samedi 17 janvier 2009

C comme Colombe



- Plateau (la « plaine de Colombe » est une avancée du plateau du Chemin des Dames vers Vailly) et ferme situés entre Aizy-Jouy et Sancy-les-Cheminots, au Sud de La Malmaison

- Contrôlé par les Allemands depuis septembre 1914, le plateau de Colombe devient zone de combats dans les premiers jours de l’offensive Nivelle. Un bataillon du 329e RI s’empare de la ferme de Colombe le 21 avril 1917, dans la matinée, après la prise de Sancy, sans trop de difficultés (« Le régiment continue l’exécution de la mission prévue par la note du colonel du 20 avril 1917 2 heures » et s’installe sur le plateau dans la soirée). Source : JMO du 329e RI

- Jusqu’à la bataille de La Malmaison, la « plaine de Colombe » est sur la ligne de front. Elle est un lieu de combats très durs pour s’emparer des hauteurs de Laffaux et de l’Ange gardien.
- C’est le point de départ des soldats français en octobre, qui repoussent la ligne de front sur l’Ailette, plus au Nord.

- La ferme est reconstruite et toujours en activité aujourd’hui.


vendredi 16 janvier 2009

C comme Cavaliers de Courcy



- Levées de terre de part et d’autre du canal de l’Aisne à la Marne, au Nord de Reims, près des villages de La Neuvillette et de Béthény.

- Depuis 1914, les premières lignes français et allemande (tranchée de Berlin) traversent à la perpendiculaire le canal au beau milieu des Cavaliers de Courcy. C’est donc une zone d’escarmouches permanentes.

- Ils marquent l’extrémité orientale de l’offensive Nivelle, le 16 avril 1917, avant le front passif de Reims (et le front actif dès le 17 des Monts de Champagne).
- Dès les premières heures de l’attaque, le 410e RI prend possession des Cavaliers, mais les Français ne progressent pas davantage. Ils sont remplacés par le 409e début mai.

- A la fin du mois de mai, le secteur des Cavaliers de Courcy devient plus tranquille.
« La consigne tacite et respectée dans les deux camps, était de rester calme, dans une sorte de trêve officieuse. C’est ainsi que nous pûmes construire des réseaux de protection, en travaillant hors des tranchées, à côté des Allemands qui s’occupaient de leur côté. L’un d’eux s’étant approché, tendant des cigarettes à nos travailleurs, il fallut le menacer pour qu’il s’éloignât, sans avoir l’air de prendre la menace au sérieux. » (25 juin 1917)
H. Vaubourg, O crux Ave, p. 172 (cité par Y. Prouillet sur le site du CRID)

- Les Cavaliers de Courcy restent disputés jusqu’en 1918 ; ils sont totalement dévastés quand la guerre se termine ...





Cf. le blog du 36e RI pour les combats de 1914 dans cette zone

lundi 12 janvier 2009

D comme Dubrulle (Paul)

(MAJ février 2011)



- « Nous nous étions habitués à vivre repliés sur nous-mêmes, à faire notre devoir, le cœur navré, pour des gens qui n’en étaient pas tous dignes, et voici que tout à coup nos préjugés, comme un voile, tombaient. Nous avions, en cet instant la sensation très vive de la France entière tournée amoureusement vers nous et suivant d’un regard attendri nos souffrances et nos misères. Nous étions confondus et ravis. » (1916, cité par Maurice Barrès)


- Prêtre français
- Isbergues (Pas-de-Calais) 1882 – Craonne 1917

- Prêtre jésuite, Paul Dubrulle est mobilisé au sein du 8e R.I. Il est d’abord présent entre septembre et décembre 1914 autour de la ferme du Choléra et dans le bois de Beaumarais. Entre mai 1915 et février 1916, son régiment revient au Chemin des Dames, toujours dans le même secteur.

- Entre les batailles de Verdun et de la Somme (avril-juillet 1916), Dubrulle – devenu sous-lieutenant – est sur le plateau de Paissy et dans le ravin de Troyon.

- Enfin, dès mars 1917, le 8e R.I vient préparer l’offensive Nivelle entre Aisne et Marne. Le 16 avril, il attaque en direction de Chevreux, à l’est de Craonne. La progression est impossible face aux mitrailleuses du saillant du Tyrol et des bastions de Chevreux. Paul Dubrulle est tué dès les premières heures de la bataille.


- Ses souvenirs sont publiés dans Mon Régiment dans la fournaise de Verdun et dans la bataille de la Somme, qui porte essentiellement sur l’année 1916.



Fiche MPF


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dimanche 11 janvier 2009

H comme Hiver

Pas une nouvelle définition.
Juste quelques clichés d'un beau samedi de janvier au Chemin des Dames, par -5 ou -10°.
Un superbe lieu, encore plus mis en valeur par cette fine couche blanche ...
Même si l'on imagine la souffrance que cela pouvait être il y a près d'un siècle, pour eux, qu'on est bien, là-haut ...



