dimanche 15 février 2009

L comme La Malmaison (creute)

- Creute située à quelques mètres de la ferme de La Malmaison (un peu plus loin au Nord aujourd’hui)

- Utilisée depuis longtemps comme carrière, elle est occupée par les Allemands dès septembre 1914 et transformée en casernement (pour une capacité d’environ 500 hommes), avec ouverture de nouvelles sorties en direction du front. Pour eux, c’est la Thuringer Höhle.

- Juste avant la proche carrière Montparnasse (1er BCP), la creute de La Malmaison est prise le 23 octobre 1917 par le 31e Bataillon de Chasseurs à Pied, sans trop de difficulté grâce à l’efficace préparation d’artillerie : les occupants se rendent à 9h50 et le bataillon y transfère son PC depuis la ferme de La Malmaison.

JMO du 31e BCP

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L comme La Malmaison (fort)


- Fort de l’Ouest du Chemin des dames, à quelques centaines de mètres à l’Est de la ferme de La Malmaison qui lui donne son nom.

- Le fort est construit en 1877 pour environ 800 hommes et une quarantaine de canons. Il appartient comme les forts de Condé et Montbérault au système de fortifications Séré de Rivières (responsable du service du Génie au ministère de la Guerre), qui a pour but d’éviter une nouvelle invasion vers Paris.
- Vite obsolète à cause de ses murs en terre et en pierre de taille (il sert d’ailleurs de laboratoire pour les obus à la mélinite en 1886, qui le condamnent), il est déclassé en 1912 et partiellement démoli.


- Il n’est pas utilisé comme point d’appui par les Français mais sert, comme les creutes, de casernement et d’élément de défense aux Allemands. Peut-être est-il relié par un tunnel aux carrières de Bohéry.
Voir ici

- Le 23 octobre 1917, à 6 heures, le fort de La Malmaison est repris par le 4e régiment de zouaves, dans lequel sert notamment Henri Giraud ; il n’est plus qu’un amas de ruines après plusieurs heures d’un bombardement intense.


- A nouveau conquis sans résistance par les Allemands le 27 mai 1918, il est définitivement aux mains des Français le 28 septembre (25e BCP).




- Aujourd’hui dangereux, le fort est interdit au public mais peut être visité avec un guide.






- On trouve une immense nécropole allemande entre le fort et la route. Il s’agit en fait d’un cimetière de regroupement de soldats de la deuxième guerre mondiale (combats de 1940 et percée d’Avranches de 1944). Inauguré en 1965, il rassemble près de 12 000 corps.

L comme La Malmaison (bataille)

- Bataille victorieuse menée par les Français à l’Ouest du Chemin des Dames
- Octobre 1917

- L’assaut est mené le 23 octobre après une préparation d’artillerie brève (elle commence le 17 octobre, prolongée à cause du mauvais temps) mais très intense et efficace, qui annihile en partie la résistance ennemie et bouleverse les tranchées. Le fort est rapidement pris et les Français progressent régulièrement vers l’Ailette.
- C’est cet assaut victorieux qui décide du sort de la bataille : les Allemands se replient du secteur du Mont des Singes et offrent une résistance faible à Pinon, investi le 25. La poussée se poursuit plus à l’Est vers Filain.
- Début novembre, les positions allemandes sur le Chemin des Dames ne sont plus tenables ; ils doivent alors se replier au-delà de l’Ailette, libérant les hauteurs.


- Dès 1917, beaucoup choisissent de faire de la victoire de La Malmaison (« victoire de l’Aisne ») la clôture de la bataille du Chemin des Dames, pour finir celle-ci de façon positive. « Monter à l’assaut de cette muraille en s’élevant de la plaine apparaissait une tâche formidable. Notre commandement ne la jugea pas au-dessus de la vaillance de nos soldats ; commencée à l’offensive du 16 avril, cette opération de longue haleine se terminait le 26 octobre par la magnifique victoire de La Malmaison. » (H. Carré, « La victoire de l’Aisne », Lectures pour tous, décembre 1917)

