mardi 4 septembre 2018

T comme Toussicourt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9030591p.item


- « Lundi 26 octobre (1914). Au château de Toussicourt. Je monte la longue avenue jonchée de feuilles mortes. Jolie teinte jaune, soleil à travers les branches. Décor pour idylle, hélas. » (Marcel Maréchal, cité dans Paroles de Poilus, Lettres et carnets du front 1914-1918,  Paris, Librio- Flammarion, 1998, p. 62)

- Château et bois situés au sud d’Hermonville et de Villers-Franqueux (département de la Marne), proches du fort de Saint-Thierry.

- En 1914, le château de Toussicourt, construit au XVIIIe siècle, appartient à la famille Krafft, dont la fortune s’est faite en particulier grâce au commerce du Champagne à Reims ; Hugues Krafft est un homme fortuné, grand voyageur et photographe.


- A la mi-septembre, la stabilisation du front à proximité immédiate donne aux lieux un rôle important, notamment de cantonnement, à la fois pour les états-majors dans les bâtiments et pour les troupes dans le parc du château. Sur les hauteurs environnantes des batteries d’artillerie s’installent, ce qui vaut aussi à la zone d’être ciblée par les Allemands.
- Témoignage de Gabriel Guérin : « 23 Septembre 2014. Après 3 jours de repos au château d'Hervelon, nous voilà en soutien du 24e qui doit attaquer et reprendre Loivre. Le cantonnement a été déplacé au château de Toussicourt. Au-moins une paire de kilomètres ! Ça doit tout changer à la tactique... On pourra au-moins dire qu'on mène une vie de palace ! J'avais jamais vu autant de châteaux de ma vie. Cela dit, on en voit surtout les abords. Mais tant qu'à bivouaquer quelque part, autant que ce soit dans le parc d'un château, plutôt que dans n'importe quel coin de cambrousse perdu au fin fond de nulle part. »

- En 1917, la contre-préparation allemande puis les mois de forts bombardements transforment la plus grande partie du château en ruines. Après la guerre, Hugues Krafft choisit de ne pas reconstruire sa propriété afin de concentrer les indemnités perçues sur son hôtel particulier de Reims.

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lundi 16 octobre 2017

D comme Demoiselle (La)

La ferme et la tranchée en bleu (source de la carte: Géoportail de l'IGN)


- Ferme située à quelques hectomètres de Vénizel, sur la route de Reims à Soissons, en direction de cette dernière ville.

- Après la stabilisation du front sur l’Aisne, elle est investie par les soldats Français qui en font un centre militaire important. Ainsi, Louis Sonolet décrit dans La Grande Guerre vécue-racontée-illustrée par les combattants son utilisation au moment de la bataille de Crouy, en janvier 1915 : « Nous occupons solidement la ferme de la Demoiselle, d’où le pont de Vénizel peut être pris d’enfilade par nos feux. »

- Un an plus tard, le secteur devenu « calme », elle sert de PC au colonel du 94e RIT : Henri Rouillon y travaille avec des soldats du Génie à l’aménagement de la cagna de l’officier (Un dessinateur et un comte dans la Grande Guerre. Journaux croisés).

- La tranchée principale qui la protège et permet de communiquer avec le centre de Vénizel porte aussi le nom de « la Demoiselle ».


- Après la guerre, la ferme est ruinée, et le vaste ensemble de bâtiment n’est pas reconstruit entièrement.