mardi 12 juillet 2011

J comme Jubert (Raymond)

- Soldat français
- Charleville (1889) – Douaumont(1917)

- Raymond Jubert, avocat à Charleville, est mobilisé au sein du 91e RI avant de combattre au 151e à partir d’avril 1915, où il devient sous-lieutenant. Il combat notamment à Verdun, écrivant un carnet particulièrement vivant de la bataille (publié en 1989 sous le titre Verdun, mars, avril, mai 1916).

- Raymond Jubert est blessé le 16 avril 1917 lors de l’offensive Nivelle. Le 151e RI attaque dans le secteur du Choléra après de grosses difficultés pour se rendre en première ligne, notamment lors du franchissement de l’Aisne. Malgré la préparation d’artillerie et l’appui des tanks, la résistance allemande n’est que peu affaiblie et les pertes sont très lourdes (98 tués, 454 blessés et 21 disparus pour cette seule journée).

- Revenu au sein de son unité, il est tué en août 1917 au Bois de la Chaume, près de Douaumont.

Sources :
Fiche MPF

JMO 151e RI

Un blog (en anglais) sur le 151e RI

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samedi 9 juillet 2011

U comme Uniforme(s)

- Fin 1914, l’armée française n’est pas encore homogène concernant son équipement, y compris au sein d’une même unité. En voici un exemple …

- Le 28 décembre, le lieutenant Paul Truffau (246e RI) est à proximité de Soissons, dans les tranchées de première ligne de Crouy, au pied de la Cote 132. Il connaît bien le secteur puisqu’il y est arrivé lorsque la contre-offensive française de septembre a butté sur les hauteurs du Chemin des Dames. « Temps abominable, averses que secouent des bourrasques. Le boyau 5 est un torrent. […] Les hommes s’agitent dans cette glaise gluante qui les enlise et retient l’eau. »
- Les lignes françaises et allemandes sont très proches, le no man’s land à peine identifiable. « En regardant par-dessus le talus, j’ai vu deux cadavres qui sont à vingt-cinq mètres, à l’endroit où la crête militaire disparaît : deux fantassins du 204, un tombé sur la face, avec la nouvelle tenue bleutée et le sac brun ; l’autre, avec le pantalon rouge et la capote bleutée, tombé sur le flanc, et qui tourne vers nous un visage blanc comme du papier détrempé. »



Source : Paul Truffau, 1914-1918. Quatre années sur le front (page 61)

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dimanche 3 juillet 2011

G comme Grange (Claude)


- Sculpteur français
- Vienne 1883 – Paris 1971

- Prix de Rome en 1913, Claude Grange est mobilisé lorsque la guerre commence et devient sergent au sein du 5e RIC.
- Dès janvier 1917, il est au Chemin des Dames, sur le plateau d’Ailles, capitaine commandant la 9e compagnie du 3e bataillon (source : JMO). Le 16 avril, il participe à l’offensive Nivelle dans ce secteur, avant d’être relevé le 19.

- Après la guerre, Claude Grange réalise plusieurs monuments aux morts. On lui doit notamment le Monument des Basques (1928), sur les hauteurs au-dessus de Oulches, en collaboration avec l’architecte Mathieu Forest.



Une biographie de Claude Grange

Lettre du Chemin des Dames n°1

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lundi 27 juin 2011

D comme Doyen

- Doyen est le nom d’un colonel du 8e RI (2e DI) qui combat autour de Pontavert et à proximité de la ferme du Choléra lorsque le front se stabilise, à partir du 14 septembre 1914.
- René Louis Doyen est né à Meulan (Seine-et-Oise, actuellement Yvelines) en 1860. Il prend le commandement par intérim de la 4e Brigade le 2 septembre 1914 en remplacement de Pétain, nommé général à la 6e DI.
- Le 16, le 8e RI reçoit l’ordre d’attaquer les positions allemandes autour de la ferme du Choléra : échec. L’assaut reprend le lendemain, sans plus de succès. Les pertes des deux côtés, surtout chez les Français, sont considérables, y compris chez les officiers et sous-officiers. Le colonel Doyen est « tué d’une balle en pleine poitrine » (il est remplacé le 21 par le commandant de Clausade, promu colonel). Au cours des mêmes combats, le lieutenant-colonel Rougeot « grièvement blessé est coupé en deux par un obus sur le brancard où on l’avait placé pour le transporter à l’ambulance, deux des brancardiers sont tués du même coup. »
- René Doyen est inhumé au cimetière Montparnasse, à Paris. Une rue porte son nom à Saint-Omer, lieu de casernement du 8e RI.



