mercredi 10 décembre 2008

N comme Nationale 2


- Route nationale reliant Paris à la Belgique (elle se poursuit vers Mons et Bruxelles), autrefois appelée Route des Flandres. Elle passe par Soissons, Laon, Maubeuge, etc.
- 202 kilomètres en France aujourd’hui (225 jusqu’en 2006)

- Elle est créée en 1824, et son parcours évolue très peu au cours de l’histoire.
- La RN2 est en cours d’aménagement en voie express (2x2 voies): plusieurs portions sont déjà réalisées, et il reste à terminer notamment celle qui traverse le département du Nord.

- Dans l’Aisne, il manque quelques kilomètres entre Soissons et Pont-Rouge, tandis que la « mise à niveau » entre Pont-Rouge et Urcel puis Laon est réalisée depuis 2007.

- Cet aménagement a eu des conséquences importantes (et très négatives, d’un point de vue de la conservation de la mémoire – NDLA) sur l’Ouest du Chemin des Dames.

- D’une part, le secteur du moulin de Laffaux (qui est situé en bordure de la nouvelle voie express) est devenu une sorte de terrain vague, en-cul-de-sac, où plus personne ne s’arrête, ne serait-ce que pour manger ou faire une halte, sur lequel sont alignés des monuments individuels, sans aucune mise en valeur. La foudre qui a détruit le monument des Crapouillots n’a fait qu’achever le travail de sape de la RN2 …



- D’autre part, la nouvelle 2x2 voies a fait perdre tout le caractère symbolique et mémoriel du « carrefour » de l’Ange gardien, situé maintenant sur un début de Chemin des Dames qui s’achève aussitôt, laissant place aux aménagements de sécurité de la nouvelle route. Le rond-point qui permet de pénétrer sur le plateau est maintenant à rechercher à quelques kilomètres …



- Enfin, la RN2 sépare matériellement et très artificiellement le Chemin des Dames proprement dit de la partie Ouest du front de 1917 (Allemant, Pinon, Vauxaillon, etc.), créant ainsi une césure qui n’a pas lieu d’être pour comprendre le secteur dans sa globalité et son unité.

C comme Cys-la-Commune

- Village de la rive gauche de l’Aisne, entre Vailly et Bourg-et-Comin, face à Chavonne et Soupir.
- 140 habitants

- Au recensement de 1911, 173 personnes vivent à Cys-la-Commune. Le canal latéral et le CBR apportent un certain dynamisme au village.

- Le village se trouve proche de la ligne de front jusqu'à l'offensive Nivelle, surtout après l'offensive réussie des Allemands sur Vailly au début de 1915.

- Cys-la-Commune souffre énormément du repli allemand et de la contre-offensive alliée de l’automne 1918 ; l’église Saint-Etienne, par exemple, est gravement endommagée (puis restaurée).
- Le village ne compte plus que 84 habitants en 1921, avant que le chiffre remonte un peu au-dessus de la centaine dans les années 1930.

mardi 9 décembre 2008

P comme Poulaille (Henry)

- Ecrivain français
- Paris 1896 – Cachan 1980

- Autodidacte, il devient anarchiste (comme son père) et se passionne pour les livres.

- Mobilisé en août 1916, il combat au Chemin des Dames avec le 5e BCP (bataillon de chasseurs à pied) à Craonne en mai 1917 puis lors de la bataille de La Malmaison en octobre. Il y est blessé, intégré dans le service auxiliaire (infirmier) puis démobilisé en 1919.

- Après guerre, il travaille pour les Grasset mais surtout pour les éditions Valois, où il défend la littérature prolétarienne. Il publie plusieurs livres d’inspiration autobiographique, notamment Pain de soldat 1914-1917 en 1937.

lundi 8 décembre 2008

B comme Bouffignereux


- Village de la rive gauche de l’Aisne, à 2 kilomètres environ de la rivière et de Cormicy
- 110 habitants

- Bouffignereux compte déjà 110 habitants environ en 1914.

- Pendant la guerre, le village est aux mains des Français, sauf brièvement début septembre 1914 et entre le 22 mai et le 1er octobre 1918.
- C’est une zone de repos pour les troupes qui combattent dans le secteur de Berry-au-Bac ou qui attendent pour monter au front.

- La population du village, très endommagé par les bombardements, tombe à moins de 80 habitants au recensement de 1921.


