- Ferme située entre Vendresse et Cerny-en-Laonnois, sur les pentes sud du Chemin des Dames (près du cimetière britannique).
- En 1914, Troyon est un hameau qui forme avec son voisin de Vendresse une commune depuis 1809. Il est dépassé par les Allemands dans leur marche en direction de Paris.
- Les 14 et 15 septembre, ce sont les Britanniques du Northamptonshire Regiment et du Loyal North Lancashire qui essaient de reprendre pied sur le plateau. Après l’échec automnal des Alliés, Troyon déjà en grande partie détruit se retrouve sur la ligne de front, qui longe la bordure du plateau. Ses ruines servent d’abri fragile aux Français qui guettent ou tentent des coups de main vers les hauteurs. Puis toutes les creutes et les pentes du ravin sont aménagées, une fois le front stabilisé, pour permettre aux soldats de veiller avec plus de « confort » et de sécurité. Rien ne bouge pendant plus de deux ans en ce qui concerne la ligne de front.
- Le 11 avril 1917, quand J. Tézenas du Montcel (5e R.I.C.) remonte le ravin, relativement à l’abri des bombardements allemands, et arrive à Troyon en vue de l’offensive Nivelle, « il ne reste que des tas de pierres et quelques pans de murs. »
- Pendant presque toute l’année, la ligne de front évoluant peu, le ravin de Troyon garde son rôle de base de départ pour les attaques et de première halte bienvenue pour les soldats qui reviennent du saillant de Deimling.
- Après la guerre, le hameau n’est pas entièrement reconstruit (un projet de chapelle est abandonné, l’argent prévu étant transféré vers l’église de Vendresse) ; on y trouve aujourd’hui une ferme.
Carte de juillet 1916 (110e RI, dans le JMO du 63e)
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Connaître et comprendre le lieu, les hommes, les événements et la mémoire du Chemin des Dames
dimanche 27 mars 2011
jeudi 24 mars 2011
M comme Météo
Généralités
- « Le climat est froid, le ciel immense est gris, rayé par les lignes parallèles des nuages que le vent du nord accumule et déverse en pluies incessantes sur le sol détrempé pendant de longs mois. On voit, dans les vieux almanachs, ces figures de ciel dessinées par une seule ligne d’horizon d’où monte un vol de corbeaux. Comme ce pays, avec ses neiges, ses vents ronflants sur les plateaux, la moiteur pénétrante des longs hivers humides, parut rude à mon enfance ! »
Gabriel Hanotaux, L’Aisne Dans la Grande guerre
1917
- « L’hiver – le troisième de la guerre – était très dur et il se prolongeait. La pluie et les infiltrations (l’Aisne inondait la vallée) rendaient les tranchées et les terres fangeuses, avec des bourbiers, des cloaques, où l’on s’enlisait. Une humidité dégoulinante trempait la capote, pénétrait les os, glaçait les pieds. Au repos, dans des granges ou des maisons délabrées, on grelottait, on dormait mal, on se morfondait. Les denrées alimentaires étaient rares, les repas chauds irréguliers. Trop de misères déprimaient les corps et trop de déceptions alourdissaient les cœurs. Dans le train d’une existence ensemble réglée et vacante, elles exaspéraient la mauvaise humeur, accentuant l’impatience ou la révolte des uns, éprouvant la résignation des autres, confirmant la volonté courageuse de ceux dont les hautes raisons de vivre, tonifiant ces souffrances mêmes. »
(R.G. Nobécourt, op. cit., page 129)
Avril 1917
- 10 avril : « Le temps qui hier déjà était à la pluie est redevenu très froid : un temps de giboulées avec des averses fréquentes. Quelle malchance ! Il est écrit que la pluie sera de toutes nos offensives, pour gêner l’observation – par conséquent la destruction des ouvrages de défense – et augmenter nos souffrances … […] Le temps s’assombrit de plus en plus, et c’est à croire que la nuit est déjà là. Le ciel roule de gros nuages noirs qui se chevauchent à toute vitesse au-dessus de nos têtes et semblent tout près d’accrocher les cimes des sapins. Nous approchons, et soudain le vent âpre nous jette à la figure des flocons de neige qui tourbillonnent dans une sarabande frénétique. » (J. Tézenas du Montcel, L’Heure H)
- « Il pleuvait, il tombait de la neige pourrie ; on a fait quarante ou cinquante kilomètres dans la boue et dans le noir ; avec l’habitude on y voyait clair. On était des mille à avancer sur de méchantes pistes de rondins. Tout ça se croisait, s’embrouillait. » (Ephraïm Grenadou, 15 avril 1917, cité par A. Loez)
- « Départ à 23 heures. Marche par une nuit noire comme de l’encre, par une pluie battante, par une boue gluante : on marcherait les yeux bandés qu’on ramasserait pas plus de bûches… » (Lucien Laby, le 15 avril 1917)
- « Enfin dans la bruine qui ne cesse pas, un jour sale et bas se lève sur notre droite. Il fait froid ». Vers 8 heures, « le temps est redevenu terriblement froid et après ces deux nuits sans sommeil nous sommes transis par une bise glaciale » (J. de Fontenioux, près de Bourg-et-Comin le 16 avril 1917, cité par A. Loez)
- « En haut il y a une crête, il faut coûte que coûte y arriver. C’est notre point d’arrêt dans le plan ; y parvenir n’est pas chose facile. La température s’en mêle, le ciel s’assombrit et la neige tombe en gros flocons comme en décembre. » (Paul Clerfeuille cité par R. Cazals, 16 avril 1917 vers 7h du matin au-dessus de Craonnelle)
- Le 17 avril, dans les monts de Champagne … « Bientôt c’est une véritable tourmente d’énormes flocons entraînés par un vent violent. […] Le froid est de plus en plus terrible et nous commençons à être trempés. […] J’ai la sensation de ce que doit être la mort par le froid. » (J. Villetard de Prunières, cité par A. Loez)
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lundi 21 mars 2011
C comme Couleuvres
- Bois situé entre Pontavert et Beaurieux, collé au bois de Beaumarais.
- Le bois des Couleuvres, récupéré par les Français, se trouve en 2e ligne dès l’automne 1914.
- C’est un carrefour, une plaque tournante, un point essentiel dans ce secteur mais aussi un lieu de bivouac, où l’on trouve soit les troupes éprouvées soit les réserves, tels le 64e BCP ou le 77e R.I d’Ernest Brec au moment de l’offensive Nivelle. Le 16 avril, le 123e R.I.T participe « à l’avance générale, dans la boue du bois des Couleuvres, sous la canonnade de Craonne. » (Historique)
- Relativement abrité, il accueille aussi des éléments de la logistique des unités : cantines, infirmeries, etc.
