vendredi 29 avril 2011

C comme Cuffies


- Petite ville de la banlieue Nord de Soissons, dans le creux d’un vallon qui rejoint un méandre de l’Aisne
- 1 650 habitants


- Quand la guerre commence, la population de Cuffies s’élève à 1 552 habitants (recensement de 1911). C’est un lieu dynamique, avec notamment la verrerie et la distillerie qui se trouvent dans le quartier de Vauxrot, dans la vallée.

- Les Français ne parviennent pas à reprendre les zones qui se trouvent au Nord de Soissons lors de leur contre-offensive de septembre 1914 : Cuffies est donc coupé par la ligne de front pendant plusieurs semaines.
- De violents combats y ont lieu notamment en janvier 1915, lors de la « bataille de Crouy », qui voient les Allemands progresser vers Soissons, notamment parce que la crue de l’Aisne empêche l’arrivée de renforts qui auraient permis d’exploiter quelques succès vers Cuffies.
- Proche de la ligne de front, Cuffies souffre des bombardements des deux camps.


- Le retrait allemand sur la ligne Hindenburg, au début de 1917, offre un peu de répit au secteur, réoccupé par les soldats français.

- En février 1918, Cuffies et les autres villages autour de Soissons voient arriver les Américains, qui découvrent les difficiles conditions de vie des soldats et les dégâts déjà très présents. De nouveaux combats se déroulent le 28 mai puis en septembre, qui achèvent de ruiner la ville.

- Cuffies est en effet dévasté (les usines de Vauxrot sont anéanties) et en grande partie vidé de sa population à la fin des combats : il n’y a encore que 814 habitants recensés en 1921 …


Destructions, notamment de Vauxrot :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=02245

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mardi 26 avril 2011

T comme Truffau (Paul)

- Homme de lettres français
- Bordeaux 1887 – Paris 1973

- Normalien en 1908 puis professeur de lettres à Vendôme après son service militaire, Paul Truffau est mobilisé comme sous-lieutenant en août 1914 au 246e RI.

- Après la Marne, il combat autour de Soissons de septembre 1914 à janvier 1915. Il est blessé au bras le 18 novembre 1914 mais refuse l’évacuation. Paul Truffau participe à la bataille de Crouy qu’il décrit dans ses carnets de guerre.

- Paul Truffau reste jusqu’en avril 1915 dans le secteur de Vénizel et Condé-sur-Aisne.

- Par la suite, il combat en Artois puis vers le Bois-des-Buttes entre février et juin 1916, avant Verdun (il devient capitaine, à la tête d’une compagnie de mitrailleuses).

- D’août à octobre 1917 il est dans le bois de Beaumarais avant d’assister au retrait allemand du 2 novembre sur le plateau des Casemates (il est à nouveau autour de la Miette en janvier 1918).


- Pendant la guerre, Paul Truffau envoie sous pseudonyme des articles au quotidien Le Journal. Un éditeur en publie 32 d’entre eux en 1917 sous le titre Carnets d’un combattant.
- Plusieurs fois blessé, il est démobilisé le 28 mars 1919 (« Il fait très beau. J’ai revu avec une joie intime les paysages familiers, la petite ville un peu vide… La vie reprend, les choses sont les mêmes, nous seuls avons changé… »).

- Après guerre, Truffau redevient enseignant et publie de nombreux ouvrages liant littérature et histoire.


- En 1998 est édité son journal de guerre : 1914-1918. Quatre années sur le front. Carnets d’un combattant.




Source principale :
Journal de Paul Truffau (Préface de Stéphane Audoin-Rouzeau)
et Cédric Marty, site du CRID 14-18

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mercredi 20 avril 2011

W comme Winterberg

- Tranchée allemande dont le nom provient d’une ville de l’ouest du pays.
- La tranchée de Winterberg fait partie du système de défense du nord du plateau de Paissy, au sud d’Ailles.
Cf. JMO RICM avril 1917
- Pendant l’été 1917, elle devient la première ligne allemande, prolongeant la tranchée d’Ems (à l’est) et la tranchée de Battenberg (à l’ouest).
Cf. JMO 7e compagnie du Génie, août 1917
- La tranchée de Winterberg n’est emportée « définitivement » par les Français que le 2 novembre 1917, après le repli allemand. Elle disparaît progressivement du système défensif au profit d’autres, plus utiles à présent.



