samedi 20 juillet 2013

P comme Projecteurs



- Avec la guerre de position qui s’installe à l’automne 1914 et le rôle de plus en plus important de l’artillerie, les projecteurs deviennent un élément important des armées qui se font face.
Pour plus de précisions, lire:


- Au Chemin des Dames comme ailleurs, la stabilisation du front et l’obligation de surveillance permanente rendent l’utilisation de ce matériel indispensable.

- Dans le secteur qu’elle occupe (entre Vénizel et la Vesle) début 1916, la 89e Division d’infanterie territoriale gère 3 projecteurs importants : celui du « Doigt de Sermoise » (à l’ouest du village), celui du bois de Saint-Médard (à proximité du précédent, au sud-ouest) et celui de la « carrière des Anglais » (à l’est de Billy-sur-Aisne).

 - Prenons comme exemple le premier : le projecteur photo-électrique de 0,60 de Sermoise doit « éclairer le cours de l’Aisne depuis 100 mètres à l’ouest du Pont de Missy jusqu’au pont du confluent inclus, le terrain au sud de la rivière, la lisière sud du village de Missy, les Carreux et le Château Wolberg. » « Le projecteur est établi à poste fixe. Le groupe électrogène et son équipe sont dans un même abri, à 40 mètres de la plateforme sur laquelle le projecteur est installé. Un deuxième abri situé à 20 mètres du 1er sert de logement au personne ; une sonnerie relie les 2 abris. L’équipe du projecteur comprend 1 chef d’équipe, 4 sapeurs. Le jour un homme au moins reste eu poste du projecteur. A la tombée de la nuit le projecteur est mis en position. Le chef d’équipe s’assure lui-même que le 0 du plateau se trouve bien sur la position initiale. Il fait faire un essai de fonctionnement du projecteur les volets fermés. La nuit, le chef d’équipe et 3 sapeurs couchent tout habillés, un sapeur de garde veille auprès du téléphone. A la relève il fait tourner le moteur. » Un poste d’observation, occupé en permanence, se trouve à proximité immédiate du projecteur ; c’est lui qui est chargé d’informer les officiers étant habilités à demander un tir d’artillerie.


Pour consulter le JMO de la 89e DIT :
(Source : Service Historique de la Défense)




- NDLA :
Michel Guironnet et Dominique Schultz (entre autres) ont consacré plusieurs articles passionnants à la Section automobile de projecteurs n°4 sur le site « Histoire Généalogie ». Les premiers d’entre eux (les plus anciens) concernent plus précisément le Chemin des Dames dès l’automne de 1914.

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samedi 13 juillet 2013

V comme Von Boehn (Max)



- Militaire allemand
- Bromberg 1850 – Château de Sommerfeld 1921

- Ancien de la guerre franco-prussienne de 1870, Max von Boehn dirige le IXe Corps d’armée de réserve. Son rôle se révèle essentiel puisque c’est à lui de combler la brèche ouverte entre les armées allemandes après la bataille de la Marne : c’est autour du Chemin des Dames qu’il parvient à bloquer la progression franco-britannique. Ses actions du début du conflit lui valent la distinction « Pour le Mérite ».


- En mars 1917, il prend le commandement de la VIIe Armée, qui subit l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames.
- «  L’armée est prête à recevoir l’adversaire et à le renvoyer chez lui. Vous savez de quoi il s’agit et ce que vous avez à faire. Regardez autour de vous : la destruction des villes et des campagnes, des forêts et des plaines que vous apercevez, menace notre Patrie et à un degré encore pire si nous ne sommes pas vainqueurs. Nous combattons ici sur l’Aisne, pour nos fermes et nos foyers, pour nos femmes et nos enfants, tout comme si nous montions la garde sur le Rhin. Nous devons conserver ce qui a été obtenu avec le sang de tant de braves camarades, même si nous évacuons par ordre des positions isolées afin de disposer librement de forces nouvelles pour une vigoureuse contre attaque. En conséquence regardez  en face de vous avec des yeux perçants, surtout de nuit et par le brouillard, afin que nous ne soyons pas surpris. Soyez durs comme l’acier au feu, comme l’espère notre Empereur. Frappez avec la fermeté allemande tout homme qui s’approche de vous, que ce soit un Français blanc, noir ou brun. Frappez jusqu’à ce que notre ennemi soit sans forces et demande la Paix allemande qu’il a repoussée il y a quelques semaines dans son orgueilleux aveuglement. Qui voudrait  revenir dans ses foyers sans cette Paix victorieuse ? A quoi nous servirait la vie si nous devenions les esclaves de nos ennemis ? Non ! Nous ne le voulons pas, nous voulons vaincre et nous vaincrons, parce qu’il nous faut vaincre ! » (Déclaration du  Général Von Boehn juste avant l’attaque du 16 avril 1917)


- Le 27 mai 1918, sa VIIe armée est le cœur du dispositif offensif lors de la 3e offensive de printemps décidée par Ludendorff, qui permet aux Allemands de reprendre le Chemin des Dames puis de progresser très rapidement jusqu’à la Marne et au-delà de Soissons.