Le plateau à Cerny



Panorama de la Royère, avec la chapelle Saint-Berthe et Monampteuil



Vendresse



Le plateau vers Malval



Veslud



L'Aisne près d'Oeuilly



Le canal latéral à Cys-la-Commune



Braye-en-Laonnois



Cerny-en-Laonnois






Tranchées du plateau de Californie



Craonnelle




Hurtebise



Ange gardien



Abbaye de Vauclair



Soupir

samedi 10 janvier 2009

D comme Drans (Maurice)

- Soldat et écrivain français
- Fresnay-sur-Sarthe 1891 – ?

- Fils de commerçants, il fait des études au Mans. Trois fois blessé au cours de la guerre, il rencontre Georgette Clabault lors d’une permission ; il se fiance avec elle en 1916.

- En 1917, il est au Chemin des Dames au moment de l’offensive Nivelle, dans le secteur de Quincy-Basse puis de Vauxaillon (262e RI).

- Après-guerre, il se sépare de Georgette, mène une vie de bohême et écrit.


- « C’était l’éparpillement macabre du cimetière sans couverture, sans croix, abandonné des hommes, les gisements épars des cadavres innombrables, sans sépultures, le charnier à nu dans le grouillement des vers et dans les pluies d’obus qui continuaient. Plus d’un millier de cadavres se tordaient là déchiquetés, charriés les uns sur les autres … Je traînais de la nuit vers les lignes, mon fardeau de pièces sur le dos ; je défaillais ; dans ma bouche, dans mes narines ce goût, cette odeur ; l’ennemi et le Français sympathisant dans le rictus suprême, dans l’accolade des nudités violées, confondues, mêlées, sur cette plaine de folie hantée, dans ce gouffre traversé de rafales vociférantes. L’Allemand et le Français pourrissant l’un dans l’autre, sans espoir d’être ensevelis jamais par des mains fraternelles ou pieuses. Aller les recueillir, c’est ajouter son cadavre dans cette fosse toujours béante, car insatiable est la guerre … Chaque nuit, nous longeons cette géhenne pétrifiée où s’agitent les spectres, le cœur chaviré, nous bouchant le nez, les lèvres crispées. » (17 mai 1917)

- « Moi je veux être tout seul avec ma Georgette, loin de l’obus, qui ne me tuera pas, loin des nuits d’épouvantement qui s’allongent dans la boue des cadavres, loin des jours infinis de souffrances traversées, des coups d’épée de la mort, loin de la monotonie des ténèbres éternelles, loin de la saleté repoussante, des ordures forcées, de la crevaison de la herse sous la pesée d’un ciel qui n’est plus le ciel. » (18 mai 1917)

(Source : Paroles de Poilus, page 81 et page 132)

vendredi 9 janvier 2009

A comme Aizelles

- Village proche de Corbeny et de la D 1044
- 100 habitants aujourd’hui

- Situé proche d’une route importante, Aizelles subit de fréquentes destructions (par les Russes en 1814 par exemple).
- Le village compte environ 200 habitants quand commence le premier conflit mondial.

- Les Allemands occupent la zone pendant toute la guerre et l’utilisent comme base arrière pour leurs défenses.
- Les Français la bombardent intensément lors de la préparation de l’offensive Nivelle puis dans les semaines qui suivent, quand le front se rapproche de Corbeny.

- Lorsque le 320e RI libère le village le 14 octobre 1918, Aizelles est entièrement détruit par les combats. On met donc en place la société coopérative de reconstruction d'Aizelles, Aubigny, Sainte-Croix, Chermizy et Bouconville (dont l'architecte était A. Bonnet de Paris, et les entrepreneurs désignés Gaston Bernard de Bièvres et Jacques Hesbert).
- La population chute fortement : elle n’est que de 102 habitants en 1921.

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jeudi 8 janvier 2009

L comme Lefèvre (Pierre Gaston)

- Soldat français fusillé
- Morfontaine (Meurthe-et-Moselle) 1897 – Soissons 1917

- Le 14 août 1914, quelques jours après que son père et son frère ont été fusillés par les Allemands, Pierre Gaston Lefèvre s’engage dans l’infanterie ; il est à peine âgé de 17 ans, a dû franchir les lignes ennemies et tricher sur son âge pour rejoindre l’armée française.

- Blessé en 1915, il est soigné à Lyon.
- Devenu caporal, P. Lefèvre est dans le secteur du Chemin des Dames fin mai 1917 : son régiment (le 109e) transite de campements en campements, depuis Fismes jusqu’aux abords de Soissons, avec comme objectif Margival.

- Le 31 mai 1917, Lefèvre est impliqué dans la mutinerie de Mercin. Il est considéré par ses juges comme un « petit meneur », car il possède une somme de 3 000 francs dont il ne révèle pas la provenance et passe beaucoup de nuits dehors, revenant « dans un grand état d’exaltation » [on sait aujourd’hui d’après son courrier qu’il était un joueur compulsif].

