portions sont déjà réalisées, et il reste à terminer notamment celle qui traverse le département du Nord.
- Dans l’Aisne, il manque quelques kilomètres entre Soissons et Pont-Rouge, tandis que la « mise à niveau » entre Pont-Rouge et Urcel puis Laon est réalisée depuis 2007.
- Cet aménagement a eu des conséquences importantes (et très négatives, d’un point de vue de la conservation de la mémoire – NDLA) sur l’Ouest du Chemin des Dames.
- D’une part, le secteur du moulin de Laffaux (qui est situé en bordure de la nouvelle voie express) est devenu une sorte de terrain vague, en-cul-de-sac, où plus personne ne s’arrête, ne serait-ce que pour manger ou faire une halte, sur lequel sont alignés des monuments individuels, sans aucune mise en valeur. La foudre qui a détruit le monument des Crapouillots n’a fait qu’achever le travail de sape de la RN2 …
- D’autre part, la nouvelle 2x2 voies a fait perdre tout le caractère symbolique et mémoriel du « carrefour » de l’Ange gardien, situé maintenant sur un début de Chemin des Dames qui s’achève aussitôt, laissant place aux aménagements de sécurité de la nouvelle route. Le rond-point qui permet de pénétrer sur le plateau est maintenant à rechercher à quelques kilomètres …
- Enfin, la RN2 sépare matériellement et très artificiellement le Chemin des Dames proprement dit de la partie Ouest du front de 1917 (Allemant, Pinon, Vauxaillon, etc.), créant ainsi une césure qui n’a pas lieu d’être pour comprendre le secteur dans sa globalité et son unité.
C comme Cys-la-Commune
- Village de la rive gauche de l’Aisne, entre Vailly et Bourg-et-Comin, face à Chavonne et Soupir.
- 140 habitants
- Au recensement de 1911, 173 personnes vivent à Cys-la-Commune. Le canal latéral et le CBR apportent un certain dynamisme au village.
- Le village se trouve proche de la ligne de front jusqu'à l'offensive Nivelle, surtout après l'offensive réussie des Allemands sur Vailly au début de 1915.
- Cys-la-Commune souffre énormément du repli allemand et de la contre-offensive alliée de l’automne 1918 ; l’église Saint-Etienne, par exemple, est gravement endommagée (puis restaurée).
- Le village ne compte plus que 84 habitants en 1921, avant que le chiffre remonte un peu au-dessus de la centaine dans les années 1930.
- 140 habitants
- Au recensement de 1911, 173 personnes vivent à Cys-la-Commune. Le canal latéral et le CBR apportent un certain dynamisme au village.
- Le village se trouve proche de la ligne de front jusqu'à l'offensive Nivelle, surtout après l'offensive réussie des Allemands sur Vailly au début de 1915.
- Cys-la-Commune souffre énormément du repli allemand et de la contre-offensive alliée de l’automne 1918 ; l’église Saint-Etienne, par exemple, est gravement endommagée (puis restaurée).
- Le village ne compte plus que 84 habitants en 1921, avant que le chiffre remonte un peu au-dessus de la centaine dans les années 1930.
mardi 9 décembre 2008
P comme Poulaille (Henry)
- Ecrivain français
- Paris 1896 – Cachan 1980
- Autodidacte, il devient anarchiste (comme son père) et se passionne pour les livres.
- Mobilisé en août 1916, il combat au Chemin des Dames avec le 5e BCP (bataillon de chasseurs à pied) à Craonne en mai 1917 puis lors de la bataille de La Malmaison en octobre. Il y est blessé, intégré dans le service auxiliaire (infirmier) puis démobilisé en 1919.
- Après guerre, il travaille pour les Grasset mais surtout pour les éditions Valois, où il défend la littérature prolétarienne. Il publie plusieurs livres d’inspiration autobiographique, notamment Pain de soldat 1914-1917 en 1937.
- Paris 1896 – Cachan 1980
- Autodidacte, il devient anarchiste (comme son père) et se passionne pour les livres.
