samedi 16 mai 2009

T comme Truton (Albert)

(MAJ janvier 2011)





- Soldat français
- Nocé (Orne) 1885 – Pargnan 1917

- Agriculteur en 1914, Albert Truton est mobilisé au 103e puis au 75e RI (juin 1915) ; il devient caporal en 1916 (décoré de la croix de guerre pour sa blessure par éclat d’obus).

- Son régiment prend part à l’offensive sur Saint-Quentin fin mars 1917 puis aux combats du Chemin des Dames près de la Caverne du Dragon (fin mai), où les pertes sont terribles.

- Truton participe à la mutinerie de Pargnan et est condamné par le Conseil de guerre le 10 juin (il aurait frappé deux soldats s’opposant aux mutins selon G. Pedroncini) ; le président Poincaré refuse la grâce le 16.
- Le sergent Guillaume raconte : « Le 18, je suis désigné pour une autre mission encore plus pénible : il s’agit de faire partie de la compagnie devant assister à l’exécution d’un caporal du 75e, accusé d’indiscipline et rébellion et pour ces faits condamné à mort. La compagnie d’honneur, si on peut l’appeler ainsi, arrive à 3 heures sur le lieu d’exécution. Il y a une compagnie du 75e, régiment du condamné, une autre du 140e. Nous formons face sur trois côtés, le poteau est au pied de la côte. Un petit moment après, arrive une voiture cellulaire encadrée de cavaliers. Le moment est des plus graves quand sort de celle-ci le condamné ; l’aumônier se tient près de lui. Le jour pointe ; blême, ce caporal écoute l’acte d’accusation et la sentence du conseil de guerre. Il se dirige vers le poteau, se retourne vers l’ensemble du carré et d’une voix pleine de sanglots, s’écrie : ‟Je demande pardon au Bon Dieu, à la France, aux copains, de la faute que j’ai commise.ˮ Deux secondes après, un ‟au revoirˮ qui nous glace d’effroi, il meurt courageusement sous la fusillade du peloton d’exécution. Il tombe à genoux et ensuite sur le côté, tout près de sa fosse qu’il n’aura sans doute pas dû apercevoir. Nos trois compagnies défilent devant le corps et nous rentrons à Oeuilly tout attristés de ce spectacle des plus douloureux. »


- Le 8 juin, avant son procès, il a écrit une lettre à sa femme saisie par la censure (orthographe originale conservée). « Je pense être aquitté mais je sui cassée de caporal et de grande chance que nous allons être changé de régiment […] Enfin cher petite femme ne te fait pas de mauvais sang, ce nempeche pas de avoire ma permission car ces un droit quand mon tour sera arrivé je partirai comme les autres, mes si tu savais cher femme que je pleure car mois qui a jamais été punis jent ai gros sur le cœur. […] Je termine cher femme ma lettre en desirent quelle te trouve en conne sante et ma cher petite fille. Ton mari qui aime pour la vie et qui ne cesse de penser en tois. Mils bon baisers avent de fermer la lettre. Tant que pour me recrire de ce moment attend que je te donne mon adresse. »


- Albert Truton repose aujourd’hui au cimetière de Cerny-en-Laonnois.




Source principale : Denis Rolland, La Grève des tranchées, page 268

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vendredi 15 mai 2009

S comme Soissons

- Ville et sous préfecture de l’Aisne, traversée par la rivière du même nom
- Près de 30 000 habitants aujourd’hui


- Soissons a une histoire très ancienne et prestigieuse, sur un axe de communication majeur depuis toujours : elle est importante sous les Romains puis devient la première capitale des Francs après la victoire de Clovis sur Syagrius en 486. Les XIIe et XIIIe siècles sont aussi une période de prospérité, comme en témoignent les édifices gothiques encore visibles aujourd’hui.


- Soissons compte 14 500 habitants en 1911, après une augmentation régulière de sa population durant le XIXe siècle.

