lundi 29 septembre 2008

C comme Chavignon


- Village de la rive gauche de l’Ailette (et du canal Aisne-Oise), près de la RN2, au Nord de La Malmaison.
- 800 habitants

- Chavignon a une histoire ancienne et mouvementée, sur un axe de communication important entre Laon et Soissons : sa forteresse du IVe siècle est plusieurs fois détruite puis reconstruite.
- L’hôtel Saint-Pierre à Chavignon est le quartier général de Napoléon pendant la bataille de Laon, du 9 au 11 mars 1814.
- La vigne s’y épanouit jusqu’à la crise que traverse toute la région à la fin du XIXe siècle.

- Chavignon compte 825 habitants en 1914.
- Situé dans un lieu stratégique, Chavignon est transformé en quartier général par les Allemands (maisons numérotées, rues à noms germaniques).
- Le village est entièrement détruit par les combats, d’abord par les bombardements puis par l’offensive dite de La Malmaison d’octobre 1917, pendant laquelle les troupes françaises s’emparent du village.
- Les Allemands reprennent possession de la zone de mai à septembre 1918.

- Chavignon est classé en zone rouge (les rues sont introuvables, par exemple), mais son maire, M. Bouteille, obtient sa reconstruction, parrainée par Haïphong (540 000 francs sont donnés), dans le cadre de la Société de Reconstruction de l’Extension laonnoise. En 1927, l’essentiel des travaux est achevé.

- 60 habitants vivent à Chavignon en 1919 ; 460 en 1921.


- Le village subit encore des dégâts pendant la deuxième guerre mondiale.


Source principale : Inès Guérin – Base Mérimée

C comme Canal latéral à l'Aisne


(Le canal latéral près de Vailly-sur-Aisne)



- Canal mis en service en 1841 ; il est entièrement reconstruit après la première guerre mondiale, victime des bombardements qui visaient particulièrement ce lieu stratégique et ses ponts.

- Le canal commence à Vieux-lès-Asfeld (début du canal des Ardennes). Il est long de 52 kilomètres et s’achève à Celles-sur-Aisne, quand la rivière devient navigable. Il comprend 8 écluses.

- Les combats y sont très rudes, notamment début septembre 1918.

dimanche 28 septembre 2008

L comme Lierval

- Village de la rive droite de l’Ailette, à hauteur de Braye-en-Laonnois
- 150 habitants

- Un peu en retrait du front jusqu’en 1917, Lierval voit le feu du combat se rapprocher avec le recul allemand sur l’Ailette en novembre puis subit les affrontements en septembre 1918.

- Le village est très endommagé lorsque la guerre se termine, notamment l’église Notre-Dame située sur les hauteurs ; classée aux Monuments Historiques juste avant le conflit, elle est restaurée dans un style identique.

T comme Trucy

(MAJ septembre 2010)



- Village de la rive droite de l’Ailette, près de Chevregny
- 140 habitants

- Trucy, village d’environ 150 habitants en 1914, est occupé par les Allemands à partir de début septembre. Il le reste jusqu’en octobre 1918.

- La population est évacuée en mars 1917 en prévision de l’offensive française, avant que les bombardements ne causent de gros dégâts dans le village. L’arbre planté pour commémorer la victoire de Toulon en 1794 disparaît sous les obus.

- Le 2 novembre, après le retrait allemand consécutif à la bataille de La Malmaison, Trucy devient zone de première ligne, directement au contact des affrontements.

- Le village est entièrement détruit lorsque la guerre se termine. L’église, classée aux Monuments Historiques en 1886, est restaurée à l’identique. Trucy est parrainé par Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) pour sa reconstruction. La population baisse fortement : 106 habitants recensés en 1921, 96 en 1926.