- Pendant toute la guerre, surtout plusieurs semaines au printemps 1917, le bois est soumis aux tirs allemands. Par exemple, le 6e régiment du Génie « prend le 25 avril la direction des travaux d’entretien et de réfection des routes du corps d’armée au nord de l’Aisne et crée des raccordements de chemins dans les bois des Couleuvres et entre Craonnelle et Pontavert. Les chantiers sont bombardés et envahis par des nappes de gaz asphyxiants. Malgré cela le travail s’exécute dans de bonnes conditions […]. » (Historique)
- A partir de l’automne 1917, la ligne de front s’éloigne. Tout en gardant son rôle essentiel, le bois des Couleuvres connaît un calme relatif.
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- Le bois des Couleuvres, récupéré par les Français, se trouve en 2e ligne dès l’automne 1914.
- C’est un carrefour, une plaque tournante, un point essentiel dans ce secteur mais aussi un lieu de bivouac, où l’on trouve soit les troupes éprouvées soit les réserves, tels le 64e BCP ou le 77e R.I d’Ernest Brec au moment de l’offensive Nivelle. Le 16 avril, le 123e R.I.T participe « à l’avance générale, dans la boue du bois des Couleuvres, sous la canonnade de Craonne. » (Historique)
- Relativement abrité, il accueille aussi des éléments de la logistique des unités : cantines, infirmeries, etc.
- Pendant toute la guerre, surtout plusieurs semaines au printemps 1917, le bois est soumis aux tirs allemands. Par exemple, le 6e régiment du Génie « prend le 25 avril la direction des travaux d’entretien et de réfection des routes du corps d’armée au nord de l’Aisne et crée des raccordements de chemins dans les bois des Couleuvres et entre Craonnelle et Pontavert. Les chantiers sont bombardés et envahis par des nappes de gaz asphyxiants. Malgré cela le travail s’exécute dans de bonnes conditions […]. » (Historique)
- A partir de l’automne 1917, la ligne de front s’éloigne. Tout en gardant son rôle essentiel, le bois des Couleuvres connaît un calme relatif.
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samedi 19 mars 2011
F comme Fonck (René)
- Aviateur français
- Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) 1894 – Paris 1953
- Apprenti mécanicien, René Fonck est mobilisé au sein du Génie en 1914. Dès 1915, il obtient de suivre une formation de pilote d’avion et, à partir de mars 1917, il comptabilise 75 victoires officielles, soit le « record » pour un aviateur français (il n’est dépassé que par Manfred von Richthofen, le « Baron rouge », 80 victoires). Très agile, avec une rapidité qui fait sa renommée, le pilote de l’Escadrille des Cigognes touche l’adversaire directement tout en étant rarement (jamais ?) atteint lui-même.
- Fonck brille à 5 reprises au cours des combats du printemps 1917 : Cerny, Berry-au-Bac, Aguilcourt, Nogent l’Abbesse, Cormicy.
- Il revient dans la région en mars 1918 (victoires à Berméricourt, Courtecon) puis en juin et juillet plus au sud, sur la Marne notamment.
- René Fonck finit la guerre comme lieutenant (il est porte-drapeau de l’aviation le 14 juillet 1919) puis entre en politique, tout en réfléchissant à l’usage militaire de l’aviation.
Fiché Aéro
Sources principales :
http://www.theaerodrome.com/aces/france/fonck.php
http://greatwaraces.110mb.com/fonck.html
http://rene.fonck.free.fr/spip/index.php
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- Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) 1894 – Paris 1953
- Apprenti mécanicien, René Fonck est mobilisé au sein du Génie en 1914. Dès 1915, il obtient de suivre une formation de pilote d’avion et, à partir de mars 1917, il comptabilise 75 victoires officielles, soit le « record » pour un aviateur français (il n’est dépassé que par Manfred von Richthofen, le « Baron rouge », 80 victoires). Très agile, avec une rapidité qui fait sa renommée, le pilote de l’Escadrille des Cigognes touche l’adversaire directement tout en étant rarement (jamais ?) atteint lui-même.
- Fonck brille à 5 reprises au cours des combats du printemps 1917 : Cerny, Berry-au-Bac, Aguilcourt, Nogent l’Abbesse, Cormicy.
- Il revient dans la région en mars 1918 (victoires à Berméricourt, Courtecon) puis en juin et juillet plus au sud, sur la Marne notamment.
- René Fonck finit la guerre comme lieutenant (il est porte-drapeau de l’aviation le 14 juillet 1919) puis entre en politique, tout en réfléchissant à l’usage militaire de l’aviation.
Fiché Aéro
Sources principales :
http://www.theaerodrome.com/aces/france/fonck.php
http://greatwaraces.110mb.com/fonck.html
http://rene.fonck.free.fr/spip/index.php
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mercredi 16 mars 2011
P comme Prost (Emile)
- Soldat français
- Salins (Jura) 1881 – Crouy 1915
- Emile Prost est soldat au 49e Bataillon de Chasseurs à Pied.
- Il est tué le 13 janvier 1915 au ravin des Cornants, au-dessus de Crouy, lors de la bataille qui porte le nom de cette localité.
- Un monument est élevé en bordure du plateau et du ravin.
Fiche MPF
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dimanche 13 mars 2011
S comme Saint-Victor

- Ferme, aujourd’hui disparue, située au nord du plateau de Californie
- Située en zone allemande dès septembre 1914, la ferme Saint-Victor est utilisée dans le système défensif des hauteurs au-dessus de Craonne.
- Soumise aux intenses bombardements français d’avril 1917, elle est entièrement détruite.
- La ferme Saint-Victor n’est pas reconstruite après la guerre. On trouve aujourd’hui à son emplacement une clairière au cœur de la forêt de Vauclair.
Carte de janvier 1918 (1er RI)
(Un grand merci à Jean-François Jagielski pour la photographie)
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jeudi 10 mars 2011
T comme Taylor (Paul)
- Militaire français
- Paris 1871 – Braye-en-Laonnois 1918
- Né dans une famille d’origine britannique, le saint-cyrien Paul Taylor fait carrière dans la cavalerie. En 1914, il est capitaine au 13e Hussards, grièvement blessé lors des combats.
- En novembre 1916, il est affecté au 19e R.I.
- Fin mars 1917, il « accompagne » le repli allemand jusqu’à Laffaux.