- En son honneur, les survivants du régiment baptisent du nom de Doyen une hauteur qui borde, au nord, la route entre Pontavert et la ferme du Choléra et la Miette (NDLA : je n’ai pas trouvé de confirmation dans les documents, mais il s’agit d’une hypothèse fort plausible). L’endroit conserve ce toponyme pendant tout le conflit.
- Le Mont Doyen marque le sommet de la Butte aux vents, auquel il est souvent assimilé dans les documents d’époque.
- Son altitude est d’un peu plus de 70 mètres (contre 55 sur les bords de la Miette).

Carte issue du JMO du 201e RI (janvier 1915)

- Aux mains des Français après la contre-offensive de septembre 1914, le Mont Doyen est en première ligne pendant plusieurs mois. La butte est garnie d’observatoires, de nids de mitrailleuses, parcourues de tranchées et de boyaux. La fin de l’année 1914 est marquée par des combats quasi permanents de la part des deux camps, qui cherchent à améliorer leurs positions dans le secteur.
- Il faut attendre les maigres succès français d’avril 1917 (prise du Bois-des-Buttes et progression jusqu’à la Nationale 44 puis au-delà) pour que le Mont Doyen retrouve un calme relatif, tout en gardant son importance stratégique.





Fiche MPF de René Doyen

Fiche MPF de Jules Rougeot


JMO du 8e RI




A consulter : le blog d’Hervé Toulotte

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vendredi 24 juin 2011

M comme Message

- Le 28 octobre 1914, le 352e RI s’installe sur le plateau de Vregny, au nord de Bucy-le-Long, en première ligne. Les soldats de la 22e compagnie (6e bataillon) aménagent les réseaux de tranchées existant, en construisent de nouvelles encore plus proches des Allemands, « malgré le clair de lune et un feu de salve ».

- « L’adjudant Alessandri, commandant cette section, ayant aperçu un drapeau planté sur une crête au nord-ouest de sa tranchée, et croyant voir dans ce fanion un point de repère pour l’artillerie ennemie, ou un signal quelconque, n’hésite pas à l’enlever. Ce fanion, aux couleurs allemandes, porte sur une feuille de papier cousue sur l’étoffe : ‟PAUVRES FRANCAISES, SAUVE QUI PEUT ! ANVERS EST TOMBE, BELFORT, LILLE, TOUL ET DUNKERQUE EST PERDU, 350 000 ANGLAISES ET FRANCAISES AUSSI, 300 000 RUSSES SONT EN PRISON ET GRACE A DIEU BIENTOT C’EST A VOUS. UN SIMPLE GRENADIER.ˮ »

- L’incident n’a pas de suite ; l’adjudant Alessandri est cité à l’ordre de la brigade mixte. Il ets grièvement blessé le 13 janvier 1915, lors de la bataille de Crouy.


Source : JMO du 352e RI

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dimanche 19 juin 2011

V comme Vauxmérons

- Vallon et bois de l’est de Braye-en-Laonnois (orthographié aujourd’hui Vaumerons)

- Après la stabilisation du front, en septembre 1914, le secteur est aux mains des Allemands. Ceux-ci profitent des carrières qui se trouvent en bordure de plateau et des obstacles naturels parsemant les pentes pour établir leurs défenses, garnissant en outre le bois de réseaux de barbelés. L’ensemble Vau(x)merons / Grelines / Bois Brouzé devient une zone redoutable pour les soldats d’en face …


- Le 146e RI, avec à sa gauche le 153e (39e DI), est chargé de s’emparer des Vauxmérons dès les deux premières heures de l’offensive Nivelle, le 16 avril 1917. Espoir déçu, puisque le régiment est longuement bloqué autour de Chivy par des mitrailleuses, avant d’atteindre le plateau du Mont de Beaulne en fin d’après-midi (pertes : 61 tués, dont 6 officiers ; 199 blessés, 2 disparus, soit un total de 262).
- Le 17, « à l'aube, des patrouilles du 26ème [RI] se rendent compte que sous la pression des attaques des deux jours précédents, l'ennemi s’est retiré sur le plateau où passe la ligne Hindenburg. Il a évacué Braye et l'éperon de Braye, mais il occupe solidement le rebord du plateau et les têtes de ravin de la ferme Froidmont et des Vauxmérons, ayant ainsi des vues sur toute la cuvette de Braye et la tenant sous ses feux. » (Historique 2e BCP)