A lire :
http://artilleur-guerre14-18.jimdo.com/le-ch%C3%AAne-colossal-de-trucy/

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P comme Paissy (Plateau de)

« Ce long plateau ressemble à une grande botte molle : 4 kilomètres du haut de la tige au talon. Sous la plante du pied, en surplomb à pic, le village de Pargnan. […] Son église, alors flanquée de tourelles, garnie de créneaux et fermé par une herse, servit de refuge pendant les guerres diverses des XVIe et XVIIe siècles. Sur la face de la botte, Paissy, à l’extrémité de sa corniche bordée de grottes celtiques, pointe une jetée dont l’église serait le phare. Juste au-dessus du pied très cambré de la botte, une agglomération circulaire : Cuissy-et-Gény. Vieux villages de creutes auxquels leurs vins blancs donnèrent jadis quelque renommée. Quant au plateau il se mamelonne ; entre ses deux mamelons, hauts chacun de 190 mètres et larges de 2 kilomètres, il se rétrécit et retombe à 176 mètres. Sur le mamelon nord, qui correspond au genou de la botte : un arbre. Sur le mamelon sud, qui correspond au mollet : une tour. On les appelle l’arbre et la tour de Paissy. Ce n’est pas grand-chose, mais quand le paysage n’est qu’une plaine labourée ou inondée de moissons, l’arbre et la tour épinglent l’horizon et intéressent les militaires. »

R.G. Nobécourt, op. cit., page 53 (note 1)

V comme Vregny


- Village à mi-chemin entre la N2 et l’Aisne, en bordure du plateau, donc en un lieu stratégiquement important.
- 100 habitants

- Vregny est envahi par les Allemands dès septembre 1914. Après leur retrait sur la ligne Hindenburg, Vregny est contrôlé par les Français, mais à proximité immédiate de la ligne de front.
- Le village sert de point de départ aux offensives du 16 avril vers Laffaux et le fort de Condé.

- Vregny et son riche patrimoine (église, château) sont reconstruits après la guerre.

L comme Liénart (Achille)

- Homme d’Eglise français
- Lille 1884 – Lille 1973

- Bachelier en 1901, Achille Liénart entre au séminaire d’Issy-les-Moulineaux. Il fait son service militaire de 1903 à 1906.
- Bien que réformé, ils ‘engage comme aumônier militaire en août 1914 ; il participe notamment à la bataille de la Somme, et est blessé 2 fois dans les tranchées.

- Le 16 avril 1917, il est brancardier au 201e RI près de Craonne (20 des 42 brancardiers du régiment sont touchés au cours de l’offensive ce jour-là).

- Il est démobilisé en 1919.
- Prêtre à Tourcoing, proche des milieux ouvriers, il devient le plus jeune évêque de France en 1928 puis cardinal deux ans plus tard.
- Il est évêque de Lille pendant près de 40 ans et joue un rôle important au sein de l’Eglise, notamment lors de Vatican II, où il défend la libéralisation de l’institution.

vendredi 26 septembre 2008

C comme Canal de l'Aisne à la Marne

- Canal long de 58 kilomètres allant de Condé-sur-Marne à Berry-au-Bac en passant par Reims. Il comprend 24 écluses.
- Achevé en 1866, il est reconstruit après la première guerre.

- Il est sur la ligne de front entre Français et Allemands dans la zone de la côte 108 et de Sapigneul, près de la ferme du Godat.



(le canal à sa naissance, à Berry-au-Bac, près de la ferme de Moscou)

A comme Allemant

(MAJ août 2010)




- Village en contrebas du moulin de Laffaux, au nord (en direction de Pinon)
- 120 habitants

- Allemant est en 1914 un village qui perd régulièrement de la population à cause de l’exode rural mais compte encore un peu plus de 180 habitants. Il est occupé par les Allemands en septembre et devient un lieu de repos et de concentration de troupes pendant plusieurs mois, notamment au moment de la bataille de Crouy, en janvier 1915.

- Assez éloigné du front, Allemant voit celui-ci se rapprocher après l’opération Albérich (mars 1917). Au moment de l’offensive Nivelle, le village subit ses premiers bombardements importants, même si les Français ne peuvent guère progresser.