- Winterberg (littéralement « la montagne de l’hiver ») est aussi le nom donné par les Allemands au plateau de Californie, sur les hauteurs de Craonne.
http://1914-1918.invisionzone.com/forums/index.php?showtopic=80776&st=25

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dimanche 10 avril 2011

R comme Ricadat (Paul)

- Soldat français
- 1893 – 1987

- Paul Ricadat est mobilisé au sein du 147e RI en 1914 ; il est blessé fin septembre.


- Dans l’Aisne depuis févier 1917, le nouveau régiment du sergent Paul Ricadat (33e RI) est censé appuyer le 201e dans le secteur de Craonnelle le 16 avril. Posté à proximité du château du Blanc-Sablon, Ricadat constate l’échec de l’offensive et la bonne capacité de réaction allemande, peu affectée finalement par la préparation française.
- Le 17, il monte à l’assaut au milieu d’un déluge d’obus vers la tranchée du Balcon, s’égarant et retrouvant ses hommes tant bien que mal. « Allant à l’aveuglette, je dois me fier à l’instinct, au flair, au sens de l’orientation que trois ans et demi de vie dans la nature ont développé chez chacun de nous. » (cité par A. Loez dans N. Offenstadt dir., op. cit., page 201)
- Ricadat se montre plutôt hostile aux mouvements de désobéissance qui éclatent à partir de mai dans l’armée française, et il est même chargé du maintien de l’ordre.
Extrait : http://www.crid1418.org/espace_scientifique/ouvrages/Loez_mutins_anx.pdf


- En 1986 est publié Petits récits d’un grand drame 1914-1918. Histoire de mes vingt ans, consacré essentiellement aux premières années de la guerre.

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mercredi 6 avril 2011

B comme Brouzé (Bois) / Brûlé (Moulin)


- Bois et moulin situés entre Braye-en-Laonnois et Moussy-sur-Aisne, en bordure orientale du canal de l’Aisne à l’Oise. Le Bois Brouzé prolonge le bois des Grelines au sud-ouest (l’emplacement indiqué sur les cartes IGN actuelles ne correspond pas à celui figurant sur les cartes de la guerre) ; à proximité du moulin se trouve l’écluse n°11.


- Le 16 avril, avant l’offensive Nivelle, les arbres calcinés du bois Brouzé sont traversés par les tranchées de première ligne allemandes, tandis que les ruines du Moulin Brûlé se trouvent dans le no man’s land (face aux tranchées allemandes de Tilsit et Falkenstein entre autres).
- Le Bois Brouzé est pourvu de nombreuses défenses très efficientes, notamment d’abris sûrs. Il est aussi traversé par un funiculaire qui grimpe depuis la ferme du moulin de Braye, prolongé par des boyaux jusque sur les hauteurs du Mont de Beaulne (notamment le boyau du Coucou …).
Carte dans le JMO du 156e RI


- Les 153e et 156e R.I. s’en emparent immédiatement mais, arrêté par les mitrailleuses, ne peut progresser et y passe toute la journée puis la nuit suivante (tel le grenadier-voltigeur Roger Prudon, décrit par R.G. Nobécourt page 187).

Historique du 15-6


- Le secteur reste au cœur des combats pendant tout l’été, une fois la ligne de front ayant atteint les hauteurs du Chemin des Dames. Le Bois Brouzé sert de base arrière aux Français (tel Georges Tardy)


- Le Moulin Brûlé n’est pas reconstruit après la guerre, tandis que la zone de Brouzé est reboisée.

dimanche 3 avril 2011

M comme Mayu (François)



- Artiste français dont une des sources d’inspiration est le Chemin des Dames et la première guerre. Il travaille notamment pour ses sculptures avec des éclats d’obus corrodés.

- « J’éprouve un attachement profond au Chemin des Dames, à tout ce qu’il représente. […] Et j’ai besoin de venir au Chemin des Dames, un besoin viscéral. Lorsque, de Paris, j’approche du Chemin des Dames, je ressens une sorte d’émulation."


Site de l’artiste
http://www.francoismayu.com/

Lettre du Chemin des Dames n°18

Article de l’Union




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mercredi 30 mars 2011

F comme Farrère (Claude)

« Sans liberté, point de bravoure »

- Ecrivain français (son vrai nom est Bargone)
- Lyon 1876 – Paris 1957

- Comme son père, Claude Farrère s’engage dans la marine en 1894 et connaît une carrière brillante (il démissionnera en 1919). En parallèle, il est un écrivain à succès, avec notamment comme thématique les récits de voyage (Les Civilisés en 1905 lui valent le Prix Goncourt).