- Le 16 juin, à 4h30, Pierre Gaston Lefèvre est exécuté au Champ de tir, à Soissons. On lui fait signer une lettre dont le texte appelle au patriotisme et à l’obéissance.
- Il est aujourd’hui inhumé au cimetière militaire d’Ambleny.


(Source principale : Denis Rolland, dans 1917 Le Chemin des Dames, publié par le CG02, page 25)

mercredi 7 janvier 2009

T comme Teilhard de Chardin (Pierre)

- Homme d’Eglise, philosophe et paléontologue français
- Orcines (Puy-de-Dôme) 1881 – New York 1955

- Prêtre en 1911, il travaille au Muséum d’Histoire naturelle de Paris.
- Entre 1914 et 1919, il est brancardier et aumônier au 8e régiment de zouaves ; sa conduite exemplaire lui vaut plusieurs citations. D’avril à juin 1917, il combat autour de Paissy et d’Hurtebise ; son premier texte publié est Nostalgie du front, en novembre de la même année.

- Après la guerre, il poursuit sa carrière scientifique internationale, tandis que ses relations avec l’Eglise se tendent.


- « Je suis monté, au crépuscule, sur la colline d'où l'on découvre le secteur que nous venons de quitter, et où nous remonterons sans doute bientôt. Devant moi, au-delà des prairies voilées de brume naissante, où les coudes de l'Aisne font des taches laiteuses, la crête dénudée du Chemin des Dames se détache, nette comme une lame, sur le couchant doré, moucheté de Drachen. De loin en loin, une torpille fait jaillir un tourbillon de fumée silencieuse. [...]
L’eau qui blanchit dans la vallée, ce n’est plus l’Aisne : c’est le Nil, dont le miroir lointain m’obsédait jadis comme un appel des Tropiques. Je me crois maintenant assis au crépuscule, vers El-Guiouchi, sur le Mokkatam, et je regarde vers le sud… […]
Ce soir, plus que jamais, dans ce cadre merveilleusement calme et excitant où, à l'abri des violentes émotions et de la tension excessive des tranchées, je sens se raviver, dans leur milieu natif, les impressions déposées en moi par trois années de guerre, le front m'ensorcelle. Et j'interroge ardemment la ligne sacrée des levées de terre et des éclatements - la ligne des ballons qui se couchent à regret, l'un après l'autre, comme des astres biscornus et éteints —, la ligne des fusées qui commencent à monter. Quelles sont donc, enfin, les propriétés de cette ligne fascinante et mortelle ? Par quelle secrète vertu tient-elle à mon être le plus vivant, pour l'attirer ainsi à elle,invinciblement ?[...]
L'expérience inoubliable du front, à mon avis, c'est celle d'une immense liberté. »


(In Aux armées avec les tirailleurs, 1917)

mardi 6 janvier 2009

L comme Laon


Laon depuis le fort de La Malmaison, si loin si proche ...



- Ville et préfecture du département de l’Aisne
- 27 000 habitants aujourd’hui


- En 1914, Laon est une ville dynamique de par son rôle administratif, judiciaire et sa situation de carrefour de transports. Sa population s’élève à plus de 16 000 personnes.

- Pendant toute la guerre, Laon est aux mains des Allemands. C’est donc la vie d’une ville occupée qu’elle connaît: panneaux de signalisation en allemand, fêtes allemandes, réquisitions, travail forcé, répression et prise d’otages, etc.
- La guerre est très présente : passages de convois de prisonniers, de blessés, hôpitaux (la cathédrale abrite 600 chevaux jusqu’en mars 1917, avant de devenir un lazaret), stocks d’armes et de munitions (qui explosent parfois), bombardements aériens français.
- Les privations sont difficiles et généralisées, et l’on espère avant tout l’évacuation : il y en a 7 au total pendant le conflit.


- En 1917, Laon est l’objectif espéré par beaucoup d’officiers (mais aussi de soldats) du premier ou du deuxième jour de l’offensive Nivelle (« L’aurore du lendemain doit voir le débouché de la cavalerie dans la plaine de Laon et l’occupation par l’infanterie de la ligne Laon-Laniscourt-Anizy-le-Château » - directive du général Mangin avant le 16 avril, citée par Yves Buffetaut) …

- La guerre se rapproche début novembre 1917, avec le repli allemand sur l’Ailette consécutif à leur défaite lors de la bataille de La Malmaison. Plusieurs faubourgs et le quartier général allemand sont alors évacués. Un peu moins de 5 000 Laonnois restent dans la ville et subissent pendant l’hiver une intensification des bombardements français.


- Le 13 octobre 1918, quelques heures après que l’armée française a franchi l’Ailette du côté de Monampteuil, les Allemands évacuent Laon. Les soldats du 25e bataillon de Chasseurs à pied y pénètrent et, dans l’après-midi, le général Mangin y défile sous les acclamations. Quelques jours plus tard, le maire Georges Ermant, amené comme otage au début du mois, est libéré à Vervins.


