lundi 29 septembre 2008

C comme Chavignon


- Village de la rive gauche de l’Ailette (et du canal Aisne-Oise), près de la RN2, au Nord de La Malmaison.
- 800 habitants

- Chavignon a une histoire ancienne et mouvementée, sur un axe de communication important entre Laon et Soissons : sa forteresse du IVe siècle est plusieurs fois détruite puis reconstruite.
- L’hôtel Saint-Pierre à Chavignon est le quartier général de Napoléon pendant la bataille de Laon, du 9 au 11 mars 1814.
- La vigne s’y épanouit jusqu’à la crise que traverse toute la région à la fin du XIXe siècle.

- Chavignon compte 825 habitants en 1914.
- Situé dans un lieu stratégique, Chavignon est transformé en quartier général par les Allemands (maisons numérotées, rues à noms germaniques).
- Le village est entièrement détruit par les combats, d’abord par les bombardements puis par l’offensive dite de La Malmaison d’octobre 1917, pendant laquelle les troupes françaises s’emparent du village.
- Les Allemands reprennent possession de la zone de mai à septembre 1918.

- Chavignon est classé en zone rouge (les rues sont introuvables, par exemple), mais son maire, M. Bouteille, obtient sa reconstruction, parrainée par Haïphong (540 000 francs sont donnés), dans le cadre de la Société de Reconstruction de l’Extension laonnoise. En 1927, l’essentiel des travaux est achevé.

- 60 habitants vivent à Chavignon en 1919 ; 460 en 1921.


- Le village subit encore des dégâts pendant la deuxième guerre mondiale.


Source principale : Inès Guérin – Base Mérimée

C comme Canal latéral à l'Aisne


(Le canal latéral près de Vailly-sur-Aisne)



- Canal mis en service en 1841 ; il est entièrement reconstruit après la première guerre mondiale, victime des bombardements qui visaient particulièrement ce lieu stratégique et ses ponts.

- Le canal commence à Vieux-lès-Asfeld (début du canal des Ardennes). Il est long de 52 kilomètres et s’achève à Celles-sur-Aisne, quand la rivière devient navigable. Il comprend 8 écluses.

- Les combats y sont très rudes, notamment début septembre 1918.

dimanche 28 septembre 2008

L comme Lierval

(MAJ 07/2021)


Village de la rive nord de l’Ailette

 

En 1914, Lierval compte un peu moins de 200 habitants. Située à quelques kilomètres de la ligne de front stabilisée, le long du ru du moulin d’Eduits et sur les pentes du plateau, la zone sert de base arrière aux troupes allemandes qui combattent autour de Soupir ; une partie de la population est obligée de partir dès l’automne 1914.

Après les offensives et le repli allemand de 1917, le village (totalement évacué de ses habitants le 11 mars) se trouve à proximité immédiate des combats et subit davantage les dégâts provoqués par les obus.

Le 12 octobre 1918, le 48e BCP reprend les restes de Lierval sans avoir à combattre, même si les Allemands protègent leur recul par des bombardements dans la soirée.

 

Le 18 octobre 1918, un soldat originaire de la région écrit à sa famille : « Chère Marthe et chère Gisèle :  Voici la nomenclature de mon voyage aujourd’hui. Je suis parti à cheval pour faire ce que je t’avais dit hier. Je suis passé par Lierval :  les maisons sont presque toutes démolies.  La maison Tiercelin, frère du musicien, n’est pas tombée mais traversée de part et d’autre ; la maison du maire est pareille et enfin quelques maisons qui sont restées comme ça.  L’église est démolie, enfin au pays plus loin, c'est-à-dire à notre pays. Le gros chêne est abattu et tombé sur la maison Chopart, la maison Bombard Edouard est encore debout mais assez ébréchée. […] J’arrive au petit jardin, il reste le petit pommier du côté Borgnard et le gros charlotte, l’arbre a été déraciné par un obus. Quelques cassissiers restent ; j’ai été plus loin et je suis dans le grand jardin, il reste à peu près tous les pommiers excepté le dixième en montant vers le cyprès de la mère Octaire qui est aussi déraciné […] Bons souvenirs » (cité par Stéphane Bedhome dans sa thèse Reconstruire le Chemin des Dames 1919-1939).