- Pendant la guerre, le lieutenant de vaisseau Farrère est mobilisé mais doit subir une cure de désintoxication pour sa dépendance à l’opium. En 1917, il est affecté à l’artillerie d’assaut (il est capitaine). Il mène les chars aux combats autour du Moulin de Laffaux, en mai puis en octobre.

- En 1920, Claude Farrère publie le roman La dernière déesse, dont la partie finale se déroule lors de la bataille de La Malmaison.

- Il poursuit une carrière d’écrivain engagé, élu à l’Académie française en 1935.

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dimanche 27 mars 2011

T comme Troyon

- Ferme située entre Vendresse et Cerny-en-Laonnois, sur les pentes sud du Chemin des Dames (près du cimetière britannique).

- En 1914, Troyon est un hameau qui forme avec son voisin de Vendresse une commune depuis 1809. Il est dépassé par les Allemands dans leur marche en direction de Paris.

- Les 14 et 15 septembre, ce sont les Britanniques du Northamptonshire Regiment et du Loyal North Lancashire qui essaient de reprendre pied sur le plateau. Après l’échec automnal des Alliés, Troyon déjà en grande partie détruit se retrouve sur la ligne de front, qui longe la bordure du plateau. Ses ruines servent d’abri fragile aux Français qui guettent ou tentent des coups de main vers les hauteurs. Puis toutes les creutes et les pentes du ravin sont aménagées, une fois le front stabilisé, pour permettre aux soldats de veiller avec plus de « confort » et de sécurité. Rien ne bouge pendant plus de deux ans en ce qui concerne la ligne de front.


- Le 11 avril 1917, quand J. Tézenas du Montcel (5e R.I.C.) remonte le ravin, relativement à l’abri des bombardements allemands, et arrive à Troyon en vue de l’offensive Nivelle, « il ne reste que des tas de pierres et quelques pans de murs. »
- Pendant presque toute l’année, la ligne de front évoluant peu, le ravin de Troyon garde son rôle de base de départ pour les attaques et de première halte bienvenue pour les soldats qui reviennent du saillant de Deimling.


- Après la guerre, le hameau n’est pas entièrement reconstruit (un projet de chapelle est abandonné, l’argent prévu étant transféré vers l’église de Vendresse) ; on y trouve aujourd’hui une ferme.



Carte de juillet 1916 (110e RI, dans le JMO du 63e)

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jeudi 24 mars 2011

M comme Météo


Généralités

- « Le climat est froid, le ciel immense est gris, rayé par les lignes parallèles des nuages que le vent du nord accumule et déverse en pluies incessantes sur le sol détrempé pendant de longs mois. On voit, dans les vieux almanachs, ces figures de ciel dessinées par une seule ligne d’horizon d’où monte un vol de corbeaux. Comme ce pays, avec ses neiges, ses vents ronflants sur les plateaux, la moiteur pénétrante des longs hivers humides, parut rude à mon enfance ! »
Gabriel Hanotaux, L’Aisne Dans la Grande guerre




1917

- « L’hiver – le troisième de la guerre – était très dur et il se prolongeait. La pluie et les infiltrations (l’Aisne inondait la vallée) rendaient les tranchées et les terres fangeuses, avec des bourbiers, des cloaques, où l’on s’enlisait. Une humidité dégoulinante trempait la capote, pénétrait les os, glaçait les pieds. Au repos, dans des granges ou des maisons délabrées, on grelottait, on dormait mal, on se morfondait. Les denrées alimentaires étaient rares, les repas chauds irréguliers. Trop de misères déprimaient les corps et trop de déceptions alourdissaient les cœurs. Dans le train d’une existence ensemble réglée et vacante, elles exaspéraient la mauvaise humeur, accentuant l’impatience ou la révolte des uns, éprouvant la résignation des autres, confirmant la volonté courageuse de ceux dont les hautes raisons de vivre, tonifiant ces souffrances mêmes. »
(R.G. Nobécourt, op. cit., page 129)