- La ville est prise par les Allemands en août 1914 puis récupérée : le front se stabilise quelques kilomètres au Nord. Soissons connaît donc pendant plusieurs mois des bombardements allemands, mais son patrimoine est préservé tant bien que mal (« Toutes les maisons ont plus ou moins écopé, mais c’est moins abîmé qu’à Reims. » - Laby). Le début de l’année 1915 est particulièrement difficile, avec les combats pour Crouy et la défaite française (qui devient dans les médias « L’Affaire de Soissons »). C’est d’ailleurs à Soissons qu’Henri Barbusse écrit Le Feu, en partie basé sur son expérience de cette époque.

- Après le retrait allemand sur la ligne Hindenburg, début 1917, une tranquillité très relative revient, même si les bombes tombent encore parfois.

- Soissons est un lieu central au moment des mutineries, puisqu’il concentre les soldats au repos et fait se croiser les régiments, dont certains refusent de remonter au front.


- A l’abri après la victoire française de La Malmaison (octobre 1917), Soissons est à nouveau perdue puis regagnée en 1918. Encore relativement intacte avant l’été, la ville est en grande partie détruite à la fin de la guerre (la cathédrale est coupée en deux).


- En 1921, la population soissonnaise est équivalente à celle d’avant-guerre, avant d’augmenter à nouveau fortement (plus de 20 000 habitants dans les années 30), bénéficiant de l’exode rural et de l’installation d’anciens habitants de la zone du Chemin des Dames, qui préfèrent déménager vers la ville.

dimanche 10 mai 2009

O comme Orgeval

- Village proche de Martigny-Courpierre et de la D 1044
- 70 habitants

- L’armée allemande s’empare d’Orgeval en septembre 1914 ; le village compte alors environ 70 habitants. Ceux-ci subissent pendant plus de 4 ans les contraintes, réquisitions et évacuations imposées par l’armée d’occupation.

- Les préparatifs de l’offensive Nivelle puis la libération du village le 13 octobre 1918 par l’armée italienne entraînent d’importantes destructions.

- La population d’Orgeval est assez stable : environ 60 habitants au recensement de 1921.

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jeudi 7 mai 2009

B comme Bovettes


- Ferme proche du croisement du Chemin des Dames et de la D15 (monument de la Royère), au-dessus de Pargny-Filain. Elle se trouve à proximité de celle du Panthéon.

- En possession des Allemands depuis septembre 1914, la ferme des Bovettes voit le front se rapprocher dans les premiers jours de l’offensive Nivelle. Début mai, la ligne de front qui épouse presque les hauteurs du plateau passe à proximité ; les combats autour de la ferme sont très violents.

- Le 5 mai 1917, la ferme ruinée est conquise par les Français, qui s’installent difficilement dans ses ruines, sous les bombes. L’aspirant Laby y installe un poste de secours puis doit se replier plus en arrière face au déluge de feu « d’une intensité inouïe ».
- Courant mai, plusieurs offensives allemandes sont difficilement stoppées ; mais ceux-ci parviennent à leurs fins le 7 juin. La ferme (ou ce qu’il en reste) est sur la première ligne de front pendant plusieurs semaines … C’est là où René-Gustave Nobécourt reçoit son baptême du feu.

- La bataille de La Malmaison (fin octobre 1917) voit la prise de toute la zone par les Français, notamment grâce au repli allemand (dans ce secteur, la progression française est difficile, contrairement à la zone située plus à l’Ouest …).

- La ferme est reconstruite après guerre.




NDLA : il existe une autre ferme des Bovettes, aujourd’hui disparue, située face à Chavonne (au-dessus de Presles-et-Boves) sur la rive gauche de l’Aisne, dont la creute sert d’abri aux soldats français pendant presque toute la durée de la guerre. Voir l’article : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1631

dimanche 3 mai 2009

Z comme ... Z

- Compagnies chargées du « nettoyage » des creutes

- Constituées en juin 1915, les compagnies « Z » sont aussi appelées compagnies de gaz et dépendent du Génie. Il y en a 12 en tout, rassemblées en 4 bataillons.
- Chaque compagnie compte environ 450 hommes, dont un médecin et 6 infirmiers pour réagir en cas d’intoxication par les soldats qui utilisent les gaz.

- Les compagnies « Z » sont évidemment très utiles dans le secteur du Chemin des Dames, compte tenu de la densité de creutes présentes.
- Elles sont souvent employées, à la Caverne du Dragon par exemple, mais ne jouent pas un rôle central : les bombardements (Montparnasse) ou les compagnies Schilt composées de lance-flammes (Fruty) sont plus efficaces et moins dangereux pour les assaillants, notamment lors de la bataille de La Malmaison.


