mercredi 29 décembre 2010

C comme Chaouia



- Creute proche d’Oeuilly, dominant la vallée de l’Aisne

- Ce sont les Zouaves marocains qui occupent cette creute en avril 1917 qui la baptisent ainsi, d’après le nom d’une région du Maroc mais aussi du nom méprisant donné aux tribus arabo-berbères qui pratiquaient l’agriculture et l’élevage.

- La creute est transformée en poste de commandement (PC) par les Français du 6e régiment du Génie civil : des piliers maçonnés renforcent la carrière tandis que les trois niveaux de celle-ci sont transformés en dortoirs.

- La creute Chouia n’est aujourd’hui pas entretenue et subit les affres du temps et les dégradations des « visiteurs ».








Plus de photographies et détails sur :
http://ruedeslumieres.morkitu.org/espace_photos/france/pc_chaouai/index_carriere.html

_

dimanche 19 décembre 2010

D comme Delvert (Charles)

- Enseignant français
- 1879 – 1940

- Professeur d’histoire à partir de 1901, Charles Delvert devient en parallèle lieutenant de réserve après son service militaire.
- Mobilisé au 101e RI, il obtient en 1915 le grade de capitaine. Après plusieurs blessures graves, il entre au GQG en août 1916.

- En avril 1917, il est affecté au 32e CA qui attaque dans le secteur de Sapigneul (il est sans doute situé à la cote 186, au-dessus de Cormicy). Dès 10 heures du matin le 16, Delvert constate le blocage face aux résistances allemandes.
- Il publie dès cette année-là Quelques héros, dans lequel il évoque notamment la prise de Loivre.


- Après la guerre, Charles Delvert reprend son métier de professeur tout en ayant une activité de journaliste et en écrivant des livres sur le conflit (il fait l’éloge de Témoins, de Jean Norton Cru). Il publie notamment en 1920 L’erreur du 16 avril, dans lequel il décrit minutieusement ce qu’il a vu depuis son poste le jour de l’offensive Nivelle.
http://www.association14-18.org/references/genealogie/delvertvscru.htm

_

mercredi 15 décembre 2010

J comme Jutland


- Saillant situé à l’ouest du vieux Craonne, en bordure du village, qui tire son nom de la péninsule formant la partie continentale du Danemark.
- C’est le pendant du saillant du Tyrol, situé à l’est.

- Le saillant de Jutland, sur les pentes du plateau de Californie, est le premier obstacle que doivent affronter les troupes françaises des 1er et 201e RI qui attaquent dans le secteur de Craonne, le 16 avril 1917. Le saillant protège en effet la partie orientale de la tranchée du Balcon.
- Il offre une terrible résistance : « je ne puis presque rien faire pendant la journée du 18, ni celle du 19. Sur le front de combat il n’y a pas de changement et l’ennemi tenant toujours le sommet du saillant de Jutland, je ne puis aller inhumer nos morts en plein jour dans le ravin. » (Achille Liénart)

- Après plusieurs jours de durs combats, les Français parviennent à neutraliser le danger que représente le saillant, mais celui-ci reste une zone de combats pendant tout l’été.

_

dimanche 12 décembre 2010

C comme Cote 132


- Hauteur située au nord-ouest de Crouy, en bordure du plateau traversé par la D1 (les cartes IGN actuelles indiquent une altitude maximale de 133 mètres)

(Vue de la cote 132 depuis les premières lignes françaises de 1914, avec en fond le bois contrôlé par les Allemands et, en arrière-plan, la ferme de La Perrière elle aussi entre leurs mains)


- Après les combats de septembre 1914, la cote 132 est divisée entre les deux armées. Les Allemands contrôlent le nord de la zone et le point le plus haut lui-même, parcouru par leurs tranchées ; les Français sont au sud, notamment dans les grottes du Petit-Bois. « La vallée de Crouy est dominée à l’ouest par un éperon appelé la cote 132, qu’une route à lacets, la route de Béthune, escalade de front. Au pied de la cote 132 passe la route de Maubeuge et le chemin de fer. Cette région remplie de grottes et de carrières était tenue solidement par l’ennemi ; là, en effet, se trouvait la charnière des positions allemandes. » (Historique du 60e RI)

(la cote 132: les tranchées françaises se trouvaient à gauche de la photographie; le chemin marque approximativement la première ligne)


- La cote 132 est le premier objectif de l’état-major français lors de la bataille de Crouy en 1915 : il s’agit de renforcer les positions de l’artillerie en rive droite de l’Aisne et de mieux contrôler les hauteurs au nord de Soissons. « L’échec de l’attaque du secteur Perrière-la Justice (12 novembre) démontre que toute progression au nord de Soissons est subordonné à la conquête de la cote 132 (plateau de Crouy) qui dès lors, devient l’objectif principal du 5e GDR. » (F. Beauclerc, op. cit., page 12)

