Information

Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

samedi 31 octobre 2009

A comme Astoul (Louis)


- Soldat français
- Théil (Orne) 1892 – Chemin des Dames 1917

- Né d’un père inconnu, Louis né Boudet (dont la mère est fleuriste) est reconnu par Jean-Pierre Astoul en 1902.

- Le 16 avril 1917, Louis Astoul est sous-lieutenant à la 3e Compagnie du 70e Bataillon de Tirailleurs sénégalais. Il est porté disparu près de Paissy vers 16h, alors que le bataillon est bloqué par les mitrailleuses et les premières contre-offensives allemandes à la grenade.

- Louis Astoul n’a pas de sépulture connue. Sa famille fait ériger un monument en son honneur à proximité du Poteau d’Ailles et de la tranchée de Franconie après la guerre. On peut y lire : « A la mémoire de notre fils bien aimé, le sous-lieutenant Louis Astoul, du 70ème Sénégalais, tombé glorieusement dans ces parages à l'âge de 24 ans au cours de l'assaut du 16 avril 1917 et de ses camarades. » Le monument, situé en plein champ, est déplacé au bord de la D18 en 1983.


Source principale : Mémorial du Chemin des Dames

jeudi 29 octobre 2009

G comme Gargousse



- Tranchée allemande proche de La Royère. « La Gargousse était une tranchée solide, avec des abris, précédée d’un double réseau continu de barbelés monté sur piquets et large de 2 mètres. Elle courait en oblique au sud du Chemin des Dames, entre une ancienne sente qui descendait au nord vers la source Sainte-Berthe, et un chemin creux qui descendait au sud vers la ferme Certeaux. » (RG Nobécourt, op. cit., page 278)
- En armement, la gargousse est la charge de poudre d'une bouche à feu contenue dans une enveloppe de tissu ou de papier.

- Pendant plusieurs semaines, a l’été 1917, après la progression française vers les hauteurs, la tranchée de la Gargousse est au cœur des combats.
- Après les reconquêtes allemandes du mois de juillet, qui repoussent à nouveau les Français sur le versant Sud du plateau, ceux-ci décident de prendre une initiative vers la Gargousse et sa voisine, la tranchée du Salpêtre. « C’est la tranchée de la Gargousse qui va entrer dans les souvenirs – et les mémentos funèbres – des anciens combattants du Chemin des Dames. » (RG Nobécourt)

- Le 68e Bataillon de Chasseurs à Pied s’empare de la tranchée le 30 juillet, au prix de pertes importantes.
Après 20h, les soldats partent à l’assaut. « Quelques obus français arrivent dans cette ligne d’assaut, causent quelque hésitation mais n’arrêtent pas les assaillants qui partent avec un merveilleux entrain, atteignent leur objectif, font des prisonniers et, emportés par leur élan, franchissent le Chemin des Dames et gagnent même la ferme de la Royère. » « La tranchée Salpêtre Gargousse assez endommagée par notre tir a été retournée. Elle ne renferme aucun abri sauf quelques niches de tireurs. Quelques fils de fer sont placés en hâte. » (JMO du 68e BCP)

- Les Français du 27e BCP doivent résister à une très violente attaque allemande le 10 août (« un marmitage inouï, véritable nappe de feu qui s’abat sur nous ») mais parviennent à se maintenir après « un combat acharné […] à coups de grenades, de pelles, de pioches entre les chasseurs et les Allemands. […] Il n’y a plus un seul « Boche » vivant dans la tranchée de la Gargousse, de nombreux cadavres ennemis gisent en avant de nos lignes» (Louis Pain)

- Jusqu’à la bataille de La Malmaison, fin octobre, la tranchée de la Gargousse reste un enjeu pour les deux armées.


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mardi 27 octobre 2009

R comme Rogez (Auguste)

- Guide bénévole puis salarié de la Caverne du Dragon
- 1911 – 1992

- Auguste Rogez succède à Alphonse Hanras (qu’il accompagnait) comme guide non officiel de la Caverne du Dragon.
- En 1968, il devient salarié du Souvenir français dans le cadre du musée créé par celui-ci. Il exerce jusqu’en 1981.