A consulter

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vendredi 1 mai 2009

A comme Apreté



- Tranchée allemande au nom évocateur, située à proximité du ravin des Gobineaux, au Nord de la ferme Mennejean, parallèle à la RN2 (côté droit en allant vers Laon)

- La zone est allemande de septembre 1914 à octobre 1917. Après l’offensive Nivelle, les Français se sont considérablement rapprochés, et la tranchée de l’Apreté appartient à un réseau très dense situé de part et d’autre de la nationale.

- Le 23 octobre 1917, la tranchée est franchie lors des premières minutes de la bataille de La Malmaison.


- « Le mouvement se poursuivit sans arrêt. La 1ère compagnie à gauche. Capitaine MANILEVE, un peu en avance sur le 140ème R.I. De l’observatoire Esparcel, P.C. du Chef de Corps, on put suivre à la vue malgré l’obscurité, la progression des vagues d’assaut à partir de l’Apreté, on put constater que l’avance se poursuivait par des fusées à 6 feux lancées par des chasseurs impatients de suivre le barrage roulant. A 5 heures 50, les mêmes fusées qui dépassaient à peine en hauteur la crête Sud des Gobineaux, indiquèrent que les vagues d’assauts atteignaient l’objectif intermédiaire.
Surpris par l’intense préparation d’artillerie, par la violence du barrage roulant, l’ennemi n’avait opposé qu’une faible résistance pendant le franchissement des Tranchées Thiberge, du Cafard et de l’Apreté. Des coups de feu isolés, mais mal ajustés se firent entendre : l’artillerie allemande désemparée ne fit son barrage (par obus de 105 et 150) sur la tranchée Esparcel qu’une demi-heure après le départ. A partir de la route de Maubeuge, la résistance devint un peu plus sérieuse, quelques mitrailleuses vers 1435 et 1635 tentèrent d’arrêter notre progression : elles furent prises à part par les grenadiers V.B. et les fusiliers mitrailleurs des vagues d’assaut. »

Historique du 20e Bataillon de Chasseurs à Pied pendant la guerre 1914-1918
, page 30

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mardi 28 avril 2009

C comme Cherêt

(MAJ  décembre 2013)




« Au fond d'un val sans horizons,
Dans un site voilé d'ombrages,
Une église et quelques maisons,
C'est là Chérêt, humble village ! »
(Charles Charpentier, poète)


- Village proche de Bruyères-et-Montbérault, au sud-est de Laon
- 130 habitants

- Début septembre 1914, les Allemands ne sont que passer à Chérêt (dont la population est déjà de 130 habitants) ; seule une compagnie d'aérostiers s'installe, qui va y faire des entraînements pendant environ 18 mois.
- Avec le repli organisé consécutif à la bataille de la Marne, tout change : le village devient une base arrière importante dans le dispositif allemand. C'est un lieu de repos pour les soldats de retour de première ligne, un hôpital est mis en place dans l'église.

- Un nouveau cap est franchi début 1917, lorsque s'annonce l'offensive Nivelle. En février, les hommes valides sont envoyés séjourner dans les carrières de Parfondru : ils sont employés à la construction d'une gare près d'Eppes destinée à amener hommes et matériel en renfort (le premier train utilisant cette gare, chargé de munitions, la fait en grande partie exploser …). Au cours de ce séjour dans les carrières, 4 hommes meurent à cause de leurs conditions de vie et de travail.
- Pendant ce temps, le reste du village est évacué (sauf deux familles) en direction de Liesse ; la population entière survivante se regroupe autour de Trélon, fin 1917.

- Lorsqu'elle rentre à Chérêt, début 1919, il n'y a plus que ruines, champs incultes et dépôts de munitions. Une coopérative de reconstruction rassemble les villages du secteur, autour de Bruyères (dirigée par M. Ghidossi puis par le maire de Bruyères, Pouillart, enfin par le docteur Devauchelle. Plus de 6 millions de francs valeur 1914 de dégâts sont déclarés par les 292 propriétaires participant. Les architectes Lhotellier et Muller et les entreprises Rey, Bertin, Prainville et Gouverneur sont chargés des travaux (en 1925, une coopérative plus petite est créée pour accélérer les travaux : elle regroupent Chérêt, Martigny, Monthenault).