- Ceci permet aussi de mettre en avant la tactique de Pétain, contribuant ainsi au « mythe » né à partir de Verdun. « Les dernières opérations, qui ont exécutées selon la sage et prudent méthode qui fut naguère celle du général Pétain sur les rives de la Meuse et qui, sous l’impulsion énergique du même chef, commandant l’ensemble de nos armées, est appliquée aujourd’hui partout avec le minimum de pertes et le maximum de résultats. » (L’Argus soissonnais, 25 octobre 1917)


Source principale : Antoine Calagué, « La victoire de La Malmaison : l’exploitation d’un succès tactique », in N. Offenstadt (dir.), op. cit. (pages 393 à 396)

vendredi 13 février 2009

S comme Sapigneul


- Village disparu et mont des bords du canal de l’Aisne à la Marne, proches de Berry-au-Bac et de la côte 108

- Avant guerre, le village de Sapigneul se trouve près du canal, sur la rive côté N44-actuelle D 1044 ; il compte environ 90 habitants.

- Dès 1914, Sapigneul est âprement disputé. Les Français le reprennent en septembre et parviennent à repousser les Allemands début novembre. Ceux-ci se retranchent de l’autre côté du canal (sur la côte 92 ou Mont de Sapigneul), le front se stabilise. Déjà à cette date, le village est entièrement détruit (tout comme le pont sur le canal, les passerelles et les écluses.
Cf. http://vlecalvez.free.fr/plaques_sapigneul.html

- Le front est marqué par de fréquentes escarmouches mais reste stable en 1915 et 1916.

- Sapigneul fait partie d’une zone considérée comme essentielle dans l’offensive Nivelle du 16 avril 1917, autour de Berry-au-Bac et du contrôle des points hauts situés entre le plateau du Chemin des Dames et les Monts de Champagne (côte 108, Brimont, Mont Spin). C’est à Sapigneul que les Allemands organisent un coup de main (le 4 avril) et s’emparent de plans essentiels concernant l’attaque française.

- Le 16 avril, le 150e RI parvient à franchir les lignes ennemies et prendre pied sur les pentes du mont de Sapigneul, mais il ne peut s’y maintenir face à la bonne résistance allemande.
- Les combats se poursuivent dans les jours suivants, puis Nivelle ordonne une nouvelle tentative le 4 mai. Le secteur devient plus calme à la fin du mois.


- Le village n’est pas reconstruit après-guerre car non déminé et classé en zone rouge ; les habitants doivent donc s’installer à Cormicy.
- Aujourd’hui, il ne reste de l’ancien village de Sapigneul qu’un morceau de mur, monument et lieu de mémoire bâti sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Laurent et inauguré en 1948.

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mercredi 11 février 2009

M comme Mauregny-en-Haye

- Village proche de la D1044 au Sud-Est de Laon
- 420 habitants

- Le 1er septembre 1914, les 500 habitants de Mauregny voient arriver les Allemands, qui traitent le village comme tous ceux qu’ils occupent (fin 1916, les cloches sont fondues pour servir à la fabrication d’armes).
- Début 1917, la population est évacuée en partie en vue de l’offensive française.

- Mauregny-en-Haye est libéré par le 2e Corps italien le 13 octobre 1918.

- Il n’y a plus que 420 habitants au recensement de 1921. Mauregny reçoit la Croix de guerre en 1923, tandis que le village est reconstruit et modernisé (réseaux d’eau et d’électricité).

A consulter: http://www.lescahiersdhistoire.net/


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mardi 10 février 2009

G comme Giraud (Henri)

- Militaire français
- Paris 1879 – Dijon 1949

- Diplômé de Saint-Cyr en 1900, Henri Giraud est fait prisonnier à Guise le 30 août 1914 ; il parvient à s’évader quelques semaines plus tard.

- Il devient commandant du 3e bataillon au 4e Zouaves en août 1917 et participe à la bataille de la Malmaison (octobre), notamment à l’assaut victorieux du fort.

