vendredi 29 janvier 2010

T comme Tanty (Etienne)

- « C’est l’incertitude qui fait tout le poids de ces fatigues »

- Soldat français
- Versailles 1890 – Cholet 1970

- Universitaire pacifiste et antimilitariste, Etienne Tanty est mobilisé en 1914 (pendant son service militaire) au 129e RI.

- Après la bataille de la Marne, il combat près de Brimont puis dans le secteur de Loivre et Courcy. « J’ai déjà connu quelques nuits aussi voluptueuses : Courcy, Brimont, avec sa tranchée transformée en ruisseau ; on avait des fagots sous les pieds et l’eau coulait au travers ; les Allemands nous canardaient. J’en ai gardé une terreur invincible, de ces journées. Les obus nous prenaient de face et de flanc, notre artillerie nous tirait dans le dos. Je sens encore l’ébranlement de l’air, la terre et une poussière de charbon qui me couvrent complètement, et, en reprenant mes esprits, la tranchée vide, tout le monde s’était replié et il ne restait près de moi qu’un cadavre immobile, surpris et tué net, encore à genoux dans la position du tirailleur. La moitié du sac avait été emportée et l’immobilité seule, décelait la mort … » (18 octobre 1914)
- De décembre 1914 jusqu’en mai 1915, son régiment est engagé au nord de Berry-au-Bac et dans le bois de Beaumarais. « C’est la Ville Aubois [sic], quelque nom comme ça. […] La vie de Brimont était luxueuse auprès de l’existence littéralement sauvage où nous tombons. […] Nous sommes en avant d’un endroit appelé Pontauvert [sic] qui a été bombardé comme jamais ne le fut Saint-Thierry. Pas une maison n’a été épargnée. Nos gourbis sont au diable, perdus dans la plaine isolée de toute communication, dans un petit carré de bois. La moitié d’entre eux sont démolis, et ceux où nous couchons, on peut juste y entrer et y rester à plat ventre, et l’on n’arrive pas même à s’étendre pour dormir. Ils sont ouverts à tous les vents et pleins de fumier. La région n’est qu’un marécage, et, dès qu’on creuse, tout est inondé. On ne fait de feu que la nuit. » (12 décembre 1914)


- Le 3 octobre 1915, il est évacué après une blessure à la mâchoire à Neuville Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Après plus de 6 mois de soins, il est renvoyé au front et rejoint le 9e bataillon de marche du 24e RI.


- Du 30 mai au 15 août 1917 (dont 2 périodes de repos), Tanty se trouve dans le secteur de l’Epine de Chevregny puis à Hurtebise. Le 24e RI subit des pertes considérables. Lui-même doit être hospitalisé à Montdidier pour épuisement et hémorragies intestinales.


- Le 21 mars 1918, il est fait prisonnier à Tahure lors d’une violente attaque allemande et interné au camp de Giessen en Allemagne (rapatrié le 14 décembre, il est démobilisé le 8 août 1919, après près de 6 ans de service).


- Après la guerre, Etienne Tanty devient professeur de lettres et latin.


- Les lettres qu’il écrit tous les jours entre juillet 1914 et octobre 1915 sont rassemblées et publiées en 2002 sous le titre : Les violettes des tranchées – Lettres d’un poilu qui n’aimait pas la guerre (les informations présentes ici en sont issues).

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mercredi 27 janvier 2010

C comme Crise

- Rivière de la rive gauche de l’Aisne, qui se jette dans celle-ci à Soissons après avoir pris sa source à Launoy.
- Environ 25 km

- On s’y bat en septembre 1914, après la bataille de la Marne, puis à nouveau violemment lors de l’offensive Ludendorff en mai 1918, enfin pendant la contre-offensive alliée de septembre 1918.