- Le 23 octobre, lors des premiers instants de la bataille de La Malmaison, le 30e RI progresse rapidement vers le château de La Motte puis descendent sur Allemant en ruines ; ils sont retardés par les mitrailleuses allemandes qui y sont postées mais parviennent finalement à dépasser le village en fin de matinée. Le lendemain, la progression se poursuit vers Pinon et l’Ailette. (JMO du 30e RI)


- Entre mai et octobre 1918, les Allemands se rendent à nouveau maîtres des lieux.


- Allemant est entièrement détruit par les combats et les bombardements. Il est reconstruit notamment grâce à l’aide du CARD (Comité américain pour les régions dévastées). Les premiers habitants reviennent immédiatement après la fin des combats, mais ils ne sont encore que 60 au recensement de 1921, 86 à celui de 1926 ; le chiffre se stabilise autour des 150 habitants lorsque la reconstruction s’achève dans les années 30.


(Photo issue de la Base Mérimée)



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jeudi 25 septembre 2008

J comme Juin (Alphonse)

- Militaire français
- Bône (Algérie) 1888 – Paris 1967

- Sorti major de sa promotion de Saint-Cyr en 1912 (la même que Charles de Gaulle), Alphonse Juin opte pour les tirailleurs algériens et séjourne au Maroc.
- En 1914, il combat sur la Marne, puis en Champagne en 1915 (il y perd en partie l’usage d’un bras).

- Le futur maréchal est au Chemin des Dames en 1917, capitaine au 5e bataillon de tirailleurs marocains d’une compagnie de mitrailleuses.

- En 1918, Juin entre à l’état-major de la 153e DI puis est détaché auprès des Américains. Après quelques mois à l’Ecole de guerre, il retourne en Afrique, où sa carrière se poursuit et progresse.

P comme Portail

- Le portail du Chemin des Dames est un site internet lancé par le Conseil général de l’Aisne qui rassemble toutes les informations à propos de ce territoire.
- Le portail est inauguré le 5 avril 2007, quelques jours avant le 90e anniversaire de l’offensive Nivelle.
- Il comprend notamment le mémorial virtuel, base de données très riche sur le Chemin des Dames.

V comme Vailly-sur-Aisne



- Ville située sur la D 925, sur la rive droite de l’Aisne, au pied du plateau du Chemin des Dames
- 2 200 habitants

- Vailly est ballotté entre les deux camps au cours de la première guerre. La ville subit d’abord les assauts allemands. Puis c’est à Vailly que les Britanniques traversent l’Aisne après la bataille de la Marne. Pris par les Allemands en 1914, la ville est reprise lors de l’offensive Nivelle. Juin 1918 : Vailly est à nouveau prise par les Allemands, puis récupérée le 15 septembre.

- Vailly-sur-Aisne est un des objectifs immédiats de l’offensive du 16 avril 1917. Mais la résistance allemande sur les premières pentes est très forte : la ville ne tombe que le 18, sous les assauts des tirailleurs sénégalais et du 355e RI.

- Pendant la bataille du Chemin des Dames, Vailly-sur-Aisne abrite un poste de secours, vite débordé.


- Le cimetière français de Vailly rassemble 1 576 corps (17 de la seconde guerre), regroupés dès 1917 à proximité du poste de secours. Ce cimetière reçut certains corps de combattants initialement inhumés à Sancy, Nanteuil-la-Fosse, Jouy, Allemant, Laffaux et au Bois-Morin (entre Vailly et Chassemy).
- A côté se trouve un cimetière britannique commencé lui aussi en mai 1917 : 677 corps.

mercredi 24 septembre 2008

I comme Inauguration

Le 22 septembre 2007, l’œuvre monumentale de l'artiste Christian Lapie, « la Constellation de la douleur », qui rend hommage aux troupes noires qui ont combattu sur le Chemin des Dames, est inaugurée à proximité de la Caverne du Dragon. Le président du Conseil général et le préfet de l’Aisne y assistent. Aucun membre du gouvernement n’est présent.
Le même jour, le Center Parcs tout proche est lui aussi inauguré. Sont présents le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et le secrétaire d’Etat au Tourisme, Luc Chatel.