- Le futur concurrent du général de Gaulle pour prendre la tête de la résistance française participe aux opérations de « pacification » dans les colonies après la guerre (notamment au Maroc) et progresse dans la hiérarchie militaire, devenant général en 1936.

dimanche 8 février 2009

M comme Montparnasse


(Monument au 1er Bataillon de Chasseurs à Pied, près de Chavignon)



- Creute et auberge proches de Chavignon, au lieu-dit Le Bois d’Embron

- La creute Montparnasse sert de carrière de pierre dure depuis 1806 ; son nom vient peut-être de l’auberge qui faisait face à son entrée principale (on en trouve plusieurs, notamment une vers Vaudesson).


- Elle est prise par les Allemands (nommée par eux Barbarossa Höhle) et utilisée dès septembre 1914 comme abri fortifié. On peut y faire vivre jusqu’à 10 000 hommes selon les rumeurs de l’époque !

Plan de la carrière Montparnasse (la base Mérimée confond celle-ci avec la creute de La Malmaison …)

- La carrière Montparnasse est intensément bombardée (obus de 400, notamment) en prévision de l’offensive de La Malmaison, le 23 octobre 1917, rendant très difficile la résistance allemande.
- Le 1er Bataillon de Chasseurs à Pied s’empare de la creute dès le premier jour de l’assaut (secondé par le 31e BCP), malgré les mitrailleuses postées dans les ruines de l’auberge ; les soldats sont guidés par des prisonniers allemands qui se sont rendus un peu plus tôt, étourdis par le bruit, les éboulements et les gaz toxiques.

- Les Français à leur tour s’en servent comme lieu de repos et de réserve face au front de l’Ailette.

- A partir de 1919, la carrière Montparnasse est utilisée pour la reconstruction dans la région (notamment des chemins vicinaux et des murs de clôture).

- L’auberge est détruite et n’est pas rebâtie.


Sources principales :
JMO du 1er BCP
Inès Guérin, Base Mérimée

vendredi 6 février 2009

P comme Pargnan


- Village du versant Sud du plateau du Chemin des Dames installé en bordure de falaise
- 60 habitants

- Pargnan est en 1914 un village troglodytique d’environ 160 habitants, qui sert d’abri aux soldats français dès septembre 1914 (pour les retarder, les Allemands avaient mis en scène une barricade avec casques à pointe et fusils pour faire croire à leur présence, alors qu’ils avaient abandonné le village – source RG Nobécourt). Gabriel Hanotaux y possède une belle demeure, que les combats vont endommager.



- Le 5 juin 1917, une mutinerie éclate au sein du 75e RI, en repos à Pargnan après de très lourdes pertes dans les semaines précédentes près de la Caverne du Dragon. Le 10, plusieurs mutins sont jugés par le Conseil de guerre. Le caporal Albert Truton est condamné à mort et exécuté le 18 juin, après refus de la grâce par le président Poincaré.


- Le village de Pargnan est sérieusement endommagé (mais pas détruit) par les combats, qui ont fait sensiblement baissé la population (même si elle est de 148 habitants en 1921, avant d’être touchée par l’exode rural). Les peintures murales de l’église sont cependant gravement touchées.

- Le cimetière communal de Pargnan abrite les tombes de 6 combattants britanniques et de 4 soldats français.

Avant

Aujourd'hui

mercredi 4 février 2009

C comme Courtois (René)

- Homme d’Eglise
- (Belgique) 1923 – Vauclair 2005

- René Courtois est ordonné jésuite en 1955. Passionné d’archéologie, il participe en Belgique à la création du groupe « Sources ».