- Après guerre, la population laonnoise revient et la ville profite de l’exode rural qui touche toute la zone (19 000 habitants au recensement de 1921). Les destructions sont assez peu importantes : la cathédrale Notre-Dame, par exemple, est relativement épargnée.
- Les hôpitaux militaires allemands fonctionnent jusqu’en 1920 pour les blessés intransportables et pour les prisonniers de guerre.



- On trouve à Laon deux nécropoles allemandes, celle du plateau Saint-Vincent ayant été supprimée en 1920 (située près des hôpitaux, dans la ville haute, elle est jugée trop ostentatoire).
- La première, dite de Laon « Bousson », est créée en 1917 : elle comprend 2 653 corps, dont certains transférés par les Français après 1918 provenant de divers petits cimetières environnants.
- La deuxième, Laon « Champ-de-manœuvre » (3 487 corps), est aménagée par les autorités françaises après 1920 près d’un ancien terrain militaire et reçoit les tombes allemandes de la ville haute et d’autres lieux.

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lundi 5 janvier 2009

A comme Arnold (Paul)

- Soldat français
- Lille 1896 – Craonne 1917

- Etudiant, Paul Arnold vit avec sa famille à Grenade (Haute-Garonne) quand la guerre se déclenche.
- Il est incorporé en 1915 et devient aspirant un an plus tard au 8e RI.

- Paul Arnold meurt, tué par l’explosion d’une grenade, dans l’attaque du bastion de Chevreux, près de Craonne, le 16 avril 1917.

- « Il y a des enfants qui partent avec pour tout manteau la pluie sur leurs épaules, avec la pluie dans leurs pensées … et qui, tout seuls, vont s’endormir au bord des routes, pour toujours … »

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dimanche 4 janvier 2009

A comme Albérich (opération)

- Opération allemande (16-19 mars 1917) qui consiste en le repli sur la ligne fortifiée Hindenburg (ou Siegfried) dans le but de diminuer la taille du front à défendre (Alberich est un nain malicieux, sorcier légendaire de la mythologie germanique).

- A la mi-février 1917, les habitants de la zone comprise entre le front et la ligne de repli sont évacués ; une seule valise par personne est autorisée. Les hommes valides et les femmes sans enfant partent en train vers Hirson, dans le nord de l’Aisne, afin d'y travailler pour les Allemands. Enfin, avant de se replier, ceux-ci entreprennent le pillage puis la destruction systématique de la région : maisons, puits, arbres fruitiers (ce qui choque beaucoup les poilus, pour la plupart paysans). Même le château de Coucy est dynamité. Rien ne doit pouvoir être utilisé par les Français.



Merci à JF Viel pour ce très précieux document ...

K comme Kanaks

En 1915, le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, Jules Repiquet, décide que le décret sur le recrutement des Tirailleurs sénégalais s’applique aussi aux Kanaks, les populations autochtones confinées depuis 60 ans dans des réserves et soumises au régime de l’indigénat. Les recrutements sont souvent violents, et une grande révolte éclate en 1917, réprimée férocement.
Ainsi se constitue le bataillon des Tirailleurs du Pacifique (comprenant 1 078 Kanaks), devenu Bataillon mixte du Pacifique après adjonction de soldats polynésiens. Ils ne forment pas une unité à part mais servent comme troupes supplétives : grenadiers, brancardiers, etc. Après quelques semaines de formation dans le sud de la France (Boulouris dans le Var), le BMP accompagne la 72e DI en Champagne

Ils sont à Cerny-en-Laonnois pendant l’été 1917 (6e Régiment d’Infanterie Coloniale), puis prennent part aux combats de la contre-offensive alliée de 1918, sur l’Ailette par exemple (418e RI). 382 Kanaks sont morts ou portés disparus (plus de 35% des engagés, soit le taux le plus fort des troupes indigènes françaises).

Leurs témoignages montrent une nette « volonté de se battre » (notamment par respect de la parole donnée, beaucoup de combattants appartenant à des clans proches des Français), une très grande foi chrétienne, un rapport très proche à la nature, mais aussi une incompréhension des formes que prend cette guerre.
Après guerre, ils sont ramenés en Nouvelle-Calédonie et l’indigénat « les fait retomber dans l’oubli ». Aucune revendication nationaliste ne s’ensuit, mais tous les anciens tirailleurs refusent la nationalité française lorsqu’elle leur est proposée, en 1925.


Source: Sylvette Boubin-Boyer, « Des Tirailleurs kanaks au Chemin des Dames », dans N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 244 à 248

samedi 3 janvier 2009

C comme Cros (Jean-Louis)

- Soldat français
- Saint-Pons (Hérault) 1878 – Craonnelle 1917

- Avant guerre, Jean-Louis Cros est receveur des Postes à Rieucros, dans l’Ariège.