- Pendant 3 semaines, entre le 30 avril et le 18 mai, Paul Taylor – devenu colonel du 19e – est présent sur le plateau de Paissy, où il participe à la 2e phase de l’offensive Nivelle.
- De l’automne 1917 jusqu’au printemps 1918, son régiment stationne à l’ouest du Chemin des Dames et autour de Vauxaillon
- Après avoir participé à la résistance contre les Allemands en Picardie, Taylor revient autour de Paissy et Braye-en-Laonnois le 20 avril.
- Le 27 mai 1918, il est dans son P.C. Gênes, sur la pente qui domine le canal, lorsque se déclenche la formidable préparation d’artillerie allemande préparatoire à leur offensive sur le Chemin des Dames. « Il faut tenir sur place. » L’attaque allemande est un succès immédiat ; dès 6 heures, les unités d’assaut sont au-dessus de lui et le bombardent de grenades. « Bon … vous pouvez vous replier. » Taylor et une poignée de survivants cherchent d’abord à bloquer les assaillants qui descendent des Grelines, sans succès, puis franchissent le canal. A 6h30 ils sont 80 ; deux heures plus tard ils sont 20. Le colonel refuse de se replier vers Soupir, comme on le lui suggère, et tente de rallier les ruines de la ferme du Metz, réclamant de l’aide à ses supérieurs. Mais la position est déjà occupée par les troupes de Von Boehm. « Le groupe n’est plus qu’une épave dans la marée grise qui, par toutes les pentes, inonde la vallée. Il faut se replier pour ne pas être emporté par elle. » Mais Paul Taylor résiste, même blessé. « Mes amis, ne laissez pas votre colonel aux mains des Allemands ! » Mais alors qu’on l’emporte, il est mortellement touché par une balle.
(le récit et les citations sont issus du livre de R.G. Nobécourt, pages 378-379)
- Porté disparu, Paul Taylor est enterré à Soupir avec sur sa croix la mention « Colonel inconnu ». Grâce à sa veuve, il est formellement identifié après-guerre mais repose, comme il le souhaitait, près de l’endroit où il est tombé.
Son portrait (Archives de Vendée) :
http://www.archinoe.net/cg85v4/visu_affiche.php?PHPSID=20d764fc5218b30ac04b7f3dcc51a856¶m=visu&page=1
A consulter pour plus de détails (malgré quelques inexactitudes) :
http://www.memorial-genweb.org/html/documents/col_taylor.pdf
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- Paris 1871 – Braye-en-Laonnois 1918
- Né dans une famille d’origine britannique, le saint-cyrien Paul Taylor fait carrière dans la cavalerie. En 1914, il est capitaine au 13e Hussards, grièvement blessé lors des combats.
- En novembre 1916, il est affecté au 19e R.I.
- Fin mars 1917, il « accompagne » le repli allemand jusqu’à Laffaux.
- Pendant 3 semaines, entre le 30 avril et le 18 mai, Paul Taylor – devenu colonel du 19e – est présent sur le plateau de Paissy, où il participe à la 2e phase de l’offensive Nivelle.
- De l’automne 1917 jusqu’au printemps 1918, son régiment stationne à l’ouest du Chemin des Dames et autour de Vauxaillon
- Après avoir participé à la résistance contre les Allemands en Picardie, Taylor revient autour de Paissy et Braye-en-Laonnois le 20 avril.
- Le 27 mai 1918, il est dans son P.C. Gênes, sur la pente qui domine le canal, lorsque se déclenche la formidable préparation d’artillerie allemande préparatoire à leur offensive sur le Chemin des Dames. « Il faut tenir sur place. » L’attaque allemande est un succès immédiat ; dès 6 heures, les unités d’assaut sont au-dessus de lui et le bombardent de grenades. « Bon … vous pouvez vous replier. » Taylor et une poignée de survivants cherchent d’abord à bloquer les assaillants qui descendent des Grelines, sans succès, puis franchissent le canal. A 6h30 ils sont 80 ; deux heures plus tard ils sont 20. Le colonel refuse de se replier vers Soupir, comme on le lui suggère, et tente de rallier les ruines de la ferme du Metz, réclamant de l’aide à ses supérieurs. Mais la position est déjà occupée par les troupes de Von Boehm. « Le groupe n’est plus qu’une épave dans la marée grise qui, par toutes les pentes, inonde la vallée. Il faut se replier pour ne pas être emporté par elle. » Mais Paul Taylor résiste, même blessé. « Mes amis, ne laissez pas votre colonel aux mains des Allemands ! » Mais alors qu’on l’emporte, il est mortellement touché par une balle.
(le récit et les citations sont issus du livre de R.G. Nobécourt, pages 378-379)
- Porté disparu, Paul Taylor est enterré à Soupir avec sur sa croix la mention « Colonel inconnu ». Grâce à sa veuve, il est formellement identifié après-guerre mais repose, comme il le souhaitait, près de l’endroit où il est tombé.
Son portrait (Archives de Vendée) :
http://www.archinoe.net/cg85v4/visu_affiche.php?PHPSID=20d764fc5218b30ac04b7f3dcc51a856¶m=visu&page=1
A consulter pour plus de détails (malgré quelques inexactitudes) :
http://www.memorial-genweb.org/html/documents/col_taylor.pdf
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lundi 7 mars 2011
T comme Trou des Demoiselles

- Lieu, cité par certains documents (parfois appelé Trou de la Demoiselle), situé sur les pentes au sud de la ferme d’Hurtebise, à proximité de la route quoi descend vers la Vallée Foulon
- C’est le pendant oriental du Trou d’Enfer, quoique beaucoup moins cité car moins marqué d’un point de vue topographique donc moins important d’un point de vue militaire. « Allez vous promener du côté d'Hurtebise, vous y verrez des dépressions à donner le vertige quand on les regarde d'en haut. Elles se nomment Le Trou de la Demoiselle, Le Trou de l'Enfer, parmi d'autres. » (Capitaine de Froidefond, cité ici)
- Intégré au système défensif allemand de la ferme de la Creute et de l’isthme d’Hurtebise à partir de janvier 1915, le Trou des Demoiselles est dépassé difficilement par les Français le 16 avril 1917, ne constituant par un obstacle aussi meurtrier – voire infranchissable – que les bastions défensifs voisins.
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samedi 5 mars 2011
C comme Casemates
- Plateau (aujourd’hui totalement boisé) situé entre ceux de Californie et de Vauclerc, au nord-ouest de Craonne
- Contrôlé et organisé défensivement par les Allemands depuis septembre 1914, le plateau des Casemates fait partie des premiers objectifs de l’offensive Nivelle le 16 avril 1917 ; sa prise se révèle cependant impossible.