- En 1966, il arrive au Chemin des Dames, à l’abbaye de Vauclair en ruines.
- Elle devient sa passion et il consacre tout le reste de sa vie à sa restauration (« Je suis au service de ce site. C’est ma patrie »)



- Le père Courtois s’intéresse aussi aux combats du premier conflit mondial et publie en 1987 le premier guide du Chemin des Dames depuis l’immédiat après-guerre puis un recueil sur des écrivains étant passé dans la région.
- Il est enterré dans l’abbaye.

mardi 3 février 2009

A comme Aizy-Jouy



- Villages formant une seule commune situés au Nord de Vailly-sur-Aisne, presque entièrement entouré par le plateau et par de nombreuses creutes, notamment celle dite du Caïd.
- 260 habitants

- Avant la première guerre, la population des deux villages s’élève à près de 300 personnes. Les Allemands occupent ce versant Sud du Chemin des Dames dès septembre 1914, parviennent à s’y maintenir malgré les tentatives alliées de reconquête. Les Allemands utilisent les villages comme base arrière (les mairies servent de casernements) et les vident de leur population en vue de l’offensive Nivelle.

- Les 19 et 20 avril 1917, le 355e RI pénètre dans les deux villages, mais est stoppé par des tirs de mitrailleuses ; une compagnie du 294e RI (celui de Laby) réussit enfin à se maintenir à partir du 22. Les Français ne parvenant pas à progresser davantage, Aizy et Jouy se situent sur la ligne de front et vivent au rythme des coups de main allemands et des tentatives françaises de prendre pied sur les hauteurs du Chemin des Dames.
- La victoire de La Malmaison offre un peu de répit à ce secteur à partir de l’automne, avant les derniers combats de 1918 (Aizy et Jouy sont définitivement libérés le 28 septembre).


- En 1917, Aizy est presque entièrement détruit. L’église Saint-Médard de Jouy, classée aux Monuments historiques en 1911, subit le même sort : il n’en reste que le portail sud. La nouvelle église est inaugurée en 1933.
- La population est plus que divisée par deux (elle est de 150 habitants au recensement de 1921), avant de retrouver son niveau antérieur.
- Les calvaires et châteaux environnant (Vauxcelles, Volvreux, La Mivoie), sont détruits mais non reconstruits.

- Les deux communes fusionnent en 1971 ; chacune possède des bâtiments administratifs et religieux qui lui sont propres.

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dimanche 1 février 2009

M comme Mairet (Louis)

- « On voudrait être durable … on partira peut-être sans avoir fait quelque chose de bien. »

- Soldat et écrivain français
- Paris 1894 – Craonne 1917

- Etudiant brillant (il est admissible à l’ENS en 1914), Louis Mairet est mobilisé et appartient successivement aux 39e et 127e RI, participant aux batailles de la Somme et de Verdun entre autres.

- A partir de décembre 1916, il est sous-lieutenant au 8e RI, aux côtés de Paul Dubrulle notamment, et se retrouve au Chemin des Dames dans l’attente de l’offensive Nivelle (bois de Beaumarais, le 8 avril).
- Louis Mairet meurt dans l’attaque vers les bastions de Chevreux, près de Craonne, le 16 avril 1917.

- En 1919 on publie ses souvenirs de guerre dans Carnet d’un combattant, qui s’arrête à la veille de sa mort, le 15 avril.


- « La raison se perd devant le spectacle d’une lutte scientifique où le progrès sert au retour de la barbarie, devant le spectacle d’une civilisation qui se retourne contre elle-même pour se détruire. »


- « Le soldat de 1916 ne se bat ni pour l’Alsace, ni pour ruiner l’Allemagne, ni pour la patrie. Il se bat par honnêteté, par habitude et par force. Il se bat parce qu’il ne peut faire autrement. Il se bat ensuite parce que, après les premiers enthousiasmes, après le découragement du premier hiver, est venue, avec le second, la résignation. Ce qu’on espérait n’être qu’un état passager [...] est devenu une situation stable dans son instabilité même. On a changé sa maison contre un gourbi, sa famille contre des camarades de combat. On a taillé sa vie dans la misère, comme autrefois dans le bien-être. On a gradué ses sentiments au niveau des événements journaliers, et retrouvé son équilibre dans le déséquilibre. On n’imagine même plus que cela puisse changer. On ne se voit plus retournant chez soi. On l’espère toujours, on n’y compte plus »
http://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2002-2-page-95.htm

samedi 31 janvier 2009

M comme Martigny-Courpierre



- Village de la rive droite de l’Ailette, aujourd’hui proche du plan d’eau
- 110 habitants

- La commune, qui comprend le village de Martigny et les hameaux de Courpierre et de Chavailles, compte 200 habitants en 1914.

