dimanche 17 février 2013

N comme Noyade



- Depuis mi-septembre 1914, le 2e Régiment du Génie travaille aux aménagements de l’Aisne, construisant passerelles et fortifications. A partir du 23, il est occupé à bâtir un pont de pilots à l’ouest du village de Maizy afin de favoriser le ravitaillement des troupes de la rive nord (en direction de Beaurieux).

(NB: le nord est en bas de l'image)   -   Source: JMO de l'unité (SHD)


- « Le sapeur mineur Rastouillat est décédé par suite d’accident au cours de la construction, par la compagnie 18/3, du pont de pilots situé sur l’Aisne en aval de Maizy. Après le repas de midi, portant des bois, ce sapeur, ayant posé son pied sur une planche en porte à faux du tablier du pont et non encore fixé, a perdu l’équilibre et est tombé à l’eau.
Le sergent Létamendia s’est immédiatement jeté à son secours. En même temps le sergent Bidegain et quelques sapeurs dégageaient la nacelle prise dans les roseaux de la rive droite de la rivière et se portaient vers les 2 hommes.
Le sergent Létamendia, après plusieurs plongées, avait réussi à ramener à la surface le sapeur Rastouillat. Il put le soutenir ainsi pendant 30’’ environ mais, épuisé, il fut contraint de l’abandonner peu avant que la nacelle l’ait rejoint.
Le corps n’a été retrouvé que plusieurs jours plus tard par le lieutenant du Génie (Cie 18/4) Beaufort (le 8 octobre) malgré les recherches faites par les sapeurs de la Cie 18/3 immédiatement après l’accident.
Il a été reconnu que le sapeur Rastouillat avait été frappé de congestion. Le corps a été enfermé dans un cercueil et inhumé dans le cimetière de Maizy. Sur la tombe une croix en bois blanc portant les noms, prénoms et l’indication de l’unité a été placée. » (JMO)


- Après la guerre, le corps de Henri Rastouillat est déplacé vers la nécropole de Soupir n°2.






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dimanche 10 février 2013

C comme Chemin de fer Beaurieux - Blanc-Sablon



- Le 23 octobre 1915, la compagnie 3/18 du 2e Régiment du génie reçoit pour mission la « construction d’un chemin de fer à voie étroite du hangar de Beaurieux à Blanc-Sablon. »

 - Les hommes du 49e RI – puis ceux du 34e et du 86e – l’aident dans sa tâche (jusqu’à 340 hommes), qui commence par la réalisation de la plateforme du hangar de Beaurieux. Les quatre sections se succèdent, alternant avec des séjours en première ligne sur le plateau de Vauclerc et à Craonnelle.
- Mi-novembre, on assainit le terrain et on construit des ponceaux. Le 26, la 4e section commencer le ballastage et la pose de voies de 40.

- Le 2 décembre, un accident a lieu : « A 9 heures, le sapeur mineur Alasseur Firmin de la 1ère section travaillait à extraire du sable d’une carrière située à proximité du lieu dit Le Routy. Un bloc de pierre pesant environ 500 kgs se détacha du talus nord de cette carrière et renverse le sapeur-mineur Alasseur, lui immobilisant les 2 jambes et un bras. Secouru immédiatement par ses camarades présents, ce sapeur a pu être dégagé au bout de 20 minutes de travail. Le sapeur-mineur Alasseur qui avait une cuisse fracturée a été transporté au poste de secours du 49e RI. »

- Le 4, le Génie commence un embranchement de la voie ferrée vers Oulches ; pour cela, on construit un passage souterrain sous la route de Beaurieux à Craonnelle (en même temps qu’un abri de commandement à la cote 110,5).
- La nouvelle année voit la réalisation des derniers travaux, notamment à la gare de Blanc-Sablon. Le 12 janvier 1916, le chemin de fer à voie étroite entre Beaurieux et Blanc-Sablon est terminé.

(source du fond de carte: IGN)
 

Source principale : JMO de l’unité (SHD)

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samedi 2 février 2013

E comme Echange de journaux



- Les échanges et « fraternisations » ponctuels et brefs sont fréquents entre belligérants, que ce soit à l’occasion d’événements particuliers, pour tenir compte de facteurs extérieurs tels le climat ou après des combats particulièrement sanglants. L’échange évoqué ici intervient dans un contexte beaucoup plus banal (la source est le JMO de la 137e Brigade – SHD).


- Depuis la fin de 1914, le 287e RI occupe la région de Chassemy, surveillant notamment l’Aisne au sud de Vailly, qui est occupé depuis quelques semaines par les Allemands (probablement du 8e Régiment – 5e Division).
- Après les combats de l’automne, le secteur est devenu « calme », mais il convient de préciser que pendant ces journées et ces nuits du début de 1915, les accrochages sont fréquents, les morts et blessés nombreux dans les deux camps, chacun essayant de contrôler les points stratégiques le long de l’Aisne et du canal qui la jouxte. Celui qui nous intéresse ici est le « pont des cultivateurs » (il existe toujours : point coté 51 à l’ouest de Vailly sur les cartes 1/25 000 actuelles), en bordure sud duquel se trouve la ballastière utilisée pour le CBR.