Au recensement de 1921, 120 habitants sont revenus dans le village.

L’église de la Nativité, classée aux Monuments historiques juste avant le conflit, est très fortement endommagée par les bombardements et doit subir une grosse restauration.


 

 

NB : c’est au-dessus de Lierval que se déroule au printemps 1917 le célèbre duel aérien entre George Guynemer et Ernst Udet, ce dernier affirmant dans ses mémoires que le pilote français l’a épargné en constatant que sa mitrailleuse s’était enrayée.

 


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T comme Trucy

(MAJ septembre 2010)



- Village de la rive droite de l’Ailette, près de Chevregny
- 140 habitants

- Trucy, village d’environ 150 habitants en 1914, est occupé par les Allemands à partir de début septembre. Il le reste jusqu’en octobre 1918.

- La population est évacuée en mars 1917 en prévision de l’offensive française, avant que les bombardements ne causent de gros dégâts dans le village. L’arbre planté pour commémorer la victoire de Toulon en 1794 disparaît sous les obus.

- Le 2 novembre, après le retrait allemand consécutif à la bataille de La Malmaison, Trucy devient zone de première ligne, directement au contact des affrontements.

- Le village est entièrement détruit lorsque la guerre se termine. L’église, classée aux Monuments Historiques en 1886, est restaurée à l’identique. Trucy est parrainé par Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) pour sa reconstruction. La population baisse fortement : 106 habitants recensés en 1921, 96 en 1926.





A lire :
http://artilleur-guerre14-18.jimdo.com/le-ch%C3%AAne-colossal-de-trucy/

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P comme Paissy (Plateau de)

« Ce long plateau ressemble à une grande botte molle : 4 kilomètres du haut de la tige au talon. Sous la plante du pied, en surplomb à pic, le village de Pargnan. […] Son église, alors flanquée de tourelles, garnie de créneaux et fermé par une herse, servit de refuge pendant les guerres diverses des XVIe et XVIIe siècles. Sur la face de la botte, Paissy, à l’extrémité de sa corniche bordée de grottes celtiques, pointe une jetée dont l’église serait le phare. Juste au-dessus du pied très cambré de la botte, une agglomération circulaire : Cuissy-et-Gény. Vieux villages de creutes auxquels leurs vins blancs donnèrent jadis quelque renommée. Quant au plateau il se mamelonne ; entre ses deux mamelons, hauts chacun de 190 mètres et larges de 2 kilomètres, il se rétrécit et retombe à 176 mètres. Sur le mamelon nord, qui correspond au genou de la botte : un arbre. Sur le mamelon sud, qui correspond au mollet : une tour. On les appelle l’arbre et la tour de Paissy. Ce n’est pas grand-chose, mais quand le paysage n’est qu’une plaine labourée ou inondée de moissons, l’arbre et la tour épinglent l’horizon et intéressent les militaires. »

R.G. Nobécourt, op. cit., page 53 (note 1)

V comme Vregny


- Village à mi-chemin entre la N2 et l’Aisne, en bordure du plateau, donc en un lieu stratégiquement important.
- 100 habitants

- Vregny est envahi par les Allemands dès septembre 1914. Après leur retrait sur la ligne Hindenburg, Vregny est contrôlé par les Français, mais à proximité immédiate de la ligne de front.
- Le village sert de point de départ aux offensives du 16 avril vers Laffaux et le fort de Condé.

- Vregny et son riche patrimoine (église, château) sont reconstruits après la guerre.