- « Le mauvais temps empêche toute reconnaissance aérienne jusqu’au 8 janvier 1915, si bien qu’à l’aube de l’attaque, l’incertitude demeure sur le réseau défensif allemand. La zone d’attaque, présente l’aspect d’un plateau dénudé, couvert de chaume ou de betteraves pourries, légèrement ascendant vers les positions allemandes. » (F.B.)
- L’assaut est un succès dans un premier temps, la première ligne allemande n’offrant que peu de résistance, évacuée en grande partie. Dans la soirée, les Français ont bien pris pied sur la cote 132. « Les hommes ne sont parfois séparés des Allemands que par de simples talus ou des amoncellements de cadavres. » (F.B.) « Cette nuit a été effrayante, parce que nous étions exposés, sans défense, et dans la nuit, les impressions sont toujours intenses. On a su plus tard qu’on nous avait laissés là, en panne parce que les autres compagnies avaient rempli les tranchées conquises et qu’il n’y avait pas de place pour nous. Bref, à l’aube, nous entrons dans la tranchée allemande. » (lettre à sa femme de Henri Barbusse, soldat au 231e RI)


- Le lendemain, 9 janvier, les Français résistent aux tentatives allemandes : « une contre-attaque qui se massait sur 132 dans les tranchées, et dont on avait vu les baïonnettes, a été écrabouillée par groupe de 75 : pour une fois, le téléphone a fonctionné. Casques, fusils, bras et jambes sautaient en l’air par-dessus les tranchées … » (Paul Truffau, Quatre années sur le front. Carnets d’un combattant)
- Les troupes sont cependant usées car le terrain est difficile à organiser de façon défensive, notamment à cause des conditions météorologiques ; les relèves se font parfois dans de mauvaises conditions. De son côté l’état-major allemand s’accroche à cette hauteur, car sa perte remettrait en cause son attaque sur le plateau de Vregny voisin prévue pour le 14. La cote 132 devient donc le cœur de la bataille et décide du sort de tout le Soissonnais.


(Les vestiges de l'ouvrage "N", fortification allemande, et des réseaux de tranchées)


- Le 10 janvier, les Français reprennent l’offensive pour s’emparer de la ligne de tranchée « NOPQ » (du nom des ouvrages allemands qui la marquent, en bordure de plateau) et de la carrière Lombard, réserve essentielle pour les Allemands ; l’opération est une réussite, la maîtrise de la cote 132 est complète dans la soirée. Cependant, la prise de la hauteur n’entraîne pas le retrait espéré à Crouy, dans la vallée, ni une progression décisive (au total, l’avancée ne représente qu’un peu plus de 100 mètres).





- La maîtrise de la cote 132 est difficile : « Les hommes glissent, tombent, le canon du fusil se bouche, d’autres encore s’enlisent jusqu’au genou. Au bout de peu de temps, les mains souillées par la boue empêchent tout fonctionnement de la culasse, l’homme n’a plus que sa baïonnette » (JMO 109e brigade en date du 10 janvier 1915) ; « les tranchées allemandes de la cote 132 ne sont plus qu’un amas de boue encombré de cadavres, il est impossible d’y travailler utilement sous le bombardement. » (Lt-colonel Lejeune)

- Les difficultés du terrain ajoutées au manque de réserve en hommes et à un manque d’audace de certains officiers empêchent toute nouvelle progression française le 11 janvier, tandis que l’assaut sur le Chemin Creux, en contrebas, échoue.


- Si bien que le 12, ce sont les Allemands (désormais en position de force : leur plan d’attaque est prêt et la concentration de leurs troupes est achevée) qui reprennent l’initiative. Après avoir annihilé l’artillerie française du plateau de la Justice qui leur faisait tant de mal depuis quatre jours, ils passent à l’offensive sur la cote 132.
- Sous les coups des canons allemands, la grotte du Petit-Bois s’effondre et ensevelit l’état-major du 60e RI ; puis c’est l’assaut, qui leur permet une progression rapide et efficace malgré les pertes. En moins d’une heure, presque tout le plateau de la cote 132 est entre leurs mains.

(Vue du plateau de la cote 132, avec en fond les lignes françaises de 1914 et, dans le champ, les cheminées d'aération des champignonnières marquant l'emplacement de la grotte du Petit-Bois)

- Dans l’après-midi, ils poussent encore, notamment à l’ouest vers la ferme du Meunier noir, où quelques troupes françaises résistent finalement. A l’est en revanche, la cote 132 est évacuée et l’on se replie dans la vallée sur la route Crouy-Vauxrot. Le nombre de prisonniers français est considérable.