- Mobilisé en août 1916, il combat au Chemin des Dames avec le 5e BCP (bataillon de chasseurs à pied) à Craonne en mai 1917 puis lors de la bataille de La Malmaison en octobre. Il y est blessé, intégré dans le service auxiliaire (infirmier) puis démobilisé en 1919.
- Après guerre, il travaille pour les Grasset mais surtout pour les éditions Valois, où il défend la littérature prolétarienne. Il publie plusieurs livres d’inspiration autobiographique, notamment Pain de soldat 1914-1917 en 1937.
lundi 8 décembre 2008
B comme Bouffignereux
- Village de la rive gauche de l’Aisne, à 2 kilomètres environ de la rivière et de Cormicy
- 110 habitants
- Bouffignereux compte déjà 110 habitants environ en 1914.
- Pendant la guerre, le village est aux mains des Français, sauf brièvement début septembre 1914 et entre le 22 mai et le 1er octobre 1918.
- C’est une zone de repos pour les troupes qui combattent dans le secteur de Berry-au-Bac ou qui attendent pour monter au front.
- La population du village, très endommagé par les bombardements, tombe à moins de 80 habitants au recensement de 1921.
Dimanche 15 avril 1917, 14h30, je suis, depuis hier soir, en poste avancé, en lisière de forêt, près de Bouffignereux, à côté de la ferme du Choléra. On vient de nous annoncer les victoires des Canadiens à la bataille de Vimy. Nous avons reçu l'ordre de nous tenir prêts pour la grande offensive. On parle de demain à 6 heures du matin. Peut-on faire confiance au Général Nivelle ? Dans quelques heures, on sait tous qu'il va y avoir des morts, beaucoup de morts. Tant de camarades sont déjà tombés ... Depuis trois longues années déjà, nous vivons un cauchemar. Dans la boue, le froid, les maladies, les rats,...
Je pense maintenant à tous les miens : mon père, Henri, mort voici déjà 13 ans, il n'aura pas connu cette boucherie, ma mère Aimée dont je suis sans nouvelles, mon petit frère Henri (aussi) emporté par la tuberculose à quatre ans, mon autre frère Léon qui doit être là-haut, sur le plateau, prêt, lui aussi à attaquer et surtout à toi, ma petite Jeanne qui me manque tant. On s'est vu si peu depuis notre mariage le 19 juin 1915.
A vous tous qui me sont chers, je pars dans quelques heures pour la grande offensive. J'ai peur ! Peur de ne plus vous revoir. Pensez à moi, à nous tous qui partons sauver la Patrie. La guerre, quelle bêtise! C'est peut-être ma dernière journée,...
René Duif
Source : école primaire de Pontavert (orthographe corrigée)
dimanche 7 décembre 2008
P comme Pontavert (moulin)


(Le moulin de Pontavert avant 1914 - Collection Rémy Besnard)
- En 1914, le moulin de Pontavert appartient à la famille Walbaum, qui possède à Reims une entreprise de déménagements et transports et un grand nombre de succursales dans le nord de la France et même à Londres et Anvers. Les Walbaum possèdent aussi une grande villa à Pontavert.
(merci à Jean-François Viel pour les informations et pour m'avoir communiqué les photographies ci-dessus)
- Situé très près du front, côté français, le moulin reste intact malgré les bombardements allemands, notamment lors de leur attaque sur le Bois des Buttes en mars 1916, alors que tout est en ruines autour de lui.
- C’est alors que naît la rumeur du « moulin de l’espion » : un français aurait renseigné les Allemands du haut du moulin, par des signes lumineux (ce qui expliquerait que l’édifice soit épargné) ; découvert, il est exécuté.
- Il est encore présent après les combats de 1917 et sert toujours d’observatoire aux soldats français.
Source : Gérard Lachaux, Chemin des Dames. L’album souvenir du front de l’Aisne (pages 85 et 157)
- Il est aujourd'hui disparu.

CPA fournie par Jérôme Charraud (Forum 14-18); toutes les informations complémentaires sont bienvenues.