Avril 1917

- 10 avril : « Le temps qui hier déjà était à la pluie est redevenu très froid : un temps de giboulées avec des averses fréquentes. Quelle malchance ! Il est écrit que la pluie sera de toutes nos offensives, pour gêner l’observation – par conséquent la destruction des ouvrages de défense – et augmenter nos souffrances … […] Le temps s’assombrit de plus en plus, et c’est à croire que la nuit est déjà là. Le ciel roule de gros nuages noirs qui se chevauchent à toute vitesse au-dessus de nos têtes et semblent tout près d’accrocher les cimes des sapins. Nous approchons, et soudain le vent âpre nous jette à la figure des flocons de neige qui tourbillonnent dans une sarabande frénétique. » (J. Tézenas du Montcel, L’Heure H)


- « Il pleuvait, il tombait de la neige pourrie ; on a fait quarante ou cinquante kilomètres dans la boue et dans le noir ; avec l’habitude on y voyait clair. On était des mille à avancer sur de méchantes pistes de rondins. Tout ça se croisait, s’embrouillait. » (Ephraïm Grenadou, 15 avril 1917, cité par A. Loez)

- « Départ à 23 heures. Marche par une nuit noire comme de l’encre, par une pluie battante, par une boue gluante : on marcherait les yeux bandés qu’on ramasserait pas plus de bûches… » (Lucien Laby, le 15 avril 1917)


- « Enfin dans la bruine qui ne cesse pas, un jour sale et bas se lève sur notre droite. Il fait froid ». Vers 8 heures, « le temps est redevenu terriblement froid et après ces deux nuits sans sommeil nous sommes transis par une bise glaciale » (J. de Fontenioux, près de Bourg-et-Comin le 16 avril 1917, cité par A. Loez)

- « En haut il y a une crête, il faut coûte que coûte y arriver. C’est notre point d’arrêt dans le plan ; y parvenir n’est pas chose facile. La température s’en mêle, le ciel s’assombrit et la neige tombe en gros flocons comme en décembre. » (Paul Clerfeuille cité par R. Cazals, 16 avril 1917 vers 7h du matin au-dessus de Craonnelle)



- Le 17 avril, dans les monts de Champagne … « Bientôt c’est une véritable tourmente d’énormes flocons entraînés par un vent violent. […] Le froid est de plus en plus terrible et nous commençons à être trempés. […] J’ai la sensation de ce que doit être la mort par le froid. » (J. Villetard de Prunières, cité par A. Loez)

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lundi 21 mars 2011

C comme Couleuvres

- Bois situé entre Pontavert et Beaurieux, collé au bois de Beaumarais.

- Le bois des Couleuvres, récupéré par les Français, se trouve en 2e ligne dès l’automne 1914.
- C’est un carrefour, une plaque tournante, un point essentiel dans ce secteur mais aussi un lieu de bivouac, où l’on trouve soit les troupes éprouvées soit les réserves, tels le 64e BCP ou le 77e R.I d’Ernest Brec au moment de l’offensive Nivelle. Le 16 avril, le 123e R.I.T participe « à l’avance générale, dans la boue du bois des Couleuvres, sous la canonnade de Craonne. » (Historique)

- Relativement abrité, il accueille aussi des éléments de la logistique des unités : cantines, infirmeries, etc.

- Pendant toute la guerre, surtout plusieurs semaines au printemps 1917, le bois est soumis aux tirs allemands. Par exemple, le 6e régiment du Génie « prend le 25 avril la direction des travaux d’entretien et de réfection des routes du corps d’armée au nord de l’Aisne et crée des raccordements de chemins dans les bois des Couleuvres et entre Craonnelle et Pontavert. Les chantiers sont bombardés et envahis par des nappes de gaz asphyxiants. Malgré cela le travail s’exécute dans de bonnes conditions […]. » (Historique)


- A partir de l’automne 1917, la ligne de front s’éloigne. Tout en gardant son rôle essentiel, le bois des Couleuvres connaît un calme relatif.

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samedi 19 mars 2011

F comme Fonck (René)

- Aviateur français
- Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) 1894 – Paris 1953

- Apprenti mécanicien, René Fonck est mobilisé au sein du Génie en 1914. Dès 1915, il obtient de suivre une formation de pilote d’avion et, à partir de mars 1917, il comptabilise 75 victoires officielles, soit le « record » pour un aviateur français (il n’est dépassé que par Manfred von Richthofen, le « Baron rouge », 80 victoires). Très agile, avec une rapidité qui fait sa renommée, le pilote de l’Escadrille des Cigognes touche l’adversaire directement tout en étant rarement (jamais ?) atteint lui-même.