L comme Liénart (Achille)

- Homme d’Eglise français
- Lille 1884 – Lille 1973

- Bachelier en 1901, Achille Liénart entre au séminaire d’Issy-les-Moulineaux. Il fait son service militaire de 1903 à 1906.
- Bien que réformé, ils ‘engage comme aumônier militaire en août 1914 ; il participe notamment à la bataille de la Somme, et est blessé 2 fois dans les tranchées.

- Le 16 avril 1917, il est brancardier au 201e RI près de Craonne (20 des 42 brancardiers du régiment sont touchés au cours de l’offensive ce jour-là).

- Il est démobilisé en 1919.
- Prêtre à Tourcoing, proche des milieux ouvriers, il devient le plus jeune évêque de France en 1928 puis cardinal deux ans plus tard.
- Il est évêque de Lille pendant près de 40 ans et joue un rôle important au sein de l’Eglise, notamment lors de Vatican II, où il défend la libéralisation de l’institution.

vendredi 26 septembre 2008

C comme Canal de l'Aisne à la Marne

- Canal long de 58 kilomètres allant de Condé-sur-Marne à Berry-au-Bac en passant par Reims. Il comprend 24 écluses.
- Achevé en 1866, il est reconstruit après la première guerre.

- Il est sur la ligne de front entre Français et Allemands dans la zone de la côte 108 et de Sapigneul, près de la ferme du Godat.



(le canal à sa naissance, à Berry-au-Bac, près de la ferme de Moscou)

A comme Allemant

(MAJ août 2010)




- Village en contrebas du moulin de Laffaux, au nord (en direction de Pinon)
- 120 habitants

- Allemant est en 1914 un village qui perd régulièrement de la population à cause de l’exode rural mais compte encore un peu plus de 180 habitants. Il est occupé par les Allemands en septembre et devient un lieu de repos et de concentration de troupes pendant plusieurs mois, notamment au moment de la bataille de Crouy, en janvier 1915.

- Assez éloigné du front, Allemant voit celui-ci se rapprocher après l’opération Albérich (mars 1917). Au moment de l’offensive Nivelle, le village subit ses premiers bombardements importants, même si les Français ne peuvent guère progresser.

- Le 23 octobre, lors des premiers instants de la bataille de La Malmaison, le 30e RI progresse rapidement vers le château de La Motte puis descendent sur Allemant en ruines ; ils sont retardés par les mitrailleuses allemandes qui y sont postées mais parviennent finalement à dépasser le village en fin de matinée. Le lendemain, la progression se poursuit vers Pinon et l’Ailette. (JMO du 30e RI)


- Entre mai et octobre 1918, les Allemands se rendent à nouveau maîtres des lieux.


- Allemant est entièrement détruit par les combats et les bombardements. Il est reconstruit notamment grâce à l’aide du CARD (Comité américain pour les régions dévastées). Les premiers habitants reviennent immédiatement après la fin des combats, mais ils ne sont encore que 60 au recensement de 1921, 86 à celui de 1926 ; le chiffre se stabilise autour des 150 habitants lorsque la reconstruction s’achève dans les années 30.


(Photo issue de la Base Mérimée)



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jeudi 25 septembre 2008

J comme Juin (Alphonse)

- Militaire français
- Bône (Algérie) 1888 – Paris 1967

- Sorti major de sa promotion de Saint-Cyr en 1912 (la même que Charles de Gaulle), Alphonse Juin opte pour les tirailleurs algériens et séjourne au Maroc.
- En 1914, il combat sur la Marne, puis en Champagne en 1915 (il y perd en partie l’usage d’un bras).

- Le futur maréchal est au Chemin des Dames en 1917, capitaine au 5e bataillon de tirailleurs marocains d’une compagnie de mitrailleuses.

- En 1918, Juin entre à l’état-major de la 153e DI puis est détaché auprès des Américains. Après quelques mois à l’Ecole de guerre, il retourne en Afrique, où sa carrière se poursuit et progresse.