- Pendant les jours suivants, le 146e butte sur la résistance allemande dans les tranchées de la Voile et du Mât, juste au sud du Chemin des Dames, après s’être emparé de celle de la Saale (176 nouvelles pertes jusqu’à la relève du 21 avril). Pendant ce temps, les mitrailleuses allemandes des Vauxmérons nuisent considérablement aux Français et bloquent toute tentative de progression dans le secteur.
Carte issue du JMO du 146e RI


- Le 5 mai, l’offensive est relancée avec comme ambition de franchir le Chemin des Dames et de contrôler toutes les hauteurs. Une compagnie du 37e RI est chargée spécifiquement de « nettoyer » le ravin et les carrières pour permettre la progression de ses camarades, à droite et à gauche. De son côté le 79e RI est chargé de prendre pied sur le plateau au nord des Vauxmérons et des Grelines par la gauche. Le 2e bataillon de ce régiment gagne « avec facilité son premier objectif avec la 7e compagnie pendant que la 6e compagnie nettoye la carrière en Y dans les Vauxmérons et progresse dans la Tranchée de la Mouette. Cette progression dans les Vauxmérons se fait normalement, en liaison avec une compagnie du 160e qui aborde la Tranchée de la Mouette par le sud. » Les pertes sont très limitées et la progression au-delà des restes de la route se poursuite convenablement. Vers midi, la réaction allemande oblige à un repli vers les carrières de Vauxmérons (JMO 79e RI).


- Après le 160e, c’est au tour du 418e RI d’occuper le secteur à partir du 14 mai : « le ravin des Vauxmérons n’est pas tenu, le flanc du régiment est donc découvert. Mais le fond du ravin est marécageux et nous tenons les deux pentes. Le danger n’est donc pas tel qu’on pourrait le croire au début. La situation nécessite néanmoins une vigilance toute spéciale. »
- La situation évolue peu, entre coups de main, bombardements et travaux défensifs qui modifient peu les lignes.


- Le mois de juin et marqué par un certain « calme » souligné par les comptes-rendus du 74e RI. Les Vauxmérons deviennent une sorte de no man’s land dans lequel seules des patrouilles s’aventurent, les inconvénients liés à la nature du terrain et les risques liés à la présence de mitrailleuses des deux camps autour du ravin rendant toute installation trop risquée – pour un bénéfice très limité.

- Le front reste figé tout l’été, plus tranquille que les secteurs situés quelques hectomètres à l’est. Il faut attendre le repli allemand sur l’Ailette, le 2 novembre, pour que les Vauxmérons deviennent français.

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mercredi 15 juin 2011

C comme Cuvier (Georges)

- Soldat français
- 18 ? – 19 ?

- Georges Cuvier est soldat au 162e RI le 16 avril 1917, qui attaque dans le secteur de la ferme du Choléra vers le bois de Claque-Dents jusqu’au retrait du front le 7 mai.

- Après Verdun et la Lorraine, il participe à la contre-offensive de l’été 1918, à la prise de Soissons puis à la progression vers Laffaux fin septembre et début octobre.


- Après la guerre les Editions du Combattant publie ses souvenirs, La Guerre sans galons. A l’aventure avec le Cent-Six-Deux : des révoltes à la victoire. Il y décrit notamment les mutineries de Ronchères (22-24 mai 1917), auxquelles il ne participe pas (« Je les excuse, certes, comprenant que pour certains la coupe ait débordé »).

Cf. un article de Nicolas Offenstadt qui évoque la position de G. Cuvier dans ce domaine

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dimanche 12 juin 2011

H comme Hurtebise (ferme)




- Ferme de l’extrémité est du plateau du Chemin des Dames

- En 1914, la ferme d’Hurtebise est déjà un lieu célèbre grâce à Napoléon et à la bataille dite de Craonne. Située sur l’isthme d’Hurtebise, c’est est un lieu stratégique très disputé de tout temps qui permet d’obtenir des vues essentielles sur les vallées de l’Ailette et de l’Aisne.