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samedi 23 janvier 2010

D comme Doigt


- Saillant français proche de l’isthme d’Hurtebise, à l’Ouest de la D 886 qui descend vers l’abbaye de Vauclair

- Les 5 et 6 mai 1917, les soldats français arrivent au-delà de l’emplacement du monument d’Hurtebise, sur les premières pentes qui descendent vers l’Ailette, jusqu’à la tranchée Fichou (qui permet notamment d’observer l’entrée Nord de la Caverne du Dragon) et à la tranchée dite « du Doigt ».
- Les contre-attaques nombreuses sont repoussées, jusqu’au 20, ou les Allemands mènent une opération plus ambitieuse, qui rabote la partie occidentale du saillant français.
- « Au-dessus de l’éperon notre ligne ne forme plus qu’une pointe étroite, enserrée de tous côtés : on la nomme “le doigt d’Heurtebise”. »

- Les 15 et 16 juin, les régiments bavarois parviennent à récupérer presque entièrement le saillant, ce qui provoque la réaction française qui mène à la prise de la Caverne du Dragon.

- La situation se stabilise jusqu’à l’automne et au repli allemand, avec succession d’attaques et de contre-attaques dont aucune n’est décisive …


Source principale : R.-G. Nobécourt, op. cit.

jeudi 21 janvier 2010

V comme Valembras (Henri)

- Soldat français
- Avesnes-sur-Exmes (Orne) 1887 – Craonne 1917

- Cultivateur, Henri Valembras est soldat au 313e RI.
- Après Verdun, il se trouve vers Berry-au-Bac à partir de fin 1916. Lors de l’offensive Nivelle, il combat dans le secteur du Bois-des-Buttes.

- Le 28 mai 1917, Valembras participe à une manifestation de soldats de son régiment à Brouillet. Il donne un coup de poing et un coup de pied au capitaine Briol qui tente de rétablir l’ordre.
- Condamné à mort à l’unanimité (son recours en grâce est rejeté), Henri Valembras est exécuté en première ligne, au plateau des Casemates, le 13 juin à 4 heures du matin. Son corps est ramené ensuite à Roucy.
- Il repose aujourd’hui dans la nécropole de Pontavert.



Source : Denis Rolland, La grève des tranchées. Les mutineries de 1917 (pages 100 et 101)

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lundi 18 janvier 2010

C comme Clermont (Emile)

- Ecrivain français
- Aizat-Saint-Allier (Puy-de-Dôme) 1880 – Maisons-de-Champagne (Marne) 1916

- Après de brillantes études d’histoire et de philosophie, Emile Clermont publie ses premiers romans en 1907 et 1913 (un troisième est inachevé) avant d’être mobilisé en août 1914 au sein du 238e RI.
- Il combat dans la région de Vingré lors de la contre-offensive française de septembre 1914 puis vers Venizel au début de 1915.

- Il est tué par un éclat d’obus en juin 1916.

- En 1921 paraît Le passage de l’Aisne, ses souvenirs de guerre. « Arrivé sur le front le 12 septembre, l'auteur a rédigé, à la demande de son colonel, un récit quasi officiel des journées de combat des 12, 13 et 20 septembre 1914. C'est, selon l'expression de Cru, un "beau marbre de style académique", aussi froid qu'impersonnel. (Témoins, p.113-115) »
http://www.association14-18.org/references/regiments/sources/SourceFrRI231245_cont.htm

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vendredi 15 janvier 2010

T comme Tardenois

- Territoire du sud du département de l’Aisne, au nord de la Marne et au nord-est de Château-Thierry, traversé par l’Ourcq.
- Son principal centre est Fère-en-Tardenois (ville de naissance de Camille Claudel).

- Zone de repos pour les troupes combattant au Chemin des Dames en avril-mai 1917 (notamment celles venant des secteurs de Craonne, Berry-au-Bac ou Loivre), le Tardenois est le théâtre de nombreuses mutineries. Les principales ont lieu près de Villers-sur-Fère, Ville en Tardenois, Arcis-le-Ponsart, Ronchères ou Beuvardes.