- Fonck brille à 5 reprises au cours des combats du printemps 1917 : Cerny, Berry-au-Bac, Aguilcourt, Nogent l’Abbesse, Cormicy.

- Il revient dans la région en mars 1918 (victoires à Berméricourt, Courtecon) puis en juin et juillet plus au sud, sur la Marne notamment.


- René Fonck finit la guerre comme lieutenant (il est porte-drapeau de l’aviation le 14 juillet 1919) puis entre en politique, tout en réfléchissant à l’usage militaire de l’aviation.



Fiché Aéro



Sources principales :
http://www.theaerodrome.com/aces/france/fonck.php
http://greatwaraces.110mb.com/fonck.html
http://rene.fonck.free.fr/spip/index.php

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mercredi 16 mars 2011

P comme Prost (Emile)


- Soldat français
- Salins (Jura) 1881 – Crouy 1915

- Emile Prost est soldat au 49e Bataillon de Chasseurs à Pied.
- Il est tué le 13 janvier 1915 au ravin des Cornants, au-dessus de Crouy, lors de la bataille qui porte le nom de cette localité.

- Un monument est élevé en bordure du plateau et du ravin.


Fiche MPF

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dimanche 13 mars 2011

S comme Saint-Victor


- Ferme, aujourd’hui disparue, située au nord du plateau de Californie

- Située en zone allemande dès septembre 1914, la ferme Saint-Victor est utilisée dans le système défensif des hauteurs au-dessus de Craonne.
- Soumise aux intenses bombardements français d’avril 1917, elle est entièrement détruite.

- La ferme Saint-Victor n’est pas reconstruite après la guerre. On trouve aujourd’hui à son emplacement une clairière au cœur de la forêt de Vauclair.


Carte de janvier 1918 (1er RI)


(Un grand merci à Jean-François Jagielski pour la photographie)

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jeudi 10 mars 2011

T comme Taylor (Paul)

- Militaire français
- Paris 1871 – Braye-en-Laonnois 1918

- Né dans une famille d’origine britannique, le saint-cyrien Paul Taylor fait carrière dans la cavalerie. En 1914, il est capitaine au 13e Hussards, grièvement blessé lors des combats.
- En novembre 1916, il est affecté au 19e R.I.


- Fin mars 1917, il « accompagne » le repli allemand jusqu’à Laffaux.
- Pendant 3 semaines, entre le 30 avril et le 18 mai, Paul Taylor – devenu colonel du 19e – est présent sur le plateau de Paissy, où il participe à la 2e phase de l’offensive Nivelle.

- De l’automne 1917 jusqu’au printemps 1918, son régiment stationne à l’ouest du Chemin des Dames et autour de Vauxaillon
- Après avoir participé à la résistance contre les Allemands en Picardie, Taylor revient autour de Paissy et Braye-en-Laonnois le 20 avril.


- Le 27 mai 1918, il est dans son P.C. Gênes, sur la pente qui domine le canal, lorsque se déclenche la formidable préparation d’artillerie allemande préparatoire à leur offensive sur le Chemin des Dames. « Il faut tenir sur place. » L’attaque allemande est un succès immédiat ; dès 6 heures, les unités d’assaut sont au-dessus de lui et le bombardent de grenades. « Bon … vous pouvez vous replier. » Taylor et une poignée de survivants cherchent d’abord à bloquer les assaillants qui descendent des Grelines, sans succès, puis franchissent le canal. A 6h30 ils sont 80 ; deux heures plus tard ils sont 20. Le colonel refuse de se replier vers Soupir, comme on le lui suggère, et tente de rallier les ruines de la ferme du Metz, réclamant de l’aide à ses supérieurs. Mais la position est déjà occupée par les troupes de Von Boehm. « Le groupe n’est plus qu’une épave dans la marée grise qui, par toutes les pentes, inonde la vallée. Il faut se replier pour ne pas être emporté par elle. » Mais Paul Taylor résiste, même blessé. « Mes amis, ne laissez pas votre colonel aux mains des Allemands ! » Mais alors qu’on l’emporte, il est mortellement touché par une balle.
(le récit et les citations sont issus du livre de R.G. Nobécourt, pages 378-379)

- Porté disparu, Paul Taylor est enterré à Soupir avec sur sa croix la mention « Colonel inconnu ». Grâce à sa veuve, il est formellement identifié après-guerre mais repose, comme il le souhaitait, près de l’endroit où il est tombé.





