mercredi 4 novembre 2015

H comme Huîtres



- Depuis la mi-janvier 1917, le sous-lieutenant Tézenas du Montcel (5e RIC – 3e btn – 11e Cie)  est dans les tranchées de Troyon,  près de Cerny-en-Laonnois. Son temps est partagé entre la lutte contre les mauvaises conditions climatiques et l’organisation de ses troupes.
- Le 2 février, après une alerte nocturne comme il y en a tant, un épisode original vient égayer la journée …

- « Au déjeuner, nous avons une surprise. Le capitaine [Pinet] avait un air mystérieux et satisfait et nous étions avec [le sous-lieutenant] Charrier assez intrigués par l’attente qu’il nous imposait avant de nous mettre à table et que nos appétits, aiguisés par le froid, supportaient mal.
Enfin la porte s’ouvre et Guidet, le cycliste, apparaît, le teint écarlate et la moustache toute givrée. Ses musettes sont bourrées à éclater et il porte sous le bras une caissette qu’il dépose avec précaution sur la table. Le capitaine nous regarde du coin de l’œil pendant qu’on ouvre la boîte. Nous sommes de plus en plus intrigués et nous approchons …
Stupéfaction : des huîtres ! Le capitaine est hilare et sa figure respire une satisfaction sans mélange. Guidet est allé jusqu’à Fère-en-Tardenois et a fait plus de cent kilomètres pour nous apporter ici cette chose inouïe que nous saluons d’acclamations.
Mais il faut déchanter : les huîtres sont gelées ! Après une demi-heure d’efforts pour les ouvrir nous les mettons sur le poêle pour les faire dégeler, et je commence à être vaguement inquiet sur le résultat de ces préparatifs…
…Mes inquiétudes étaient justifiées : c’est une faillite ! L’eau de mer a fondu, s’est réchauffée, mais l’huître est restée gelée, de sorte qu’on a l’impression d’avaler un petit glaçon nageant dans l’eau tiède et écœurante : proprement ignoble ! »



Source : J. Tézenas du Montcel, L’heure H. Etapes d’infanterie 14-18

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mardi 28 avril 2015

V comme Variscourt

Source: http://jl-letillois.blogspot.fr/


- Village proche de Guignicourt, sur la rive gauche de l’Aisne et du canal latéral
- 210 habitants

- Variscourt et sa centaine d’habitants voient arriver les Allemands au début de septembre 1914 puis le front se stabiliser à proximité immédiate entre les 13 et 15 du même mois. Le village subit à la fois les rigueur de l’occupation et les bombardements des canons français.
- En décembre, les civils sont évacués, vers Laon notamment.

- Une des habitantes de Variscourt commence alors à s’illustrer : Marie Birckel.

- Les positions allemandes sont intensément bombardées lors de la préparation de l’offensive Nivelle, sans succès. Lors de la fin du conflit, en octobre 1918, le village est totalement ruiné …

- Au recensement de 1921, il n’y a encore que 70 habitants à Variscourt (le niveau d’avant-guerre est cependant vite dépassé pour atteindre plus de 150 dans les années 1930).

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mardi 24 mars 2015

V comme Vendel (Henri)



- Homme de lettres français
- Almenêches (Orne) 1892 – Saint-Gratien (Oise) 1949

- Etudiant à l’Ecole nationale des Chartes, Henri Vendel est mobilisé au sein du 5e RI en 1914 puis du 403e RI en mars 1915 (151e DI).
- Présent à partir de l’été 1916 autour de Reims, le régiment est aux Cavaliers de Courcy au moment du déclenchement de l’offensive Nivelle ; le 23 juin, Henri Vendel est cité à l’ordre de l’Armée et reçoit la croix de guerre avec deux étoiles.
- En août, il est à Hurtebise puis à partir de la fin de l’année 1917 plus à l’ouest, autour de Pinon puis Vauxaillon.
- En mai 1918, juste avant l’offensive allemande, il est évacué pour blessure liée aux gaz puis passe le reste de l’année hospitalisé.

- Après la guerre et la fin de ses études, Henri Vendel devient bibliothécaire dans la Marne, inventant notamment le principe du bibliobus, tout en poursuivant la publication d’écrits sous le pseudonyme de Nadel.

- En 1921 paraît Sous le pressoir, qui mélange souvenirs et fiction à propos du conflit.
- « La misère, la peur, les angoisses, les maux de toutes sortes que la guerre entraîne, ont pilé ma jeunesse. Mon âme fut comme une cuvée de raisins sous le pressoir. Je t’offre, lecteur, le vin de ma souffrance.
Je n’ai pas de prouesses à chanter ; je ne veux pas même dire : “j’étais là, telle chose m’advint, voilà ce que j’ai vu de telles batailles”. Je veux simplement, franchement, naïvement, te montrer quelles douleurs et quelles joies, quelles craintes et quelles espérances, put éprouver un homme semblable aux autres, emporté dans la tourmente. »



Source principale :


jeudi 8 janvier 2015

T comme Tournant de la mort



- « En 1914, lorsqu’on allait d’Oeuilly à Jumigny, dans l’Aisne, on trouvait à gauche, juste après avoir quitté la grand-route de Beaurieux, une ferme appelée Cuissy-Ferme. Tout de suite après, le chemin grimpait sur une colline en faisant un virage avant de redescendre vers Jumigny. En arrivant dans ce secteur, à l’automne 1914, on nous avait bien recommandé de ne pas nous faire voir dans cet endroit que les soldats avaient surnommé « Le Tournant de la Mort » : les Allemands avaient l’habitude de le canarder souvent, et nombreux étaient les hommes à y avoir déjà trouvé la mort. Aussi, lorsqu’il nous arrivait d’y passer, à pied ou avec les voitures, ne traînions nous pas. »

- C’est par ces mots que Louis Henrio, du 88e RIT, commence la préface du recueil de ses mémoires de guerre, intitulées précisément Le tournant de la mort (Kammdro an Ankoù en version originale bretonne).
- Comme le « Carrefour de la mort » de l’autre côté du vallon du Tordoir, ce secteur dangereux est pourtant un point de passage essentiel quant au ravitaillement des secteurs du plateau de Paissy ou de la Vallée Foulon. D’où sa mauvaise réputation auprès des soldats …

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samedi 6 décembre 2014

M comme Michel (Charles-Auguste)



- Sapeur-pompier français
- Vailly-sur- Aisne 1843 - Vailly-sur-Aisne 1914

- Charles-Auguste Michel est issu d’une famille importante pour Vailly-sur-Aisne et pour le monde des sapeurs-pompiers. En effet, Auguste Michel est capitaine du corps local lorsqu’il trouve la mort à 48 ans après une intervention contre un incendie à la sucrerie de Vauxrains en 1865 (un monument élevé en son honneur sur les lieux de l’accident est détruit pendant la première guerre). 

- Combattant pendant la guerre de 1870 (il est lieutenant au 12e BCP), Charles-Auguste Michel fonde en 1881 la Fédération des Sapeurs-Pompiers de France et d’Algérie à Reims en 1882.
- Quand la première guerre mondiale éclate, il a 71 ans ; resté dans sa maison malgré les combats, il meurt sous le bombardement lors de l’offensive allemande du 30 octobre 1914 sur sa ville, qui les voit progresser jusqu’à l’Aisne dans ce secteur.

- Le 11 novembre 1922, Charles-Auguste Michel obtient la Légion d’honneur à titre posthume.

- Lors des cérémonies du centenaire en 2014 à Vailly, un hommage particulier lui est rendu.




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