- Dès septembre 1914, elle connaît de très violents combats.
- Pendant 6 jours, du 13 au 18 septembre, les Zouaves (qui ont repris la ferme) et le 12e RI résistent aux assauts allemands.
- Les propriétaires, la famille Adam, refusent de quitter leur ferme. Ils se réfugient dans la cave, rejoints progressivement par les blessés français, tandis que les bâtiments sont peu à peu incendiés par les bombes, le bétail étant tué par les flammes. Face aux dangers, les douze occupants de la cave sont évacués vers La vallée Foulon.
(Pour tous les détails de ces journées, voir ici)


- Le 26 septembre, un assaut des Allemands contre le 49e RI, qui a remplacé le 12e, leur permet de reprendre possession des lieux (le 49e perd 304 hommes, dont 81 tués). Ils les conservent longuement, confortés après leur victoire de la Creute au début de 1915. La ferme d’Hurtebise brûle encore le 27 ; « la lueur de l’incendie permet d’observer de fortes tranchées allemandes construites sur la face Ouest de la ferme. » (JMO 4e Zouaves)


- A cette date, la ferme n’est plus qu’un amas de ruines parcouru par les réseaux de tranchées qu’un officier allemand prend en photo pendant l’hiver (page 7).
- Après des mois de bombardements, et surtout ceux qui préparent l’offensive Nivelle, il n’en reste presque rien, si ce n’est sur les cartes qui représentent toujours ses vastes bâtiments et dans les communiqués qui lui donnent une renommée encore plus grande.



- La ferme d’Hurtebise retrouve une place centrale dans les combats pendant tout le printemps et l’été 1917. Elle est sans cesse prise et reprise par les deux belligérants, dont aucun ne parvient à stabiliser durablement ses positions dans le secteur.
- Il faut attendre le 2 novembre pour voir le calme revenir autour des anciens bâtiments.


- Le 27 mai 1918, c’est à nouveau un lieu d’affrontements au cours de l’offensive-éclair allemande, cependant accrochée un peu sur l’isthme.


- Après la guerre, la ferme d’Hurtebise est reconstruite pratiquement à l’identique. On s’y bat à nouveau fin mai 1940.

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mercredi 8 juin 2011

500 comme 500e jour de guerre au Chemin des Dames

Le 23 décembre 1915 est le 500e jour de la guerre.
Le Chemin des Dames est un des secteurs « calmes » du front depuis plusieurs mois. Les dernières journées de l’année ne dérogent pas à cette situation, et l’activité des unités françaises et allemandes présentes dans la région est très limitée.


Des deux côtés on prépare Noël tout en soignant les maladies hivernales, qui remplissent les infirmeries de la vallée de la Vesle ou du Laonnois.
Le quotidien des soldats, ce sont les relèves qui font alterner présence en première ligne et position en réserve, souvent dans les creutes. Ce sont les travaux de construction d’abris pour résister aux intempéries du deuxième hiver du conflit.
L’artillerie maintient une activité « normale », à laquelle les soldats se sont habitués (300 obus échangés sur le front tenu par le 37e CA, autour de Soissons). Elle est un peu plus marquée à proximité du Bois des Buttes, où a même lieu un combat à la grenade. Les pertes dans les unités sont cependant partout négligeables, le plus souvent nulles.


Chez les Français, la préoccupation essentielle est la montée des eaux de l’Aisne, dont on surveille la crue chaque jour et qui oblige à des aménagements dans les réseaux de tranchées. Après une forte hausse dans les journées précédentes, la situation s’améliore (27 cm de baisse le 22 décembre et situation stationnaire le 23) avant de redevenir inquiétante lors des derniers jours de 1915. Dans le secteur de la 2e DI, « l’eau inonde complètement la plaine entre la tranchée de la Miette et le boyau Bugeaud. » (étiage à 2m39).


L’activité est un peu plus importante autour de la Cote 108, où la guerre des mines continue : le 23, le Génie de la 1ère DI répond aux Allemands qui, la veille, ont fait sauter un camouflet (dans le but de rendre le terrain impropre à la construction d’un tunnel) et lancé de nombreux obus sur zone. Un double camouflet explose tard dans la soirée, vers 23h30, accompagné d’un intense bombardement.