C comme Chivy


- Lieu-dit de la commune de Vendresse-Beaulne

- Avant 1914, le hameau de Chivy comptait environ 250 habitants et faisait partie de la commune de Beaulne-et-Chivy.

- Au matin du 16 avril 1917, Chivy est situé sur le front (côté allemand) depuis plus de deux ans. Le Régiment de tirailleurs marocains (153e DI) prend le hameau vers 13 heures.

- Il est entièrement détruit par les combats : aujourd’hui ne subsistent plus qu’une ferme et la chapelle Saint-Pierre, qui commémore la mémoire de Chivy anéanti.
- Le terrain aux pieds de la chapelle conserve les traces des bombardements.



Vue sur le plateau, vers Cerny

dimanche 21 septembre 2008

G comme Grenadou (Ephraïm)

(MAJ  mai 2012)



- « Paysan français » et soldat de la première guerre mondiale
- Saint-Loup (Eure-et-Loir) 1897 – Saint-Loup 1979

- Engagé dans l’artillerie en 1915 pour échapper à l’infanterie, Ephraïm Grenadou combat dans la Somme en 1916 puis en Alsace en janvier 1917.

- Il arrive à Fismes le 15 avril 1917 avec le 227e RAC : « Vous êtes l’armée de poursuite. Vous arriverez quand l’attaque aura crevé le front allemand. Et alors, en rase campagne ! Vous coucherez à Laon », lui dit-on. « La belle poursuite ! On a passé toute la journée [du 16] allongés dans les fossés. » Son cheval Siméon est tué par un obus allemand (« Quand on n’a pas le temps de s’occuper des bonshommes qui sont foutus, vous pensez bien que les chevaux … »). La journée se termine par un recul dans le désordre (« on était toujours des mille, mais cette fois on s’en allait »).

- Après un bref passage en Champagne et une permission, Grenadou puis revient au Chemin des Dames en août, dans le secteur du bois de Beaumarais « où les Allemands nous avaient cassé la gueule le 16 avril. »
- « J’aimais pas trop les premières lignes : plus c’est près, plus c’est mauvais. Il y avait ceux qui voulaient gagner la croix de guerre et qui gagnaient la croix de bois. Pour passer brigadier, pour une médaille, ils se faisaient tuer. Moi, tu sais, leurs croix de guerre, ils pouvaient bien se les foutre quelque part. Ce qui m’intéressait, c’était de rentrer à Saint-Loup. Je suis parti avec la conviction d’aller à la guerre et d’en revenir. »

- Fin octobre, le 227e RAC quitte le Chemin des Dames pour l’Italie.


- Ephraïm Grenadou connaît la notoriété lorsque son voisin, l’écrivain Alain Prévost, recueille ses souvenirs et publie en 1966 le best-seller Grenadou paysan français (dont les citations sont extraites).

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A comme Anizy-le-Château


- Village situé au bord de l’Ailette et du canal de l’Oise à l’Aisne (rive droite)
- 1 900 habitants

- Anizy-le-Château a une histoire ancienne : le village est confié par Clovis à Saint Rémi puis par celui-ci à l’évêché de Laon, qui y possède un puissant château.

- Possession allemande, Anizy est d’abord à l’abri des combats. Puis, à la fin octobre 1917, les troupes françaises de la 28e DI progresse jusqu’à l’Ailette, aux portes du village. Mais la libération finale n’intervient qu’en octobre 1918.

- Le château, entièrement détruit, est reconstruit grâce au Comité américain des régions dévastées.
- L’église, elle aussi anéantie, est achevée en 1929.