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mercredi 13 janvier 2010

C comme Certeaux

- Ferme aujourd’hui disparue, située au Nord d’Ostel sur les pentes qui mènent au Chemin des Dames (aujourd’hui les cartes indiquent un lieu-dit « Certaux »)

- En 1914, la vaste ferme Certeaux comprend plusieurs bâtiments en bordure de plateau, occupés par les Allemands dès le mois de septembre.

- Le 20 avril 1917, après une très difficile progression, les troupes françaises (106e RI notamment) parviennent à hauteur de la ferme Certeaux, détruite, qui se retrouve donc en première ligne. Elle « semble inoccupée, ainsi que le ravin qui y aboutit. Par contre, de nombreux groupes ennemis ont été vus vers la tranchée de la Gargousse et l’épine de Chevregny. » (JMO du 106e RI)

- Pendant plusieurs semaines, les contre-offensives se succèdent dans la zone. Le 7 juillet par exemple, les troupes allemandes parviennent à dépasser les premières tranchées françaises et à parvenir aux abords des ruines de la ferme. Ils sont ensuite repoussés.


- Perdue le 27 mai 1918, la ferme Certeaux est définitivement reprise le 29 septembre.


- Elle n’est pas reconstruite après la guerre.

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dimanche 10 janvier 2010

V comme Vauclair (forêt)

(MAJ novembre 2011)





- « Nous pouvons espérer que nos descendants verront, à la place du paysage chaotique actuel des plateaux de Californie et des Casemates, une magnifique forêt de 1 000 à 1 200 hectares qui s’étendra de Craonne à Ailles, sur le plateau et jusqu’à l’Ailette » (Jacques Ratineau et Maurice Gaillot, L’Agriculture dans l’Aisne, 1929)


- Forêt domaniale exclue de la vente des biens de l’abbaye en 1790, devenue propriété de l’Etat et gérée aujourd’hui par l’ONF

- En 1914, la forêt de Vauclerc (orthographe ancienne) mesure 317 hectares. Elle est au cœur des combats pendant toute la guerre, située en quasi-permanence sur la ligne de front.
- En effet, après stabilisation du front en septembre 1914, les Allemands s’y installent durablement, bâtissant fortifications (casemates), réseaux de communication et tunnels en grande quantité. Les bombardements y sont permanents, surtout au printemps 1917 lors de l’offensive Nivelle ; les dégâts sont alors considérables pour la forêt, qui n’en est déjà plus une.

- Début novembre 1917, après le repli allemand sur l’Ailette voisine, les Français reprennent possession de l’intégralité des lieux. C’est par exemple le cas de Paul Truffau, le 4. « Je suis descendu dans la clairière des frères Anciaux. La forêt de Vauclair, très clairsemée, masque à peine l’ennemi. Terrain sableux, jonché de branches brisées, avec, un peu partout, des abris détruits par les Boches, sautés ou effondrés. Ils y ont laissé des inscriptions : ‟Amusez-vous bien sur nos positions. Au revoir, et bonne chance !ˮ Et celle-ci, d’une brutalité de soudard : ‟Appelez-nous Boches, cochons, salops… En attendant, nous … vos femmes.ˮ Erré un moment dans la forêt. Tout ce revers nord du Chemin des Dames, qui nous était inconnu depuis trois ans, ressemble aux Hauts-de-Meuse, suite de promontoires à pic. » (1914-1918. Quatre années sur le front, page 172)



- Après la guerre, la forêt est entièrement reconstituée. Les trous et tranchées ne pouvant être tous comblés, on se contente de créer une desserte (laies et layons) et des pare-feux (après des incendies en 1920 et 1921) : « laie de Californie », « laie des Casemates », etc.

- Grâce au classement du plateau de Californie en zone rouge, la superficie de la forêt est multipliée par 3 : elle est aujourd’hui de 1 039 hectares.