En somme, une journée banale de la guerre pour le Chemin des Dames – à l’image de la plupart des régions traversées par la ligne de front ; devenue banale pour les soldats des deux camps, malgré ses dangers et sa pénibilité permanents.



Sources: JMO des unités présentes dans la région
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mercredi 1 juin 2011

B comme Brassard (Léopold)


- Soldat français
- Saint-Malo 1890 – Bucy-le-Long 1915

- Léopold Brassard est sergent-major à la 21e compagnie du 352e RI lorsque commence la bataille de Crouy en janvier 1915 (il est présent dans le secteur depuis début octobre 1914).
- Il est tué le 13 alors qu’il essaie de résister aux assauts allemands au nord de la ferme de la Montagne, sur le plateau de Vregny (le long de la route Bucy-Pont Rouge). « L’attaque de l’ennemi s’est produite en ligne de tirailleurs très denses (effectif évalué à 1 bataillon). En raison de la faible distance, l’ennemi a pu aborder rapidement nos postes avancées et notre première ligne, non sans subir de fortes pertes. » La section du sergent Brassard réalise un « tir efficace mais de courte durée ; se replie. »

- Un monument lui est élevé en bordure du ravin des Cornants.



Fiche MPF


JMO du 352e RI début janvier 1915, avec détails de la bataille

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samedi 28 mai 2011

P comme Paradis

- Bois du versant sud du Chemin des Dames, à quelques hectomètres à l’ouest de la sucrerie de Cerny-en-Laonnois.

- Après les combats de septembre 1914, les Allemands parviennent à conserver le secteur, qui se retrouve cependant en première ligne pendant presque toute la durée de la guerre. Ils l’aménagent et le fortifient ; c’est ainsi que l’on construit une tranchée qui porte le nom de Paradis, parallèle au Chemin des Dames, sur les premières pentes, à proximité de l’arbre de Cerny. Un boyau porte aussi ce nom, qui relie le bois aux tranchées de premières lignes à proximité de Beaulne. On trouve encore les « Paradis Lagen », positions fortifiées sur les pentes du saillant qui domine Chivy. Enfin, un tunnel est construit et aménagé.
Cf. carte du 1er Régiment de Tirailleurs


- Le 16 avril, de violents combats se déroulent dans le ravin du Paradis pendant toute la journée. Les installations défensives allemandes jouent particulièrement bien leur rôle : non complètement détruites par les bombardements, les mitrailleuses de l’est du bois retardent considérablement l’avancée du 1er régiment de Tirailleurs. Elles tirent jusqu’au dernier moment, capturées ou anéanties par les vagues d’assaut.
- « La lutte dans le Bois du Paradis fut rude. Contrairement à ce que l’on croyait, la plupart des abris de l’ennemi adossés à la pente sud du ravin n’avaient aucunement souffert des effets de notre préparation d’artillerie ; ils étaient intacts et regorgeaient de monde. […] Cependant, l’ennemi se voyant traversé tourna ses mitrailleuses et prit par derrière les premières vagues d’assaut qui gravissaient la pente nord du Bois du Paradis jusqu’au moment où les nettoyeurs mirent fin à cet état de choses. » (JMO du 1er Régiment de Tirailleurs)

- Pendant ce temps, « les éléments de gauche du 1er mixte, dès leur débouché sur le plateau, se sont emparés de la sortie du tunnel de Paradis puis ils ont bondi sur l’entrée, vers le ravin, où, à coups de grenades incendiaires, ils ont enfermé et brûlé les boches. Ceux-ci se rendent, non sans nous avoir causé des pertes. » (témoignage du zouave Julien Marchal cité par R.G. Nobécourt, op. cit.)
- Vers 10 heures, la tranchée du Paradis est dépassée par les Français qui atteignent ensuite le Chemin des Dames.


- Le secteur reste aux mains des Français (jusqu’en mai 1918), mais il est très disputé, les Allemands reprenant même pied dans la tranchée du Paradis le 14 juillet et s’approchant des lisières du bois calciné …

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dimanche 22 mai 2011

P comme Panthéon


- Ferme de l’ouest du Chemin des Dames, entre la Royère et la Malmaison

- Avant 1914, le Panthéon est un point haut (193 mètres), occupé par une petite ferme.