P comme Portail

- Le portail du Chemin des Dames est un site internet lancé par le Conseil général de l’Aisne qui rassemble toutes les informations à propos de ce territoire.
- Le portail est inauguré le 5 avril 2007, quelques jours avant le 90e anniversaire de l’offensive Nivelle.
- Il comprend notamment le mémorial virtuel, base de données très riche sur le Chemin des Dames.

V comme Vailly-sur-Aisne



- Ville située sur la D 925, sur la rive droite de l’Aisne, au pied du plateau du Chemin des Dames
- 2 200 habitants

- Vailly est ballotté entre les deux camps au cours de la première guerre. La ville subit d’abord les assauts allemands. Puis c’est à Vailly que les Britanniques traversent l’Aisne après la bataille de la Marne. Pris par les Allemands en 1914, la ville est reprise lors de l’offensive Nivelle. Juin 1918 : Vailly est à nouveau prise par les Allemands, puis récupérée le 15 septembre.

- Vailly-sur-Aisne est un des objectifs immédiats de l’offensive du 16 avril 1917. Mais la résistance allemande sur les premières pentes est très forte : la ville ne tombe que le 18, sous les assauts des tirailleurs sénégalais et du 355e RI.

- Pendant la bataille du Chemin des Dames, Vailly-sur-Aisne abrite un poste de secours, vite débordé.


- Le cimetière français de Vailly rassemble 1 576 corps (17 de la seconde guerre), regroupés dès 1917 à proximité du poste de secours. Ce cimetière reçut certains corps de combattants initialement inhumés à Sancy, Nanteuil-la-Fosse, Jouy, Allemant, Laffaux et au Bois-Morin (entre Vailly et Chassemy).
- A côté se trouve un cimetière britannique commencé lui aussi en mai 1917 : 677 corps.

mercredi 24 septembre 2008

I comme Inauguration

Le 22 septembre 2007, l’œuvre monumentale de l'artiste Christian Lapie, « la Constellation de la douleur », qui rend hommage aux troupes noires qui ont combattu sur le Chemin des Dames, est inaugurée à proximité de la Caverne du Dragon. Le président du Conseil général et le préfet de l’Aisne y assistent. Aucun membre du gouvernement n’est présent.
Le même jour, le Center Parcs tout proche est lui aussi inauguré. Sont présents le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et le secrétaire d’Etat au Tourisme, Luc Chatel.

C comme Chivy


- Lieu-dit de la commune de Vendresse-Beaulne

- Avant 1914, le hameau de Chivy comptait environ 250 habitants et faisait partie de la commune de Beaulne-et-Chivy.

- Au matin du 16 avril 1917, Chivy est situé sur le front (côté allemand) depuis plus de deux ans. Le Régiment de tirailleurs marocains (153e DI) prend le hameau vers 13 heures.

- Il est entièrement détruit par les combats : aujourd’hui ne subsistent plus qu’une ferme et la chapelle Saint-Pierre, qui commémore la mémoire de Chivy anéanti.
- Le terrain aux pieds de la chapelle conserve les traces des bombardements.



Vue sur le plateau, vers Cerny

dimanche 21 septembre 2008

G comme Grenadou (Ephraïm)

(MAJ  mai 2012)



- « Paysan français » et soldat de la première guerre mondiale
- Saint-Loup (Eure-et-Loir) 1897 – Saint-Loup 1979

- Engagé dans l’artillerie en 1915 pour échapper à l’infanterie, Ephraïm Grenadou combat dans la Somme en 1916 puis en Alsace en janvier 1917.

- Il arrive à Fismes le 15 avril 1917 avec le 227e RAC : « Vous êtes l’armée de poursuite. Vous arriverez quand l’attaque aura crevé le front allemand. Et alors, en rase campagne ! Vous coucherez à Laon », lui dit-on. « La belle poursuite ! On a passé toute la journée [du 16] allongés dans les fossés. » Son cheval Siméon est tué par un obus allemand (« Quand on n’a pas le temps de s’occuper des bonshommes qui sont foutus, vous pensez bien que les chevaux … »). La journée se termine par un recul dans le désordre (« on était toujours des mille, mais cette fois on s’en allait »).