- Le 13 janvier, dans la nuit puis au petit matin, des tentatives de contre-attaques ont lieu, qui se soldent toutes par des échecs sanglants. Dans le même temps, l’essentiel de l’effort allemand se porte sur le plateau de Vregny, perdu lui aussi rapidement dans la journée.
- Dans la soirée, le repli sur la rive gauche de l’Aisne est ordonné. La cote 132 est entièrement aux mains des Allemands, et elle le reste jusqu’à leur repli sur la ligne Hindenburg (mars 1917).



- Depuis quelques années, un monument placé en bordure de forêt, sur la hauteur, rappelle les combats qui se sont déroulés en ce lieu et rend hommage aux unités françaises qui y ont participé.



A consulter: http://eperon-132-crouy.pagesperso-orange.fr/accueil_034.htm




Source principale : Franck Beauclerc, Soissons et la bataille de Crouy, éditions YSEC, 2009

_

samedi 11 décembre 2010

E comme Etouvelles

- Village du sud-ouest de Laon, le long de l’Ardon et de la N2
- 210 habitants

- Avant 1914, Etouvelles est un village d’environ 120 habitants qui perd régulièrement de la population.
- Il est occupé par les Allemands pendant presque toute la durée de la guerre, relativement à l’abri des combats (si ce n’est lors de la reprise de la zone par le 355e RI, le 12 octobre 1918). Le 19 octobre 1917, la population est évacuée en prévision de la bataille de La Malmaison.

- Les destructions sont donc relativement minimes et la population augmente fortement après-guerre : 131 habitants en 1921, près de 160 dans les années 30.

_

mercredi 8 décembre 2010

C comme Cartland (James)

- Officier britannique (et père d’écrivaine à succès …)
- Birmingham 1876 – Bois-des-Buttes 1918

- Fils d’un grand industriel (très actif dans le développement de Birmingham) dont il porte le même prénom, James Cartland est major au 1er bataillon du Worcestershire Regiment.

- Après plusieurs mois dans la région d’Ypres puis dans la Somme, le bataillon de Cartland arrive « au repos » en bordure de Miette au début du mois de mai 1918, éprouvé par les combats contre les Allemands du début du printemps.
- Le 27 mai, la brutale attaque allemande détruit le bataillon ; James Cartland est tué par tir d’obus aux premières heures du jour (il ne possède pas de sépulture connue ; son nom figure sur le mémorial de Soissons).


- Ses deux fils, John et James, meurent en 1940 lors de l’offensive nazie en direction des plages de la mer du Nord.
- Sa fille, Barbara, née en 1901, devient écrivain dans les années 1920 et se spécialise dans les romans sentimentaux avec beaucoup de réussite.



A lire
http://www.primrose-league.netfirms.com/cartland_files/cartland.html

Fiche de la Commonwealth War Graves Commission

_

dimanche 5 décembre 2010

V comme Vauclair (Tourillon de)


- Lieu-dit qui marque l’extrémité occidentale de la tranchée du Balcon, au-dessus de Craonnelle. Il donne aussi son nom à une tranchée allemande qui prolonge la précédente vers l’ouest, en direction du moulin de Vauclair (un tourillon est un cylindre ; c’est un terme employé dans l’artillerie mais aussi dans l’optique ou la marine).

- Le tourillon de Vauclair est une position allemande sur les hauteurs du Ravin sans nom, leur permettant une bonne visibilité sur les assaillants français.

- C’est par là que le capitaine Battet, du 4e bataillon du 201e RI, parvient à s’infiltrer dans la tranchée du Balcon le 16 avril 1917 dans l’après-midi : les hommes partent à l’assaut « du Tourillon de Vauclerc qui n’est pas dans la zone d’action du régiment mais qui gêne sa progression parce que le 43e d’Infanterie l’a laissé à sa droite et derrière lui sans l’attaquer ni l’occuper. Au prix de pertes sensibles, la 14e compagnie s’en empare et s’y installe jusqu’au boyau de Stauffen dans la partie sud duquel il prend pied également » (JMO du 201e RI). A partir de là commence la conquête difficile de la tranchée du Balcon dans les heures suivantes …


- Le tourillon de Vauclair ne figure plus sur les cartes françaises après l’été (par exemple sur celui du 7e BCP en date du 10 septembre 1917).

_

samedi 4 décembre 2010

Paissy (arbre)

- Arbre (aujourd’hui disparu) situé entre Paissy et le Poteau d’Ailles, sur la D 102, dans une légère courbe sur la droite en allant vers le Chemin des Dames (altitude 192 mètres). Il faut noter qu’il se trouvait un peu plus au sud de ce qu’indique les cartes IGN actuelles.