- Les Allemands s’emparent de la position, relativement éloignée du front jusqu’au printemps 1917 lorsque leur avance va jusqu’à Vailly-sur-Aisne. Après les premiers combats de l’offensive Nivelle, ils se replient sur les hauteurs du Chemin des Dames qu’ils fortifient considérablement.
- C’est ainsi qu’une tranchée, qui longe la route, et un boyau, qui la relie aux carrières du Tonnerre, portent le nom de Panthéon.

- On s’y bat avec acharnement pendant plusieurs semaines (« bataille des Observatoires »), chacun prenant puis perdant la position (cf. le témoignage de Lucien Laby, du 294e RI, qui évoque plus souvent la ferme voisine des Bovettes).
- A la fin de l’été et jusqu’à la bataille de la Malmaison, la route constitue le no man’s land séparant les belligérants, qui se retrouvent à proximité immédiate les uns des autres.
- Le Panthéon est en possession des Allemands jusqu’au 24 et 25 octobre, lorsque l’attaque efficace des Français les repoussent sur le versant nord du Chemin des Dames puis au-delà de l’Ailette.

- La zone est à nouveau allemande entre le 27 mai et le début octobre 1918. Après la guerre, la ferme du Panthéon est reconstruite, plus vaste.

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mercredi 18 mai 2011

E comme Ettighoffer (Paul Coelestin)

- Soldat allemand
- Colmar 1896 – Zulpich (Rhénanie du nord) 1975

- Paul Coelestin Ettighoffer se porte volontaire pour combattre en 1914, à 18 ans. Presque immédiatement, il est blessé par un obus ; à nouveau hospitalisé en 1915, il suit une formation de tireur d’élite puis combat sur le front oriental à cause de ses origines.
- En 1917 cependant, il revient à l’ouest, devenu officier au 258e régiment allemand de réserve (78e D.R.), unité constituée essentiellement de Rhénans.

- A partir de fin mai 1917 et pendant l’été, Ettighoffer est dans la partie occidentale du Chemin des Dames, au mont des Singes et autour du « terrible saillant de Laffaux » (« der wilden Laffaux-Ecke »), « une position extraordinairement agitée » (cité par N.Offenstadt, op. cit., page 374).
- Peu engagé d’abord, son régiment subit de très grosses pertes lors d’attaques locales (le 20 juin notamment). Il est envoyé dans le nord-est au mois d’août.

- Ettighoffer est fait prisonnier lors de la deuxième bataille de la Marne pendant l’été 1918. Après plusieurs mois de captivité, il est renvoyé en Allemagne en 1920. Devenu écrivain, il cherche sa voie dans un pays en plein changement. Il publie notamment Eine Armee meutert. Frankreichs Schicksalstunde 1917 en 1937, qui évoque les mutineries. Il occupe cette fonction d’écrivain au sein de l’armée allemande pendant la deuxième guerre (il est capturé par les Britanniques).




Source principale :
http://www.polunbi.de/pers/ettighoffer-01.html

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samedi 14 mai 2011

B comme Bois de la Mine

- Bois situé à proximité de la route qui relie Pontavert au carrefour du Choléra, au sud-est du Bois des Buttes. Il s’appelle aujourd’hui le « bois d’Aubréaux ».

- Le 14 septembre 1914, après la contre-offensive alliée, le front se stabilise entre ce bois qui ne possède pas encore de nom et le futur « bois des Allemands / Boches ».

- JMO du 8e R.I., 4 octobre 1914 : « Depuis trois jours le Génie travaille à l’établissement d’une mine partant de la tranchée la plus avancée (corne du bois situé à l’est du chemin La Pêcherie – Ville-au-Bois). Cette tranchée est à environ 30m de la tranchée allemande (corne S.E du bois de la Ville-au-Bois). Les travaux sont terminés et la mise de feu doit avoir lieu le 5 à 4 heures. » L’objectif est de s’emparer des tranchées allemandes pour enfoncer le front et progresser vers la Nationale 44.
- « A l’heure fixée (4h) la mine explose mais comme le boyau n’a pas pu être poussé jusque sous la tranchée ennemie, faute d’aération pour les travailleurs, le terrain est bouleversé surtout en avant du parapet. » Cependant, l’attaque se déclenche normalement, enlève la première ligne mais subit « un feu terrible de mitrailleuses et une fusillade intense d’une seconde ligne bien organisée » et ne peut résister à la contre-offensive ennemie.