- Après un bref passage en Champagne et une permission, Grenadou puis revient au Chemin des Dames en août, dans le secteur du bois de Beaumarais « où les Allemands nous avaient cassé la gueule le 16 avril. »
- « J’aimais pas trop les premières lignes : plus c’est près, plus c’est mauvais. Il y avait ceux qui voulaient gagner la croix de guerre et qui gagnaient la croix de bois. Pour passer brigadier, pour une médaille, ils se faisaient tuer. Moi, tu sais, leurs croix de guerre, ils pouvaient bien se les foutre quelque part. Ce qui m’intéressait, c’était de rentrer à Saint-Loup. Je suis parti avec la conviction d’aller à la guerre et d’en revenir. »

- Fin octobre, le 227e RAC quitte le Chemin des Dames pour l’Italie.


- Ephraïm Grenadou connaît la notoriété lorsque son voisin, l’écrivain Alain Prévost, recueille ses souvenirs et publie en 1966 le best-seller Grenadou paysan français (dont les citations sont extraites).

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A comme Anizy-le-Château


- Village situé au bord de l’Ailette et du canal de l’Oise à l’Aisne (rive droite)
- 1 900 habitants

- Anizy-le-Château a une histoire ancienne : le village est confié par Clovis à Saint Rémi puis par celui-ci à l’évêché de Laon, qui y possède un puissant château.

- Possession allemande, Anizy est d’abord à l’abri des combats. Puis, à la fin octobre 1917, les troupes françaises de la 28e DI progresse jusqu’à l’Ailette, aux portes du village. Mais la libération finale n’intervient qu’en octobre 1918.

- Le château, entièrement détruit, est reconstruit grâce au Comité américain des régions dévastées.
- L’église, elle aussi anéantie, est achevée en 1929.

Photos des ruines et des débuts de la reconstruction : base Mérimée

C comme Chassemy

- Village de la rive gauche de l’Aisne, proche de la confluence entre cette rivière et la Vesle.
- 750 habitants

- Chassemy se trouve à proximité immédiate de la ligne de front avant l’offensive Nivelle, à quelques hectomètres de Vailly-sur-Aisne. Ses carrières servent d’abris aux soldats français.

- Le village subit beaucoup de destructions lors du repli allemand de septembre 1918. L’église est reconstruite, selon le style typique de l’époque, en 1929.

F comme Fismes

(MAJ juillet 2010)


- Ville de la vallée de la Vesle, sur la N31 entre Reims et Soissons (département de la Marne).
- 5 400 habitants

- Les 3 300 personnes qui peuplent Fismes avant 1914 voient passer puis refluer les Allemands du 2 au 12 septembre 1914.

- Située à environ 10 km à vol d’oiseau de la vallée de l’Aisne, Fismes est un lieu de repos pour les soldats, et une gare de transit importante vers le front ou en provenance des zones de combats. La ville est parfois bombardée, soit par canons à longue portée soit par avions.
http://www.gwpda.org/wwi-www/Marne2/Marne2-4.html

- « Fismes jusqu’à présent n’a pas trop souffert de la guerre. Des civils, venus on ne sait d’où, se sont improvisés cabaretiers, marchands de sardines et de camemberts, qu’ils vendent comme ils veulent, bien que les coopératives militaires cèdent à meilleur compte. […] C’est l’âge d’or des mercantis, que couvre encore l’absence de tout règlement. Sous le sceau du « front », ils s’enrichissent scandaleusement. » « Autant les rues sont animées le jour, autant elles sont sans bruit la nuit. Au crépuscule, les boutiques se ferment et les caves se remplissent. La proximité des lignes, le centre de ravitaillement qu’est Fismes, nous valent toutes les nuits la visite d’avions ennemis. » (Joseph Varenne en juillet 1917, L’Aube ensanglantée, page 163)

- Fismes est occupée le 28 mai 1918 et complètement rasée par les Allemands ; elle est libérée par les Américains le 4 août suivant après de très durs combats.
- Il n’y a que 2 300 habitants recensés en 1921 dans une ville en ruines qui se reconstruit difficilement.

