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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

lundi 19 mai 2014

E comme Ecole




- Le 267e RI français est en première ligne autour de Soupir et de Verneuil depuis l’automne 1914, avec comme base arrière Dhuizel (un peu plus de 200 habitants avant la guerre). Le journal du régiment, Marmita, nous narre la première rentrée scolaire du conflit dans ce village.


- « Les vacances, les longues vacances de près de dix mois ont fini. C’est pourquoi à D….., dans le joli soleil du matin, les enfants, propres, nets, l’air étonné, le regard curieux, la mine affairée, s’abordent, se réunissent, se forment en minuscules grappes et, marchant vite, ce qui ne les empêchent pas de s’arrêter souvent, grimpent vers la petite école. »
- Les petits groupes ne peuvent faire abstraction de la situation : ils passent devant l’infirmerie où sont soignés les blessés, tandis que parfois résonnent « quelques coups sourds derrière les collines » ; enfin, l’instituteur n’est plus celui d’avant l’été 1914, et celui qui le remplace porte un habit de soldat …
- Il fait s’asseoir les enfants dans la classe, filles à droite, garçons à gauche, assis, tassés, accoudés, les bras croisés, en toutes attitudes, mais attentifs. Un maître en capote bleue (mais quel dommage qu’il n’ait pas son sabre !) ne peut pas faire la classe comme celui de l’an dernier qui était en veste grise, alors on va écouter. »
- Le nouvel instituteur, qui a écrit « Vive la France ! » au tableau même si la plupart des élèves ne savent pas lire, comprend que la situation est particulière et décide d’abord de parler avec eux. Il leur explique que leur ancien maître est soldat, ce qu’est la guerre : « M’sieur, c’est voir passer des soldats, quand ils vont à la tranchée puis jouer avec eux quand ils se reposent ici, puis entendre des coups de canon … »
- On en vient à parler des Allemands, des « Boches » ; les enfants évoquent un homme du village mort au combat, l’invasion brève mais durement ressentie de l’été 1914, les dégâts occasionnés : « la grande ferme qui est là-bas au-delà de la colline, près du canal [ferme du Metz ?], on dit qu’ils l’ont brûlée, démolie et que, probable, les fermiers qui étaient riches, ils seront pauvres. »
- « Un bruit de moteur à ce moment se fit entendre. Il venait su Sud et montait vers le Nord. C’était pour l’instituteur la meilleure façon de conclure sa première classe : Récréation, mes enfants ; allez voir passer l’aéro aux trois couleurs. »


- « … Et si cela ne s’est pas passé ainsi peut-être, cela y a-t-il quelque peu ressemblé. »



Source : Marmita n°13, 10 août 1915


1 commentaire:

Jeanmi a dit…

La chanson de Craonne résume assez bien ce que fût toute cette guerre : Une immense boucherie qui ne prit définitivement fin qu'en mai 1945