- Chérêt reçoit la croix-de-guerre avec 45 autres localités de l'arrondissement de Laon.

- « Ces souvenirs, tragiques ou émouvants, s'estompent aujourd'hui dans la grisaille du passé, qui sera bientôt la nuit des temps. Le vallon de Chérêt a repris sa ceinture verdoyante qui encadre la douce blancheur de ses maisons et le gris bleu de ses toitures. La nature paraît oublier le violences qui lui ont été faites pour prodiguer ses trésors aux hommes de bonne volonté. Il est bon que ceux-ci conservent le souvenir des âges révolus, dont l'histoire est une leçon pour qui sait la comprendre. »



Source principale : Maxime de Sars, Chérêt et la commune de Bruyères, 1936

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lundi 27 avril 2009

P comme Pinon



- Village de la rive gauche de l’Ailette (et du canal de l’Aisne à l’Oise), au nord de Laffaux
- 1 800 habitants

- En 1914, Pinon est un village de 530 habitants environ.
- Il est pris par les Allemands dès le mois de septembre et organisé pour servir de base arrière au front du Chemin des Dames.

- En 1917, l’église est complètement rasée, le village en grande partie, lors des bombardements préparant l’offensive de La Malmaison en octobre. Des combats se déroulent cependant aux abords de Pinon dès le 16 avril, notamment au Mont des Singes tout proche. La zone devient française le 25 octobre 1917, notamment grâce à l’intervention des chars Saint-Chamond.

- La reconstruction de Pinon est facilitée par le CARD. La population retrouve rapidement son niveau antérieur après le conflit ; 610 habitants sont recensés en 1921.

A voir
http://02pinon.ifrance.com/
(rubrique « Histoires » notamment)

samedi 25 avril 2009

M comme Madagascar


- « Le nom de Madagascar » a été donné par les poilus à l’accident du terrain qui, survolé, ressemble en effet à l’île du même nom, au milieu du golfe qui s’ouvre sur l’Aisne entre Chavonne et Oeuilly et se termine à la falaise par les bassins de Braye, de Beaulne, de Vendresse, de Paissy. Les habitants disaient « la Butte » ou « la Montagne de Comin ». Haute de 169 mètres, longue de 2 km, large de plus de 600 mètres, elle eut son château qui fut en 1589 l’une des plus puissantes citadelles royalistes. La marée verte qui l’entoure la recouvre aussi. Elle y submerge, dans sa partie haute, les entrées d’innombrables creutes préhistoriques. Les premiers occupants en descendirent pur planter leurs cabanes auprès de la rivière : ce sera Bourg. Fénelon, qui visita ces creutes sans doute lors d’un de ses séjours à Soupir, y aurait imaginé la grotte de Calypso de son Télémaque. »

RG Nobécourt, op cit, page 113 (note 1)

mercredi 22 avril 2009

M comme Mangin (Charles)

- Général français
- Sarrebourg 1866 – Paris 1925

- Elève de Saint-Cyr, Charles Mangin participe à de nombreuses campagnes en Afrique : Soudan, expédition Marchand (donc Fachoda), conquête du Maroc sous les ordres de Lyautey. Il se passionne pour l’Afrique noire.
En 1910, il publie la Force noire, livre dans lequel il préconise l’utilisation rapide et massive des troupes coloniales en cas de guerre en Europe.

- En 1914, il remporte la victoire de Charleroi puis combat dans la Marne et l’Artois.
- A Verdun, fin 1916, il participe à la reconquête du fort de Douaumont puis de la côte du poivre


- Lors de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917, Mangin est à la tête de la VIe Armée, chargée de s’engouffrer dans la percée supposée du petit matin et de parvenir à Laon dans la soirée … Il fait placer « ses » troupes coloniales aux extrémités du front, autour de Vauxaillon et d’Hurtebise, mais l’échec est là aussi au rendez-vous, et il doit se contenter d’intervenir pour maintenir les quelques positions gagnées dans les premières heures de l’offensive.
- Mangin devient « le boucher » ou « le broyeur de Noirs ». Il est limogé en même temps que Nivelle mais obtient en décembre le commandement d’un corps d’armée.