Dimanche 15 avril 1917, 14h30, je suis, depuis hier soir, en poste avancé, en lisière de forêt, près de Bouffignereux, à côté de la ferme du Choléra. On vient de nous annoncer les victoires des Canadiens à la bataille de Vimy. Nous avons reçu l'ordre de nous tenir prêts pour la grande offensive. On parle de demain à 6 heures du matin. Peut-on faire confiance au Général Nivelle ? Dans quelques heures, on sait tous qu'il va y avoir des morts, beaucoup de morts. Tant de camarades sont déjà tombés ... Depuis trois longues années déjà, nous vivons un cauchemar. Dans la boue, le froid, les maladies, les rats,...
Je pense maintenant à tous les miens : mon père, Henri, mort voici déjà 13 ans, il n'aura pas connu cette boucherie, ma mère Aimée dont je suis sans nouvelles, mon petit frère Henri (aussi) emporté par la tuberculose à quatre ans, mon autre frère Léon qui doit être là-haut, sur le plateau, prêt, lui aussi à attaquer et surtout à toi, ma petite Jeanne qui me manque tant. On s'est vu si peu depuis notre mariage le 19 juin 1915.
A vous tous qui me sont chers, je pars dans quelques heures pour la grande offensive. J'ai peur ! Peur de ne plus vous revoir. Pensez à moi, à nous tous qui partons sauver la Patrie. La guerre, quelle bêtise! C'est peut-être ma dernière journée,...

René Duif

Source : école primaire de Pontavert (orthographe corrigée)

dimanche 7 décembre 2008

P comme Pontavert (moulin)



(Le moulin de Pontavert avant 1914 - Collection Rémy Besnard)


- En 1914, le moulin de Pontavert appartient à la famille Walbaum, qui possède à Reims une entreprise de déménagements et transports et un grand nombre de succursales dans le nord de la France et même à Londres et Anvers. Les Walbaum possèdent aussi une grande villa à Pontavert.
(merci à Jean-François Viel pour les informations et pour m'avoir communiqué les photographies ci-dessus)

- Situé très près du front, côté français, le moulin reste intact malgré les bombardements allemands, notamment lors de leur attaque sur le Bois des Buttes en mars 1916, alors que tout est en ruines autour de lui.
- C’est alors que naît la rumeur du « moulin de l’espion » : un français aurait renseigné les Allemands du haut du moulin, par des signes lumineux (ce qui expliquerait que l’édifice soit épargné) ; découvert, il est exécuté.
- Il est encore présent après les combats de 1917 et sert toujours d’observatoire aux soldats français.

Source : Gérard Lachaux, Chemin des Dames. L’album souvenir du front de l’Aisne (pages 85 et 157)


- Il est aujourd'hui disparu.





CPA fournie par Jérôme Charraud (Forum 14-18); toutes les informations complémentaires sont bienvenues.

P comme Ployon

- Ruisseau affluent de l’Aisne, qui naît au nord de Pontavert entre la ferme du Temple et la butte de l’Edmond et rejoint la rivière entre Pontavert et Chaudardes (5 kilomètres environ).
- Le Ployon désigne aussi un ensemble de marais qui entourent ce ruisseau.

- La zone est récupérée de justesse par les Français en septembre-octobre 1914 mais connaît de nombreuses escarmouches pendant les mois suivants.

- C’est un secteur-clé sur le front de l’Aisne puisque situé entre Craonne et le Bois-des-Buttes.
- Le 16 avril 1917, c’est la 10e DI qui occupe ce secteur depuis le 1er février. Elle y reste jusqu’au 18 mai, remplacée par la 125e DI, puis y revient à plusieurs occasions jusqu’à la fin de l’année.

vendredi 5 décembre 2008

N comme Nommer la bataille

La bataille que nous désignons aujourd’hui sous le nom de « Chemin des Dames » a connu plusieurs noms dans l’histoire. Ses limites chronologiques et géographiques sont difficiles à situer précisément : par exemple, René-Gustave Nobécourt s’intéresse exclusivement aux combats sur le plateau entre avril et octobre 1917, tandis que Pierre Miquel évoque tout le front entre Saint-Quentin et les Monts de Champagne, mais seulement entre le 16 avril et début mai 1917.