- « Le Chemin des Dames longe les champs de la ferme [de Paissy] ; et, au point culminant, un vieil orme, un « Sully », surveille le plateau. » On dit que l’Empereur, quittant le moulin de Craonne, à l’heure où les armées ennemies battaient en retraite, s’avança jusqu’à ‟l’arbre de Paissyˮ » (Gabriel Hanotaux, L’Aisne dans la Grande Guerre, page 50)

- Situé en secteur français, à proximité de la ligne de front, l’arbre de Paissy sert pendant toute la durée de la guerre de référence ou de point de repère aux deux armées. Même anéanti par les artilleurs qui se servent de lui pour orienter et régler leur tir, il continue de figurer dans les compte-rendus et dans les JMO (par exemple celui 218e RI en date du 31 octobre 1914 ou du 14 janvier 1915; celui du 123e RI en date du 22 avril 1917.

_

mercredi 1 décembre 2010

J comme Jacobs (Josef)

- Aviateur (« As ») allemand
- Kreuzkappelle (Rhénanie) 1894 – Munich 1978

- Josef Jacobs devient pilote en 1912 et se porte volontaire lorsque la guerre commence. Après avoir menée des opérations de reconnaissance et d’observation, il devient pilote de chasse en 1916 ; surnommé « le Diable Noir », il remporte 48 victoires au cours de la guerre.

- Au début de l’année 1917, Jacobs arrive dans le secteur du Chemin des Dames. Il y aurait obtenu 12 succès jusqu’à son départ en août, mais seuls 3 lui sont officiellement attribués : deux avions à Cerny et Barisis (près de Saint-Gobain) ainsi qu’on ballon d’observation au-dessus de Laffaux, cette 5e victoire lui valant son titre d’ « As » et une promotion comme commandant d’une escadrille dans les Flandres. En juillet 1918, il obtient la médaille suprême de l’armée allemande, « Pour le mérite ».


- Après la guerre, il fonde sa propre société d’aviation ; refusant de collaborer avec les nazis, il s’enfuit aux Pays-Bas mais revient combattre dans la Luftwaffe (tout en étant opposé aux idées des dirigeants du Reich). Après 1945, il se consacre au sport dont il est passionné, notamment au bobsleigh.

_

dimanche 28 novembre 2010

A comme Ailles


- Village disparu de la rive gauche de l’Ailette, au NO d’Hurtebise

- En 1914, Ailles est un village d’environ 120 habitants fortement touché (comme toute la région) par l’exode rural dont la fierté est l’orme planté près de l’église Saint-Martin en souvenir de la bataille de Craonne de 1814 (les soldats de Napoléon seraient passés par Ailles lors de leur assaut vers le Chemin des Dames).
Voir les photographies et les mémoires d’Aristide Martin sur le blog de J.F. Viel / Dumultien


- A partir de septembre 1914, Ailles est occupé par les Allemands, qui y créent notamment un cimetière militaire.
- Au printemps 1917, en prévision de l’attaque française, la population est évacuée vers Fourmies. Par la suite, l’artillerie qui prépare l’offensive Nivelle anéantit entièrement le village.
- Les ruines d’Ailles deviennent finalement françaises lors du repli allemand sur l’Ailette, le 2 novembre.


- Après la guerre, Ailles se trouve entièrement en « zone rouge » : l’Etat exproprie puis finalement rétrocède une partie des terrains à la population. En 1923, le président de la République décrète la fin administrative de la commune d’Ailles, dont le nom et le territoire son rattachés à la voisine Chermizy.

- Des projets d’édification d’une chapelle puis d’un calvaire sont abandonnés face aux besoins financiers nécessaires à l’adduction d’eau à Chermizy. Seul un monument édifié par le Touring-Club de France (1932) rappelle l’existence du village d’Ailles. Quelques traces de fondations des maisons sont encore visibles dans les champs.



- Un monument allemand en l’honneur du 159e RI et des victimes des deux camps a été construit en 1915 sur le territoire d’Ailles, au-dessus du cimetière. Bombardé et laissé à l’abandon depuis, il est malheureusement aujourd’hui très dégradé, toutes les sculptures et inscriptions ayant disparu.



A lire : Lettre du Chemin des Dames n°2


Base Mérimée sur Chermizy-Ailles

_

vendredi 26 novembre 2010

H comme HOE

- « Hôpitaux d’orientation et d’évacuation » ou « hôpitaux d’origine d’étapes » selon les sources …
- Hôpitaux mis en place pour les cas les plus graves, chargés d’évacuer ensuite les blessés vers des hôpitaux de l’arrière par trains sanitaires.
- Un HOE comprend un personnel d’environ 750 soignants

- Pour l’offensive Nivelle, en 1917, on en compte huit (un par corps d’armée), situés principalement dans la vallée de la Vesle, à l’abri (relatif) du front : Mont-Notre-Dame, Saint-Gilles, Courlandon, Montigny, Prouilly, Muizon, Bouleuse et Vierzy (sud de Soissons). Vasseny s’ajoute à la liste un peu plus tard