Photos des ruines et des débuts de la reconstruction : base Mérimée

C comme Chassemy

- Village de la rive gauche de l’Aisne, proche de la confluence entre cette rivière et la Vesle.
- 750 habitants

- Chassemy se trouve à proximité immédiate de la ligne de front avant l’offensive Nivelle, à quelques hectomètres de Vailly-sur-Aisne. Ses carrières servent d’abris aux soldats français.

- Le village subit beaucoup de destructions lors du repli allemand de septembre 1918. L’église est reconstruite, selon le style typique de l’époque, en 1929.

F comme Fismes

(MAJ juillet 2010)


- Ville de la vallée de la Vesle, sur la N31 entre Reims et Soissons (département de la Marne).
- 5 400 habitants

- Les 3 300 personnes qui peuplent Fismes avant 1914 voient passer puis refluer les Allemands du 2 au 12 septembre 1914.

- Située à environ 10 km à vol d’oiseau de la vallée de l’Aisne, Fismes est un lieu de repos pour les soldats, et une gare de transit importante vers le front ou en provenance des zones de combats. La ville est parfois bombardée, soit par canons à longue portée soit par avions.
http://www.gwpda.org/wwi-www/Marne2/Marne2-4.html

- « Fismes jusqu’à présent n’a pas trop souffert de la guerre. Des civils, venus on ne sait d’où, se sont improvisés cabaretiers, marchands de sardines et de camemberts, qu’ils vendent comme ils veulent, bien que les coopératives militaires cèdent à meilleur compte. […] C’est l’âge d’or des mercantis, que couvre encore l’absence de tout règlement. Sous le sceau du « front », ils s’enrichissent scandaleusement. » « Autant les rues sont animées le jour, autant elles sont sans bruit la nuit. Au crépuscule, les boutiques se ferment et les caves se remplissent. La proximité des lignes, le centre de ravitaillement qu’est Fismes, nous valent toutes les nuits la visite d’avions ennemis. » (Joseph Varenne en juillet 1917, L’Aube ensanglantée, page 163)

- Fismes est occupée le 28 mai 1918 et complètement rasée par les Allemands ; elle est libérée par les Américains le 4 août suivant après de très durs combats.
- Il n’y a que 2 300 habitants recensés en 1921 dans une ville en ruines qui se reconstruit difficilement.

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U comme Urcel


- Village de la rive droite de l’Ailette, à quelques encablures de la nouvelle RN2 (alt. 85m)
- 600 habitants

- Zone allemande pendant 4 ans, de septembre 1914 à septembre 1918 (Adolf Hitler y séjourne en mars 1918), Urcel est réquisitionné et vidé de la plupart de ses habitants. Elle est une zone de repos pour les Allemands, notamment lorsque le secteur est dirigé par le général Liebert, commandant de la 15e Division de réserve. On y trouve le service postal allemand, des élevages à destination des soldats et même une champignonnière.

- D’abord éloigné des zones de combat, le village est tout proche du front lors des batailles de l’automne 1917 puis lorsque les Allemands se replient sur l’Ailette, en novembre, enfin lors de la reconquête française d’octobre 1918. Longtemps parfaitement intact et entretenu, Urcel est donc entièrement détruit à la fin du conflit.

- On y trouve notamment l’église romane Notre-Dame du XIIe siècle, classée aux Monuments Historiques depuis 1880 et restaurée après-guerre, et un château (reconstruit en 1925).



Site de cartes postales d'Urcel

vendredi 19 septembre 2008

V comme Vesle

(MAJ décembre 2011)





- Rivière qui prend naissance dans le département de la Marne, à Somme-Vesle
- Environ 140 km
- Elle traverse Reims, Fismes et Braine avant de rejoindre l’Aisne au niveau de Condé-sur-Aisne.



- Pendant le conflit, le secteur est une zone de repos pour les soldats en partance ou arrivant. Elle concentre les bâtiments de soin, les magasins et les réseaux de transport qui alimentent le front tout proche. La vallée reste relativement abritée (surtout après le repli allemand du 18 avril 1917 sur les hauteurs du Chemin des Dames), si ce n’est à l’occasion de raids aériens ou de ponctuels bombardements à très grande distance.