Source : Lettre du Chemin des Dames n° 16 (été 2009)

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dimanche 25 octobre 2009

B comme Berméricourt

- Village du Nord-Ouest de Reims, proche de Loivre et de Brimont (département de la Marne)
- 110 habitants

- Environ 90 personnes vivent à Berméricourt en 1914, proximité du canal de l’Aisne à la Marne, sur la ligne de chemin de fer Laon-Reims.
- Le village est allemand pendant toute la durée de la guerre mais le front est à quelques hectomètres à l’ouest, et s’en rapproche encore en 1917.

- Le 16 avril, en effet, le 23e RI parvient à progresser plus que d’autres, s’empare de Loivre et parvient aux abords de Berméricourt, avec pour objectif le fort de Brimont. Mais l’attaque est stoppée par la résistance allemande et par les difficultés des autres régiments.
- Dans les jours suivants, le JMO du 23e RI évoque fréquemment une mitrailleuse installée sur le pont de Berméricourt, qui cause beaucoup de pertes parmi les soldats.


- Le village est profondément détruit, mais dès le recensement de 1921, Berméricourt a retrouvé son niveau de population antérieur à la guerre.

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vendredi 23 octobre 2009

H comme Historiographie (France)

- « Les grandes batailles demeurent dans la mémoire des peuples, et d’abord celles où s’affirme l’identité nationale dans la volonté d’arrêter un agresseur » (Antoine Prost à propos de Verdun dans Les Lieux de mémoire). Le Chemin des Dames, lui, n’est pas devenu un de ces lieux de mémoire, tandis que la bataille elle-même n’est pas « un événement-mémoire de stature nationale », ce qui conforte les propos de l’historien.


- Trois ouvrages majeurs seulement traitent de l’offensive Nivelle comme objet principal. « Tous ont en commun d’être fortement typés. » Dans Les grandes heures du général Pétain. 1917 et la crise du moral, le lieutenant-colonel Henri Carré utilise la bataille pour la mettre au service de la réhabilitation de la mémoire du maréchal Pétain. Les fantassins du Chemin des Dames de René-Gustave Nobécourt veut laisser une trace de l’expérience des combattants. Enfin, en 1997, Pierre Miquel publie Le Chemin des Dames.


- Parmi les histoires générales du conflit, le livre de Pierre Renouvin, La crise européenne et la Première Guerre mondiale (1969, réédition corrigée d’un ouvrage de 1934 – le passage sur le Chemin des Dames est identique dans les deux éditions) « n’a cessé d’être considéré comme le livre de référence par tous les historiens. » Il sert de base à un « Que sais-je ? » de 1965 sans cesse réédité depuis. Les ouvrages n’apportent aucun renouvellement à la vision de la bataille : « au contraire, ils perpétuent et pétrifient celui élaboré durant l’entre-deux-guerres. »

- Le cinquantenaire de l’armistice est l’occasion de publications importantes sur la guerre. Le général Gambiez et le colonel Suire développent peu la bataille elle-même et, même s’ils reconnaissent des torts à Nivelle, insistent surtout sur les interférences des politiques dans la conduite de la guerre. Un autre ancien d’Indochine, le général Valluy, reprend la même thématique, sans évoquer l’âpreté des combats (les photos présentées ne concernent pas les combats eux-mêmes ou la souffrance des soldats). Enfin, Marc Ferro « impute clairement la responsabilité du choix de la doctrine de guerre aux politiques », tout en critiquant fortement le commandement militaire et en évoquant l’ampleur des pertes.

- Dans La Grande Guerre des Français (1994), Jean-Baptiste Duroselle « est l’un des premiers à exprimer en quelques lignes la vanité et l’horreur de l’assaut du 16 ». Jean-Noël Grandhomme, dans un ouvrage de 2002, a la même tonalité, même s’il insiste plus sur le désastre humain.

- En 2003, on fait paraître l’ouvrage de l’historien britannique mondialement reconnu John Keegan sur la première guerre mondiale. Il emploie pour la première fois le terme de « massacre » pour évoquer le 16 avril mais rejoint les auteurs précédents pour établir un lien direct entre l’échec et les mutineries.