- Le 16 avril 1917, il participe à l’offensive sur la tranchée du Balcon (au-dessus de Craonnelle) en tant que sous-lieutenant au 201e RI (celui de l’aumônier Liénart). Il reçoit un éclat d’obus.

- Père de 3 filles, le sous-lieutenant Jean-Louis Cros meurt dans un trou d’obus avec à la main la dernière lettre qu’il vient d’écrire à sa famille.
- « Chère femme et chers parents et chers tous
Je suis bien blessé. Espérons que ce ne sera rien. Elève bien les enfants chère Lucie. Léopold t’aidera si je ne m’en sortais pas. J’ai une cuisse broyée et suis seul dans un trou d’obus. Je pense qu’on viendra bientôt me sortir. Ma dernière pensée va vers vous. »


(source : Paroles de Poilus, page 166)



- NB : dans la 2e édition de Paroles de Poilus et dans le numéro spécial 1917 – Le Chemin des Dames du CG02, Jean-Louis Cros est prénommé Jules.

vendredi 2 janvier 2009

C comme Craonnelle



- Village situé à quelques hectomètres de Craonne
- 120 habitants aujourd’hui

- Avant la guerre, Craonnelle compte près de 220 habitants ; sa population est en baisse depuis un siècle.

- Envahie par les Allemands, Craonnelle est reconquis difficilement par les Français. Le front se stabilise à sa proximité.
- Encore presqu’intact en 1915, le village est entièrement détruit lors des combats liés à l’offensive Nivelle. En effet, Craonnelle est au cœur de l’offensive du 16 avril 1917 vers le plateau de Vauclerc, qui passe notamment par la prise de la tranchée du Balcon, au nord (201e, 273e et 33e RI). Les combats se poursuivent pendant des semaines dans les environs du village, jusqu’à la prise du plateau à la fin de l’été.
- A partir de Craonnelle, le génie français a construit pendant la guerre le tunnel Bugeaud, qui traverse de part en part le plateau du Chemin des Dames.

- Seuls 57 habitants vivent à Craonnelle lors du recensement de 1921 ; ils sont 116 cinq ans plus tard et 136 en 1931, mais jamais la population antérieure n’est rattrapée.
- Le village est reconstruit selon les principes en vigueur dans la région, avec des bâtiments à l’architecture typique de ces années d’après-guerre.




- A l’entrée du village se trouve la nécropole militaire : 3 910 français (dont 1 884 en ossuaire), 24 anglais (7 seulement identifiés) et 2 belges. A l'origine ce cimetière a été aménagé pendant la guerre à proximité d'un poste de secours; on y a ensuite entrepris des travaux de rassemblement en 1920. Ainsi, cette nécropole regroupe aujourd’hui les morts des combats du plateau des Casemates et du plateau de Californie, ceux des postes de secours de Craonnelle, des Flandres à Oulches, de Vassogne, de Jumigny, de Craonne, du Moulin de Vauclair, etc.



mercredi 31 décembre 2008

V comme Vaudesson


(MAJ  septembre 2013)



- Village proche du calvaire de l’Ange gardien et de la RN2.
- 180 habitants

- Au moment de l’invasion allemande, un peu plus de 300 personnes vivent à Vaudesson, village, vivant de l’agriculture au creux d’un vallon ouvert sur le Nord. Ce n'est cependant que le 12, lors de leur repli, que les premiers uhlans investissent les lieux, pillant tout ce qu'ils trouvent.

- Vaudesson reste aux mains des Allemands jusqu’en octobre 1917 ; c’est une zone où ils concentrent leur artillerie, qui gêne beaucoup les Français lors de leurs offensives successives dans le secteur de Laffaux.
- Trois mille soldats stationnent dans le secteur du village, mettant à contribution la population : corvées, réquisitions, logement des officiers entre autres. Vaudesson dépend de la Kommandantur de Chavignon, subissant la rigueur administrative de l'occupant (couvre-feu, autorisations de déplacement, etc.)
- En février 1917, les autorités évacuent la population restante

- Vaudesson est repris lors de la bataille de La Malmaison, le 24 octobre ; les chars sont alors employés pour aider à l’avancée dans le ravin et les tranchées voisines.
- Capturé par les Allemands le 27 mai 1918 dès 8 heures, le village subit de nouveaux combats lors de la contre-offensive victorieuse française d’octobre.


- « Vaudesson, le PC du colonel Hume, avait été une ville, mais il ne restait plus rien qui ressemble à une construction et il n’y avait plus de cave. ‟C’était la ville la plus anéantie que j’aie jamais vueˮ, dit le capitaine Hyatt. ‟Il ne restait même plus un petit tas de pierres. Dans un an environ, quand l’herbe aura poussé, il sera impossible de dire que cette ville a existé. » (Harry Benwell, History of the Yankee Division, février 1918)
- Totalement en ruines en effet, Vaudesson a perdu l’ensemble de sa population ; celle-ci revient cependant lentement, entamant une reconstruction difficile (120 habitants en 1921, un peu plus de 200 dans les années 1930).