Source principale : Lettre du Chemin des Dames HS n°2



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vendredi 8 janvier 2010

L comme Lubersac (Louis Guy de)

- Homme politique français
- 1878 - 1932

- Maire de Faverolles en 1904, le marquis Guy de Lubersac s’engage dans l’aviation en 1914.
- Après la guerre, devenu sénateur, il se consacre à la reconstruction de son département (en 1922, il est président de la Fédération des unions de coopératives de reconstruction de l’Aisne).
- En 1935, un monument est érigé à Soissons qui rend hommage aux sociétés de reconstruction, sur lequel il figure en tenue d’aviateur.

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mercredi 6 janvier 2010

A comme Aguilcourt


- Village de la rive gauche de la Suippe, entre l’A26 et la voie ferrée Laon-Reims
- 400 habitants

- Près de 330 personnes assistent à l’invasion allemande de septembre 1914 et à leur installation dans les jours qui suivent, malgré les tentatives de reconquête française. Situé à proximité du front, le village d’Aguilcourt subit les contraintes de l’occupation et voit sa population évacuée au début de 1917.

- Le 16 avril 1917, c’est l’un des premiers objectifs de l’offensive Nivelle dans le secteur du Mont Spin et de Sapigneul. Mais les troupes françaises progressent peu, la ligne de front de rapprochant cependant un peu.
- Le village est finalement libéré en octobre 1918.

- Au recensement de 1921, il n’y a encore que 192 habitants à Aguilcourt (la population revient à son niveau antérieur à la fin de la décennie). Le village a été en grande partie détruit par les bombardements et les combats, notamment l’église Saint-Maurice. Il est cité en 1920.

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vendredi 1 janvier 2010

V comme Voeux

« Voici 1915 !
Ce sera l’année de la Victoire !
C’est à la Victoire que nos vœux doivent aller tout d’abord.
J’ai la certitude que le 218e y contribuera selon ses forces.
A défaut des prouesses héroïques qu’il ne vous fut pas donné d’accomplir, il y a la longue patience dont vous avez fait preuve, il y a votre ténacité quotidienne qui s’affirme dans cette guerre de tranchées comme une nouvelle qualité du soldat français.
Conscients de vos humbles devoirs tendant vos volontés vers le résultat final : l’expulsion définitive de l’envahisseur, vous serez dignes de vos anciens.
Il n’est pas un foyer français qui ne puisse s’enorgueillir de votre effort.
J’adresse mes souhaits les plus cordiaux à tous ceux que vous avez laissés là-bas et, qui par leur pensées fidèles se trouvent vraiment incorporés à la grande famille militaire car au seuil de l’année nouvelle toute la France armée se dresse confiante fière sous les plis du Drapeau.

Plateau de Paissy, le 31 décembre 1914
Le Chef de Bataillon Pradines, commandant le 218e Régiment d’Infanterie »




Source : JMO du 218e RI, page 29

jeudi 31 décembre 2009

V comme Vauclair (abbaye)



- Abbaye fondée en 1134 par Bernard de Clairvaux à la demande de l’évêque de Laon (c’est la 15e « fille » de Clairvaux).
- NB : Vauclair s’écrivait autrefois Vauclerc

- L’abbaye de Vauclair comprend un premier monastère de plan bernardin classique et un deuxième de style gothique, inspiré de l’abbaye de Longpont (près de Villers-Cotterêts). Elle souffre beaucoup de la guerre de Cent Ans et des guerres de religion et elle est définitivement démantelée pendant la Révolution (transformée en exploitation agricole). En 1907, on classe le bâtiment des convers (le seul à peu près intact) pour essayer de le préserver.


- A partir de septembre 1914, les Allemands entrent en fait en possession d’un véritable petit hameau, composé de 2 fermes et de 4 maisons depuis la vente de l’abbaye en 1791. L’ensemble a déjà souffert des premiers combats mais possèdent encore plusieurs bâtiments qui peuvent servir d’abri.

- Au printemps 1917, les bombardements français achèvent de ruiner l’abbaye, en particulier le bâtiment des convers long de 70 mètres et jusque là presque intact.



- Aujourd’hui, il ne reste plus que des ruines, sauvées par une association locale et classées monuments historiques en 1970.

