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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


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Cordialement
Gil Alcaix

mercredi 7 mai 2014

C comme Concert



- Le 16 septembre 1914, la 38e Brigade d’infanterie (41e et 70e RI, de la 19e DI) est transférée des abords de Reims vers Beaurieux pour faire face aux tentatives offensives allemandes. Mise à disposition du 18e CA, elle reçoit immédiatement ses ordres.

- « A la tombée de la nuit, le bruit court que la brigade va faire une attaque de nuit sur Craonne que les Boches ont repris ce soir à 17 heures. On ne sait rien de sûr ; mais il doit certainement y avoir quelque chose de vrai dans ce bruit ; les musiques des deux régiments reçoivent l’ordre de donner un petit concert. On réunit sept à huit musiciens ; ce sont tous ceux qui ont encore leurs instruments en bon état. Tous les autres ont perdu les leurs ou les ont détériorés. On joue comme on peut les refrains connus : “Auprès de ma blonde ! Sambre-et-Meuse !” Un cercle de têtes entoure notre petit orchestre ; quelques clairons accourent et accompagnent la musique de notes claires. La joie revient dans tous les cœurs, malgré le danger de l’attaque qui se prépare ; on surprend plus d’un soldat qui vérifie si sa baïonnette tient solidement au bout de son fusil. La nuit est tombée maintenant ; la plaine s’éclaire de mille feux. Je vais toucher nos vivres au convoi de ravitaillement dont les fourgons s’alignent dans la rue de Beaurieux. Tout le monde est en joie, on chante, on siffle, on s’amuse. Soudain deux obus s’abattent en plein dans le milieu du village, suivis de deux autres aussitôt après. Les Allemands ont sans doute entendu notre concert ; en tout cas, ils voient certainement la lueur des feux des deux régiments. On entend le cri : “Eteignez les feux !” En quelques secondes, l’ordre a passé de bouche en bouche ; une minute après, c’est l’obscurité la plus profonde. Le bombardement s’arrête là. »

Source : Docteur Georges Veaux, « En suivant nos soldats de l’Ouest », article de Ouest-Eclair, 17/02/1917

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