- Au printemps 1918, il participe à la seconde bataille de la Marne puis à la reconquête : il réalise la contre-attaque de Villers-Cotterêts, reprend Soissons et Laon.
Après l’armistice, il occupe la Rhénanie aux cotés de Fayolle.

- Il meurt en 1925 dans des circonstances troubles. Sa femme refuse la médaille militaire à titre posthume, pour ne rien devoir à Pétain. Sa statue est détruite en 1940 par les Allemands, puis reconstruite après-guerre.

mardi 21 avril 2009

M comme Montchâlons

- Village proche de Festieux et de la D 1044
- 70 habitants

- L’armée allemande s’empare de Montchâlons en septembre 1914 ; le village compte alors environ 120 habitants. Ceux-ci subissent pendant plus de 4 ans les contraintes, réquisitions et évacuations imposées par l’armée d’occupation.

- Les préparatifs de l’offensive Nivelle puis la libération du village le 13 octobre 1918 par l’armée italienne entraînent d’importantes destructions.

- Toute la population de Montchâlons ne revient pas après-guerre : il n’y a qu’environ 80 personnes recensées en 1921.

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dimanche 19 avril 2009

I comme Indochinois


- Formés dès les années 1880, les Bataillons de Tirailleurs Indochinois envoient près de 100 000 combattants en métropole pendant la Grande Guerre. Ils sont surtout engagés comme soldats-travailleurs dans des travaux liés aux combats (terrassement, remise en état du matériel et des zones de combat) mais rarement directement au feu.

- Du 5 au 7 mai 1917, le 7e Bataillon indochinois est engagé au sein de la 12e DI au Chemin des Dames, au nord de Soupir (21 tués, près de 100 blessés et 67 disparus). « Ses compagnies suivent dans l’attaque les régiments auxquels elles sont rattachées et participent, soit au ravitaillement, soit au nettoyage des tranchées, soit à l’organisation du terrain conquis. »
- « Le 5 avril 1917, le 21e bataillon est employé dans la région de l’Aisne à la réfection des routes, à la garde des terrains d’atterrissage, puis à des travaux d’assainissement du champ de bataille. »

- On forme aussi 15 bataillons d’étape, dont certains sont au Chemin des Dames. « Les quinze bataillons d’étapes furent employés immédiatement derrière les armées pour assurer ses communications et son ravitaillement. Ils construisirent des chemins de fer à voie étroite, des routes, des hôpitaux d’évacuation, travaillant parfois sous des bombardements assez meurtriers. Des bataillons subirent des pertes, notamment à Vailly (Aisne) bombardés nuit et jour ; d’autres, moins proches, entendaient toutefois les obus et reçurent quelques bombes d’avions. »

- Ces bataillons sont dissous à leur retour en Indochine, entre février et avril 1919.

Sources principales:
Emmanuel Bouhier, Les troupes coloniales d’Indochine en 1914-1918, Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

Voir aussi le site de l’ANAI
(Association Nationale des Anciens et Amis de l’Indochine et du Souvenir indochinois)



Merci à Mathilde Molet ;)
pour l'idée et m'avoir fait découvrir la tombe du cimetière de Cerny-en-Laonnois

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samedi 18 avril 2009

A comme Américains

- Le 6 avril 1917, les Etats-Unis entrent en guerre mais ne disposent pas d’une armée conséquente (à peine 200 000 hommes). Ils envoient donc leurs hommes se former à la guerre de tranchées en France, après leurs classes au pays.

- Arrivée en France en octobre 1917, la 26e Division d’infanterie américaine (intégrée au 11e Corps d’armée français) vient s’installer sur la partie ouest du Chemin des Dames, de Pinon à Braye-en-Laonnois, le 5 février 1918, après plusieurs semaines d’entraînement dans la région de Neufchâteau.
- Les soldats laissent leurs traces de façon abondante dans les creutes qu’ils occupent : Froidmont, Montparnasse, Rouge-Maison, etc. Ils sont envoyés au repos à Soissons ou Vailly-sur-Aisne.
- Les soldats américains sont au Chemin des Dames à un moment où ce front est considéré comme « calme », c’est-à-dire marquée seulement par quelques escarmouches (certaines s’avérant meurtrières)

- Ils sont relevés entre le 18 et le 21 mars pour être envoyés vers Toul (ils participent à la bataille de Château-Thierry en juillet).