- Le bois de la Mine est baptisé et conserve ce nom pendant toute la guerre, situé en première ligne jusqu’à l’offensive Nivelle d’avril 1917.


- Carte du JMO du 201e RI (janvier 1915)

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samedi 7 mai 2011

B comme Bonnamy (Georges)

- Soldat français
- 18 ? – 19 ?

- On sait très peu de choses sur la biographie de Georges Bonnamy, peut-être sous-officier au 131e R.I. et qui a laissé son témoignage sur la guerre dans La Saignée, publié en 1920 (ouvrage où il critique aussi la façon dont l’offensive de 1917 a été menée).

- Début 1917, il arrive dans le secteur du Chemin des Dames pour la première fois : bois de Beaumarais, ferme du Choléra. Après un mois de mars consacré à l’instruction, le 131e participe à l’offensive Nivelle autour de la Miette en 2e ligne. « A 10 heures, l’ordre de nous mettre en route ne nous est pas donné, alors nous commençons à douter du succès de l’offensive. La journée entière s’écoule ainsi à regarder passer les blessés, refluer en désordre des convois de toutes sortes, des tanks, de la cavalerie. »


- Georges Bonnamy reste dans la région orientale du Chemin des Dames jusqu’au 22 janvier 1918, alternant présence en ligne et périodes de repos dans le Tardenois.





Source principale : J.F. Jagielski sur le site du CRID 14-18 (notamment pour des détails et des extraits de son témoignage)

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dimanche 1 mai 2011

C comme Courtecon



- Village disparu situé sur les pentes nord du plateau du Chemin des Dames, entre Cerny et Braye-en-Laonnois

- En 1914, Courtecon est un petit village qui perd régulièrement de la population depuis la fin du XIXe siècle (73 habitants recensés en 1911 contre environ 110 une vingtaine d’années auparavant).


- Il est occupé par les Allemands à partir de septembre 1914, progressivement vidé de sa population, transformé en campement et équipé d’installations militaires défensives par ses occupants.


- Les bombardements français du début avril 1917 achèvent de détruire Courtecon. Le village doit être atteint à H+2 le 16 avril par le Régiment de Tirailleurs marocains (153e D.I.), mais ce n’est que le 2 novembre que les Allemands abandonnent les lieux pour se retirer quelques hectomètres au nord, en bordure de l’Ailette.


- Les communes de Pancy et Courtecon (en grande partie placées en Zone rouge) sont fusionnées en 1923; seul le premier village est reconstruit.
- En 1932 est inauguré sur l’emplacement de l’ancien Courtecon une chapelle commémorative.

vendredi 29 avril 2011

C comme Cuffies


- Petite ville de la banlieue Nord de Soissons, dans le creux d’un vallon qui rejoint un méandre de l’Aisne
- 1 650 habitants


- Quand la guerre commence, la population de Cuffies s’élève à 1 552 habitants (recensement de 1911). C’est un lieu dynamique, avec notamment la verrerie et la distillerie qui se trouvent dans le quartier de Vauxrot, dans la vallée.

- Les Français ne parviennent pas à reprendre les zones qui se trouvent au Nord de Soissons lors de leur contre-offensive de septembre 1914 : Cuffies est donc coupé par la ligne de front pendant plusieurs semaines.
- De violents combats y ont lieu notamment en janvier 1915, lors de la « bataille de Crouy », qui voient les Allemands progresser vers Soissons, notamment parce que la crue de l’Aisne empêche l’arrivée de renforts qui auraient permis d’exploiter quelques succès vers Cuffies.
- Proche de la ligne de front, Cuffies souffre des bombardements des deux camps.


- Le retrait allemand sur la ligne Hindenburg, au début de 1917, offre un peu de répit au secteur, réoccupé par les soldats français.

- En février 1918, Cuffies et les autres villages autour de Soissons voient arriver les Américains, qui découvrent les difficiles conditions de vie des soldats et les dégâts déjà très présents. De nouveaux combats se déroulent le 28 mai puis en septembre, qui achèvent de ruiner la ville.