A lire : « Vivre à Vaudesson pendant la Grande Guerre », de Claude-Catherine Adam-Ragache, Lettre du Chemin des Dames n° 25 (dont les renseignements sur l'occupation sont issus)

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mardi 30 décembre 2008

S comme Saint-Mard

- Village de la rive gauche de l’Aisne, face à Soupir
- 120 habitants

- Repris par les Français de justesse en septembre 1914, Saint-Mard se trouve à proximité de la ligne de front, surtout après la prise de la poche de Vailly par les Allemands en 1915.

- Le front s’éloigne dès le 16 avril 1917, avec la progression française. L’aspirant Laby y passe avec le 249e RI, le 19, avant de franchir l’Aisne et d’aller à Chavonne.
- Mais Saint-Mard subit, comme beaucoup de villages de la zone, des dégâts importants au cours du repli allemand et du passage de l’Aisne par les alliés en 1918.

- La population de Saint-Mard passe d’environ 200 habitants en 1914 à 150 après guerre. Plusieurs maisons détruites doivent être reconstruites. L’église Saint-Médard, très endommagée, est classée aux Monuments historiques en 1920 puis restaurée.

dimanche 28 décembre 2008

B comme Bruand (Aristide)

(MAJ Février 2012)




- Soldat français
- Paris 1883 – La Ville-aux-Bois 1917

- Le fils du chansonnier Aristide Bruand (que l'on écrit aussi Bruant), qui porte le même prénom que son père, est militaire de carrière après de brillantes études à Saint-Cyr. Il est lui-même poète et membre de la Société des Gens de Lettres.


- Il combat sur plusieurs fronts (4 fois blessé) et devient capitaine du 2e bataillon du 89e RI qui arrive dans le bois de Beaumarais au début de 1917.

- Le 16 avril à 6 heures, il est à la tête de ses hommes dans la tranchée d’Anspach (nord de la ferme du Temple), avec objectif premier la Nationale 44. Mais, dès le début, la progression est rendue difficile par les mitrailleuses et les obus allemands ; l’arrivée des chars accentuent la réaction adverse. Le 89e enlève les premières lignes allemandes (tranchées de la Plaine, d’Enver Pacha) mais butte complètement sur la deuxième (tranchée et bois de l’Enclume).
- Le capitaine Aristide Bruand est tué au cours des combats (dans un premier temps, le JMO de son régiment l’annonce blessé).

- Le lendemain, 17 avril, « le capitaine Bruand est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur à compter du 1/4/1917. » (JMO 89e RI)

- Il repose aujourd’hui à la nécropole de Pontavert.



Fiche MPF

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D comme D 1044

(MAJ septembre 2011)



- Route nationale devenue départementale
- Elle relie Cambrai à Châlons-en-Champagne (1824) puis à Vitry-le-François (1952).
- 211 kilomètres

- Entre Laon et Reims, la D 1044 parcourt 47 kilomètres.

- De Corbeny jusqu’à Reims, la route est pratiquement parallèle au front de 1914-1917 (qui a varié, mais jamais de façon très nette dans ce secteur). Elle est alors le plus souvent côté français, marquant pour les soldats le début du réseau de tranchées (vers Cormicy par exemple) ou des combats (le Choléra).

- Fin 1914, on crée une chanson au sein du 39e RI qui séjourne dans le secteur de la ferme du Luxembourg et d’Hermonville :
http://www.blogger.com/img/blank.gifhttp://www.blogger.com/img/blank.gif
Aux Braves Poilus du 39ème
La Route 44

(Robert GUILLON)
Chanson originale : Sur les bords de la Riviera
http://www.youtube.com/watch?v=-eMx7Tpjs1I
http://www.musikiwi.com/paroles/gaby-montbreuse-bords,riviera,45494.html

« I
""...
Et qu' plein d'infortune
On bouff ' son cafard au fond de la Tranchée !
La pluie dégringole
On est bien vit' traversé
...

REFRAIN
Sur les bords d'la Route Quarant' quat'
On reçoit des obus dans les patt's
Et si vous montrez votr' citron
Vous risquez d' déguster un marron !
...

II
Mais y a Hermonville
Où l'on vient se retaper
Ca c'est un' bath ville
On y trouve de tout ... mêm' de quoi s'exciter
On se r' fait la fiole
L' port' monnaie s'trouve dégraissé
Quand on est mariole
...

III
Mais faut qu' ça finisse
Ca n' peut pas toujours durer,
Faudra que l'on puisse
Un jour ou l'autre, franchement avancer ...
...
Avec les grands honneurs du Canon
Plus d' tranchées, de boyaux, de mitraill', de gourbis
On aura retrouvé son Pays.
Adieu toujours,http://www.blogger.com/img/blank.gif
Misèr's de Luxembourg ! »



(Source :
http://www.vigneron-champagne.com/index.php/2006/11/11/109-armistice-remembrance-day-cauroy-les-hermonville-1917)



- Le 27 mai 1918, la Nationale est un axe essentiel pour l’attaque allemande qui souhaite atteindre l’Aisne au plus vite et encercler les troupes alliées du bois de Beaumarais et du plateau de Californie.