Son portrait (Archives de Vendée) :
http://www.archinoe.net/cg85v4/visu_affiche.php?PHPSID=20d764fc5218b30ac04b7f3dcc51a856¶m=visu&page=1

A consulter pour plus de détails (malgré quelques inexactitudes) :
http://www.memorial-genweb.org/html/documents/col_taylor.pdf


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lundi 7 mars 2011

T comme Trou des Demoiselles



- Lieu, cité par certains documents (parfois appelé Trou de la Demoiselle), situé sur les pentes au sud de la ferme d’Hurtebise, à proximité de la route quoi descend vers la Vallée Foulon

- C’est le pendant oriental du Trou d’Enfer, quoique beaucoup moins cité car moins marqué d’un point de vue topographique donc moins important d’un point de vue militaire. « Allez vous promener du côté d'Hurtebise, vous y verrez des dépressions à donner le vertige quand on les regarde d'en haut. Elles se nomment Le Trou de la Demoiselle, Le Trou de l'Enfer, parmi d'autres. » (Capitaine de Froidefond, cité ici)

- Intégré au système défensif allemand de la ferme de la Creute et de l’isthme d’Hurtebise à partir de janvier 1915, le Trou des Demoiselles est dépassé difficilement par les Français le 16 avril 1917, ne constituant par un obstacle aussi meurtrier – voire infranchissable – que les bastions défensifs voisins.

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samedi 5 mars 2011

C comme Casemates


- Plateau (aujourd’hui totalement boisé) situé entre ceux de Californie et de Vauclerc, au nord-ouest de Craonne

- Contrôlé et organisé défensivement par les Allemands depuis septembre 1914, le plateau des Casemates fait partie des premiers objectifs de l’offensive Nivelle le 16 avril 1917 ; sa prise se révèle cependant impossible.

- Emile Carlier (127e RI), à 9h, est dans la tranchée Limbourg, le boyau d’Offenbourg ; une soixantaine de prisonniers sont faits. Mais ayant trop avancé, le régiment est ensuite pris en enfilade et en plus touché par l’artillerie française. Il repart en avant dans l’après-midi, prend la tranchée des Friches et celle de l’Abri, enfin entre dans la foret de Vauclerc à 18h. Cependant, il doit reculer pour se mettre à l’alignement des deux autres régiments de la 162e DI (les 43e et 327e).
(source : CRID 14-18)


- Après l’échec général, les Français cherchent pendant plusieurs semaines à s’emparer des hauteurs pour contrôler les positions stratégiques ; les Casemates sont donc un « point chaud » entre les deux armées.
- Le 5 mai, le 57e RI progressent et s’empare de plusieurs tranchées allemandes. « Cent coups de feu palpitent le long de notre ligne. Mais les Allemands sont lancés cette fois. Les casemates, si près d’eux, les attirent. Ils pourraient cependant attendre la nuit sans trop de danger ; ils accomplissent là un véritable acte de folie. Qui sait ? Peut-être redoutent-ils un barrage ? Peut-être craignent-ils les V.B. que nous n’avons pas du reste ? Ils continuent par bonds désespérés. Plusieurs d’entre eux se couchent et ne se relèvent pas. Nous sommes tous debout sur la berme, et nous rions toujours, férocement, nerveusement, dans les claquements brefs de la fusillade. La mitrailleuse ennemie ne tire plus ; elle atteindrait les siens. Tout à coup, c’est fini. Les survivants ont disparu à nos yeux… On reprend la pioche et la pelle. Les armes brûlantes sont posées près des travailleurs. » (Georges Gaudy, cité par G. Lachaux, op. cit., page 117)

- Le 22 mai, les 152e et 334e RI partent à l’assaut et parviennent à prendre pied sur tout le plateau, de façon incertaine et au prix de très fortes pertes. Les Allemands sont repoussés sur les pentes nord mais tentent sans cesse des contre-attaques.



- Des coups de mains et des offensives locales ont lieu pendant tout l’été, mais la ligne de front évolue peu jusqu’au repli allemand sur l’Ailette du 2 novembre 1917.