- Les HOE sont dépassés dès le début de l’offensive Nivelle : prévus pour 10 000 blessés, ils en reçoivent 10 fois plus : trop de blessés s’y rendent, au lieu de passer d’abord par les postes de soin situés tout près des combats. A Prouilly, par exemple, l’HOE est plein dès le 16 avril à 19 heures, avec trois files de véhicules de 2 kilomètres en attente



Photos et informations sur l’HOE de Prouilly :
http://champagnegoulard.blogspot.com/2010/04/hopital-dorientation-et-devacuation.html



Source principale :
R. Verquin, « 1917 Le Chemin des Dames » dans L’Aisne Hors-série de 2007
et son article dans la Revue de la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne

_

mercredi 24 novembre 2010

H comme Héricourt (Pierre)

- Journaliste et écrivain français
- 1895 – 1965

- Pierre Héricourt prend part à la bataille du Chemin des Dames au sein du 418e RI au printemps 1917. Le 7 avril, son régiment arrive en première ligne au sud de Cerny-en-Laonnois ; il participe à l’offensive Nivelle le 16, sans pouvoir progresser au-delà de la sucrerie et de la deuxième ligne allemande.
- Retiré du front le 21, Héricourt y revient après quelques jours de repos le 7 mai, occupant pendant un mois des positions identiques puis un peu plus à l’ouest des précédentes.
- Il en part le 8 juin.


- Après la guerre, Pierre Héricourt devient un membre éminent de l’Action Française et défend les positions de l’extrême-droite dans les années 30 puis sous Vichy.

- En 1922 il publie ses souvenirs dans Le 418e, Un régiment. Des chefs. Des soldats



http://www.crid1418.org/doc/bdd_cdd/unites/DI153.html

_

dimanche 21 novembre 2010

V comme Vassogne


- Village des pentes sud du Chemin des Dames, proche de la Caverne du Dragon et de la Vallée Foulon
- 60 habitants

- Vassogne est repris difficilement par les Français le 13 septembre 1914 après la contre-offensive alliée de la Marne.
- "L’arrêt
(18 septembre -28 octobre)
La mission confiée au 4e Zouaves a été glorieusement remplie. Bien qu'il n'ait pu déboucher à Hurtebise, ni se maintenir à Ailles, une ligne solide s'organise sur les crêtes Nord de la Vallée Foulon, où nous abordons le Chemin des Dames.
On commence à parler de secteur de bataillon. De Paissy à Vassogne, des tranchées de soutien sont creusées. Les hommes font l'apprentissage de ces travaux de terrassement, qui vont désormais sillonner nos plaines et les marquer comme d'une blessure, de la Mer du Nord à l'Alsace.
On passe les nuits à manier le pic et la pelle et tandis qu'une ligne de tirailleurs tient les hauteurs avancées, des compagnies stationnent en soutien dans les creutes ou se creusent, dans la vallée, des abris individuels.
On connaît maintenant les jours de garde et l'heure des relèves. II y a des périodes de repos dans les villages de Jumigny, Moulins, Pargnan; mais quel repos ! Le bombardement n'est guère moins intense que sur la ligne des tranchées. De nuit et de jour, même en dormant ou en jouant aux cartes, on attend l'obus de surprise et il y a des morts. Les distributions, qu'on fait à Troyon, Vassogne restent difficiles. L'ennemi devine nos habitudes et harcèle nos convois. Malgré son tir on circule et l'on travaille. Ainsi passe cette fin de septembre."

(Historique du 4e Zouaves)

- De par sa position, relativement à l’abri grâce aux pentes du plateau de Paissy, et grâce à ses nombreuses creutes, le territoire de Vassogne devient une zone de stationnement majeure des soldats français. Sur ces pentes, au nord, on trouve un « village nègre » et un funiculaire permettant d’acheminer le matériel vers les premières lignes du plateau.



- Au printemps 1917, les tirs d’artillerie allemands qui répondent à la préparation de l’offensive Nivelle anéantissent le village, qui n’était jusque là « que » très endommagé.
- « Les obus tombent sur les ravins, sur les tranchées, sur le ravitaillement, dans les villages voisins : Paissy, Oulches, Vassogne. Ces villages sont détruits et complètement en ruines. L’église de Vassogne est encore debout, mais sans toiture. » (Paul Clerfeuille, 12 mars 1917, cité par R. Cazals)




- Le village est vidé de sa population à la fin des combats, alors qu’il comptait environ 140 habitants avant-guerre ; en 1921, 43 habitants sont recensés (chiffre qui double cinq ans plus tard et s’approche de la centaine dans les années 1930).
- La Reconstruction, parrainée par le Puy-de-Dôme, se fait dans le cadre de la coopérative de Beaurieux ; la plupart des maisons sont remises à leur propriétaire en 1925.