- En novembre 2009, on inaugure un site qui offre des reconstitutions en 3D de l’abbaye et qui a vocation à être enrichi dans les mois suivants …
http://www.abbaye-vauclair.fr/



Source principale :
Lettre du Chemin des Dames n°17


Quelques sites à visiter :
http://philippe.tourteau.free.fr/index.htm
http://home.scarlet.be/vauclair/
http://www.mes-ballades.com/02/abbaye-de-vauclair.htm
http://photos.piganl.net/2009/vauclair/vauclair.html

mardi 29 décembre 2009

J comme Jünger (Ernst)

- Ecrivain allemand
- 1895 – 1998

- Rebelle dans sa jeunesse, Ernst Jünger s’engage dans la légion étrangère française en 1912. Mais il se porte volontaire sous l’uniforme allemand en août 1914.
- Il combat notamment dans le secteur de la ferme du Godat au début de 1915.
- Blessé 14 fois, il est promu sous-officier puis officier et reçoit les plus hautes distinctions de l’armée allemande.

- En 1920, Ernst Jünger publie Orages d’acier, dans lequel il décrit son vécu de la guerre mais aussi sa fascination pour l’expérience du combat. Deux ans plus tard c’est Le combat comme expérience intérieure.

- Il mène une carrière d’écrivain et de journaliste tout en ayant des activités parmi les associations d’anciens combattants. Chantre du nationalisme, il ne se laisse cependant pas séduire par les nazis. Ernst Jünger participe aussi à la seconde guerre mondiale, notamment à la campagne de France.

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dimanche 27 décembre 2009

V comme Vallée Guerbette

- Lieu-dit proche d’Allemant et du château de La Motte (haut d’un vallon qui s’ouvre jusqu’à Pinon)

- La zone, allemande depuis septembre 1914, se trouve à proximité immédiate de la ligne de front après le retrait allemand sur la ligne Hindenburg en mars 1917 puis les combats de l’offensive Nivelle du printemps.

- Le 23 octobre, après un intense bombardement, les Français du 30e RI (2e bataillon) s’en emparent lors des toutes premières heures de la bataille de La Malmaison. « Le mouvement s’effectue avec un élan superbe ; les tranchées ennemies ont été très bouleversées par le tir de notre artillerie. Des mitrailleurs ennemis en position dans des trous d’obus se défendent désespérément er nous causent des pertes. »
- L’artillerie allemande réagit violemment le lendemain, mais les Français progressent et éloignent les combats de la zone…

Source : JMO du 30e RI

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vendredi 25 décembre 2009

E comme Enthousiasme

« Depuis quelques jours, les bruits du front augmentent sans cesse. Les routes sont encombrées de poilus bleus et jaunes qui s’en vont tous du même côté, accompagnés de trains entiers d’artillerie, de camions chargés de munition et de matériel.
On regarde passer ces immenses convois en hochant la tête et l’on pense : « Qu’est-ce qu’ils vont prendre les Boches ! »
Parfois, nous allons sur les hauteurs voisines pour voir les lignes. Chaque fois nous trouvons des fumées plus nombreuses et plus hautes. Depuis hier, tout un pan du plateau de Craonne nage dans un brouillard qui va s’épaississant.
Devant ce panorama de la bataille gigantesque qui se prépare et dont nous serons les acteurs, nous poussons des exclamations d’étonnement et d’enthousiasme. »


Jules Ninet (89e RI) près de Ventelay début avril 1917, in Copains du front



Source : G. Lachaux, op. cit., page 103

dimanche 20 décembre 2009

C comme Casse-Tête


- Tranchée allemande située à proximité du fort de La Malmaison, très proche au sud du Chemin des Dames entre les carrières de Bohéry (qu’elle traverse) et le carrefour du Panthéon

- Après le repli allemand sur les hauteurs du plateau consécutif à l’offensive Nivelle, la tranchée du Casse-Tête marque leur première ligne, en hauteur par rapport aux Français.

- C’est à sa proximité que l’avion de Jacques d’Arnoux s’écrase, le 6 septembre 1917.