- Elle subit les conséquences de l’occupation allemande pendant toute la guerre.

- Le village est entièrement détruit par les bombardements de 1917 et les combats de 1918. La reconstruction se fait selon les mêmes modalités que dans les autres villages de la zone, notamment en ce qui concerne l’église Saint-Martin. Celle-ci est édifiée, entièrement en béton, entre 1928 et 1933 selon un style art-déco très original.



- Du hameau de Chavailles entièrement détruit on ne rebâtit que la ferme (pas le château).
- La population est plus que divisée par deux (il n’y a que 113 personnes présentes au recensement de 1921, et jamais Martigny-Courpierre ne retrouvera sa population antérieure).

mercredi 28 janvier 2009

M comme Moisy



- Ferme proche de Vauxaillon, sur le plateau qui surplombe le village et sa nécropole


- Le plateau de la ferme de Moisy est allemand entre 1914 et l’automne 1917. La ligne fortifiée Hindenburg y passe (on peut surveiller la vallée de l’Ailette depuis ces hauteurs).

- Le 16 avril 1917, les troupes coloniales du 7e RIC chargées de sa conquête parviennent à l’occuper vers 11 heures mais doivent se replier sous la pression et par manque de soutien en fin de journée. Les combats acharnés se poursuivent dans les jours et les semaines suivants ; les Français parviennent à progresser très légèrement mais sont soumis à d’intenses contre-attaques, les 20 et 21 juin par exemple.

- A partir du mois de juillet, le secteur devient un peu plus calme (surveillé par le 359e RI, celui d’Henri Désagneaux) et n’est pas concerné directement par l’offensive de La Malmaison, en octobre. Les troupes françaises profitent cependant de la poussée générale pour enfoncer le front et le repousser jusqu’à l’Ailette, contrôlant à présent entièrement le plateau de la ferme de Moisy.


- Les Allemands enfoncent les lignes françaises en mai 1918.
- Mais, à partir du 15 septembre, les troupes alliées (6e Bataillon de Chasseurs alpins) reprennent le secteur de la ferme de Moisy et parviennent à y demeurer, malgré les contre-attaques allemandes jusqu’à la fin du mois.


- Entièrement détruite par les combats, la ferme est reconstruite dans les années 1920, notamment grâce à l’aide du CARD.
- Depuis trois générations la ferme de Moisy est dirigée par la famille Doloy ; elle se consacre à la céréaliculture et à l’élevage bovin et porcin.

mardi 27 janvier 2009

M comme Monthenault



- Village de la rive droite de l’Ailette, entre la rivière et le plateau qui la surplombe
- 110 habitants

- Monthenault est aux mains des Allemands pendant tout le conflit. Le village subit de très intenses bombardements français lors des semaines qui précèdent l’offensive sur le Chemin des Dames.
- Le front se rapproche encore à l’automne 1917, l’Ailette séparant à présent les deux camps.

- Monthenault est entièrement détruit en 1918 et reçoit la Croix de guerre en 1920. Sa population chute considérablement (89 habitants au recensement de 1921 contre 134 à celui de 1911).
- La reconstruction s’échelonne jusqu’au début des années 30. L’église Saint-Martin (dont l’architecte est A. Müller) est rebâtie en pierres de taille et en béton, avec des vitraux essentiellement bleus.

http://www.monthenault.com/

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lundi 26 janvier 2009

B comme Brancourt-en-Laonnois

- Village proche d’Anizy-le-Château, sur la rive droite du canal de l’Oise à l’Aisne
- 650 habitants


- Près de 400 personnes voient l’armée allemande occuper leur village au début du mois de septembre 1914.
- Celle-ci transforme alors la zone en ligne de défense redoutable : c’est la ligne Hindenburg, qui passe notamment sur les hauteurs dans les bois à l’Ouest de Brancourt (direction Coucy-le-Château). Plusieurs bunkers encore visibles en témoignent.