- Pendant toute la guerre, trois cimetières occupent le territoire de Vassogne : le cimetière militaire français, le cimetière de la fontaine et le cimetière du village. Les tombes sont transférées dans les années 20 vers la nécropole de Soupir. Les seules tombes militaires aujourd'hui situées dans le cimetière communal sont des sépultures britanniques. (Source : Base Mérimée)




A noter : Vassogne abrite depuis 2010 un Musée de l’outil ancien grâce aux efforts de Stéphane Bedhome, historien travaillant notamment sur la reconstruction des communes du Chemin des Dames.

_

vendredi 19 novembre 2010

A comme Ailleval

- Ferme (aujourd’hui disparue) et vallon situés entre Vauxaillon et Pinon, à proximité du Mont des Singes

- De septembre 1914 à mars 1917, le vallon d’Ailleval est en zone allemande, concerné de loin par les combats qui se déroulent un peu plus au sud.
- Après l’opération Alberich de mars 1917, la ligne de front se rapproche considérablement ; le secteur est alors renforcé considérablement, garni de défenses.
- La ferme reçoit les bombes qui préparent l’offensive Nivelle en avril et entraînent sa destruction.


- Le 23 octobre 1917, aux premières heures de la bataille de La Malmaison, le 99e RI progresse en direction du « doigt d’Ailleval », ce qui permet aux Français d'avancer vers Pinon et l’Ailette.


- En septembre 1918, le ravin d’Ailleval est à nouveau une zone de durs combats lors de la reconquête alliée. Les 5e et 6e BCP attaquent le 14 et le 15 au petit matin, progressent mais sont stoppés par les mitrailleuses allemandes sur les hauteurs de Pinon, qui causent des pertes très importantes dans les rangs français. « En fin d’attaque, l’effectif est tellement réduit qu’on ne peut songer à occuper sérieusement le ravin d’Ailleval, et les lignes sont ramenées à la bordure est du plateau. » Le 16, « le Boche, qui a de la peine à prendre son parti de sa défaite, se regroupe dans le ravin d’Ailleval et, à 6 heures profitant de l’état de bouleversement du terrain, de la faiblesse numérique de la garnison, il tente une nouvelle contre-attaque. Mais les chasseurs ne se laissent pas surprendre, les grenades éclatent de tous côtés, pendant que les mitrailleuses crépitent » ; « dans la matinée du 17, les Allemands renouvellent leurs tentatives de contre-attaques pour essayer encore une fois de nous déloger, mais peine inutile, ils peuvent à peine déboucher et finalement sont rejetés dans le ravin, d’où ils seront plus tard obligés de partir pour commencer et précipiter leur mouvement de retraite, au cours de laquelle ils lâcheront la place de Laon. »
Historique 5e BCP
Historique 6e BCP


- La ferme d’Ailleval n’est pas reconstruite après 1918, et plus rien aujourd’hui ne marque son ancien emplacement.

_

mercredi 17 novembre 2010

S comme Santerre (Augustin)

- Soldat français
- 18 ?? – La Neuville 1914

- Augustin Santerre appartient au 1er régiment d’infanterie. Depuis le 13 septembre 1914, celui-ci est dans le secteur de Loivre à la recherche d’une rupture qui permettrait de gagner la guerre au plus vite.
- Dans la nuit du 30 septembre, Augustin attend avec ses camarades de monter en première ligne près de La Neuville, sur les bords du canal de l’Aisne à la Marne. Tout en discutant, il « bat la semelle pour se réchauffer ». Bien que situé à 2 kilomètres environ des premières lignes, l’adjudant Dutemple exige le silence absolu ; il demande par trois fois à Santerre d’arrêter, mais celui-ci s’obstine (« Je me fous de ce que tu dis. J’ai froid aux pieds, je veux qu’on me laisse tranquille »).
- Dutemple avise alors le lieutenant Dancoeur, qui convoque le soldat et, sans attendre la réponse de Santerre, l’abat d’une balle de revolver dans la tête : « Des hommes comme ça, voilà ce que j’en fais. […] Que cela serve d’exemple aux autres ! »


- Apprécié de ses hommes pour le soin qu’il prend d’eux, Dancoeur a cependant la réputation d’être un homme nerveux à la gâchette facile, porté sur la boisson. Il meurt sur la Somme, en 1916.

- Une fois la guerre finie, les parents d’Augustin Santerre cherchent à obtenir sa réhabilitation ; cependant, il n’y a pas de révision possible en cas d’exécution sommaire. Pour atténuer leur douleur, on attribue la médaille militaire à titre posthume à leur fils en 1920, avec la mention suivante : « Brave soldat tombé glorieusement pour la France, le 30 septembre 1914, à Neuville. »
- En 1924, une loi rend possible la révision d’un fusillé sans jugement. Augustin Santerre est alors réhabilité car son lieutenant n’a fait aucune sommation et car les Allemands étaient trop loin au moment des faits.