- Emile Carlier (127e RI), à 9h, est dans la tranchée Limbourg, le boyau d’Offenbourg ; une soixantaine de prisonniers sont faits. Mais ayant trop avancé, le régiment est ensuite pris en enfilade et en plus touché par l’artillerie française. Il repart en avant dans l’après-midi, prend la tranchée des Friches et celle de l’Abri, enfin entre dans la foret de Vauclerc à 18h. Cependant, il doit reculer pour se mettre à l’alignement des deux autres régiments de la 162e DI (les 43e et 327e).
(source : CRID 14-18)
- Après l’échec général, les Français cherchent pendant plusieurs semaines à s’emparer des hauteurs pour contrôler les positions stratégiques ; les Casemates sont donc un « point chaud » entre les deux armées.
- Le 5 mai, le 57e RI progressent et s’empare de plusieurs tranchées allemandes. « Cent coups de feu palpitent le long de notre ligne. Mais les Allemands sont lancés cette fois. Les casemates, si près d’eux, les attirent. Ils pourraient cependant attendre la nuit sans trop de danger ; ils accomplissent là un véritable acte de folie. Qui sait ? Peut-être redoutent-ils un barrage ? Peut-être craignent-ils les V.B. que nous n’avons pas du reste ? Ils continuent par bonds désespérés. Plusieurs d’entre eux se couchent et ne se relèvent pas. Nous sommes tous debout sur la berme, et nous rions toujours, férocement, nerveusement, dans les claquements brefs de la fusillade. La mitrailleuse ennemie ne tire plus ; elle atteindrait les siens. Tout à coup, c’est fini. Les survivants ont disparu à nos yeux… On reprend la pioche et la pelle. Les armes brûlantes sont posées près des travailleurs. » (Georges Gaudy, cité par G. Lachaux, op. cit., page 117)
- Le 22 mai, les 152e et 334e RI partent à l’assaut et parviennent à prendre pied sur tout le plateau, de façon incertaine et au prix de très fortes pertes. Les Allemands sont repoussés sur les pentes nord mais tentent sans cesse des contre-attaques.
- Des coups de mains et des offensives locales ont lieu pendant tout l’été, mais la ligne de front évolue peu jusqu’au repli allemand sur l’Ailette du 2 novembre 1917.
Carte de mai 1917 (334e RI)
Plusieurs photos aériennes (et une carte) du plateau des Casemates dans le JMO du 22e BCP en septembre 1917.
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mercredi 2 mars 2011
L comme Laval-en-Laonnois
- Village situé en bordure de plaine au sud de Laon, près de la N2
- 250 habitants
- Laval-en-Laonnois, environ 180 habitants en 1914, est occupé par les Allemands pendant presque toute la durée de la guerre, libéré le 12 octobre 1918.
- Le village connaît les mêmes vicissitudes que ses voisins de l’arrière proches du front : privations, réquisitions puis évacuation à l’approche de l’offensive Nivelle, le 11 mars 1917.
- Après le retour de la population, Laval-en-Laonnois compte 117 habitants au recensement de 1921, chiffre qui remonte légèrement ensuite. Les destructions matérielles sont minimes.
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- 250 habitants
- Laval-en-Laonnois, environ 180 habitants en 1914, est occupé par les Allemands pendant presque toute la durée de la guerre, libéré le 12 octobre 1918.
- Le village connaît les mêmes vicissitudes que ses voisins de l’arrière proches du front : privations, réquisitions puis évacuation à l’approche de l’offensive Nivelle, le 11 mars 1917.
- Après le retour de la population, Laval-en-Laonnois compte 117 habitants au recensement de 1921, chiffre qui remonte légèrement ensuite. Les destructions matérielles sont minimes.
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dimanche 27 février 2011
Y comme Yser
- Fleuve franco-belge qui donne son nom à une creute et à un tunnel au Chemin des Dames.
- La creute de l’Yser est située au-dessus de la ferme de Cuissy, au sud du plateau de Paissy
- Les soldats français y séjournent fréquemment avant de partir en première ligne ou à leur retour des combats. C’est un véritable carrefour, lieu de passage obligé dans le secteur.

- Le tunnel de l’Yser, lui, se trouve à quelques mètres à l’est de Cerny, sous le plateau.
- Construit par les Allemands, il leur permet de ravitailler les premières lignes (tranchées de Franconie, de la Fourragère, de Dresde, etc.) de l’ouest du saillant de Deimling depuis les pentes proches de Cerny.
- Le 24 avril 1917, le 93e RI s’empare de la totalité de la tranchée de Dresde et donc de l’entrée sud du tunnel. L’attaque du 5 mai par ce même régiment est dans ce secteur un succès relatif puisque les consignes sont de s’emparer de l’intégralité du plateau, ce qui est fait avec à la clef un très grand nombre de prisonniers. L’entrée nord et le souterrain sont aux mains des Français, qui l’utilisent à leur tour pour ravitailler leurs troupes dans ce secteur très à découvert, où les abris naturels manquent.
- Le tunnel de l’Yser reste cependant un point disputé à cette entrée, d’autant que l’on trouve à proximité de celle-ci une creute bien placée.
- Le 28 juin dans la soirée, les Allemands lancent une attaque contre les positions du 72e RI après un intense bombardement. « Les Allemands réussirent à s’emparer des éléments français de la Grotte est puis avancèrent dans le Tunnel. Le Génie français dut faire jouer une mine entre les sorties 2 et 3. » Les deux armées se retrouvent donc dans l’ouvrage, séparée par un éboulis. Des combats se poursuivent pendant plusieurs jours, les uns essayant de reprendre ce qui a été perdu, les autres de poursuivre leur contre-offensive ; on s’affronte à coup de grenades aux sorties centrales du tunnel. Ce sont les Allemands qui parviennent à progresser lentement et rogner le saillant de Deimling. Le tunnel finit d’être détruit par les combats et devient inutilisable.
Quelques cartes issues des JMO :
99e RI en juin 1917
Idem
RICM en juin 1917
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- La creute de l’Yser est située au-dessus de la ferme de Cuissy, au sud du plateau de Paissy
- Les soldats français y séjournent fréquemment avant de partir en première ligne ou à leur retour des combats. C’est un véritable carrefour, lieu de passage obligé dans le secteur.

- Le tunnel de l’Yser, lui, se trouve à quelques mètres à l’est de Cerny, sous le plateau.