Déjà, pendant l’offensive Nivelle, le vocabulaire a du mal à cerner précisément l’objet « Chemin des Dames ». Le 1er mai, Charles Benoist parle de la « bataille de France » (Revue des Deux Mondes) pour désigner cette bataille qu’il annonce victorieuse ; le 15, celle-ci est devenue simple « bataille de l’Aisne […] en toutes circonstances rude et difficile » ; enfin, le 1er juin, il dissocie les combats du Chemin des Dames et ceux du massif de Moronvilliers.


Il faut dire que l’échec de l’offensive et l’absence de combats sérieux dans le secteur de Saint-Quentin séparent physiquement l’offensive réussie des Anglo-Canadiens du côté de Vimy et les affrontements proches de l’Aisne. La tant espérée « bataille de France » sur un front de près de 200 km, de la Scarpe à la Suippe, a fait long feu …

De plus, l’éloignement des Monts de Champagne, le fait que le secteur de Reims soit passif et que la plaine proche redevienne calme dès le mois de mai contribuent à dissocier des situations pourtant similaires, celle du plateau du Chemin des Dames et celle des Monts de Champagne. On aboutit donc dans les écrits à une « bataille de l’Aisne étroite » (un peu plus de 50 km contre 90 km pour la « bataille de l’Aisne large »).
Cela permet aussi de présenter l’offensive comme en étant en réalité deux et de faire passer un succès ponctuel pour une victoire définitive : la prise du mont Cornillet par les zouaves le 21 mai (alors que les contre-attaques et les combats se poursuivent tout l’été.
Enfin, on épargne ainsi Pétain (qui a préparé l’offensive des Monts de Champagne) par rapport à Nivelle en présentant une offensive mieux préparée et moins coûteuse en hommes.

La question des hommes est en effet dominante : « Peut-il s’agir d’une même bataille, dès lors que le chef a changé ? » L’opposition Nivelle / Pétain se traduit notamment dans les bilans chiffrés, qui s’arrêtent fin avril, dans les premiers livres de récit des combats, divisés selon le général qui les mène.

Par la suite, le nom de « bataille du Chemin des Dames » s’impose. Dans un premier temps, on cherche (en vain) à différencier un « 16 avril honteux » et un « Chemin des Dames glorieux » ; mais l’expression finit par désigner plus globalement la bataille et les crises qui l’accompagnent, notamment les mutineries. « Dans le passage de la souffrance glorieuse à la souffrance scandaleuse, la bataille toute entière devient celle du Chemin des Dames, sans que pour autant la vision du combattant s’impose sans réserve. » On continue de dissocier l’offensive Nivelle de la bataille des observatoires de l’été et de celle de La Malmaison à l’automne. « Porteur de toutes les ambiguïtés, le Chemin des Dames devient le fragile dénominateur commun et le carrefour instables de toutes les images de la bataille. »


Source : Philippe Olivera, « La Bataille introuvable », dans N. Offenstadt (dir.) Le Chemin des Dames (pages 36 à 46)

dimanche 30 novembre 2008

M comme Moulins


- Village situé entre Bourg-et-Comin et Cerny-en-Laonnois, en contrebas du Chemin des Dames
- 100 habitants

- Moulins compte 225 habitants au recensement de 1911. C’est un village qui s’est enrichi grâce à la vigne mais souffre beaucoup de la crise du phylloxéra.

- Reconquis par les Français en septembre 1914, Moulins est déjà en grande partie détruit après ces premiers combats. Le village se trouve à quelques encablures du front, en contrebas.
- En avril 1917, c’est le point de départ (et aussi de repos) des soldats partis à l’assaut du vallon de Troyon et du poteau d’Ailles (64e RI).

- Moulins est anéanti lorsque les combats s’achèvent. La reconstruction, parrainée par le Puy-de-Dôme, s’étale entre 1920 (premiers déblaiements) et 1930 (fin des travaux de l’église Saint-Pierre), dans le cadre de la Coopérative de Reconstruction de Bourg-et-Comin. L’urbanisme du village est profondément modifié et les projets d’embellissement ne voient pas le jour, par manque de moyens. Mais, grâce à diverses subventions, Moulins construit un réseau électrique (1929) et un réseau d’eau potable (1930).
- La population chute fortement à cause de la guerre, qui aggrave l’exode rural (beaucoup d’habitants se réinstallent ailleurs) : 125 personnes peuplent Moulins en 1921, et ce chiffre ne remonte pas par la suite.