 - 1er février 1915 : « Dans la nuit une patrouille du 287e trouve du côté est de la ballastière un poteau portant l’inscription suivante : “Changez des journaux avec nous par ici.” Le général [Ditte] décide de leur donner satisfaction en principe à condition de choisir les journaux qui leur seront envoyés et d’empêcher toute communication avec les patrouilleurs allemands. »
- Par conséquent, le 3, « vers la ballastière de Vailly, un paquet de journaux est déposé pour être enlevé par les Allemands. »
- Le 25, « une patrouille rapporte des journaux allemands qui avaient été accrochés au poteau de la ballastière à la place des journaux français enlevés. »

- La zone devient encore plus disputée après cette date, rendant les échanges autres que violents très difficiles. Le 287e parvient à reprendre le contrôle de la ballastière et les affrontements se reportent sur le pont des cultivateurs. En avril, ce sont les Allemands qui prennent le dessus ; le 19, une patrouille chargée de détruire des réseaux de barbelés français doit se replier mais n’oublie pas de laisser sur un piquet un exemplaire du Journal des Ardennes. Progressivement, la ballastière devient possession allemande, qu’ils aménagent défensivement (leur tranchée de première ligne, portant ce même nom, sera par la suite établie quelques hectomètres en avant). Les échanges de journaux ne sont plus évoqués officiellement.



- A noter que non loin de là, dans la boucle de la Vesle, les Français – toujours le 287e RI – aperçoivent le 21 avril « un mannequin revêtu de vêtements de femme déposé le long de la Vesle à 400m environ du poste [de garde]. Des journaux allemands et 1 exemplaire du Journal des Ardennes donnant une liste des prisonniers français sont trouvés au pied du mannequin. »





Pour information: JMO 287e RI (SHD), qui n'évoque pas ces échanges.

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dimanche 27 janvier 2013

W comme Wolber



- Entreprise française, dont deux usines se trouvent dans la région du Chemin des Dames.

- Antoine Wolber fonde la société qui porte son nom à Levallois en 1898. Elle fabrique des pneus pour cycles (la marque organise aussi des courses et s’associe à des marques de vélos). Peu de temps après, il crée deux usines dans l’Aisne, à Soissons et Vailly.

- L’industriel s’installe dans la région, achète le « château » de Carreux (commune de Missy) et devient membre de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons en 1913.


- Une première fois occupées brièvement par les Allemands, les usines Wolber sont contraintes de fournir leurs produits (carburant, caoutchouc). Les Alliés libèrent les lieux les 13 et 14 septembre 1914, puis le front se fige à proximité immédiate, causant les premiers dégâts importants.

- Après la perte de Vailly fin octobre 1914 et le renforcement de l’artillerie en rive sud de la rivière, l’usine Wolber devient une des cibles privilégiées des obus français. Les 26 et 27 janvier 1915, deux incendies consécutifs aux bombardements français de la 69e DI (batterie Lande) ravagent la manufacture (source: JMO 137e Brigade et de l’artillerie de la 69e DI).


- Après la guerre, l’usine de Soissons est reconstruite. On sait peu de choses de la société Wolber jusqu’à son rachat par Michelin en 1972 (l'usine de Soissons est aujourd'hui fermée, après un plan social houleux).



A consulter :

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dimanche 20 janvier 2013

P comme Patrouille contre patrouille



- En octobre 1914, Victor Ingels (né à Bailleul dans le Nord en 1874) est capitaine au 306e RI qui remplace les Britanniques à Vailly-sur-Aisne ; il commande la 20e compagnie (5e bataillon).

- Le 24, il « part avec deux hommes pousser une reconnaissance vers les tranchées allemandes. S’étant approché de très près de la lisière du bois à l’angle d’une tranchée nouvelle [probablement le bois Marcon, NDLA], y rencontre une patrouille ennemie sur laquelle il fait feu ; cette patrouille riposte au feu et le capitaine Ingels tombe sur le coup. Les deux hommes qui l’accompagnaient se retirent en rampant sous la fusillade et rendent compte de l’incident. Une forte patrouille envoyée à la recherche du capitaine est accueillie par des coups de feu dans le bois qu’elle fouille sans rien trouver. Le soir le capitaine n’était pas rentré à sa compagnie. »

- Trois jours plus tard, à 5h15, « une forte patrouille allemande » est repoussée par le 5e bataillon « en laissant sur le terrain un sous-lieutenant et deux hommes. Dans les poches de l’officier se trouvait un carnet de route fort bien tenu à jour, contenant notamment une page relatant la mort du capitaine Ingels, qui avait été tué par un de ses gefreites. Il y est confirmé que le capitaine Ingels aurait été tué d’une balle dans la poitrine et qu’il était porteur d’une somme de 1 800 marks et de cartes. » [Face au 306e RI se trouve la 6e Division allemande, qui comprend les 20e, 24e et 64e régiments d’infanterie]




Source principale : JMO du 306e RI (SHD)

 (SHD)

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