- Construit par les Allemands, il leur permet de ravitailler les premières lignes (tranchées de Franconie, de la Fourragère, de Dresde, etc.) de l’ouest du saillant de Deimling depuis les pentes proches de Cerny.
- Le 24 avril 1917, le 93e RI s’empare de la totalité de la tranchée de Dresde et donc de l’entrée sud du tunnel. L’attaque du 5 mai par ce même régiment est dans ce secteur un succès relatif puisque les consignes sont de s’emparer de l’intégralité du plateau, ce qui est fait avec à la clef un très grand nombre de prisonniers. L’entrée nord et le souterrain sont aux mains des Français, qui l’utilisent à leur tour pour ravitailler leurs troupes dans ce secteur très à découvert, où les abris naturels manquent.
- Le tunnel de l’Yser reste cependant un point disputé à cette entrée, d’autant que l’on trouve à proximité de celle-ci une creute bien placée.
- Le 28 juin dans la soirée, les Allemands lancent une attaque contre les positions du 72e RI après un intense bombardement. « Les Allemands réussirent à s’emparer des éléments français de la Grotte est puis avancèrent dans le Tunnel. Le Génie français dut faire jouer une mine entre les sorties 2 et 3. » Les deux armées se retrouvent donc dans l’ouvrage, séparée par un éboulis. Des combats se poursuivent pendant plusieurs jours, les uns essayant de reprendre ce qui a été perdu, les autres de poursuivre leur contre-offensive ; on s’affronte à coup de grenades aux sorties centrales du tunnel. Ce sont les Allemands qui parviennent à progresser lentement et rogner le saillant de Deimling. Le tunnel finit d’être détruit par les combats et devient inutilisable.
Quelques cartes issues des JMO :
99e RI en juin 1917
Idem
RICM en juin 1917
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vendredi 25 février 2011
C comme Champagne (creutes)
- Creutes situées au nord de Jumigny, à quelques hectomètres à l’est de la ferme de la Tour de Paissy.
- Toutes les unités françaises qui combattent dans ce secteur passent par ces lieux de cantonnement idéalement placées « où l’obscurité et l’humidité régnaient en maîtresses » (Historique du 52e RIC) mais bien protégées et proches des premières lignes.
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- Toutes les unités françaises qui combattent dans ce secteur passent par ces lieux de cantonnement idéalement placées « où l’obscurité et l’humidité régnaient en maîtresses » (Historique du 52e RIC) mais bien protégées et proches des premières lignes.
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jeudi 24 février 2011
A comme Association Chemin des Dames
- Association créée en 1989 qui s’occupe de l’entretien et de la préservation de la carrière de Froidmont, au-dessus de Braye-en-Laonnois
- Elle est conçue au début des années 1980 lorsque l’on constate l’état de la creute, pillée, endommagée et remplie de détritus par ses « visiteurs ».
- La première tâche de l’Association a été de louer la carrière au propriétaire du terrain, puis de fermer toutes les issues. La carrière de Froidmont est classée aux Monuments historiques en 1994 grâce à ses membres.
- L’Association organise des visites sur demande.
Source principale : Lettre du Chemin des Dames n°6
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samedi 19 février 2011
T comme Terrasse (Jacques)
- Militaire français
- 18 ? – 19 ?
- Réserviste, Jacques Terrasse devient capitaine au 355e RI et le reste pendant toute la guerre, commandant de la 18e compagnie.
- En 1917, il participe d’abord à la poursuite des Allemands qui se replient sur la ligne Hindenburg dans le secteur de Vregny (fin mars). « On est bien épaté de cette histoire : les Boches qui déménagent sans tambour ni trompette. Ce n’est pas leur habitude. On est content évidemment de se dégourdir les jambes et de pénétrer dans le domaine mystérieux de ces messieurs. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? On se méfie, on avance avec circonspection, bien que l’on ne rencontre pas de résistance. […] Y en a bon ! Mais notre allégresse est vite tempérée par le spectacle des destructions opérées par les Allemands. Les villages sont en ruine. Dans leur fuite, ils ont fait sauter tout ce qu’ils ont pu ; les caves elles-mêmes, tout ce qui peut servir d’abri est éventré, de gros entonnoirs de mines coupent les routes. Passe encore tout cela, c’est la guerre et ce n’est pas beau. Mais ce qui nous met dans une rogne noire, c’est de voir tous les arbres fruitiers ou autres systématiquement coupés ou entaillés à la hache. Seule, la rage froide de détruire a inspiré cette décision du commandement allemand, et ses troupes l’ont exécuté à la perfection. » (cité par G. Lachaux, op.cit., page 97)
- Après quelques jours de repos, Terrasse prend part à l’offensive Nivelle dans le secteur de Chavonne-Soupir. Le 355e RI progresse malgré la forte résistance allemande vers les Grinons puis Jouy et la ferme Hameret (20 avril).
- Relevé le 21, Terrasse revient en première ligne début mai autour de la ferme du Panthéon, d’où on aperçoit Laon si proche si lointaine …
- Il quitte le secteur le 23 mai.
- Le 13 octobre 1918, le capitaine Terrasse participe à la reprise de Laon.
- En 1964 est publié Avant l’oubli, l’histoire vécue du 355e Régiment d’infanterie. Grande guerre 1914-1918, mémoires de l’ex-capitaine Terrasse.
Source principale :
http://www.crid1418.org/doc/bdd_cdd/unites/DI127.html#RI355
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- 18 ? – 19 ?
- Réserviste, Jacques Terrasse devient capitaine au 355e RI et le reste pendant toute la guerre, commandant de la 18e compagnie.
- En 1917, il participe d’abord à la poursuite des Allemands qui se replient sur la ligne Hindenburg dans le secteur de Vregny (fin mars). « On est bien épaté de cette histoire : les Boches qui déménagent sans tambour ni trompette. Ce n’est pas leur habitude. On est content évidemment de se dégourdir les jambes et de pénétrer dans le domaine mystérieux de ces messieurs. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? On se méfie, on avance avec circonspection, bien que l’on ne rencontre pas de résistance. […] Y en a bon ! Mais notre allégresse est vite tempérée par le spectacle des destructions opérées par les Allemands. Les villages sont en ruine. Dans leur fuite, ils ont fait sauter tout ce qu’ils ont pu ; les caves elles-mêmes, tout ce qui peut servir d’abri est éventré, de gros entonnoirs de mines coupent les routes. Passe encore tout cela, c’est la guerre et ce n’est pas beau. Mais ce qui nous met dans une rogne noire, c’est de voir tous les arbres fruitiers ou autres systématiquement coupés ou entaillés à la hache. Seule, la rage froide de détruire a inspiré cette décision du commandement allemand, et ses troupes l’ont exécuté à la perfection. » (cité par G. Lachaux, op.cit., page 97)
- Après quelques jours de repos, Terrasse prend part à l’offensive Nivelle dans le secteur de Chavonne-Soupir. Le 355e RI progresse malgré la forte résistance allemande vers les Grinons puis Jouy et la ferme Hameret (20 avril).