- Pour les Français, le contraste entre le paysage de la Vesle et celui rencontré après l’Aisne est saisissant. C’est le cas par exemple de l’aviateur Jacques d’Arnoux, qui part le 6 septembre 1917 pour une mission pour le « chemin maudit », « sinistre confusion de crêtes et de ravins ». Avant d’y arriver, il décrit le paysage : « le village de Couvrelles noyé de brouillard repose au fond d’une gorge… Cà et là quelques lumières éparses tremblent dans les hameaux noirs… Des vapeurs encore assoupies s’étirent mollement sur Vasseny. Des nappes diaphanes flottent par-dessus à des altitudes différentes. Et cette ligne fumeuse qui fume : c’est la rivière de la Vesle. Près du village de Chassemy, sur les flancs d’un coteau, des brumes alanguies s’accrochent au sommet des bois comme des écharpes de tulle… » (Jacques d’Arnoux, Paroles d’un revenant)


- La Vesle connaît ses premiers « vrais » combats, brefs mais intenses, lors de l’offensive allemande de 1918, les 27-28 mai. Pas plus que l’Aisne cette rivière n’arrête les assaillants, malgré la résistance acharnée des Français et des Britanniques largement inférieurs en nombre.

- Enfin, début août 1918, la Vesle devient pendant plusieurs semaines la ligne de front. En effet, après la 2e bataille de la Marne, les Allemands se replient puis décident de s’accrocher à cette ligne de défense. Face à cela, l’état-major de Foch préfère ne pas s’acharner inutilement et privilégier d’autres fronts. Ce n’est que le 30 septembre que les Français enfoncent le front de la Vesle, devenu très fragile grâce à leur progression au-delà de Soissons.

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S comme Sissonne

(MAJ août 2010)





- Ville située environ 20 km à l’est de Laon, près de l’A26
- 2 200 habitants

- En 1914, Sissonne est un centre économique et militaire important (un camp militaire y a été créé en 1895), comptant près de 2 000 habitants.
- Après la contre-attaque de la Marne, alors que les Allemands ne sont pas encore totalement réorganisés, un trou dans leurs lignes permet aux cavaliers français de contourner le plateau du Chemin des Dames et de parvenir jusqu’à Sissonne le 13 septembre au soir (10e Division de cavalerie). Cependant, à l’arrière, les fantassins et l’artillerie peinent à suivre, tandis que les Allemands acheminent des renforts, à la fois sur le plateau de Vauclerc et dans le secteur de Brimont ; face aux risques d’être encerclés, les cavaliers doivent se replier.
http://www.ville-sissonne.fr/histoire_non_bataille.php

- Par conséquent, Sissonne est aux mains des Allemands pendant toute la durée de la guerre et devient une base arrière majeure ; le camp militaire entre dans leur dispositif, un important hôpital est créé.
- Le village est intégré à partir de fin 1916 dans la ligne Hindenburg (Hunding-Stellung)
http://www.ville-sissonne.fr/histoire_1918_combats.php


- Sissonne est le lieu de combats très violents les 13 et 14 octobre 1918 lors de la reconquête alliée, menée notamment par les troupes italiennes.

- Toutefois, le village a peu souffert des combats et des bombardements ; les dégâts sont mineurs et la population retrouve vite son niveau antérieur (2 114 habitants recensés en 1921) avant d’augmenter fortement.