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U comme Urcel


- Village de la rive droite de l’Ailette, à quelques encablures de la nouvelle RN2 (alt. 85m)
- 600 habitants

- Zone allemande pendant 4 ans, de septembre 1914 à septembre 1918 (Adolf Hitler y séjourne en mars 1918), Urcel est réquisitionné et vidé de la plupart de ses habitants. Elle est une zone de repos pour les Allemands, notamment lorsque le secteur est dirigé par le général Liebert, commandant de la 15e Division de réserve. On y trouve le service postal allemand, des élevages à destination des soldats et même une champignonnière.

- D’abord éloigné des zones de combat, le village est tout proche du front lors des batailles de l’automne 1917 puis lorsque les Allemands se replient sur l’Ailette, en novembre, enfin lors de la reconquête française d’octobre 1918. Longtemps parfaitement intact et entretenu, Urcel est donc entièrement détruit à la fin du conflit.

- On y trouve notamment l’église romane Notre-Dame du XIIe siècle, classée aux Monuments Historiques depuis 1880 et restaurée après-guerre, et un château (reconstruit en 1925).



Site de cartes postales d'Urcel

vendredi 19 septembre 2008

V comme Vesle

(MAJ décembre 2011)





- Rivière qui prend naissance dans le département de la Marne, à Somme-Vesle
- Environ 140 km
- Elle traverse Reims, Fismes et Braine avant de rejoindre l’Aisne au niveau de Condé-sur-Aisne.



- Pendant le conflit, le secteur est une zone de repos pour les soldats en partance ou arrivant. Elle concentre les bâtiments de soin, les magasins et les réseaux de transport qui alimentent le front tout proche. La vallée reste relativement abritée (surtout après le repli allemand du 18 avril 1917 sur les hauteurs du Chemin des Dames), si ce n’est à l’occasion de raids aériens ou de ponctuels bombardements à très grande distance.

- Pour les Français, le contraste entre le paysage de la Vesle et celui rencontré après l’Aisne est saisissant. C’est le cas par exemple de l’aviateur Jacques d’Arnoux, qui part le 6 septembre 1917 pour une mission pour le « chemin maudit », « sinistre confusion de crêtes et de ravins ». Avant d’y arriver, il décrit le paysage : « le village de Couvrelles noyé de brouillard repose au fond d’une gorge… Cà et là quelques lumières éparses tremblent dans les hameaux noirs… Des vapeurs encore assoupies s’étirent mollement sur Vasseny. Des nappes diaphanes flottent par-dessus à des altitudes différentes. Et cette ligne fumeuse qui fume : c’est la rivière de la Vesle. Près du village de Chassemy, sur les flancs d’un coteau, des brumes alanguies s’accrochent au sommet des bois comme des écharpes de tulle… » (Jacques d’Arnoux, Paroles d’un revenant)


- La Vesle connaît ses premiers « vrais » combats, brefs mais intenses, lors de l’offensive allemande de 1918, les 27-28 mai. Pas plus que l’Aisne cette rivière n’arrête les assaillants, malgré la résistance acharnée des Français et des Britanniques largement inférieurs en nombre.

- Enfin, début août 1918, la Vesle devient pendant plusieurs semaines la ligne de front. En effet, après la 2e bataille de la Marne, les Allemands se replient puis décident de s’accrocher à cette ligne de défense. Face à cela, l’état-major de Foch préfère ne pas s’acharner inutilement et privilégier d’autres fronts. Ce n’est que le 30 septembre que les Français enfoncent le front de la Vesle, devenu très fragile grâce à leur progression au-delà de Soissons.

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