Source principale : Lettre du Chemin des Dames n°13
NDLA : à voir aussi le petit film réalisé par Denis Rolland à base d’archives montrant les soldats américains à leur arrivée vers Soissons.

mardi 14 avril 2009

C comme Craonne



- Village de l'est du Chemin des Dames, et bien plus …
- 70 habitants

- Craonne (à prononcer « crane ») tire son nom du mot celte craon, la petite pierre issue de l’extraction ou de la taille dans les carrières, nombreuses dans la zone.


- Souvent dévastée dans l’histoire (lors des guerres de religion par exemple), Craonne est en 1814 le théâtre d’une des dernières victoires de Napoléon.





- Avant 1914, le village de Craonne compte plus de 600 habitants et possède trois rues principales, très abruptes et bordées de maisons aux caves voûtées. Il est situé sur les premières pentes du plateau du Chemin des Dames, nommé à cet endroit « plateau de Craonne ». Avec l’arrivée du train (CBR) à Chevreux et la crise du phylloxéra, l’activité viticole traditionnelle a été délaissée au profit du maraîchage.
- A proximité, sur le plateau, Henry Vasnier a développé son lieu de loisirs et de plaisir, la « Californie » …


- En septembre 1914, Craonne est occupé par les Allemands et sa population déplacée. Le village se trouve en effet en plein sur la ligne de front et appartient au réseau de fortifications prévu par Hindenburg.




- L’offensive Nivelle entraîne sa destruction totale. Une première offensive est bloquée le 16 avril, engendrant des pertes considérables ; plusieurs tentatives échouent dans les jours suivants, même si les combats ont lieu à l’intérieur du village. Finalement, le 4 mai, alors que des obus achèvent de détruire l’église Saint-Martin, le 18e RI s’empare de Craonne en ruines (en jouant sur l’effet de surprise) et parvient à s’y maintenir.
- Les combats à proximité et les bombardements se poursuivent cependant pendant plusieurs semaines.





- Après guerre, le site de Craonne est classé en zone rouge (47% de sa superficie en 1922) ; on envisage de ne pas le reconstruire. Seuls quelques dizaines d’habitants rentrent vivre dans les caves ou des abris de fortune (44 au recensement de 1921). Mais la ténacité de ces habitants et des élus infléchit la volonté première de l’Etat.

- Le nouveau village est donc construit de 1922 à 1927 (l’église jusqu’en 1938 pour les finitions), à quelques hectomètres au sud-ouest, un peu en contrebas, dans un endroit plus propice à l’agriculture moderne (400 ouvriers travaillent au chantier, tous extérieurs au département). Bordeaux et Cannes, mais aussi les Etats-Unis, le Canada et la ville de Stockholm fournissent une aide financière importante. Toutefois, seules 28 maisons sur les 152 d’origine sont rebâties, notamment par manque de subventions : plusieurs habitants ne peuvent acheter les terrains laissés libres pour la reconstruction.

- La population craonnaise revient en partie, mais on ne compte guère que 150 habitants environ avant la deuxième guerre.


- Le vieux Craonne est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2003. Un arboretum occupe son emplacement, et l’on peut se promener tout en découvrant le monument aux morts (à l’architecture recherchée), les restes des rues, de l’église Saint-Martin ou du cimetière, guidé par des panneaux d’information et des notices. C’est en effet l’un des rares lieux du Chemin des Dames vraiment mis en valeur dans un but éducatif et mémoriel.



- Son maire actuel est Noël Genteur.


- NDLA - Une visite à Craonne ne peut être sans suite. Elle entraîne forcément une réflexion, un retour, tôt ou tard. Ce lieu vous aimante et fascine par chacun de ses mètres carrés, si divers et chargés d’histoire. Dans le soleil et la verdure d’un mois de mai ou sous le ciel bas de l’automne, parcouru de promeneurs, de lycéens ou absolument vide, le petit village apparemment anodin de Craonne est un lieu extra-ordinaire …


Le 14 avril 2008, le jour où tout a commencé ...