- Relevé le 21, Terrasse revient en première ligne début mai autour de la ferme du Panthéon, d’où on aperçoit Laon si proche si lointaine …
- Il quitte le secteur le 23 mai.
- Le 13 octobre 1918, le capitaine Terrasse participe à la reprise de Laon.
- En 1964 est publié Avant l’oubli, l’histoire vécue du 355e Régiment d’infanterie. Grande guerre 1914-1918, mémoires de l’ex-capitaine Terrasse.
Source principale :
http://www.crid1418.org/doc/bdd_cdd/unites/DI127.html#RI355
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mercredi 16 février 2011
B comme Bastion Wolff

- Ensemble de tranchées françaises formant un lieu particulièrement fortifié, situé en première ligne à proximité de la Caverne du Dragon.
- Le Bastion Wolff est situé en avant de la première ligne française (tranchée de Tulle), formant un saillant en direction du Trou d’Enfer, sur les pentes du plateau de Paissy qui descendent vers La Vallée Foulon.
- Il fait partie d’un ensemble de plusieurs éléments du même type dans le secteur : juste derrière lui on trouve le Bastion Viala, puis le Bastion de la Bove qui lui sont reliés.
- C’est le point de départ des soldats qui partent à l’assaut du saillant de Cobourg, du trou d’Enfer et du Chemin des Dames le 16 avril 1917.
Voir par exemple :
JMO du RICM en date du 22 avril 1917
JMO du 123e RI à la même date
lundi 14 février 2011
L comme Larelle (Martial)
- Soldat français
- 18 ? – 19 ?
- Martial Larelle est soldat au 32e RI.
- A partir de février 1917, il est en retrait à proximité du Chemin des Dames. Mais son régiment n’est finalement pas engagé le 16 avril.
- Le 1er mai, il arrive dans le secteur de Beaumarais en vue de l’attaque sur les bastions de Chevreux.
- Dans la nuit du 7 au 8, Martial Larelle déserte (selon lui par peur). Condamné à mort, il voit sa peine commuée en emprisonnement.
- Il devient le plus vieux prisonnier pour cause de désertion puisqu’il n’est libéré qu’en 1933, beaucoup plus tard que tous les autres condamnés de la guerre.
Source : Denis Rolland, La grève des tranchées. Les mutineries de 1917, page 53
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- 18 ? – 19 ?
- Martial Larelle est soldat au 32e RI.
- A partir de février 1917, il est en retrait à proximité du Chemin des Dames. Mais son régiment n’est finalement pas engagé le 16 avril.
- Le 1er mai, il arrive dans le secteur de Beaumarais en vue de l’attaque sur les bastions de Chevreux.
- Dans la nuit du 7 au 8, Martial Larelle déserte (selon lui par peur). Condamné à mort, il voit sa peine commuée en emprisonnement.
- Il devient le plus vieux prisonnier pour cause de désertion puisqu’il n’est libéré qu’en 1933, beaucoup plus tard que tous les autres condamnés de la guerre.
Source : Denis Rolland, La grève des tranchées. Les mutineries de 1917, page 53
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samedi 12 février 2011
P comme Potsdam sous les chênes
- Poème de Bertolt Brecht (1927)
- Bertolt Brecht est mobilisé à 20 ans, en 1918, comme infirmier, alors qu’il mène des études de médecine. Il est, comme beaucoup, marqué par les horreurs qu’il voit tous les jours. Dès 1919, Brecht commence à écrire, ayant rompu avec son existence d’avant le conflit, notamment des écrits pacifistes (voir ici par exemple).
- Le poème « A Potsdam sous les chênes » paraît dans la revue Der Knüppel d’août 1927. C’est un texte antimilitariste, qui repose sur la promesse faite par le gouvernement allemand aux combattants de la première guerre : « A chaque soldat son chez soi. » C’est aussi un écrit politique puisqu’il oppose les classes sociales en appelant à la méfiance à l’égard des possédants.
- Le poème en allemand :
Zu Potsdam unter den Eichen
Zu Potsdam unter den Eichen
Im hellen Mittag ein Zug
Vorn eine Trommel und hinten eine Fahn
In der Mitte einen Sarg man trug.
Zu Potsdam unter den Eichen
Im hundertjährigen Staub
Da trugen sechse einen Sarg
Mit Helm und Eichenlaub
Und auf dem Sarg mit Mennigerot
Da war geschrieben ein Reim
Die Buchstaben sahen häßlich aus:
"Jedem Krieger sein Helm!"
Das war zum Angedenken
An manchen toten Mann
Geboren in der Heimat
Gefallen am Chemin des Damen.
Gekrochen einst mit Herz und Hand
Dem Vaterland auf den Leim
Belohnt mit dem Sarge vom Vaterland:
Jedem Krieger sein Heim!
So zogen sie durch Potsdam
Für den Mann am Chemim des Dames
Da kam die grüne Polizei
Und haute sie zusamm’.
- La traduction en français (trouvée ici) :
A Potsdam sous les chênes
À Potsdam sous les chênes par
Un clair midi tout un convoi :
Tambour devant, drapeau derrière,
Au milieu le cercueil porté.
À Potsdam sous les chênes par
Une poussière séculaire
Six hommes portaient un cercueil
Avec casque et feuilles de chêne.
Et sur le cercueil, au minimum,
On avait écrit une phrase
En caractères plutôt laids :
« À chaque soldat son chez soi ! »
Cela c’était en souvenir
De plus d’un homme tombé mort
Qui naquit au pays d’ici
Et mourut au Chemin des Dames.
Lui, du cœur, de la main, donna
Dans le panneau de la Patrie
Qui d’un cercueil le récompense :
À chaque soldat son chez soi !
Ils allaient ainsi par Potsdam
Pour celui du Chemin des Dames.
Alors vint la police verte,
Matraqua d’une poigne experte.