- Deux histoires militaires françaises sont aussi à analyser. Dans L’Histoire militaire de la France, Guy Pedroncini ne dit rien de la bataille d’infanterie mais évoque son échec, tout en le relativisant : la chronologie finale évoque l’ « insuccès de l’offensive du général Nivelle ». Dans le même ouvrage une plus grande place est accordée à Verdun et à la Somme. Pedroncini consacre davantage de place aux mutineries et met en avant Pétain. William Serman et Jean-Paul Bertaud (1998) insistent davantage sur l’échec « sanglant » et reprennent eux aussi le lien entre celui-ci et les mouvements de contestation des soldats.



- Globalement donc, tous les historiens font le lien entre échec de l’offensive et mutineries. « Cependant, la façon dont les mutineries longtemps présentées comme un drame national se sont transformées en non-événement mérite une mention spéciale. »
- Pedroncini et ses héritiers présentent Pétain comme sauveur de l’armée et de la République. Jean-Jacques Becker et ses successeurs font évoluer cette vision : ils soulignent le côté dramatique de la situation mais excluent un péril généralisé, les soldats refusant seulement de remonter en première ligne. Stéphane Audouin-Rouzeau et Annette Becker insistent sur le fait qu’il y a eu finalement peu de mutineries au regard de la longueur et de la dureté des combats, ce qui sert leur thèse : « On verra un bon exemple de la vieille complaisance historiographique pour les refus plutôt que pour les consentements dans le fait que le premier ouvrage émanant d’un historien (et non d’un témoin) paru sur le monde combattant ait pris comme sujet d’étude l’exception (la mutinerie de quarante mille hommes au total) et non la règle qui fut le consentement du plus grand nombre (deux millions de combattants étaient alors présents sur le front) … » (dans 14-18, retrouver la guerre, 2000). Les mutineries sont ainsi totalement absentes du musée de Péronne …

- Tous les historiens s’accordent aussi sur un partage des responsabilités entre militaires et politiques, chacun selon ses sensibilités privilégiant les uns ou les autres. « Mais la bataille elle-même intéresse peu les historiens », surtout si on la compare à celle de Verdun.
- « Il existe bien une euphémisation des effets de la guerre, mais elle est le fait des historiens et non des témoins. » Ce sont les anciens combattants qui transmettent la mémoire des hommes ayant participé aux batailles du Chemin des Dames depuis cinquante ans, mais leur influence sur le travail des historiens est finalement très réduite. « Il y aurait donc certainement lieu d’interroger le mutisme et le conformisme de ces derniers. L’invocation de la trop fameuse et mythique « objectivité » de l’historien sert trop souvent d’alibi au discours convenu, politiquement et idéologiquement « normalisé » selon une orientation non assumée. On touche ici aux enjeux souterrains et non explorés du récit de la bataille du Chemin des Dames. »




Source : Frédéric Rousseau, « Chemin des Dames, lieu d’amnésie nationale … Un parcours au sein de l’historiographie des trois semaines sanglantes depuis 1945 », dans N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 360 à 370

mercredi 21 octobre 2009

C comme Cabaret (Jules)

(MAJ septembre 2013)
 

- Entrepreneur français

- Directeur de l’entreprise Maroteaux-Cabaret de Vassogne dans l’après-guerre, Jules Cabaret participe à de multiples chantiers entre Jumigny et Craonnelle. Conseiller municipal puis maire de sa commune, ami de Henri de Rillart de Verneuil, il profite de solides réseaux pour faire fructifier son entreprise ; son oncle, Auguste Maroteaux, le fondateur de l’entreprise (qu’il lui a légué faute de descendance), conseiller municipal lui aussi, participe à la Commission du déblaiement.

- Cabaret reçoit ses commandes de la Coopérative de reconstruction de Beaurieux, et parfois d’avantages en marge de la légalité ; c’est ainsi qu’on lui confie l’édification du nouveau lavoir de Vassogne sans passer par l’appel d’offres habituel.
- C’est aussi Jules cabaret qui est chargé des chantiers de la mairie-école et de la nouvelle église Sainte-Geneviève de Vassogne.

