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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

dimanche 17 mars 2013

B comme Bergey (Daniel)



- Homme d’Eglise français
- Saint-Trélody (Gironde) 1881 – Saint-Emilion 1950

- Prêtre en 1904, Daniel Bergey devient curé de Saint-Emilion en 1911 tout en étant un militant acharné de la défense du catholicisme. En 1914, réformé pour cause de santé, il s’engage et devient aumônier de la 36e DI, tout en participant activement à certains combats (au sein du 18e RI notamment) : il est donc dans le secteur du Chemin des dames à partir de septembre 1914.

- « Nous étions encore à Muscourt pour le 1er novembre 1914. C’est un souvenir pour moi inoubliable : l’abbé Bergey, aumônier de la 36e division, célèbre la messe en plein air sur l’arrière d’un caisson. IL nous adresse la parole avec son éloquence habituelle, sachant toucher le cœur des soldats et il finit en disant : “Maintenant, je m’adresse aux artilleurs, je leur demande de ne pas tirer à partir de 14 heures, je compte sortir des tranchées de la première ligne de la ferme de la Creute et d’Hurtebise. Avec des fleurs sous les bras, j’irai les déposer sur les restes de ceux qui sont tombés entre les tranchées allemandes et françaises.”
Vous comprenez avec quelle curiosité tout le monde, muet, attendit ce moment. Nous étions dans tous les observatoires et, à l’heure dite, nous vîmes, en effet, comme il l’avait dit, l’abbé Bergey sortir des tranchées et accomplir son geste inoubliable. Pas un coup de feu n’a été tiré sur lui, les Allemands avaient compris. » (Lieutenant Mercié, cité par René Courtois, Le Chemin des Dames)

- Le 27 janvier 1915, il est blessé lors de l’attaque allemande réussie sur la ferme de la Creute : « Très forte canonnade de notre côté à 9h. M. l’abbé Bergey est blessé par 3 éclats d’obus à la face à la poitrine dans le trajet de Beaurieux à Cuissy-ferme vers 5h soir : le shock a été assez fort : le portefeuille a empêché une blessure très grave au niveau de la pointe du cœur. » (JMO du Groupe de brancardiers de la36e DI – orthographe et ponctuation originelles conservées)


- De retour au front titulaire de la Légion d’Honneur, l’aumônier Bergey est particulièrement actif dans la création et la rédaction de journaux de tranchée : Le Poilu Saint-Emilionnais, Le Rayon (en occitan) et Nos Filleuls, qui se concentre sur la recherche de marraines pour les soldats originaires des zones occupées.


- Début mai 1917, l’abbé Bergey participe à la reprise de l’offensive Nivelle en direction du plateau de Californie : « le 4 mai, debout sur les ruines de l’église de Craonne, il bénissait les 2e et 3e bataillons [du 18e RI] partant à l’assaut. Cette bénédiction était peut-être d’abord une présence amicale, un regard fraternel et compatissant. » (RG Nobécourt, Les fantassins du Chemin des Dames)
- Quelques jours plus tard, le régiment connaît une importante qui se traduit par l’exécution de plusieurs soldats à Maizy, en présence de l’aumônier Bergey, le 12 juin : Alphonse Didier, Jean-Louis Laplacettes et Casimir Canel (Vincent Moulia s’étant échappé).


- Après la guerre, il s’engage en politique et devient député de 1924 à 1932.



Biographiecomplète sur le site de l’Assemblée Nationale

Dossier deLégion d’Honneur (notamment ses réclamations après perte de ses papiers durant le conflit)


Merci aux participants du Forum 14-18 pour leur aide et leurs compléments d’informations, à consulter ici : http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/autre/aide-lecture-sujet_12603_1.htm

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