M comme Missy-sur-Aisne

(MAJ septembre 2010)





- Village de la rive droite de l’Aisne, en contrebas du fort de Condé
- 700 habitants

- L’avant-guerre à Missy-sur-Aisne est marqué par l’arrivée du train (CBR), de l’électricité et de l’industriel Wolber (il possède une usine de caoutchouc et pneumatiques à Vailly), qui rachète en 1912 le château de Carreux situé à l’est du village. La population est d’environ 250 habitants.
- Les Allemands arrivent à Missy le 1er septembre 1914, dont le pont a été détruit par les Français en retraite. Le 13, les Anglais reprennent le village, mais peinent à s’y maintenir face à l’arrivée de renforts allemands sur les hauteurs, notamment en artillerie lourde ; les dégâts matériels sont déjà considérables. Le secteur reste très disputé pendant plusieurs semaines, y compris après le départ des troupes britanniques.
- Finalement, Missy est en possession des Allemands après leur victoire lors de la bataille de Crouy, en janvier 1915, mais à proximité immédiate de la ligne de front.

- Le 18 avril, les Allemands se replient sur les hauteurs du Chemin des Dames et abandonnent leurs possessions en bordure de l’Aisne. Les ruines de Missy-sur-Aisne sont donc réoccupées par les troupes françaises, qui y installent un poste de secours et un cimetière provisoire. Un semblant de vie peut cependant renaître, les combats s’étant un peu éloignés.

- Entre le 27 mai et le 28 septembre 1918, Missy est à nouveau aux mains des Allemands.


- Après la guerre, le village doit être entièrement reconstruit. La population est tombée à 199 habitants au recensement de 1921, avant de remonter un peu par la suite.




Le site de la commune : http://missysuraisne.free.fr/histoire.htm

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S comme Sermoise

- Village de la rive gauche de l’Aisne, face à Missy, sur la N31 Soissons-Reims
- 350 habitants

- En avril 1917, Sermoise est à proximité de la boucle que le front fait autour de la confluence Aisne-Vesle ; ses creutes servent d’abri aux poilus. La progression française vers les pentes du plateau l’éloigne un peu des combats.

- Sermoise est détruit lors du retrait allemand de septembre 1918 ; l’église médiévale Saint-Rémi est reconstruite entre 1923 et 1925 selon le style néo-gothique en vogue à la fin du XIXe siècle. La population, qui est passée de 275 à 185 habitants entre 1911 et 1921, retrouve presque son niveau d’avant-guerre au début des années 1930.

samedi 29 novembre 2008

K comme Kern (Haïm)

- Sculpteur français d’origine allemande
- Leipzig 1930

- En 1933, sa famille se réfugie en France. Elève à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans les années 1950, il devient sculpteur.
- Haïm Kern est l’auteur de la sculpture de bronze « Ils n’ont pas choisi leur sépulture », inaugurée le 5 novembre 1998 par le premier ministre Lionel Jospin sur le plateau de Californie (juste avant qu’il prononce son discours à la mairie de Craonne). Cette œuvre de commande, haute de 4 mètres de haut, a été vandalisée à deux reprises depuis, en 1999 et 2006. Les blessures de l’histoire sont parfois profondes ...



Photographie du 25/09/2008 (4e visite au plateau)

P comme Pontavert

- Village de la rive droite de l’Aisne.
- 600 habitants

- Situé sur un lieu de passage stratégique, Pontavert souffre de plusieurs invasions et destructions dans son histoire (Anglais, Russes, etc.).

- En 1914, Pontavert compte près de 400 habitants. C’est un port dynamique sur le canal latéral, notamment grâce à la production des vastes fermes de la commune. On y trouve aussi une gare depuis 1905, date d’arrivée du CBR (Chemin de fer de la Banlieue de Reims). A noter qu’il y existe encore à cette date la « maison du XVIe siècle ».

- Le village est reconquis par les Français le 15 septembre 1914, lors de combats qui endommagent déjà sérieusement les maisons. Le front se stabilise ensuite quelques hectomètres à l’Est, vers le Bois-des-Buttes.
- Le 10 mars 1917, un violent bombardement allemand détruit le pont métallique sur l’Aisne construit juste avant la guerre. L’offensive Nivelle, malgré son échec, éloigne un peu le village de la proximité des combats. Le village devient un lieu de passage régulier pour les soldats montant au front vers Craonne ou vers Berry-au-Bac.
- Pontavert souffre à nouveau lors de l’offensive Ludendorff de mai 1918 et surtout lors de la contre-offensive alliée, qui anéantit totalement le village.