- L’argent gagné est investi dans trois domaines : Jules Cabaret et Auguste Maroteaux rachètent des dommages de guerre de plusieurs familles ayant de ne pas revenir dans leurs communes d’origine, ils acquièrent de nombreuses terres, enfin se constituent un important portefeuille d’actions.
- Cependant, après la seconde guerre mondiale, les chutes combinées du franc et de l’immobilier ainsi que le manque d’investissement dans l’avenir (Jules Cabaret n’a pas de successeur) entraînent la ruine de l’entreprise.



Source principale : Stéphane Bedhome, Reconstruire le Chemin des Dames (1919-1939), thèse de doctorat (2012) disponible en ligne

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dimanche 18 octobre 2009

H comme Hurtebise (monument)


- Monument rendant hommage à la fois aux soldats de 1814 (les « Marie-Louise ») et aux combattants de la première guerre mondiale, inauguré le 30 octobre 1927.

- En 1914, sur suggestion du notaire Tordeux de Beaurieux et selon des plans de Georges Ermant, architecte maire de Laon, est érigé sur l’isthme d’Hurtebise un premier monument à l’occasion du centenaire de la bataille de Craonne, menée par Napoléon. Il se trouve à proximité de l'actuel parking de la Caverne du Dragon, à quelques centaines de mètres du monument actuel. On peut y lire : "Héros obscurs n'ayant pas de tombeau / Frères, gardez dans la mort l'espérance / De voir un jour des Français vos amis / Couvrir de fleurs cette terre de France / Où pour toujours vous êtes endormis".
- Le 13 septembre, le zouave Eugène Geyer (cité par R.-G. Nobécourt) y poursuit les Allemands : « A proximité, sur le monument des Marie-Louise, il y avait des gerbes de fleurs desséchées. »
- Mais le front se stabilise à proximité, et dès le 17 il est détruit par les premiers bombardements sur le Chemin des Dames. Des tranchées allemandes sont alors construites dans la zone …



- A partir du 16 avril 1917, on se bat sur son emplacement pendant plusieurs mois. Le 4e Zouaves s’en « empare » le 19 ; le 25, la Garde impériale tente une attaque, repoussée. Et ainsi se poursuivent offensives et contre-offensives autour de la position.

- Le 25 juin, quand les soldats français partent à l’assaut de la Caverne du Dragon, « la stèle des Marie-Louise de 1814, c’est toujours “le monument” qu’on prend, qu’on perd et qu’on reprend, comme s’il était toujours intact parmi ces cratères, comme si seulement un petit tas de pierres brisées indiquaient au moins qu’il se trouvait là. Il n’en subsiste rien qui ne soit de la poussière confondue, malaxée avec cette terre mille fois retournée, des cailloux broyés avec ceux que mille éruptions ont arrachés au socle de la falaise, avec des ossement réapparus. » (R.-G. Nobécourt, op. cit., page 264)




- Après-guerre, on décide d’ériger un nouveau monument (suggéré par Henri Rillart de Verneuil), qui fait l’objet d’une importante cérémonie d’inauguration, le 30 octobre 1927. Il est réalisé par Maxime Real del Sarte, après souscription de l’Union Nationale des Combattants. Sur une plaque de marbre est écrit : « A la vaillance / de la / jeunesse française / Marie-Louise de 1814 et Bleus de 1914 / unis dans la même gloire ».
- Il déclenche aussi de violentes critiques, notamment celles d’Eugène Dabit et des pacifistes.

samedi 17 octobre 2009

H comme Harangue

- Le 16 avril 1917, le 313e RI attend l’offensive le long de la Miette, entre Berry-au-Bac et les premières pentes du Chemin des Dames.

- Le lieutenant-colonel Goranflaux de la Giraudière, commandant le régiment, s’adresse à ses troupes. Il termine son ordre par ces mots : « En avant donc, et pour nos enfants ! Que chacun se lance dans la mêlée au chant de la Marseillaise comme le firent nos anciens de la Révolution. La victoire finale est à ce prix. »

- Face à la résistance allemande, notamment des nids de mitrailleuse, il demande des renforts en milieu de matinée. Mais un ordre est reçu de la 9e DI « informant le Lieutenant-colonel qu’il n’est pas possible d’envoyer des renforts, qu’il ne doit compter que sur ses propres forces. » Peu après, il engage son peloton de réserve et, entouré de ses officiers, « se porte en avant à l’assaut » ; les bataillons en difficulté peuvent ainsi se replier, regagnant les tranchées de départ en fin de journée.