- Le village est en effet très proche de la ligne de front, surtout après l’opération Albérich, encore plus quand les Allemands se replient sur l’Ailette à la fin de 1917.
Vue aérienne

- Brancourt-en-Laonnois est libéré en octobre 1918 par le 122e RI.

- Au recensement de 1921, la population a chuté à moins de 230 habitants.

dimanche 25 janvier 2009

F comme Freinet (Célestin)

- Pédagogue français
- Gars (Alpes-Maritimes) 1896 – Vence 1966

- Célestin Freinet est à l’Ecole normale d’instituteurs à Nice lorsqu’il est mobilisé, en 1915. Il étudie à Saint-Cyr et en sort aspirant. Il combat notamment en Champagne en 1916.

- Le 140e auquel il appartient est au Chemin des Dames, dans le secteur d’Hurtebise, début juin 1917.
- Le 23 octobre 1917, Célestin Freinet est blessé au poumon droit par une balle dans le ravin des Gobineaux, lors de l’assaut marquant les débuts de la bataille de La Malmaison. Il reçoit la Croix de guerre et la Médaille militaire, mais doit rester hospitalisé pendant 4 ans (il garde cependant des séquelles respiratoires jusqu’à sa mort).

- En 1920, Freinet devient instituteur et commence son expérimentation de nouvelles méthodes de pédagogie (qui portera son nom), en partie à cause de son handicap physique qui l’empêche de parler longtemps : il cherche à faire de sa classe un atelier, laissant plus d’autonomie et d’initiatives aux élèves …

- En 1920 paraît Touché. Souvenirs d’un blessé de guerre (réédité en 1996), récit de Célestin Freinet rédigé à partir des notes de ses carnets de campagne.



- « Ma belle canne en serpent que j’avais coupée à Vrigny, je l’ai perdue. Je la cherche désespérément, pressentant l’immense malheur... Oh ! J’en suis sûr, si je l’avais retrouvée, je serais encore comme vous, et je chanterais et je rirais... je ne serais pas un pauvre mutilé.
Je marchais droit devant ma ligne de tirailleurs, regardant, sur la côte en face, monter le 2e bataillon, précédé du feu roulant.
Un coup de fouet indicible en travers des reins: «Pauvre vieux... c’est ta faute... Il ne fallait pas rester devant... tu n’aurais pas reçu ce coup de baïonnette.» J’ai ri - je croyais qu’un soldat m’avait piqué par inadvertance, et je voulais l’excuser - j’aurais voulu cacher ma douleur... je suis tombé... Qu’elle était bête cette balle!
Par le milieu du dos, le sang gicle... Ma vie part avec... je vois la mort s’avancer au galop... Je n'ai pas voulu m'évanouir et je ne me suis pas évanoui... j'ai voulu me lever: j'ai rassemblé toutes mes forces; je n'ai pas bougé... Ma poitrine est serrée dans un étau.
Couché sur le brancard, j'ai senti qu'il pleuvait. L'aéro de la mission rasait le sol. Mon casque est tombé.
Le médecin de bataillon est tout rouge de sang - un boucher. Dans le trou où j'attends un autre crie... on vient... Oh! Que de blessés!...
Je grogne. Les Allemands (affectés au service sanitaire) qui me portent s'arrêtent. Ils cherchent des épingles anglaises pour me couvrir de deux capotes... Ils me remportent le plus doucement possible.
Des tanks énormes vont à la bataille. Un blessé léger s'en va clopin-clopant vers l'arrière... que je l'envie!...
Me voilà revenu à mon point de départ, à 1500 mètres du nouveau front. Que suis-je allé faire là-bas ? »



Voir notamment une page consacrée à la blessure de Freinet

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samedi 24 janvier 2009

G comme Gobineaux



- Ravin et ferme proches de l’Ange gardien, en contrebas de la ferme Vauxrains ; le ravin s’ouvre sur le village d’Allemant.