- Cuffies est en effet dévasté (les usines de Vauxrot sont anéanties) et en grande partie vidé de sa population à la fin des combats : il n’y a encore que 814 habitants recensés en 1921 …


Destructions, notamment de Vauxrot :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=02245

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mardi 26 avril 2011

T comme Truffau (Paul)

- Homme de lettres français
- Bordeaux 1887 – Paris 1973

- Normalien en 1908 puis professeur de lettres à Vendôme après son service militaire, Paul Truffau est mobilisé comme sous-lieutenant en août 1914 au 246e RI.

- Après la Marne, il combat autour de Soissons de septembre 1914 à janvier 1915. Il est blessé au bras le 18 novembre 1914 mais refuse l’évacuation. Paul Truffau participe à la bataille de Crouy qu’il décrit dans ses carnets de guerre.

- Paul Truffau reste jusqu’en avril 1915 dans le secteur de Vénizel et Condé-sur-Aisne.

- Par la suite, il combat en Artois puis vers le Bois-des-Buttes entre février et juin 1916, avant Verdun (il devient capitaine, à la tête d’une compagnie de mitrailleuses).

- D’août à octobre 1917 il est dans le bois de Beaumarais avant d’assister au retrait allemand du 2 novembre sur le plateau des Casemates (il est à nouveau autour de la Miette en janvier 1918).


- Pendant la guerre, Paul Truffau envoie sous pseudonyme des articles au quotidien Le Journal. Un éditeur en publie 32 d’entre eux en 1917 sous le titre Carnets d’un combattant.
- Plusieurs fois blessé, il est démobilisé le 28 mars 1919 (« Il fait très beau. J’ai revu avec une joie intime les paysages familiers, la petite ville un peu vide… La vie reprend, les choses sont les mêmes, nous seuls avons changé… »).

- Après guerre, Truffau redevient enseignant et publie de nombreux ouvrages liant littérature et histoire.


- En 1998 est édité son journal de guerre : 1914-1918. Quatre années sur le front. Carnets d’un combattant.




Source principale :
Journal de Paul Truffau (Préface de Stéphane Audoin-Rouzeau)
et Cédric Marty, site du CRID 14-18

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mercredi 20 avril 2011

W comme Winterberg

- Tranchée allemande dont le nom provient d’une ville de l’ouest du pays.
- La tranchée de Winterberg fait partie du système de défense du nord du plateau de Paissy, au sud d’Ailles.
Cf. JMO RICM avril 1917
- Pendant l’été 1917, elle devient la première ligne allemande, prolongeant la tranchée d’Ems (à l’est) et la tranchée de Battenberg (à l’ouest).
Cf. JMO 7e compagnie du Génie, août 1917
- La tranchée de Winterberg n’est emportée « définitivement » par les Français que le 2 novembre 1917, après le repli allemand. Elle disparaît progressivement du système défensif au profit d’autres, plus utiles à présent.



- Winterberg (littéralement « la montagne de l’hiver ») est aussi le nom donné par les Allemands au plateau de Californie, sur les hauteurs de Craonne.
http://1914-1918.invisionzone.com/forums/index.php?showtopic=80776&st=25

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dimanche 10 avril 2011

R comme Ricadat (Paul)

- Soldat français
- 1893 – 1987

- Paul Ricadat est mobilisé au sein du 147e RI en 1914 ; il est blessé fin septembre.


- Dans l’Aisne depuis févier 1917, le nouveau régiment du sergent Paul Ricadat (33e RI) est censé appuyer le 201e dans le secteur de Craonnelle le 16 avril. Posté à proximité du château du Blanc-Sablon, Ricadat constate l’échec de l’offensive et la bonne capacité de réaction allemande, peu affectée finalement par la préparation française.
- Le 17, il monte à l’assaut au milieu d’un déluge d’obus vers la tranchée du Balcon, s’égarant et retrouvant ses hommes tant bien que mal. « Allant à l’aveuglette, je dois me fier à l’instinct, au flair, au sens de l’orientation que trois ans et demi de vie dans la nature ont développé chez chacun de nous. » (cité par A. Loez dans N. Offenstadt dir., op. cit., page 201)
- Ricadat se montre plutôt hostile aux mouvements de désobéissance qui éclatent à partir de mai dans l’armée française, et il est même chargé du maintien de l’ordre.
Extrait : http://www.crid1418.org/espace_scientifique/ouvrages/Loez_mutins_anx.pdf


- En 1986 est publié Petits récits d’un grand drame 1914-1918. Histoire de mes vingt ans, consacré essentiellement aux premières années de la guerre.

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