- Le 19, le régiment est relevé et va s’établir près de Ventelay.


Source : JMO du 313e RI, 16 avril 1917, pages 10 et suivantes

vendredi 16 octobre 2009

S comme Senghor (Léopold Sedar)


- Ecrivain et homme politique sénégalais
- Joal (Sénégal) 1906 – Verson 2001

- Un des fondateurs de la négritude, Senghor combat en France pendant la seconde guerre mondiale. Il est président de son pays de 1960 à 1980.

- En 1983, juste avant d’être élu à l’Académie française, Léopold Sédar Senghor fait apposer une plaque dans la chapelle de Cerny-en-Laonnois en l’honneur de ses frères morts au Chemin des Dames et de tous les combattants d’Afrique.

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mercredi 14 octobre 2009

J comme Jaumes (Auguste)

- Soldat français
- Aigues-Mortes 1886 – Agde 1956

- Auguste Jaumes, marié en 1912, est sergent en 1914. Il devient sous-lieutenant à titre provisoire en mai 1916.
- Affecté au 321e RI en janvier 1917, il fait partie des troupes provenant du dépôt divisionnaire qui viennent renforcer le régiment affaibli par les premiers jours de l’offensive Nivelle, le 1er mai. Il disparaît dans la nuit du 2 au 3 mai, dans le cadre des événements qui traduisent le mécontentement des soldats dans le secteur de Vendresse.

- Jugé par contumace le 24 août 1917, Auguste Jaumes est condamné à mort.

- Il est rayé du contrôle des déserteurs en 1938.

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mardi 13 octobre 2009

B comme Bétheny

- Ville de la banlieue nord de Reims (département de la Marne)
- 6 000 habitants


- En 1914, Bétheny est un bourg d’environ 1 400 habitants, situé à quelques kilomètres de la ville de Reims. La proximité de l’aérodrome en fait un lieu important lors des débuts de l’aviation.


- Après la contre-offensive alliée de septembre 1914, le front se stabilise à proximité immédiate de Bétheny : la ligne de front marque un saillant à hauteur du village, celui-ci étant entièrement parcouru de tranchées et de boyaux français. Par conséquent la population est évacuée.

- La zone se trouve dans le secteur passif de Reims lors de l’offensive Nivelle, en avril 1917, les combats se déroulant à proximité, près des Cavaliers de Courcy.

- Bétheny change à nouveau de maître en 1918 : le 31 mai, les Allemands s’en emparent, et le village ruiné et vidé est repris le 5 octobre par les troupes alliées (21e RIC).


- Détruit à près de 100%, Bétheny voit sa population considérablement diminuer : il n’y a encore que 780 habitants au recensement de 1921 (mais déjà près de 1 700 à la fin des années 1920)


A consulter :
http://betheny1418.free.fr/

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dimanche 11 octobre 2009

C comme Claque-Dents

- Bois aujourd’hui disparu situé entre Juvincourt et Prouvais

- En 1914, le bois de Claque-Dents est traversé par la ligne de chemin de fer Laon-Reims. La zone est conquise par les Allemands et reste en leur possession pendant toute la durée de la guerre.

- Le 16 avril 1917, c’est l’un des objectifs du 162e RI. Les soldats, partis de la ferme du Choléra, parviennent à progresser, difficilement, au-delà de la Butte Mauchamp ; ils atteignent les limites sud du bois mais sont arrêtés par les mitrailleuses allemandes. Ils doivent alors se replier et consolider leurs positions sur le peu de terrain gagné. Une offensive prévue le 18 n’a finalement pas lieu.
- Le front se stabilise à proximité du bois jusqu’à l’offensive Ludendorff de mai 1918.


- Le 11 octobre 1918, le 4e RI s’empare du bois de Claque-Dents et de toute la zone.

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vendredi 9 octobre 2009

F comme Franconie



- Tranchée parallèle au Chemin des Dames, quelques mètres au Nord, entre Cerny-en-Laonnois et le Poteau d’Ailles, en surplomb du ravin de Troyon
- Elle doit son nom à une région allemande du Nord de la Bavière.