- Pontavert est adopté par le Cantal dans le cadre des parrainages de la reconstruction (un don d’Aurillac permet l’électrification de la commune). Des cagnas et maisons en bois servent d’abris temporaires aux rares habitants qui reviennent dès la fin de 1918. La population en 1921 n’est encore que de 240 habitants (elle ne remonte à son niveau d’avant-guerre qu’à la fin des années 30). La mairie est inaugurée à un nouvel emplacement en 1926, l’église Saint-Médard en 1931; toutes les maisons ne sont pas reconstruites et l’on rehausse le niveau du village pour le préserver des crues de l’Aisne.


- Pontavert souffre à nouveau des destructions liées aux combats du printemps 1940.


- A la sortie du village, direction Beaurieux, un cimetière français (également connu sous le nom de « Beaurepaire ») rassemble 6 694 corps (1 364 en ossuaire). On y trouve aussi 67 Britanniques et 54 Russes. Il est créé dès 1915 et agrandi en 1919, avec un regroupement de corps enterrés jusque-là dans les cimetières allemands de la région.

vendredi 28 novembre 2008

C comme Chevallier (Gabriel)

- Ecrivain français
- Lyon 1895 – Cannes 1969

- Etudiant aux Beaux-Arts, Gabriel Chevallier est mobilisé en 1914. Blessé en 1915 dans l’Artois, il retourne au front après sa convalescence.

- En 1917, il est au Chemin des Dames (163e RI), dans la zone de Cerny-en-Laonnois, où « on marchait dans la viande » tant l’hécatombe est importante et impressionnante pour les simples soldats.

- Il combat encore en Champagne et dans les Vosges jusqu’à la fin de la guerre.

- Après 1919, il exerce divers métiers puis devient romancier. Dans La Peur (1930), il fait le récit de son expérience de combattant. Mais c’est Clochemerle (1934) qui lui apporte succès et reconnaissance.

- Dans la préface de la réédition de La Peur en 1951, il écrit : « Ce livre, tourné contre la guerre et publié pour la première fois en 1930, a connu la malchance de rencontrer une seconde guerre sur son chemin. En 1939, sa vente fut librement suspendue, par accord entre l'auteur et l'éditeur. Quand la guerre est là, ce n'est plus le moment d'avertir les gens qu'il s'agit d'une sinistre aventure aux conséquences imprévisibles. Il fallait le comprendre avant et agir en conséquence. »
« On enseignait dans ma jeunesse — lorsque nous étions au front — que la guerre était moralisatrice, purificatrice et rédemptrice. On a vu quels prolongements ont eus ces turlutaines : mercantis, trafiquants, marché noir, délations, trahisons, fusillades, tortures; et famine, tuberculose, typhus, terreur, sadisme. De l'héroïsme, d'accord. Mais la petite, l'exceptionnelle proportion d'héroïsme ne rachète pas l'immensité du mal. D'ailleurs peu d'êtres sont taillés pour le véritable héroïsme. Ayons la loyauté d'en convenir, nous qui sommes revenus. »

(source : Wikipédia)

A comme Antioche


- Ferme située au-dessus de Vauxaillon, sur le plateau

- La zone est aux mains des Allemands de septembre 1914 jusqu’au retrait sur la ligne Hindenburg.

- En avril 1917, la ferme d’Antioche est située en retrait du front, côté français, au moment de l’offensive vers le Mont des Singes et sert de base de départ pour les assauts. Elle joue à nouveau ce rôle à l’automne, lors de la bataille de la Malmaison (le 359e RI de Henri Désagneaux y combat à ce moment-là).

- La ferme est détruite lorsque la guerre se termine, puis reconstruite.

A comme Amifontaine

(MAJ septembre 2010)





- Village situé en bordure de l’A26, à la source de la Miette
- 400 habitants

- Amifontaine est aux mains des Allemands pendant toute la durée du conflit, même si les 13 et 14 septembre 1914, la cavalerie française revient dans le village, profitant d’un « trou » dans le dispositif de repli allemand (avant de devoir se replier faute de soutien).
- Situé à proximité des combats, le village accueille un poste de secours et un cimetière.