- A écouter ici (interprété par Ute Lemper)
ou ici
(le poème est mis en musique par Kurt Weill)
Source : Fred Fischbach, L’évolution politique de Bertolt Brecht de 1913 à 1933
Merci à Yves Fohlen pour l’inspiration …
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- Bertolt Brecht est mobilisé à 20 ans, en 1918, comme infirmier, alors qu’il mène des études de médecine. Il est, comme beaucoup, marqué par les horreurs qu’il voit tous les jours. Dès 1919, Brecht commence à écrire, ayant rompu avec son existence d’avant le conflit, notamment des écrits pacifistes (voir ici par exemple).
- Le poème « A Potsdam sous les chênes » paraît dans la revue Der Knüppel d’août 1927. C’est un texte antimilitariste, qui repose sur la promesse faite par le gouvernement allemand aux combattants de la première guerre : « A chaque soldat son chez soi. » C’est aussi un écrit politique puisqu’il oppose les classes sociales en appelant à la méfiance à l’égard des possédants.
- Le poème en allemand :
Zu Potsdam unter den Eichen
Zu Potsdam unter den Eichen
Im hellen Mittag ein Zug
Vorn eine Trommel und hinten eine Fahn
In der Mitte einen Sarg man trug.
Zu Potsdam unter den Eichen
Im hundertjährigen Staub
Da trugen sechse einen Sarg
Mit Helm und Eichenlaub
Und auf dem Sarg mit Mennigerot
Da war geschrieben ein Reim
Die Buchstaben sahen häßlich aus:
"Jedem Krieger sein Helm!"
Das war zum Angedenken
An manchen toten Mann
Geboren in der Heimat
Gefallen am Chemin des Damen.
Gekrochen einst mit Herz und Hand
Dem Vaterland auf den Leim
Belohnt mit dem Sarge vom Vaterland:
Jedem Krieger sein Heim!
So zogen sie durch Potsdam
Für den Mann am Chemim des Dames
Da kam die grüne Polizei
Und haute sie zusamm’.
- La traduction en français (trouvée ici) :
A Potsdam sous les chênes
À Potsdam sous les chênes par
Un clair midi tout un convoi :
Tambour devant, drapeau derrière,
Au milieu le cercueil porté.
À Potsdam sous les chênes par
Une poussière séculaire
Six hommes portaient un cercueil
Avec casque et feuilles de chêne.
Et sur le cercueil, au minimum,
On avait écrit une phrase
En caractères plutôt laids :
« À chaque soldat son chez soi ! »
Cela c’était en souvenir
De plus d’un homme tombé mort
Qui naquit au pays d’ici
Et mourut au Chemin des Dames.
Lui, du cœur, de la main, donna
Dans le panneau de la Patrie
Qui d’un cercueil le récompense :
À chaque soldat son chez soi !
Ils allaient ainsi par Potsdam
Pour celui du Chemin des Dames.
Alors vint la police verte,
Matraqua d’une poigne experte.
- A écouter ici (interprété par Ute Lemper)
ou ici
(le poème est mis en musique par Kurt Weill)
Source : Fred Fischbach, L’évolution politique de Bertolt Brecht de 1913 à 1933
Merci à Yves Fohlen pour l’inspiration …
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mercredi 9 février 2011
L comme Limousine
- Début février 1918, la 26e Division d’infanterie américaine s’installe entre Vauxaillon et Braye-en-Laonnois pour découvrir la vie et les combats dans les tranchées après plusieurs semaines de formation dans des camps militaires.
- Au bout de quelques jours, son chef, le général Clarence Ransom Edwards (surnommé « Daddy »), souhaite se rendre au P.C. du colonel Hume à Vaudesson. Son aide, le capitaine Simpkins, lui déclare pouvoir trouver l’endroit avec une carte et éviter le Chemin des Dames lui-même (trop dangereux car à la vue des artilleurs allemands), et tous deux embarquent à bord de la « grosse limousine » du général conduite par le sergent Shea.
- Mais le capitaine Simpkins a présumé de ses capacités, et l’automobile se retrouve sans l’avoir voulu sur la route tant redoutée. Dans un premier temps, les Allemands sont tellement surpris qu’ils ne réagissent pas ; puis ils ne se privent pas de déclencher un violent tir sur la limousine.
- Le général Edwards se penche en avant pour éviter les éclats et demander au chauffeur d’accélérer. Nul besoin : celui-ci n’a pas attendu les ordres pour avancer au plus vite. Quand on lui demande si les obus tombaient près de la voiture, le sergent Shea déclare : « Je ne sais pas vraiment. J’étais trop occupé à mettre les gaz ! »
Source : Harry Benwell, History of the Yankee Division, page 58
- Au bout de quelques jours, son chef, le général Clarence Ransom Edwards (surnommé « Daddy »), souhaite se rendre au P.C. du colonel Hume à Vaudesson. Son aide, le capitaine Simpkins, lui déclare pouvoir trouver l’endroit avec une carte et éviter le Chemin des Dames lui-même (trop dangereux car à la vue des artilleurs allemands), et tous deux embarquent à bord de la « grosse limousine » du général conduite par le sergent Shea.
- Mais le capitaine Simpkins a présumé de ses capacités, et l’automobile se retrouve sans l’avoir voulu sur la route tant redoutée. Dans un premier temps, les Allemands sont tellement surpris qu’ils ne réagissent pas ; puis ils ne se privent pas de déclencher un violent tir sur la limousine.
- Le général Edwards se penche en avant pour éviter les éclats et demander au chauffeur d’accélérer. Nul besoin : celui-ci n’a pas attendu les ordres pour avancer au plus vite. Quand on lui demande si les obus tombaient près de la voiture, le sergent Shea déclare : « Je ne sais pas vraiment. J’étais trop occupé à mettre les gaz ! »
Source : Harry Benwell, History of the Yankee Division, page 58
dimanche 6 février 2011
Z comme Zone rouge
- En 1919, le Ministère des Régions libérées, en liaison avec celui de l’Armée, établit par décret trois catégories de zones en fonction des dégâts subis pendant la guerre : jaune, bleue et rouge.
- La zone rouge est le nom donné aux terres jugées trop difficiles à réaménager après 1918 : présence de cadavres, de munitions non explosées, dégâts physiques majeurs. L’Etat les rachète à leurs propriétaires pour les conserver comme vestiges de guerre ou les confier à l’Administration forestière.
- Environ 120 000 hectares sont concernés, dans 13 départements : « les pays aplatis » (R. Dorgelès).