- La tranchée du Casse-Tête est un objectif prioritaire le 23 octobre, aux premières heures de la bataille de La Malmaison. En effet, ne pouvant être attaquées de front, les carrières de Bohéry doivent être contournées (l’autre tranchée, à gauche, est celle de la Fourragère jaune).
- « A 1 heure une patrouille [du RICM] avait constaté qu’il y avait encore du monde dans la tranchée du Casse-Tête. Ca s’était un peu calmé, mais à partir de 4 heures, quel déluge ! » « A 5h15 le 3e bataillon du 4e régiment [de zouaves] a couru vers la tranchée du Casse-Tête, dévastée par 3 000 bombes à ailettes ; personne ne la voit et elle n’arrête personne. » (RG. Nobécourt, op.cit., pages 314 et 317) L’intervention des chars qui « nettoient » le terrain facilite grandement la tâche des fantassins.
- La voie vers le fort de La Malmaison puis le plateau de l’Orme est alors ouverte …

vendredi 18 décembre 2009

A comme Arnoux (Jacques d')

- « 1 000 tomberont à ta gauche et 10 000 à ta droite mais toi tu ne seras pas atteint… »

- Aviateur français
- Seignelay (Yonne) 1896 – Les Arcs (Var) 1980


- Engagé volontaire à 18 ans en 1914 (116e puis 62e RI, que son père commande), le lieutenant Jacques d’Arnoux rejoint l’aviation en novembre 1916 après une blessure en Champagne, une longue convalescence puis une participation à la bataille de Verdun. « Adolescent très turbulent, d’une allégresse impatiente, dévoré par un feu dont il ignorait la nature, il était de ces garçons auxquels la guerre apporterait l’occasion de leur vie et dont elle déterminerait le destin. » (R.G. Nobécourt, page 289)

- Le 6 septembre 1917, il est aux côtés de l’adjudant Carré qui pilote un Sopwith chargé d’intercepter un avion allemand dont les reconnaissances fréquentes gênent l’armée française (un des nombreux « Fantôme-As » évoqués par les soldats). Jacques d’Arnoux raconte : « Voici le Chemin des Dames, le chemin maudit qui s’allonge sur la crête chauve et décharnée. Nous montons légèrement : le fort de La Malmaison s’élève dans un halo… Fantôme-As ! Fantôme-As ! C’est lui. Je l’ai vu ! Il évolue au-dessous, mitraille, virevolte et lance ses fusé »es. Sans l’inclinaison des ailes dans les renversements, on croirait qu’il roule au sol. Nous piquons sur lui, et dans un virage d’attaque … Dès les premières balles il se dérobe et s’enfuit à tire-d’aile vers le nord… C’est un traquenard. […] Soudain, deux avions couplés débouchent de l’ombre et fondent sur nous comme deux condors… « Les croix noires ! Les croix-noires ! » Je fais volte-face, les mitrailleuses sont braquées sur les assaillants et à genoux sur ma banquette je tire farouchement. Les rapaces grossissent, grossissent et arrivent dans le sillage de l’appareil… » L’adjudant Carré est tué par une rafale, l’avion s’écrase à quelques mètres de la tranchée du Casse-Tête.

- Le lieutenant d’Arnoux est grièvement blessé. Après 26 heures passées dans le no man’s land sous le feu de l’artillerie ennemie (une patrouille allemande s’approche de lui sans l’aider ni l’achever), il est secouru par des zouaves du 4e régiment mixte (les détails de ce sauvetage périlleux, douloureux et héroïque sont racontés par R.G. Nobécourt, op. cit., page 290)
Cf. le JMO du 4e Régiment mixte de zouaves et tirailleurs

- Victime d’une fracture de la colonne vertébrale et d’une lésion de la moelle épinière, le jeune homme de 21 ans reste hospitalisé jusqu’en 1922 et développe un sentiment religieux très intense.