P comme Ployon
- Ruisseau affluent de l’Aisne, qui naît au nord de Pontavert entre la ferme du Temple et la butte de l’Edmond et rejoint la rivière entre Pontavert et Chaudardes (5 kilomètres environ).
- Le Ployon désigne aussi un ensemble de marais qui entourent ce ruisseau.
- La zone est récupérée de justesse par les Français en septembre-octobre 1914 mais connaît de nombreuses escarmouches pendant les mois suivants.
- C’est un secteur-clé sur le front de l’Aisne puisque situé entre Craonne et le Bois-des-Buttes.
- Le 16 avril 1917, c’est la 10e DI qui occupe ce secteur depuis le 1er février. Elle y reste jusqu’au 18 mai, remplacée par la 125e DI, puis y revient à plusieurs occasions jusqu’à la fin de l’année.
- Le Ployon désigne aussi un ensemble de marais qui entourent ce ruisseau.
- La zone est récupérée de justesse par les Français en septembre-octobre 1914 mais connaît de nombreuses escarmouches pendant les mois suivants.
- C’est un secteur-clé sur le front de l’Aisne puisque situé entre Craonne et le Bois-des-Buttes.
- Le 16 avril 1917, c’est la 10e DI qui occupe ce secteur depuis le 1er février. Elle y reste jusqu’au 18 mai, remplacée par la 125e DI, puis y revient à plusieurs occasions jusqu’à la fin de l’année.
vendredi 5 décembre 2008
N comme Nommer la bataille
La bataille que nous désignons aujourd’hui sous le nom de « Chemin des Dames » a connu plusieurs noms dans l’histoire. Ses limites chronologiques et géographiques sont difficiles à situer précisément : par exemple, René-Gustave Nobécourt s’intéresse exclusivement aux combats sur le plateau entre avril et octobre 1917, tandis que Pierre Miquel évoque tout le front entre Saint-Quentin et les Monts de Champagne, mais seulement entre le 16 avril et début mai 1917.
Déjà, pendant l’offensive Nivelle, le vocabulaire a du mal à cerner précisément l’objet « Chemin des Dames ». Le 1er mai, Charles Benoist parle de la « bataille de France » (Revue des Deux Mondes) pour désigner cette bataille qu’il annonce victorieuse ; le 15, celle-ci est devenue simple « bataille de l’Aisne […] en toutes circonstances rude et difficile » ; enfin, le 1er juin, il dissocie les combats du Chemin des Dames et ceux du massif de Moronvilliers.
Il faut dire que l’échec de l’offensive et l’absence de combats sérieux dans le secteur de Saint-Quentin séparent physiquement l’offensive réussie des Anglo-Canadiens du côté de Vimy et les affrontements proches de l’Aisne. La tant espérée « bataille de France » sur un front de près de 200 km, de la Scarpe à la Suippe, a fait long feu …
De plus, l’éloignement des Monts de Champagne, le fait que le secteur de Reims soit passif et que la plaine proche redevienne calme dès le mois de mai contribuent à dissocier des situations pourtant similaires, celle du plateau du Chemin des Dames et celle des Monts de Champagne. On aboutit donc dans les écrits à une « bataille de l’Aisne étroite » (un peu plus de 50 km contre 90 km pour la « bataille de l’Aisne large »).
Cela permet aussi de présenter l’offensive comme en étant en réalité deux et de faire passer un succès ponctuel pour une victoire définitive : la prise du mont Cornillet par les zouaves le 21 mai (alors que les contre-attaques et les combats se poursuivent tout l’été.
Enfin, on épargne ainsi Pétain (qui a préparé l’offensive des Monts de Champagne) par rapport à Nivelle en présentant une offensive mieux préparée et moins coûteuse en hommes.
La question des hommes est en effet dominante : « Peut-il s’agir d’une même bataille, dès lors que le chef a changé ? » L’opposition Nivelle / Pétain se traduit notamment dans les bilans chiffrés, qui s’arrêtent fin avril, dans les premiers livres de récit des combats, divisés selon le général qui les mène.