- La tranchée de Franconie devient française, difficilement, le 16 avril 1917. « Une tranchée au nord de ce carrefour [celui d’Ailles] que situaient seuls les plans directeurs s’appelait « la courtine du poteau d’Ailles ». Parallèlement au Chemin des Dames, cette tranchée continuait vers l’ouest en devenant la tranchée de Franconie, laquelle devenait ensuite la tranchée de la Fourragère. »

- Elle fait partie du saillant de Deimling que les Allemands essaient de résorber pendant l’été. « Nous en sommes là : on va commencer à se battre pour un bout de la tranchée de Franconie ; plusieurs semaines on se battra afin de le reconquérir ou de l’étendre, et « la tranchée de Franconie » sera chez les anciens fantassins du Chemin des Dames l’un des mots de reconnaissance. »

- L’attaque allemande commence le 30 juin 1917. Pénétrant rapidement le saillant, elle parvient à la tranchée de Franconie où la résistance française s’organise autour d’ouvrages fortifiés. Les combats durent plusieurs jours ; « Franconie n’est plus qu’un petit fossé. » Les Allemands s’installent dans la partie Ouest, puis la tranchée est presqu’entièrement perdue par les Français fin juillet, malgré les contre-attaques. Les Allemands parviennent à nouveau sur les hauteurs qui dominent le ravin de Troyon et la vallée de l’Aisne …
- Le 10 août, la tranchée redevient française, puis est à nouveau perdue dans les jours qui suivent.



- Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1917, après la défaite de La Malmaison, les Allemands se retirent progressivement en bon ordre des hauteurs du Chemin des Dames. Vers 5 heures, « plus personne dans la tranchée de Franconie, plus personne dans la courtine du Poteau d’Ailles – alors qu’à 6 heures quelques fusées froufroutaient encore aux abords de Cerny. » La tranchée de Franconie est intégrée au réseau défensif français.




Source principale : R.-G. Nobécourt, op. cit., pages 269 à 276 et page 337

Carte et photographie tirées du site Géoportail de l'IGN

mercredi 7 octobre 2009

D comme Dabit (Eugène)

- Ecrivain français
- Mers-les-Bains (Somme) 1898 – Sébastopol 1936

- Issu d’un milieu modeste, Eugène Dabit mène cependant des études et devient apprenti-serrurier. Mais il doit subvenir aux besoins de sa mère lorsque son père, réserviste, est mobilisé en 1914 (il est ouvrier dans le métro parisien).

- Il s’engage en 1916 dans l’artillerie lourde. Dépressif, il profite d’une permission à Paris pour essayer de se suicider.

- Remis de sa blessure à la jambe, Eugène Dabit participe aux combats du Chemin des Dames dans l’artillerie lourde.

- Devenu radiotélégraphiste à cause de sa blessure, il participe à l’occupation de la Ruhr.

- Après guerre, Eugène Dabit s’engage dans le pacifisme, le communisme (il participe au voyage en URSS avec André Gide) puis la lutte antifasciste tandis qu’il commence à écrire.

- En 1930, Petit-Louis romance ses souvenirs de 1917/1918 dans la zone du Chemin des Dames tandis que Dabit décrit dans « Voyages de printemps » (1936) son périple à vélo dans la région : « A ma droite, c’est Oulches, flambant neuf, méconnaissable, l’Oulches véritable c’est celui que je conserve précieusement dans mon souvenir, monceau de ruines. Une large vallée s’étend, avec des espaces verts ou nouvellement travaillés, des boqueteaux, des pentes douces, puis raides, qui viennent finir au Chemin des Dames. C’est cette crête qui se dessine finement sur le ciel, le Chemin des Dames. Je ne l’ai jamais vu comme aujourd’hui, parce que jamais je ne me suis tenu debout là où je suis, immobile, nous passions en vitesse, prêts à nous allonger contre terre. »