- Depuis la fin de la guerre, on trouve le long de la D 1044 le monument des chars d’assaut, près de Berry-au-Bac, des nécropoles française, allemande et britannique et des monuments individuels ou en l’honneur de diverses unités.


- Aujourd’hui, la D 1044 reste une route facilement franchissable, malgré la circulation importante ; elle traverse les villages du secteur et ne constitue donc pas une rupture, comme peut l’être sa « consœur » de l’ouest, la RN2. Cependant, un projet prévoit le passage en voie express d’ici à 2020 …

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samedi 27 décembre 2008

B comme Beaurieux

(MAJ   décembre 2013)



- Village situé sur la rive droite de l’Aisne, sur les premières pentes menant au plateau du Chemin des Dames
- 750 habitants

- Beaurieux compte 620 habitants en 1914 ; c’est un village dynamique, avec une gare mais aussi un médecin, un pharmacien, un percepteur, un vétérinaire, etc.

- Les combats arrivent à Beaurieux le 2 septembre 1914, précédés par le passage de civils venus du nord et de militaires en retraite. Un « petit engagement » sur le plateau de Jumigny causent des blessés à l'armée française, qui les fait soigner dans l'école de garçons de Beaurieux ; parmi eux, un sous-lieutenant arrageois du 1er escadron de train, Louis-Alexandre Hacard, qui meurt le soir même.
- Les Allemands arrivent le lendemain. « Comme dans bien d'autres villages, ces premiers ennemis avaient été pris pour des Anglais. » (M. de Sars) 
- Le maire est pris comme otage afin que le défilé dans les rues se déroule correctement, tandis que l'occupant procède à des réquisitions d'avoine et d'essence.

- Après la contre-offensive de la Marne, les chasseurs d'Afrique sont les premiers soldats français à entre dans Beaurieux, qui va dès la stabilisation du front devenir une base importante pour tout le secteur du Chemin des Dames (d'autant plus qu'il est situé sur la contre-pente donc relativement peu bombardé : des civils de Pontavert ou Craonnelle viennent même s'y réfugier).
- « Le village est très coquet et loin d’avoir souffert comme Craonnelle. Des incendies provoqués par des bombes ont détruit pas mal de maisons. Des obus ont fait des trous assez grands dans des murs, mais dans l’ensemble le village est conservé ; d’ailleurs pas mal de civils sont encore là, qui depuis le début continuent leurs travaux. » (Arnaud Pomiro, le 31 mai 1917)
- « La relève s’est faite sans être bombardée. Nous cantonnons dans Beaurieux, dans des maisons évacuées, bâtiments, caves. Le bourg de Beaurieux, situé en haut et sur le penchant nord-est de la vallée de l’Aisne, n’est pas démoli, mais il a subi des dégâts importants par les bombardements à longue portée. Il n’y a plus que le tiers des civils par comparaison d’avant-guerre. Un obus a cassé la flèche du clocher de l’église. Beau clocher, entièrement en pierres de taille, pas de charpente, tout est en pierres. Depuis les lignes la nuit, nous entendons sonner les cloches. » (Paul Clerfeuille cité par R. Cazals, le 15 mars 1918)

- La vie dans Beaurieux s'organise, au milieu des forces françaises (puis britanniques au printemps 1918). La 36e DI y séjourne longuement, des soldats au repos faisant fréquemment office d'instituteur de remplacement. La maison du colonel de Tugny devient hôpital
- En 1915-1916, les pentes à l'abri sont cultivées, la plaine partiellement.

- C’est un lieu bien connu des soldats, à qui qui un attribue un rôle-clé dans le plan d'offensive en avril 1917. « Nous traversons l’Aisne. Un morceau de plaine, puis la dure montée de Beaurieux. Le 6e bataillon [du 327e RI], qui y cantonne, nous regarde passer. Les pipes font sur le seuil des cantonnements des points rouges dans les groupes bleus. Quelques interjections de « pays » qui se reconnaissent au passage et animent la fin de la traversée du village en pente. » (Jacques Vendroux, La génération du feu, cité par J.F. Jagielski dans « 1918 – De guerre lasse » publié par le CG02, p. 47)
- On y installe un camp à destination des 327 prisonniers allemands faits après la prise de la Caverne du Dragon, le 25 juin 1917.


- Le 27 mai 1918, l'essentiel de la population a le temps de fuir vers Fismes avant l'arrivée des Allemands grâce à une évacuation bien menée par le maire (Neveux) et l'instituteur (Geiswiller). Environ 75 habitants restent prisonniers et – originalité – c'est une femme, veuve d'un officier français, Mme Gaiffe, que les Allemands choisissent pour faire office de maire.
- La population est évacuée en août, avant que les bombardements français de fin septembre provoquent cette fois de gros dégâts au bourg. Le 10 octobre, ce sont les Italiens qui libèrent définitivement Beaurieux.