Source : Jean-Yves Le Naour, Fusillés. Enquête sur les crimes de la justice militaire, Larousse, 2010 (page 279)

_

dimanche 14 novembre 2010

T comme Tueries


- Ferme et ravin proches de Vauxaillon, à un kilomètre sud-ouest du village

- Allemande à partir de septembre 1914, la ferme des Tueries (certains documents de l’époque orthographient ce lieu-dit « Thueries ») redevient française en mars 1917 après l’opération Albérich.

- Située légèrement à l’abri des pentes, elle sert au repos et aux soins des soldats qui combattent vers le Mont des Singes au moment de l’offensive Nivelle, en avril, puis lors de la bataille de La Malmaison, en octobre (voir par exemple le témoignage de Maurice Laruelle)


- La ferme des Tueries change encore de main entre fin mai et début septembre 1918.


- On y trouve en 1917 une ambulance et – donc – un cimetière provisoire français, dont les corps non réclamés sont déplacés en 1924 vers la nécropole dite du Vieux-Moulin, à Vauxaillon.

_

mercredi 10 novembre 2010

M comme mai-juin 1940



- En mai 1940, le Chemin des Dames connaît à nouveau des combats entre Français et Allemands en conquête, même s’ils sont évidemment moins longs (puisqu’ils ne se figent pas dans cette zone, contrairement à ce qui se passe en septembre 1914).

- A partir du lancement de leur attaque, le 10 mai, les Allemands bombardent les lieux stratégiques de l’Aisne : aérodromes, gares. Les chars de Guderian qui ont franchi les Ardennes parviennent dans le nord du département le 14.
- Leur avancée est régulière, même si le 17, le colonel de Gaulle parvient à l’enrayer à Montcornet. Laon est bombardé une première fois le 19, puis atteint le lendemain.

- Toute la journée du 20, les blindés français essaient d’arrêter la progression, d’abord au sud de Laon, puis sur l’Ailette, mais doivent se replier face aux infiltrations des unités légères allemandes. Des combats ont lieu à Hurtebise, près de la ferme (une plaque sur le mur de celle-ci rappelle cet événement). Il s’agit alors avant tout de retarder l’offensive, pour permettre le repli des troupes et du matériel.
- Dans la soirée, le front se stabilise sur l’Aisne.

- Début juin, les combats reprennent de façon très intensive, notamment dans le Soissonnais et le long de la RN2, à nouveau près de l’ancien moulin de Laffaux. Le 5 et le 6, le 27e BCA subit de lourdes pertes sur les hauteurs de Soupir pour éviter le franchissement du canal de l’Aisne à l’Oise. Le 9, la rivière est franchie par les Allemands, qui foncent sur la Marne puis sur Paris.


- Même s’ils sont limités, les dégâts provoqués par ces combats existent. Des monuments construits après 1918 sont touchés, tel celui des Crapouillots.


- Des soldats, français ou britanniques, sont enterrés dans les nécropoles ou les cimetières communaux, aux côtés de ceux de la première guerre mondiale. L’immense cimetière allemand de La Malmaison (1965) regroupe les corps de soldats morts dans la région (et bien au-delà) entre 1940 et 1944.



A lire :
Lettre du Chemin des Dames° 19 (corpus photographique notamment)

_

lundi 8 novembre 2010

D comme Dorme (René)

- Aviateur français
- Eix-Abaucourt (Meuse) 1894 – Reims 1917

- René Dorme obtient son brevet de pilote en avril 1915 à l’école de Pau et remporte ses premières victoires au printemps 1916 ; il rejoint « l’escadrille des Cigognes » à la fin de l’année . Devenu un « as », il est surnommé « le Père » ou « l’Increvable » ; 23 victoires officielles lui sont attribuées (lui en revendique plus de 60).


- En mars 1917, il arrive dans le secteur du Chemin des Dames, aux commandes de son SPAD VII. Sept avions allemands font partie de la liste officielle des victimes de René Dorme au cours de cette campagne, au-dessus de Fismes (31 mars et 19 avril), de Beaurieux (22 avril), d’Amifontaine (29 avril et 4 mai) et de Chivy-les-Etouvelles (10 mai).

- Dans la soirée du 25 mai 1917, l’avion de René Dorme est abattu près de Reims lors d’un vol d’observation et s’écrase dans les tranchées allemandes (on ne sait pas très bien qui est son vainqueur) ; le pilote meurt sur le coup.


