mercredi 3 février 2021

B comme Brosse

  

Bois situé entre Braye-en-Laonnois et l’Ailette

 

Pendant trois ans, le secteur est allemand, avec ses creutes et ses pentes qui offrent des abris bien aménagés par les occupants. A partir de la fin du mois d’avril 1917, les combats se déroulent sur les hauteurs et le bois se retrouve très proche des premières lignes, acquérant un rôle stratégique essentiel.

Au moment de la bataille de la Malmaison, fin octobre, le 212e régiment français est en première ligne ; après la victoire de ses camarades plus à l’ouest, il guette un éventuel retrait ennemi.

Celui-ci se produit le 2 novembre. Les anciennes tranchées allemandes, telle celle de Worms, sont franchies par les reconnaissances, qui se heurtent cependant aux arrière-gardes chargées de permettre le repli en bon ordre. Dans la soirée, le 5e bataillon parvient à la ferme Abia et surplombe le bois de la Brosse. Le lendemain, le 212e RI occupe prudemment le bois puis progresse jusqu’à l’Ailette, où la résistance allemande s’organise.

Après quelques jours de repos, la même unité revient dans le secteur afin de l’organiser et de multiplier les patrouilles, qui toutes rencontrent la même détermination ennemie lorsqu’il s’agit de tenter de franchir l’Ailette, notamment autour du Grand-Pont (aujourd’hui Pont Réaux).

Le 22 novembre, « une patrouille de 18 Bavarois composée par 1 officier, 1 vice-feldwebel, 2 sous-officiers, 3 gefreite [caporaux], 25 hommes de la 4e compagnie et environ une force égale de la 2e compagnie tombe à 18h30 dans une embuscade tendue au bois des Brosses par deux sections de la 23e compagnie sous le commandement de l’adjudant Daudon. Accueillie dans le plus grand silence, cette patrouille ne s’aperçoit de la présence des soldats de la 23e compagnie qu’au moment où ceux-ci se déplacent pour effectuer un mouvement enveloppant. Après un engagement très vif au fusil et à la grenade où plusieurs ennemis sont mis hors de combat, les Allemands se dispersent en hâte en laissant entre nos mains 4 prisonniers dont un sous-officier et un gefreite. Cette opération est effectuée de notre côté sans aucune perte. » (JMO 212e RI)

Jusqu’au 27 mai 1918, date de l’offensive allemande sur le Chemin des Dames, le bois de la Brosse est en première ligne. Le 12 octobre, il change une dernière fois de main lorsque les Italiens s’en emparent dans leur marche vers Laon.

 

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