- Les évacués et autres réfugiés reviennent à partir de février 1919. Il n'y a plus ni portes ni fenêtres, utilisées pour le feu par les Allemands. Tous les 10 jours un convoi de ravitaillement est organisé par la préfecture, avec l'aide de l'instituteur déjà cité et du cultivateur Léon Cadet. Finalemen,t un boulanger s'installe à Maizy, puis la poste est rétablie le 24 avril. Le premier conseil municipal d'après-guerre de Beaurieux a lieu le 29 juillet.
- Commune la moins détruite de la vallée, Beaurieux sert de centre à la reconstruction du secteur. Le village lui-même est aidé par Winnipeg (Canada) puisque l’Aisne est le lieu de naissance du père Marquette.

- La population de Beaurieux retrouve rapidement son niveau antérieur (667 habitants en 1921), mais l’exode rural la touche jusqu’à la deuxième guerre.
- Un cimetière français établi pendant le conflit est transféré dans la nécropole de Pontavert.



Source principale (en dehors des témoignages de combattants) : Maxime de Sars, Histoire de Beaurieux, 1936

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vendredi 26 décembre 2008

O comme Oeuilly

(MAJ août 2010)




(le cimetière d'Oeuilly fin août 2008)

(le cimetière d'Oeuilly mi-août 2010)




- Village situé sur la rive droite de l’Aisne, à proximité de la rivière sur la D 925
- 260 habitants

- En 1914, Oeuilly compte environ 230 habitants. Après la bataille de la Marne et les combats sur le Chemin des Dames en septembre-octobre, le village se trouve un peu en retrait du front, à l’abri relatif des bombardements allemands grâce à la pente.

- Oeuilly est donc une base arrière pour les Français, zone de repos ou point de départ des soldats.
- Pendant l’offensive Nivelle, on y installe un poste de secours.

- En 1918, Oeuilly connaît des combats brefs le 27 mai puis le 10 octobre et quelques semaines d’occupation allemande. Une fois le village reconstruit, la population – d’abord en légère baisse – augmente : près de 300 habitants en 1926.


- A la sortie du village, vers Bourg-et-Comin, un cimetière français regroupe 1 159 corps. Il est construit sur les premières pentes qui mènent au plateau du Chemin des Dames, tout en longueur sous les carrières de la Chaouia.
- L’histoire de cette nécropole est mouvementée : aménagée dès avril 1917 près de l’ambulance n°4 du 12e Corps d’armée, elle contient des corps de la VIe Armée de Mangin puis des troupes qui se succèdent dans la zone, surtout pendant la meurtrière bataille des Observatoires, mais aussi quelques sépultures allemandes. En avril 1918, il y a plus de 2 000 tombes dans le cimetière.
- Dans les années qui suivent la guerre, après transfert des Allemands vers Cerny et rapatriement des corps des familles le demandant, le nombre diminue considérablement et le cimetière est réaménagé.

- Après des années de dégradation (croix abîmées, plaques illisibles ou absentes, etc.), et ce malgré les efforts des employés en charge des lieux, le Secrétariat d’Etat aux Anciens combattants décide en 2009 d’une rénovation complète du cimetière (déjà bien avancée en août 2010).




- A noter que le cimetière accueille un des rares monuments régimentaires construits pendant la guerre encore présents dans la région, celui érigé par le 1er bataillon du 163e RI en l’honneur des 58 combattants morts en août 1917 dans le secteur de Cerny-Troyon.




- Le Quinconce des croix, poème de Dieudonné GRANCIER (cimetière d’Oeuilly, 17 février 1918)

Combien sont-ils ? Plus de deux mille
Au cimetière du coteau ;
Toutes leurs croix, en longues files,
Sont alignées au cordeau.
Du même noir, de même taille,
Pas de dernier, pas de premier ;
Mais ces croix-là, chaque bataille
En étend toujours le damier.
De très loin leur troupe s’annonce,
Mettant le regard en éveil
Par son ordonnance en quinconce
Sous le ciel bleu, dans le soleil.
Deux mille noms, deux mille drames
Dans ces tombeaux bien ratissés ;
Au trop fameux « Chemin-des-Dames »
C’est le tribut des trépassés.
Deux mille morts ! Bien petit nombre !
Bien petit nombre en comptant ceux
Descendus déjà dans cette ombre
Depuis tant de mois désastreux !
Deux mille morts à fleur de l’âge,
Dans ces champs seront les moissons ;
Plus de froment, aucun herbage,
N’y reverdiront aux saisons.


Source : Lettre du Chemin des Dames n°13, page 7




A consulter à propos du cimetière : Lettre du Chemin des Dames n°14

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