- En 1920, les autorités françaises regroupent dans un vaste cimetière des soldats allemands enterrés dans les villages alentour. Il rassemble 14 694 corps.
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/cimetiere_detail.asp?cimetiere=22




- On trouve également à Sissonne, accolé au précédent, un cimetière britannique regroupant 291 soldats.
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/cimetiere_detail.asp?cimetiere=29





A consulter :
http://www.ville-sissonne.fr/histoire_armes.php

Y comme Ybarnégaray (Jean)

(MAJ juillet 2010)


« La bataille s’est livrée à six heures du matin ; à sept heures, elle était perdue ! »

- Homme politique français
- Uhart-Cize 1884 – Paris 1956

- Maire de son village d’origine, l’avocat Jean Ybarnégaray est élu député de la droite nationaliste (Fédération républicaine) dans les Pyrénées-Atlantiques en avril 1914.
- Il est mobilisé en août 1914 et combat notamment à Verdun.

- En avril 1917, il est au Chemin des dames, officier d’état-major au 249e RI.

- Le 20 juin, devant le comité secret de la Chambre des députés, Jean Ybarnégaray déclare : « Je me trouvais près de cette ferme d’Heurtebise, au centre de ce plateau de Craonne que je connais tout particulièrement pour m’y être battu dès septembre 1914 et l’avoir depuis, avec le 18e corps, occupé, organisé et défendu pendant près de 20 mois. »
- « C’était donc, pour un jour fixé des deux côtés, une bataille qu’on croyait décisive, entre deux armées également prévenues, également organisées, également puissantes, puisque, de chaque côté, 26 divisions allaient se heurter. La bataille s’est livrée à six heures du matin ; à sept heures, elle était perdue ! Sur l’immense plateau de l’Aisne, un quart d’heure après le départ des vagues d’assaut, c’était le crépitement de milliers de mitrailleuses… De toutes nos poitrines angoissés, le même cri : « Les mitrailleuses ne sont pas détruites ! »[…] Alors se passe cette chose terrible : surgissant des crêtes de l’Aisne et frappant par derrière les troupes qui avançaient, les mitrailleuses !... Je vois encore ces hommes – je les verrai toute ma vie – chasseurs, fantassins, coloniaux, Sénégalais, revenant comme des fous et croyant que c’étaient nos mitrailleuses qui nous tiraient dessus. Cette minute passée, ce fut, dans les tranchées où les Allemands résistaient âprement, une lutte sauvage, boyau par boyau, abri par abri, où nous étions en infériorité car, à cause du temps, ni les fusils-mitrailleurs, ni les mitrailleuses ne marchaient. » Le député-soldat évoque aussi les tours de Laon, « qui se dressaient comme une cruelle ironie. »

- Ybarnégaray fait ensuite la liste des responsables de l’échec, au premier rang desquels il place Nivelle, notamment à propos du choix du terrain d’attaque. « Car ne diminuons pas la valeur de nos ennemis et reconnaissons que dans la défense ils ont montré un esprit de méthode et fourni un travail auquel nous ne pouvons pas comparer le nôtre. Sachant ce que l’on savait, par des photographies aériennes, le haut commandement ne pouvait pas douter que le terrain entre Laon et le Chemin des Dames était formidablement organisé. Dès lors, il semblait que ce soit un défi d’attaquer sur ce terrain-là ! N’ai-je pas des raisons de dire que notre généralissime était frappé de vertige ? »

- A propos de la catastrophe sanitaire qui suit l’offensive Nivelle, Jean Ybarnégaray dit : « Pourquoi ? Toujours pour la même raison, c’est que, dans cette offensive, tout avait été prévu sauf l’échec. On est parti de l’idée, a priori, que cette offensive serait un succès … C’est pourquoi rien n’avait été prévu : pas de boyaux d’évacuation, des postes de secours insuffisants, impossibilité pour les voitures d’ambulance d’arriver jusqu’à l’endroit où se trouvaient les blessés. Tant d’efforts ont abouti à l’échec que vous savez. »



- Jean Ybarnégaray finit la guerre capitaine, plusieurs fois cité, et avec la Légion d’honneur.
- Sa carrière se poursuit après 1918 : il est député jusqu’en 1942 dans divers parti de droite avant de devenir l’un des cadres du PSF (Parti Social Français) du colonel de La Rocque. Ministre du gouvernement Reynaud, il le reste sous Pétain avant de démissionner en septembre.
- En 1943, Ybarnégaray est arrêté et déporté dans le Tyrol pour avoir aidé des gens à s’enfuir à travers les Pyrénées. Il est cependant épuré à la libération : sa condamnation à l’indignité nationale n’est pas appliquée pour faits de résistance.