- Le 16 avril 1917, c’est un des premiers objectifs de l’offensive des chars et des fantassins dans la plaine entre Craonne et Berry-au-Bac : l’échec est au rendez-vous.

- Amifontaine redevient français le 12 octobre 1918.


- Le village est rasé par les combats, notamment l’église Saint-Rémi. Cité en 1920, il est rapidement reconstruit : la population en 1921 est équivalente à celle de 1914 (environ 460 habitants).


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dimanche 23 novembre 2008

A comme Ailette


L'Ailette, près d'Ailles



- Rivière d’environ 60 kilomètres, affluent de l’Oise, située au nord du Chemin des Dames.
- L’Ailette est longée par le canal Aisne-Oise à partir de Monampteuil.

- Elle prend sa source dans la forêt de Vauclair, près du village de Sainte-Croix.

- L’Ailette est l’objectif premier de l’offensive Nivelle en avril 1917. Mais les Français n’y parviennent finalement qu’à l’automne, après la bataille de la Malmaison.
- Le petit cours d’eau devient la nouvelle ligne de défense des Allemands après leur repli, et leur base pour l’offensive Ludendorff de mai 1918.

- En 1984, une retenue artificielle a permis l’aménagement d’une base de loisirs et d’un golf. En 2007, ce parc de loisirs est devenu un Center Parcs.
- Aujourd’hui, une deuxième base touristique a été aménagée au bassin de Monampteuil.



La vallée de l'Ailette, depuis Malval

M comme Merval

- Village de la rive gauche de l’Aisne, sur les hauteurs face à Oeuilly ou Hurtebise
- 80 habitants

- Merval est situé en retrait du front entre 1914 et 1918. Le village sert de base arrière aux soldats qui y passent avant de monter en première ligne. On y trouve le quartier général de la VIe Armée de Mangin au moment de l’offensive Nivelle.

- Avant comme après la première guerre, Merval compte environ 120 habitants.
- L’église Saint-Martin, très endommagée par les combats de 1918, est reconstruite et classée aux Monuments Historiques en 1919. Le village possédait une distillerie, détruite elle aussi.

vendredi 21 novembre 2008

C comme Cazenave (Louis de)

- Soldat français
- 1897 Saint-Georges d’Aurac (Haute-Loire) – Brioude 2007

- Louis de Cazenave devance l’appel en 1916 ; il est affecté dans les troupes coloniales.
- Affecté au 5e Bataillon de Tirailleurs sénégalais, il participe aux combats du Chemin des Dames en avril 19174, au Mont des Singes près de Vauxaillon.
- Pendant l’été, il combat sur le plateau de Vauclerc.

- Après guerre, il travaille dans les chemins de fer (il en est renvoyé par le régime de Vichy) et devient un libertaire et un pacifiste acharné, éloigné des honneurs (il reçoit la Légion d’honneur en 1995 seulement, après des années de refus de sa part) et des cérémonies, peu enclin à narrer son expérience combattante. Il ne distingue pas un camp d’un autre : « Les Allemands, on les retrouvait quand on allait chercher de l’eau au puits ; on discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez.»
- Louis de Cazenave est le dernier soldat survivant du Chemin des Dames, l’avant-dernier poilu de la Grande Guerre. « La guerre ? Hay hay hay ! Un truc absurde, inutile ! A quoi ça sert de massacrer des gens ? Rien ne peut le justifier, rien ! »

dimanche 16 novembre 2008

A comme Aragon (Louis)

(MAJ septembre 2010)



- « Créneaux de la mémoire, ici nous accoudâmes
Nos désirs de vingt ans au ciel en porte à faux.
Ce n’était pas l’amour, mais le chemin des Dames,
Voyageur, souviens-toi du moulin de Laffaux »


(« Plus belle que les larmes », dans Les Yeux d’Elsa, 1945)


- Poète, écrivain et journaliste français
- Neuilly-sur-Seine 1897 – Paris 1982

- Bénéficiant d’un sursis pour cause d’études de médecine, Louis Aragon n’est incorporé qu’en juin 1917 au Val-de-Grâce pour devenir médecin aux armées ; il en sort en avril 1918, adjudant-chef. Pendant cette période, il lit Le Feu, de Barbusse, qui le marque énormément.

