jeudi 20 septembre 2018

S comme Saint-Audebert


- Ferme appartenant à la commune de Presles-et-Boves située au sud-est de Vailly-sur-Aisne, à proximité du canal latéral qui longe la rivière. A quelques hectomètres à l’est on trouve une écluse sur celui-ci, qui permet aussi de le franchir.

- Avec la stabilisation du front, Saint-Audebert sert de base aux troupes britanniques puis françaises. Après les progrès allemands de fin octobre 1914, qui leur permettent de prendre Vailly, la ferme se retrouve directement en première ligne pendant deux ans et demi.
- Point de départ le 16 avril 1917 et les jours suivants, la ferme Saint-Audebert devient ensuite base arrière pour les troupes françaises, notamment pour les aérostiers qui observent les crêtes du Chemin des Dames.

- Le secteur est reperdu par les Français fin mai 1918. A partir d’août, ce sont les Allemands qui s’appuient sur les ruines des bâtiments et sur le canal pour résister à l’offensive alliée.

lundi 10 septembre 2018

T comme Trou des loups


- Ferme située au sud-ouest de Leuilly-sur-Coucy, près de la route Chauny-Soissons.

- Allemand à partir de septembre 1914, le secteur est repris par les Français du 228e RI au moment du repli de mars 1917 sur la ligne Hindenburg.

- A partir de ce moment, le Trou des Loups (parfois utilisé au singulier) devient une base arrière importante pour les attaques en direction de Vauxaillon d’une part, de Laffaux d’autre part. « Nous passons une journée au lieu-dit "Le trou des Loups" avec le train de combat et avons là, au petit jour, le spectacle d’un dépôt de munitions sautant, aux abords de Leury. Nous rejoignons au "Banc de Pierre" la route de Soissons à Coucy-le-Château et j’admire avec un certain respect les grosses pièces d’artillerie installées dans les boqueteaux le long de la route et tendant des gueules menaçantes mais muettes en ce moment vers les lignes. Des sapes profondes, aménagées à flanc de coteau, dans le versant opposé aux lignes, reçoivent tous les neuf jours les compagnies descendant des lignes. La moitié des effectifs a loisir de se déséquiper tandis que l’autre moitié est constamment en tenue d’alerte. Nous sommes là, dans ce ravin, dans une complète sécurité malgré la proximité des lignes qui se trouvent à vol d’oiseau à 1 500 mètres tout au plus. » (Maurice Laruelle, 2 août 1917)


- Des combats ont à nouveau lieu dans ce ravin à la fin du mois d’août et au début du mois de septembre 1918, lorsque des chars français aident les fantassins à briser les résistances allemandes le long de l’Ailette.

mardi 4 septembre 2018

T comme Toussicourt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9030591p.item


- « Lundi 26 octobre (1914). Au château de Toussicourt. Je monte la longue avenue jonchée de feuilles mortes. Jolie teinte jaune, soleil à travers les branches. Décor pour idylle, hélas. » (Marcel Maréchal, cité dans Paroles de Poilus, Lettres et carnets du front 1914-1918,  Paris, Librio- Flammarion, 1998, p. 62)

- Château et bois situés au sud d’Hermonville et de Villers-Franqueux (département de la Marne), proches du fort de Saint-Thierry.

- En 1914, le château de Toussicourt, construit au XVIIIe siècle, appartient à la famille Krafft, dont la fortune s’est faite en particulier grâce au commerce du Champagne à Reims ; Hugues Krafft est un homme fortuné, grand voyageur et photographe.


- A la mi-septembre, la stabilisation du front à proximité immédiate donne aux lieux un rôle important, notamment de cantonnement, à la fois pour les états-majors dans les bâtiments et pour les troupes dans le parc du château. Sur les hauteurs environnantes des batteries d’artillerie s’installent, ce qui vaut aussi à la zone d’être ciblée par les Allemands.
- Témoignage de Gabriel Guérin : « 23 Septembre 2014. Après 3 jours de repos au château d'Hervelon, nous voilà en soutien du 24e qui doit attaquer et reprendre Loivre. Le cantonnement a été déplacé au château de Toussicourt. Au-moins une paire de kilomètres ! Ça doit tout changer à la tactique... On pourra au-moins dire qu'on mène une vie de palace ! J'avais jamais vu autant de châteaux de ma vie. Cela dit, on en voit surtout les abords. Mais tant qu'à bivouaquer quelque part, autant que ce soit dans le parc d'un château, plutôt que dans n'importe quel coin de cambrousse perdu au fin fond de nulle part. »

- En 1917, la contre-préparation allemande puis les mois de forts bombardements transforment la plus grande partie du château en ruines. Après la guerre, Hugues Krafft choisit de ne pas reconstruire sa propriété afin de concentrer les indemnités perçues sur son hôtel particulier de Reims.

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