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samedi 11 avril 2009

V comme Vorges

- Village proche de Laon et de Bruyères-et-Montbérault, sur les premières pentes
- 380 habitants

- Début septembre 1914, l’armée allemand s’empare de Vorges et l’utilise comme base arrière au service de la guerre (en 1918, par exemple, les cloches de l’église sont fondues et transformées en canons). Les Vorgiens sont soumis aux réquisitions et au travail forcé. La population est progressivement évacuée, notamment face aux préparatifs de l’offensive française de 1917.

- Vorges subit d’importants dégâts. Le village est adopté par Vincennes dans le cadre de la reconstruction. Il compte beaucoup moins d’habitants quand la guerre se termine (260 habitants en 1921).

http://1917.vorges.net/

jeudi 9 avril 2009

M comme Monts de Champagne


- Région située au Nord-Est de Reims, constituée de collines et de buttes (Mont Haut 256m, Mont Cornillet 206m, le Casque 245m, Mont sans Nom 209m, Téton 237m, etc.)
- C’est le lieu d’une bataille de la première guerre, d’avril à juillet 1917.


- Depuis 1914, les Allemands contrôlent les hauteurs, qui sont d’excellents points d’observation ; les Français sont installés dans la plaine, au Sud.


- Le 17 avril 1917, à 4h45, sur un peu moins de 20 kilomètres, les Français lancent une attaque qui entre dans la cadre de l’offensive Nivelle. Cette attaque doit être reliée aux combats du Chemin des Dames (au sens large, de l’Ailette aux Cavaliers de Courcy), malgré la présence entre les deux fronts de celui de Reims, inactif.

- Les résultats de la première journée sont décevants pour les autorités françaises, mais la première ligne allemande est franchie. Le 20, les Français parviennent sur les hauteurs mais ils doivent faire face à des contre-attaques terribles. Les Allemands utilisent notamment le tunnel du Cornillet pour faire parvenir en première ligne des renforts en relative sécurité. Les soldats français parviennent à s’accrocher tant bien que mal à leurs positions, tandis qu’un nouvel assaut est lancé et qu’un obus endommage le tunnel le 20 mai, évacué après l’asphyxie de 600 Allemands.

- L’offensive sur les Monts de Champagne s’arrête après le 20 mai 1917, sur cette « victoire » française (environ 6 000 Allemands sont prisonniers).


- Après guerre, la zone est totalement dévastée. Classée en zone rouge, elle comprend plusieurs villages disparus (Moronvilliers, Nauroy), dont les communes sont fusionnées avec leurs voisines. Un camp militaire s’installe dans cette région ; le Commissariat à l’Energie Atomique y possède des infrastructures.





- A proximité des Monts de Champagne a été érigé en 1957 un monument « Aux héros et martyrs des offensives d’avril 1917 » (érigé par « Ceux de Verdun »), au message on ne peut plus clair. La date tardive et l’origine de ceux qui sont à l’origine du monument montrent bien les difficultés de commémorer ces batailles de 1917 …



Pour plus de détails :
http://souterrains.vestiges.free.fr/spip.php?article34
http://pagesperso-orange.fr/champagne1418/bataille/avril17/bataille17.htm

mercredi 8 avril 2009

B comme Bouconville-Vauclair


- Village situé à proximité de l’Ailette, au nord de Craonne et au nord-ouest de Corbeny
- 160 habitants

- 396 personnes vivent à Bouconville en 1911.

- Les Allemands occupent Bouconville dès début septembre 1914. La zone est proche de la ligne de front pendant toute la guerre, ce qui entraîne des destructions majeures et donc son classement en zone rouge après 1918.

- En 1923, les communes de Bouconville et de Vauclerc (orthographié Vauclair), qui n’est pas reconstructible, fusionnent. Les indemnités pour La Vallée Foulon-Vauclerc sont partagées entre Bouconville et Oulches. La population n’est plus que de 168 habitants à Bouconville, reconstruit selon le plan originel.

dimanche 5 avril 2009

T comme Terny-Sorny

- Village au Nord de Soissons et à l’Ouest de Laffaux, sur l’autre versant surplombant le ruisseau Jocienne
- 350 habitants

- En 1914, environ 330 personnes vivent dans cette commune, qui regroupe le village de Terny et le hameau de Sorny.