Par la suite, le nom de « bataille du Chemin des Dames » s’impose. Dans un premier temps, on cherche (en vain) à différencier un « 16 avril honteux » et un « Chemin des Dames glorieux » ; mais l’expression finit par désigner plus globalement la bataille et les crises qui l’accompagnent, notamment les mutineries. « Dans le passage de la souffrance glorieuse à la souffrance scandaleuse, la bataille toute entière devient celle du Chemin des Dames, sans que pour autant la vision du combattant s’impose sans réserve. » On continue de dissocier l’offensive Nivelle de la bataille des observatoires de l’été et de celle de La Malmaison à l’automne. « Porteur de toutes les ambiguïtés, le Chemin des Dames devient le fragile dénominateur commun et le carrefour instables de toutes les images de la bataille. »
Source : Philippe Olivera, « La Bataille introuvable », dans N. Offenstadt (dir.) Le Chemin des Dames (pages 36 à 46)
Déjà, pendant l’offensive Nivelle, le vocabulaire a du mal à cerner précisément l’objet « Chemin des Dames ». Le 1er mai, Charles Benoist parle de la « bataille de France » (Revue des Deux Mondes) pour désigner cette bataille qu’il annonce victorieuse ; le 15, celle-ci est devenue simple « bataille de l’Aisne […] en toutes circonstances rude et difficile » ; enfin, le 1er juin, il dissocie les combats du Chemin des Dames et ceux du massif de Moronvilliers.
Il faut dire que l’échec de l’offensive et l’absence de combats sérieux dans le secteur de Saint-Quentin séparent physiquement l’offensive réussie des Anglo-Canadiens du côté de Vimy et les affrontements proches de l’Aisne. La tant espérée « bataille de France » sur un front de près de 200 km, de la Scarpe à la Suippe, a fait long feu …
De plus, l’éloignement des Monts de Champagne, le fait que le secteur de Reims soit passif et que la plaine proche redevienne calme dès le mois de mai contribuent à dissocier des situations pourtant similaires, celle du plateau du Chemin des Dames et celle des Monts de Champagne. On aboutit donc dans les écrits à une « bataille de l’Aisne étroite » (un peu plus de 50 km contre 90 km pour la « bataille de l’Aisne large »).
Cela permet aussi de présenter l’offensive comme en étant en réalité deux et de faire passer un succès ponctuel pour une victoire définitive : la prise du mont Cornillet par les zouaves le 21 mai (alors que les contre-attaques et les combats se poursuivent tout l’été.
Enfin, on épargne ainsi Pétain (qui a préparé l’offensive des Monts de Champagne) par rapport à Nivelle en présentant une offensive mieux préparée et moins coûteuse en hommes.
La question des hommes est en effet dominante : « Peut-il s’agir d’une même bataille, dès lors que le chef a changé ? » L’opposition Nivelle / Pétain se traduit notamment dans les bilans chiffrés, qui s’arrêtent fin avril, dans les premiers livres de récit des combats, divisés selon le général qui les mène.
Par la suite, le nom de « bataille du Chemin des Dames » s’impose. Dans un premier temps, on cherche (en vain) à différencier un « 16 avril honteux » et un « Chemin des Dames glorieux » ; mais l’expression finit par désigner plus globalement la bataille et les crises qui l’accompagnent, notamment les mutineries. « Dans le passage de la souffrance glorieuse à la souffrance scandaleuse, la bataille toute entière devient celle du Chemin des Dames, sans que pour autant la vision du combattant s’impose sans réserve. » On continue de dissocier l’offensive Nivelle de la bataille des observatoires de l’été et de celle de La Malmaison à l’automne. « Porteur de toutes les ambiguïtés, le Chemin des Dames devient le fragile dénominateur commun et le carrefour instables de toutes les images de la bataille. »
Source : Philippe Olivera, « La Bataille introuvable », dans N. Offenstadt (dir.) Le Chemin des Dames (pages 36 à 46)
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