- Ce sont à nouveau les troupes qu’il dirige qui parviennent à franchir la Marne le 15 juillet avant de devoir affronter la contre-offensive alliée du 18, qui repousse la VIIe Armée jusqu’à la Vesle (Von Boehn est ensuite envoyé pour organiser les actions défensives en Artois).




Merci à l’équipe de la Caverne du Dragon pour m’avoir transmis le texte de la déclaration de von Boehn en 1917 (en particulier à Yves Fohlen pour me l’avoir fait connaître).

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dimanche 30 juin 2013

B comme Bains-douches


source: SHD

- Le 3 décembre 1914, « le Capitaine commandant la [3e] compagnie [du 18e bataillon du 2e régiment du Génie] accompagnant le Colonel du Génie et le Directeur du Service de Santé étudie à la sucrerie de Hautes Rives une organisation de douches. Les ouvriers de l’usine et les sapeurs de la Cie 15T du Génie commencent l’organisation des douches. »

- La sucrerie de Hautes Rives, créée en 1858, est située en rive gauche de l’Aisne, en bordure du canal latéral, à l’est de Villers-en-Prayères et au sud d’Oeuilly, toute proche du front à partir de l’automne 1914. Son activité cesse lorsque les combats s’installent dans la région.


- La 4e section de la compagnie 18/3 du 2e RG se met au travail dès le 4 décembre, aménageant les douches. Le chantier dure quatre jours. Le 7, « les 1ère et 4e sections procèdent à l’essai des douches. La température étant reconnue légèrement insuffisante, il est procédé à un complément d’organisation au moyen d’une locomotive. Le fonctionnement est, ainsi, satisfaisant (température de l’eau : au départ : 40°, à l’arrivée : 32°. L’installation fonctionne entre 7h et 11h et entre 13h et 17h à raison de 150 hommes à l’heure soit 1 200 hommes par jour. »


- La sucrerie de Hautes-Rives, qui retrouve son rôle premier après-guerre, ferme en 1997.




JMO (Source: SHD)

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lundi 24 juin 2013

V comme Vieil-Arcy



- Village de la rive gauche de l’Aisne, près de Bourg-et-Comin
- 170 habitants

- Dès après la reconquête alliée de septembre 1914, Vieil-Arcy occupe une place stratégique sur les pentes qui dominent la vallée de l’Aisne et le secteur de Soupir. Rôle encore accentué après la poussée allemande dans cette zone en octobre et novembre.
- Le 15 de ce mois, le 84e RI y est au repos. A 21 heures, « 3 obus allemands de gros calibre tombent sur Vieil-Arcy : 2 d’entr’eux font effondrer, en éclatant dedans, 2 maisons dans lesquelles étaient cantonnés la 3e section de mitrailleuses, ½ section de la 11e Cie et quelques hommes de la 10e. Immédiatement on organise les secours et on en retire à grand ’peine une quinzaine d’hommes blessés que l’on évacue immédiatement. De nombreux cadavres restent pris dans les décombres : l’obscurité et le peu de solidité de murs et plafonds à demi détruits empêchent les sauveteurs de les dégager la nuit. » A minuit deux nouveaux obus tuent presque tous les hommes de la 10e compagnie qui cantonnent dans une autre maison.
- Le 16, le 84e RI enterre 51 cadavres dans le cimetière avant que les survivants remontent en première ligne.
Source (voir aussi)

- Dans les mois suivants, c’est le 267e RI qui séjourne longuement à « Vieux-Rassio » (surnom donné dans le journal de tranchée de l’unité, Marmita)


-  En mars-avril 1917, Vieil-Arcy est une base importante dans le cadre de l’offensive Nivelle, notamment en ce qui concerne l’artillerie.
- C’est ainsi que le commandant Alfred Dreyfus séjourne pendant plusieurs jours dans le village, espérant la percée, sans jamais pouvoir franchir l’Aisne.

- Les Allemands occupent à nouveau la région entre fin mai et début octobre 1918, moment où de nouvelles destructions se produisent, notamment pour l’église.
- Près de 300 personnes vivent à Vieil-Arcy quand la guerre débute. Le recensement n’en comptabilise que 179 en 1921 (le chiffre remonte dans les années suivantes).