- Jusqu’à leur retrait sur la ligne Hindenburg, Terny-Sorny est aux mains des Allemands.
- Libéré mais anéanti, le village sert de base de départ aux offensives de mai 1917 vers le moulin de Laffaux puis d’octobre dans la cadre de la bataille de La Malmaison.

- Le 2 juin, un bataillon du 308e RI cantonnant à proximité est touché par une mutinerie, une majorité des hommes refusant de relever des troupes dans le secteur de Laffaux (ils sont au repos depuis la veille seulement) ; cette action s’arrête dès le lendemain.

- Terny-Sorny à nouveau allemand en mai 1918, les combats pour sa reprise sont très violents au mois de septembre. Ce qu’il reste du corps expéditionnaire russe (environ 400 hommes affectés à la division marocaine) s’en empare mais y perd son aumônier, le 2 septembre.


- La population chute fortement: il n’y a encore que 237 habitants au recensement de 1921, le village souffrant en outre d’exode rural vers Soissons. La reconstruction est longue et difficile, s’étalant tout au long des années 1920 (comme dans toute la région, d’ailleurs …).

vendredi 3 avril 2009

B comme Bièvres

- Village proche de Chamouille et, aujourd’hui, du plan d’eau de l’Ailette, sur le ruisseau Bièvre
- 80 habitants

- L’armée allemande s’empare de Bièvres en septembre 1914 ; le village, au pied du Mont de Coupy, compte alors environ 150 habitants. Ceux-ci subissent pendant plus de 4 ans les contraintes, réquisitions et évacuations imposées par l’armée d’occupation.

- Les préparatifs de l’offensive Nivelle puis la libération du village le 13 octobre 1918 par l’armée italienne entraînent d’importantes destructions.

- La population de Bièvres est divisée par deux à la fin des combats ; seuls 89 habitants sont recensés en 1921 (une centaine dans les années 1930).

lundi 30 mars 2009

R comme Ravin sans nom



- Lieu-dit situé entre Craonne et Craonnelle

- Le « ravin sans nom » est le no man’s land que doivent franchir les troupes françaises (notamment les 1er et 201e RI) qui attaquent vers la tranchée du Balcon et le plateau de Californie au petit matin du 16 avril 1917.

- L’offensive y est rapidement bloquée : à la nature du terrain et à la météo s’ajoute l’action des mitrailleuses et de l’artillerie allemandes.
- Dans le creux du ravin se trouve les ruines de la « maison sans nom ». Une fois la tranchée du Balcon atteinte, les murs de celle-ci servent de poste de secours : l’abbé Liénart et le pasteur Nick y soignent et y réconfortent du mieux possible les nombreux blessés en attente d’évacuation.

- Pendant plusieurs semaines, le « ravin sans nom » reste une zone parcourue par soldats et blessés, jonchée de cadavres que l’on tente d’identifier voire d’inhumer, bombardée sans cesse. Avec la prise du plateau de Californie, à l’été, les combats s’éloignent un peu, sans s’arrêter totalement cependant.


- D’abord classé en zone rouge, le secteur est ensuite rendu progressivement et partiellement aux agriculteurs. La « maison sans nom », anéantie, n’est pas reconstruite après 1918.



- « Comme elle n’a pas de nom sur la carte, on l’appelle “ la maison sans nom”. Un petit ruisseau coule devant elle. Quand nous le franchissons, le barrage allemand se déclenche, très violent, devant nos tranchées de départ, c’est-à-dire heureusement trop tard, et derrière nous.
Mais soudain les mitrailleuses entrent en action, et croisant leurs feux, des hauteurs qui nous dominent, criblent de balles nos soldats. A la tranchée du Balcon, on voit la ligne des tireurs allemands, debout, qui fusille de haut en bas nos éléments les plus avancés. Comment gravir dans ces conditions, la falaise qui se dresse devant nous ? »

Achille Liénart, Journal de guerre 1914-1918