Carte de mai 1917 (334e RI)


Plusieurs photos aériennes (et une carte) du plateau des Casemates dans le JMO du 22e BCP en septembre 1917.

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mercredi 2 mars 2011

L comme Laval-en-Laonnois

- Village situé en bordure de plaine au sud de Laon, près de la N2
- 250 habitants

- Laval-en-Laonnois, environ 180 habitants en 1914, est occupé par les Allemands pendant presque toute la durée de la guerre, libéré le 12 octobre 1918.
- Le village connaît les mêmes vicissitudes que ses voisins de l’arrière proches du front : privations, réquisitions puis évacuation à l’approche de l’offensive Nivelle, le 11 mars 1917.

- Après le retour de la population, Laval-en-Laonnois compte 117 habitants au recensement de 1921, chiffre qui remonte légèrement ensuite. Les destructions matérielles sont minimes.

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dimanche 27 février 2011

Y comme Yser

- Fleuve franco-belge qui donne son nom à une creute et à un tunnel au Chemin des Dames.


- La creute de l’Yser est située au-dessus de la ferme de Cuissy, au sud du plateau de Paissy
- Les soldats français y séjournent fréquemment avant de partir en première ligne ou à leur retour des combats. C’est un véritable carrefour, lieu de passage obligé dans le secteur.





- Le tunnel de l’Yser, lui, se trouve à quelques mètres à l’est de Cerny, sous le plateau.
- Construit par les Allemands, il leur permet de ravitailler les premières lignes (tranchées de Franconie, de la Fourragère, de Dresde, etc.) de l’ouest du saillant de Deimling depuis les pentes proches de Cerny.
- Le 24 avril 1917, le 93e RI s’empare de la totalité de la tranchée de Dresde et donc de l’entrée sud du tunnel. L’attaque du 5 mai par ce même régiment est dans ce secteur un succès relatif puisque les consignes sont de s’emparer de l’intégralité du plateau, ce qui est fait avec à la clef un très grand nombre de prisonniers. L’entrée nord et le souterrain sont aux mains des Français, qui l’utilisent à leur tour pour ravitailler leurs troupes dans ce secteur très à découvert, où les abris naturels manquent.

- Le tunnel de l’Yser reste cependant un point disputé à cette entrée, d’autant que l’on trouve à proximité de celle-ci une creute bien placée.
- Le 28 juin dans la soirée, les Allemands lancent une attaque contre les positions du 72e RI après un intense bombardement. « Les Allemands réussirent à s’emparer des éléments français de la Grotte est puis avancèrent dans le Tunnel. Le Génie français dut faire jouer une mine entre les sorties 2 et 3. » Les deux armées se retrouvent donc dans l’ouvrage, séparée par un éboulis. Des combats se poursuivent pendant plusieurs jours, les uns essayant de reprendre ce qui a été perdu, les autres de poursuivre leur contre-offensive ; on s’affronte à coup de grenades aux sorties centrales du tunnel. Ce sont les Allemands qui parviennent à progresser lentement et rogner le saillant de Deimling. Le tunnel finit d’être détruit par les combats et devient inutilisable.




Quelques cartes issues des JMO :
99e RI en juin 1917
Idem
RICM en juin 1917

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vendredi 25 février 2011

C comme Champagne (creutes)

- Creutes situées au nord de Jumigny, à quelques hectomètres à l’est de la ferme de la Tour de Paissy.

- Toutes les unités françaises qui combattent dans ce secteur passent par ces lieux de cantonnement idéalement placées « où l’obscurité et l’humidité régnaient en maîtresses » (Historique du 52e RIC) mais bien protégées et proches des premières lignes.

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jeudi 24 février 2011

A comme Association Chemin des Dames


- Association créée en 1989 qui s’occupe de l’entretien et de la préservation de la carrière de Froidmont, au-dessus de Braye-en-Laonnois

- Elle est conçue au début des années 1980 lorsque l’on constate l’état de la creute, pillée, endommagée et remplie de détritus par ses « visiteurs ».
- La première tâche de l’Association a été de louer la carrière au propriétaire du terrain, puis de fermer toutes les issues. La carrière de Froidmont est classée aux Monuments historiques en 1994 grâce à ses membres.
- L’Association organise des visites sur demande.



Source principale : Lettre du Chemin des Dames n°6

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