- En 1939 on publie ses souvenirs de guerre, Le Mal de vivre. Il y dénonce notamment les commémorations à caractère nationaliste : « Et jamais ne m’a paru plus pitoyable la comédie que les hommes font jouer à d’autres hommes que devant le monument qui s’élève en face de la ferme d’Hurtebise. […] Jamais monument plus stupide, symbole plus dangereux, plus trompeur, disons plus ignoble que celui qui montre un jeune “Marie-Louise” donnant la main au “Bleuet” de 1918. »



Source principale : Antoine Calagué, « Commémorer un échec ? Le Chemin des Dames au miroir de Verdun », in N. Offenstadt (dir.), op. cit., page 290

dimanche 4 octobre 2009

G comme Glennes

(MAJ septembre 2011)



- Village de la rive gauche de l’Aisne, dans un vallon au sud d’Oeuilly et Beaurieux
- 200 habitants

- Quand la guerre commence, Glennes compte environ 240 habitants.

- Le village se trouve légèrement en retrait par rapport à la ligne de front, une fois la contre-offensive alliée de 1914 finie. C’est ainsi vers Glennes qu’est évacuée la famille Adam, les propriétaires de la ferme d’Hurtebise.


- Pendant plusieurs années, surtout pendant l’offensive Nivelle, Glennes est un lieu de repos et de départ pour l’armée française : le 273e RI par exemple (celui de Paul Clerfeuille) y séjourne début avril, le colonel de Prandière faisant même consacrer son régiment dans l’église Saint-Georges, classée aux MH depuis 1911, le jour du départ vers le front. « Nous sommes au repos dans les carrières de Glennes. L’artillerie française fait rage sur le plateau de Craonne, Vauclerc, La Vallée Foulon, Craonnelle. Pendant ce temps nous nous reposons pour la grande attaque, qui n’est pas loin. Pendant ce temps, les artilleurs, les camions, les tracteurs roulent jour et nuit des obus de tous calibres et du matériel d’offensive. Les bois sont plein d’obus, des tas gros comme un village. Il y en a qui sont de la taille d’un homme. » (Paul Clerfeuille, le 10 avril 1917, in N. Offenstadt (dir.), op. cit., page 159)

- Quelques jours plus tard, le 17, Arnaud Pomiro (49e RI) s’y repose à son tour. « Les rues sont boueuses et encombrées de convois nombreux marchant dans les deux directions. […] Pendant toute la journée, c’est un mouvement inouï. Des troupes qui descendent ou remontent, des convois de chevaux ou d’autos qui se croisent ou se dépassent. Boileau, s’il eût été présent, aurait pu s’inspirer pour écrire une satire intitulée : les embarras de Glennes en avril 1917. »



- En 1918, le village subit des combats puis, pendant quelques semaines, l’occupation allemande. Les dégâts matériels restent cependant limités, l’église en particulier étant assez préservée. Au recensement de 1921, la population de Glennes tombe à 157 habitants.

vendredi 2 octobre 2009

H comme Hanras (Alphonse)

- Premier « guide » (non officiel) de la Caverne du Dragon
- Landerneau (Finistère) 1892 – Oulches-la-Vallée-Foulon 1958

- Exempté en 1912 (pour cause d’infirmité à une jambe ?), Alphonse Hanras arrive dans l’Aisne en 1920 et épouse une autre bretonne à Laon l’année suivante, même si la domiciliation de la jeune femme reste mystérieuse. Il travaille pour la Société de constructions d’embranchements industriels dans le cadre de la reconstruction.
- En 1926, il vit à Oulches-la-Vallée-Foulon, dans une baraque provisoire. Il exerce le métier de « récupérateur » officiel de métaux sur les champs de bataille, activité encadrée mais très rémunératrice en ces temps de pénurie.
- En parallèle, Alphonse Hanras guide les premiers touristes de la mémoire dans la toute proche Caverne du Dragon, dont il aménage les abords pour en faciliter l’accès, notamment par la construction d’un escalier. Il fait éditer les premières cartes postales de la « DrachenHöhle ».
- Progressivement, il devient un « notable » dans la zone, officiellement épicier (1943) puis commerçant, conseiller municipal de son village à la tête d’un patrimoine non négligeable …

- Dans les dernières années de sa vie, il passe le relais à Auguste Rogez en tant que guide de la Caverne du Dragon.



Source : Lettre du Chemin des Dames n° 16 (été 2009)

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