- En 1925, Jacques d’Arnoux publie Paroles d’un revenant, auquel J. Norton Cru reproche ses excès (l’auteur est selon lui « une nature à la fois mystique, exaltée, fervente, plus que cela : frénétique »).

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mercredi 16 décembre 2009

E comme Echos du Plateau de Craonne

- Journal de tranchée de la 23e compagnie du 218e RI (« Ceci est un journal de bonne Compagnie », peut-on lire sous le titre du journal)

- Il paraît entre 1915 et 1917. « Ni mensuel, ni même trimestriel, il se déclare annuel dans son second numéro du jour de l’an 1916. » (G. Lachaux)

- « Nous ne pensions pas lorsque, l’an dernier à pareille époque, nous remuions déjà de la terre près de Vassogne et des creutes, que le Journal de la 23e aurait un deuxième numéro. Mais beaucoup d’autres se sont trompés dans leurs prévisions : par exemple, Guillaume II, empereur d’Allemagne.
Nous nous sommes remis à l’œuvre et maintenant, entraînés, nous ne voyons pas d’inconvénients à publier un troisième numéro quotidien le jour de l’an 1917, un quatrième en 1918 etc… Nos lecteurs peuvent tout attendre de notre dévouement. Malheureusement, la Rédaction peut aussi tout craindre de la destinée. »

- Souvent humoristique, on y trouve des dessins et des photographies, notamment de la zone de Moussy-sur-Aisne et de la ferme du Metz.


Source : G. Lachaux, op. cit, pages 60/61

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lundi 14 décembre 2009

N comme Neuville (La)


- Village disparu proche de Berry-au-Bac et du canal de l’Aisne à la Marne, sur le ruisseau Loivre.

- En 1914, La Neuville est un hameau d’environ 50 habitants dépendant de la commune de Cormicy, de l’autre côté du canal. Il est situé à proximité d’un port fluvial et d’un pont que les deux armées vont se disputer.


- Le 1er septembre 1914, les Allemands entrent dans un village évacué en hâte, qui redevient français après de très durs combats le 14 et a déjà été en grande partie ruiné.
- A partir de cette date, La Neuville se trouve sur la ligne de front pendant toute la guerre.

- Le 14 février 1916, c’est dans ce secteur que les Français réalisent leur première attaque au gaz (chlore) par les compagnies Z (une autre a lieu le 13 juin)

- Le 16 avril 1917, l’offensive Nivelle ne permet pas aux Français de réaliser la percée espérée vers le Mont Spin et Aguilcourt. Dans les jours suivants, le front se déplace à peine à quelques hectomètres à l’Est de La Neuville et se stabilise pendant plusieurs mois.

- Le secteur connaît à nouveau la déferlante allemande du 27 mai 1918 puis la contre-offensive alliée en octobre.


- Le hameau de La Neuville est entièrement détruit. Seules quelques maisons sont reconstruites, ne formant plus un ensemble cohérent. Une mise en valeur des traces de l’ancien village est réalisée par l’association « Cormicy, ma ville, son histoire ».

samedi 12 décembre 2009

P comme Prouvais

- Village situé à l’Est de l’A26, au Nord-Est de Juvincourt
- 390 habitants

- Prouvais est en possession des Allemands de septembre 1914 (bien qu’atteint par certains bataillons du 332e RI à la pointe de la contre-offensive alliée) à octobre 1918. Le village se trouve à proximité de la ligne de front (environ 7 kilomètres).

- En 1917, c’est l’un des premiers objectifs des troupes françaises (notamment les chars) qui attendent le long de la Miette, après Juvincourt et Guignicourt. Mais elles sont arrêtées à hauteur du bois de Claque-Dents et ne peuvent s’approcher de Prouvais.

- Le village est libéré par les troupes françaises autour du 18 octobre 1918.

- La population de Prouvais chute fortement à cause de la guerre : alors que près de 370 personnes y vivent au recensement de 1911, elles ne sont plus que 215 à celui de 1921 (le chiffre repasse progressivement ensuite au-dessus des 300).

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