- « Un voyage à travers les régions dévastées de la France bouleverse la vue et l’imagination, plus qu’il n’est possible de le dire. Durant l’hiver 1918-1919, avant que la nature ait recouvert la scène de son manteau dissimulateur, on pouvait contempler l’effroyable grandeur de l’horreur et de la désolation causées par la guerre. Tout était détruit. Sur des kilomètres et des kilomètres, rien ne subsistait : aucun bâtiment habitable, aucun champ cultivable. La similitude des paysages était également frappante. Une région dévastée était en tout point semblable à une autre – un tas de gravats, un marécage de trous d’obus, des fils de fer entremêlés. La quantité de travail qui serait nécessaire à la reconstruction semblait incalculable. » (J.M. Keynes, Les conséquences économiques de la paix, 1920)
- Près de 19 000 hectares sont classés en zone rouge dans l’Aisne au moment du décret de 1919, avant que l’action des élus locaux et des propriétaires fasse tomber le chiffre à 2 740 hectares en 1922 :
La ville-au-Bois-les Pontavert est en zone rouge à 98%
Ailles à 73 %
Courtecon et Cerny-en-Laonnois à 53%
Craonne à 47%
Chevregny à 44%
Crandelain-et-Malval à 41%
etc.
(chiffres d’E. Roussel, 1923)
- La région du Chemin des Dames est en effet marquée par « l’ampleur concentrée des dégâts irréparables. » « Ainsi, les habitants ne sont pas là aux prises avec des soucis d’une nature différente d’autres lieux détruits : les problèmes à résoudre y sont plus ardus qu’ailleurs. » (F. Bouloc)
- Finalement, seuls 717 hectares demeurent en zone rouge après 1927 (autour de Craonne et du plateau de Californie essentiellement). Beaucoup d’agriculteurs parviennent à recréer des champs grâce à la nature des terres crayeuses de la région ; c’est notamment le cas de nouveaux venus, de Belgique ou des Pays-Bas par exemple, qui s’installent dans ces lieux jugés jusque-là trop hostiles.
- « Rien n’arrivait à décourager le nouveau fermier. Lorsqu’il avait vu remettre en culture les champs de la zone rouge,- cette zone que l’administration considérait comme morte, - les fonctionnaires du génie rural étaient venus le chicaner.
Vous n’aurez pas un sou de crédit pour ces travaux là. Il y a bien assez d’ouvrage ailleurs. Les instructions du ministère sont formelles...
Et l’un avait même ajouté :
- Nous avons assez de mal comme ça à délimiter une zone rouge.
Didier Roger ne s’était pas fâché. Un peu moqueur, il avait seulement demandé au plus malveillant :
- Vous n’exigerez pas que je remette les champs dans l’état où je les ai pris au moins ? C’est surtout à cause des obus que ça m’ennuierait.
Puis, s’adressant à un autre :
-Croyez moi, monsieur, votre zone rouge va fondre comme du sucre. Avant dix ans il n’en restera plus un arpent. Alors autant s’y mettre tout de suite. »
(Roland Dorgelès, Le Réveil des morts)
Source principale :
François Bouloc, « Le Chemin des Dames dans l’après-guerre, ou les enjeux de la reconstruction exacerbés », dans N. Offenstadt, op. cit., pages 255 à 269)
mercredi 2 février 2011
B comme Bounoure (Gabriel)
« Moi qui veille, j’admire ce sommeil semblable à celui du dormeur étendu sur le parapet qui borde un précipice. »
- Ecrivain français
- Issoire 1886 – Lesconil (Finistère) 1969
- Professeur de Lettres à Quimper en 1912, Gabriel Bounoure est mobilisé en tant que sous-lieutenant au 118e RI (22e DI) en août 1914. Il devient ensuite capitaine au 19e RI, dans la même division.
- Entre mai et septembre 1916, Bounoure est en secteur à proximité de Berry-au-Bac, après les durs combats de Verdun.
- Il revient dans la région fin février 1917, d’abord à Soissons puis en poursuite des Allemands en repli en mars. Le 30 avril, le 19e RI arrive autour d’Hurtebise et participe à la 2e phase de l’offensive Nivelle, les 5 et 6 mai. Il part en repos le 16.
- A partir de la mi-septembre 1917, Gabriel Bounoure ne quitte plus la région du Chemin des Dames (autour du Panthéon, puis à l’ouest vers Quincy-Basse, enfin à nouveau autour d’Hurtebise), sauf pour participer à la résistance contre les Allemands en Picardie fin mars 1918.
- Le 27 mai, il subit de plein fouet l’offensive de Ludendorff contre le Chemin des Dames et l’écrasement de son régiment, qui doit se replier dans la confusion vers Fère-en-Tardenois. Il écrit d’ailleurs un article dans la Revue de Paris (en 1921) sur « La 22e Division au Chemin des Dames ».
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k175785.image.f718.langFR.pagination
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k17579h.image.r=%22Gabriel+Bounoure%22.f34.tableDesMatieres.langFR
- Après la guerre, Gabriel Bounoure mène une carrière de haut-fonctionnaire, notamment au Proche-Orient, tout en écrivant des livres et des critiques. Il rejoint très tôt la France résistante (1941).
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- Ecrivain français
- Issoire 1886 – Lesconil (Finistère) 1969
- Professeur de Lettres à Quimper en 1912, Gabriel Bounoure est mobilisé en tant que sous-lieutenant au 118e RI (22e DI) en août 1914. Il devient ensuite capitaine au 19e RI, dans la même division.
- Entre mai et septembre 1916, Bounoure est en secteur à proximité de Berry-au-Bac, après les durs combats de Verdun.
- Il revient dans la région fin février 1917, d’abord à Soissons puis en poursuite des Allemands en repli en mars. Le 30 avril, le 19e RI arrive autour d’Hurtebise et participe à la 2e phase de l’offensive Nivelle, les 5 et 6 mai. Il part en repos le 16.
- A partir de la mi-septembre 1917, Gabriel Bounoure ne quitte plus la région du Chemin des Dames (autour du Panthéon, puis à l’ouest vers Quincy-Basse, enfin à nouveau autour d’Hurtebise), sauf pour participer à la résistance contre les Allemands en Picardie fin mars 1918.
- Le 27 mai, il subit de plein fouet l’offensive de Ludendorff contre le Chemin des Dames et l’écrasement de son régiment, qui doit se replier dans la confusion vers Fère-en-Tardenois. Il écrit d’ailleurs un article dans la Revue de Paris (en 1921) sur « La 22e Division au Chemin des Dames ».
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k175785.image.f718.langFR.pagination
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k17579h.image.r=%22Gabriel+Bounoure%22.f34.tableDesMatieres.langFR
- Après la guerre, Gabriel Bounoure mène une carrière de haut-fonctionnaire, notamment au Proche-Orient, tout en écrivant des livres et des critiques. Il rejoint très tôt la France résistante (1941).
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