- En juin, Aragon rejoint le 355e RI dans l’Oise. Il le suit après la 2e bataille de la Marne jusque près de Braine, sur la Vesle.
- Le 6 août, à Couvrelles, il doit soigner ses hommes sous un bombardement qui l’ensevelit à plusieurs reprises (acte qui lui vaut la Croix-de-guerre). De retour sur les lieux quelques jours plus tard, Louis Aragon découvre une croix à son nom dans le cimetière temporaire aménagé après les combats (on avait trouvé sa vareuse et une de ses lettres).

- « Il y avait devant la croix fichée en terre une bouteille
Dedans une lettre roulée à mon adresse Etait-ce vrai
Si c’était moi Si j’étais mort Si c’était l’enfer Tout serait
Mensonge illusion moi-même et toute mon histoire après
Tout ce qui fut l’Histoire un jeu de l’enfer un jeu du sommeil

Comme s’explique alors ce sentiment d’une longue agonie
Et ma vie et le monde et qui pourrait encore y croire
Tout ceci n’était que l’enfer qui jongle devant son miroir
Je suis mort en août mil neuf cent dix-huit sur ce coin de terroir
Ca va faire pour moi bientôt trente-huit ans que tout est fini. »


(Le roman inachevé, 1956)

Source : Lettre du Chemin des Dames n° 14 (à lire aussi deux autres extraits de poèmes sur cet épisode)



- Après la guerre, son ami André Breton commence à publier ses écrits ; plusieurs évoquent la guerre et ses souvenirs. Aragon est l’un des fondateurs du mouvement surréaliste à ses côtés et devient compagnon de route du Parti communiste.

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B comme Bruyères-et-Montbérault

(MAJ  07/2021)

Village situé au sud de Laon, au pied des premières pentes menant vers les plateaux (où se trouve le hameau de Montbérault)

 

En 1914, Bruyères-et-Montbérault compte près de 1 000 habitants, qui voient les Allemands occuper les lieux à partir du début du mois de septembre. Situé à l’arrière-front du Chemin des Dames, entre Laon et les premières lignes, le village joue un rôle essentiel dans l’organisation allemande (pour plus de détails sur l’occupation, voir le site de la mairie : https://bruyeres-et-montberault.fr/fr/rb/289408/bruyeres-pendant-la-guerre-1914-1918).

La préparation de l’offensive Nivelle oblige les Allemands à évacuer femmes et enfants début mars 1917, tandis que Bruyères subit les premiers gros dégâts liés aux bombardements français. Le rôle militaire des lieux prend alors une importance encore plus grande, tout comme sa fonction sanitaire : un cimetière est créé par les Allemands sur les hauteurs du village (aujourd’hui près de la cote 112 en montant vers le fort). Le fort de Bruyères (ou fort Henriot), de style Séré de Rivières et donc désarmé avant la guerre, est aussi utilisé pour le stockage ou pour les prisonniers, tout comme celui dont il dépendait, le fort de Montbérault.

Le 13 octobre 1918, Bruyères-et-Montbérault est libéré par les soldats français du 48e BCP, auquel appartient le soldat René Fleury : « 14- Départ avec le T.C à 6h ½ matin. Passons par Vailly, traversons l’Ailette (du côté de Chevregny) (à partir de cet endroit lignes allemandes depuis 1914) (enterrons 2 cadavres français). Lierval, Bruyères (à partir de Bruyères défilé de civils délivrés). Couchons à Parfondru. » (https://www.lepaysdauge.org/wiki/histoire/augerons-dans-la-grande-guerre/journal-de-guerre-de-rene-fleury.html)

Le village est presque entièrement détruit ; une coopérative est mise en place pour faciliter la reconstruction (avec Chérêt, Martigny, Parfondru et Monthenault). Bruyères-et-Montbérault reçoit la Croix-de-guerre en 1920. Sur le monument aux morts figurent les noms de 29 soldats et 11 civils décédés pendant le conflit. Seuls 675 habitants sont recensés en 1921, avant que le chiffre remonte progressivement – il est aujourd’hui autour de 1 500.

 

 

 

 

NB : Le colonel de Gaulle utilise les lieux comme P.C. en mai 1940 et, devenu général, revient quelques années plus tard en pèlerinage : https://bruyeres-et-montberault.fr/fr/rb/289551/le-general-de-gaulle-a-bruyeres

 

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