- Les Gobineaux appartiennent à la zone (autour du moulin de Laffaux) que les Allemands fortifient lors de la mise en place de la ligne Hindenburg. C’est un lieu que les Français ne parviennent pas à récupérer en mars 1917, lorsqu’ils croient en un repli plus vaste de leurs ennemis.
- Après l’arrêt de l’offensive Nivelle, un réseau de tranchées parcourt le secteur ; les Gobineaux font partie des plus reculées, la ligne de front étant située près des fermes Mennejean et de Colombe.

- Les Gobineaux se trouvent au cœur de la bataille de La Malmaison, le 23 octobre 1917, lorsque les Français lancent l’assaut sur les lignes allemandes. Jean Giono participe à l’assaut dans les rangs du 140e RI; Célestin Freinet y est blessé, dès le premier jour. A la fin de la journée, cependant, l’objectif français est atteint …


- De violents combats s’y déroulent à nouveau le 14 septembre 1918, lors de la reconquête alliée.


- La ferme des Gobineaux n’est pas reconstruite après la guerre.

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vendredi 23 janvier 2009

G comme Gibeau (Yves)

- Ecrivain français
- Bouzy (Marne) 1916 – Roucy 1994

- Fils de militaire, Yves Gibeau devient journaliste (notamment à Combat).
- L’auteur de plusieurs livres, dont Allons z’enfants en 1952 (dans lequel il raconte la bêtise et la cruauté du milieu militaire), s’installe à Roucy en 1981.
- Antimilitariste, solitaire, il y rassemble des milliers d’objets issus des champs de bataille du Chemin des Dames.
- Il obtient de Noël Genteur d’être enterré dans le cimetière du Vieux Craonne.


(Source principale : Jean-Ypes Dupain dans 1917 Le Chemin des Dames, publié par le CG02, page 52)

mardi 20 janvier 2009

A comme Aubigny-en-Laonnois


- Village proche de la D 1044, à flanc de plateau.
- 110 habitants

- Un peu plus de 220 personnes vivent à Aubigny-en-Laonnois avant 1914. Elles ne sont plus que 137 au recensement de 1921.
- Dans l’intervalle, le village est occupé par les Allemands, subit d’importants bombardements au printemps 1917 lors de la préparation de l’offensive Nivelle puis des destructions importantes lors des combats d’octobre 1918.

- Le village, la mairie et l’église Saint-Nicolas doivent être entièrement rebâtis, selon le style typique de l’époque.



dimanche 18 janvier 2009

P comme Pertuisane

- Tranchée allemande puis française située au Nord de Sancy-les-Cheminots (une pertuisane est une lance dont le fer se sépare en trois, un peu comme un trident).
- Elle est très proche de la ferme Mennejean, en bordure du plateau qui surplombe Nanteuil-la-Fosse et la carrière Sainte-Blaise. La tranchée de la Pertuisane se dirige ensuite vers la ferme de Colombe.

- En avril 1917, c’est le 329e RI qui est chargé de sa prise.
- Celle-ci se révèle très difficile : après s’être emparé de Sancy et avoir mis pied sur la « plaine de Colombe » (tranchée de l’armure) le 21 avril, il est bloqué par les Allemands sur la Pertuisane.

- Le 5 mai, c’est la grande attaque dans tout le secteur de Laffaux, à laquelle participe le 329e RI, appuyé par 2 batteries de chars. « A 4h45, le bataillon Garceau débouche de ses tranchées et atteint une partie de la tranchée de la Pertuisane. » Mais « le terrain est criblé d’abris de mitrailleuses très bien dissimulés. Après la surprise de notre premier [ bond ? ] il est impossible de bouger. Je suis sans aucune liaison avec la 13e et la 15e [compagnies] qui ne peuvent certainement pas m’envoyer de coureurs. »
Un peu plus tard, « des éléments des 13e et 15e occupent la tranchée de la Pertuisane qui a été prise à la grenade et où de nombreux cadavres boches se trouvent dans les abris. »
(JMO du 329e RI)

- A la fin de la journée, la tranchée est définitivement prise, mais les combats acharnés se poursuivent pour la suivante, celle de la Rade …

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