Fiche MPF



Source principale
http://www.theaerodrome.com/aces/france/dorme.php

_

samedi 6 novembre 2010

A comme Aérostiers

(Tombe d'un aérostier français dans le cimetière de Bligny - Marne)



- En 1914, la France doit réorganiser en urgence les compagnies d’aérostiers dissoutes en 1911 ; en effet, les Allemands se montrent largement supérieurs grâce à leurs Drachens dans cette nouvelle guerre de position et d’artillerie où l’observation est si importante. La tâche est confiée en particulier au capitaine Saconney
- On produit alors 7 ballons captifs par mois au début de 1915, 30 au début de 1917 et 319 en août 1918.

- Au Chemin des Dames en 1917 (contrairement à la Somme l’année précédente par exemple), les Français n’ont pas la maîtrise du ciel ; ils doivent alors ruser, augmentant le nombre de ballons par section et alternant les ascensions de 2 engins pour garder une certaine permanence.

- Les risques sont grands, les ballons étant une proie facile pour l’artillerie et surtout l’aviation ennemie (128 morts pour l’aérostation pendant la guerre, dont une moitié d’observateurs).
(sources : Isabelle Dumielle, 1914-1918. Au-dessus des lignes ; voir aussi http://aero.rigollot.com/aero1418verint.htm)


- Le 5 avril 1917, alors qu’il est près de Bourg-et-Comin dans la perspective de l’offensive Nivelle, le médecin Lucien Laby assiste à la scène suivante : « A la tombée de la nuit, un Aviatick arrive à toute vitesse sur un ballon-saucisse, presque au-dessus de nous. Avant qu’elle n’ait le temps de descendre, il en fait le tour en la mitraillant, à balles explosives : elle s’enflamme et descend brusquement. On paierait cher pour avoir un pareil spectacle ! Les deux observateurs sautent tour à tour de la nacelle, descendent en bolides… puis leurs parachutes s’ouvrent… ; la saucisse alors les rattrape et on voit les pauvres bougres flanquer des coups de pied pour tâcher de descendre plus vite, car s’ils sont pris dans la colonne de flammes, ils sont perdus. L’un d’eux passe si près du feu qu’on tremble pour lui. Il ne s’enflamme pas, heureusement. Mais le vent les pousse chez les Boches. Ils jettent alors leurs papiers, leurs photos, etc. Ils réussissent à atterrir près des lignes. (Quelques jours plus tard, on a vu le même coup mais l’Aviatick a fait demi-tour et a tué à la mitrailleuse les deux observateurs sans défense) » (page 226-227)


- Léon Crémière (né à Fontainebleau en 1884) est quant à lui lieutenant au 1er Groupe d’Aérostation chargé de l’observation du champ de bataille.
- Le 1er mai 1917, son ballon est incendié par un avion allemand ; pour se sauver, il saute en parachute mais s’écrase aux abords de Chassemy et décède.
(Fiche MPF)


_

mercredi 3 novembre 2010

W comme Waldtunnel

- Tunnel allemand ("de la forêt") situé sous le plateau de Vauclerc
- Son entrée nord se situe dans le bois nommé par les Français « B1 », contigu à la forêt de Vauclerc ; il possède plusieurs sorties au sud, en première ligne allemande (tranchée von Lutwiz). le tunnel passe sous la route départementale.

- Le 5 mai 1917, lors de la relance de l'offensive Nivelle, le 123e RI attaque dans ce secteur à partir de 9 heures. « La progression se poursuit jusqu’à la tranchée d’Offenbourg au nord du Bois B1 cependant que des éléments désignés interdisent toute sortie à l’ennemi qui, du tunnel dit ‟Wald Tunnelˮ, pourrait chercher à déboucher pour nous prendre à dos. Des 5 groupes d’appareils Schilt adjoints aux fractions de nettoyage, 3 sont affectés à l’entrée sud et les 2 autres à l’entrée nord du Tunnel. »
- « A 16 heures le Wald Tunnel exploré renfermerait 300 prisonniers et 80 blessés. […] Dès lors l’opération est terminée et il reste à organiser le terrain conquis. »
- Le 6, « le Wald Tunnel est exploré par le génie qui installe à la sortie nord un barrage en sacs à terre. Les effets du tir d’une mitrailleuse allemande qui battait l’entrée sont ainsi évités. »
(JMO du 123e RI, avec cartes)


- Le « tunnel de la forêt » est dès lors intégré au système de tranchées français, et ce jusqu’au 27 mai 1918 où il sert à acheminer des renforts face à l’avancée rapide des Allemands, ce qui permet de retarder – brièvement – le déferlement des troupes d’assaut.


- « Le site fut très bien conservé en raison de sa fossilisation liée à la présence d´arbres. Les galeries sont aujourd'hui en partie comblées étant donnés leur effondrement et leur effritement. L'emprunt du tunnel présente actuellement un réel danger. »
(Base Mérimée)

_