Source principale (notamment pour les citations) : Henri Casteix, L’affaire du Chemin des Dames. Les comités secrets (1917), éditions Imago, 1998 (pages 45 à 58)

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N comme Nanteuil-la-Fosse

- Village proche de Laffaux et de la Nationale 2.
- 130 habitants

- Occupé par les Allemands, Nanteuil-la-Fosse est vidé de ses habitants restés sur place en 1915, le village se situant à proximité immédiate du front (encore plus après le retrait sur la ligne Hindenburg).

- Le village est repris par les Français dans les premiers jours de l’offensive Nivelle, avant d’être le point de départ de la bataille de La Malmaison.


- Nanteuil est totalement détruit par les combats. Des trois hameaux que comptait la commune, Veuveny, Chimy et Mennejean, le premier n’est pas reconstruit.


- A proximité de Nanteuil, au lieu-dit de la Tuilerie (300 mètres au Nord-Est du village) se trouve la carrière à piliers Sainte-Blaise. Elle est conquise par les Français le 21 avril 1917 puis par les Américains en 1918, après la reconquête allemande du mois de mai. On y trouve 226 traces rupestres, essentiellement américaines. Elle est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1999.

mardi 16 septembre 2008

M comme Marmita

- Journal de tranchée
- C’est la « Revue hebdomadaire, Anecdotique, Humoristique, Fantaisiste du 267e ».

- Le journal est créé en janvier 1915, lorsque le régiment stationne dans la zone de Soupir.
- Son directeur est Paul Courcel (également chansonnier).
- Il décrit la vie quotidienne des soldats, leur attente, les moments de tristesse et de joie.

Source : Gérard Lachaux, op. cit. (p. 69)

C comme Chevreux

- Hameau disparu
- Il dépendait de Craonne, au croisement entre la D18 et la D19.

- Avant 1914, Chevreux est le lieu où se trouvent la gare et la conserverie de Craonne.

- Le 16 avril 1917, au petit matin, les 8e et 208e RI attaquent le hameau. Des hauteurs qui le surplombent, obus et mitrailleuses allemandes fauchent plus de 1 000 hommes du 8e et ne laissent que des débris du 208e, pour moins de 10 mètres gagnés.
- Un monument leur rend hommage au carrefour, à l’emplacement de Chevreux disparu.



- Chevreux est finalement pris par l’armée française au cours d’une nouvelle attaque, le 24 mai.

- Le hameau entièrement détruit, n’est jamais reconstruit.

C comme Chaudardes

 (MAJ  décembre  2013)



- Village de la rive droite de l’Aisne, au bord de la D 925, à quelques kilomètres à l’ouest de Pontavert
- 80 habitants

- Avant 1914, Chaudardes (environ 90 habitants) est avant tout connu car un pèlerinage s'y est développé, qui rencontre une certain succès et donne une notable popularité à son église Notre-Dame.

- « Les armées allemandes abordèrent la rivière d'Aisne le 2 septembre [1914] et la passèrent sans difficultés aux ponts de Maizy et de Pontavert. Elles n'avaient que faire de Chaudardes ; on n'y aurait pas connu l'ennemi, si une luxueuse automobile ne s'était arrêtée un jour sur la place du village ; trois officiers supérieurs en sortirent, qui demandèrent à visiter l'église et partirent après l'avoir admirée. »

- Repris par les Français, le village se retrouve assez près des premières lignes mais souffre relativement peu des combats pendant les premières années des combats. Des photos prises en mars 1918 montrent ainsi une église encore presque intacte, sauf en ce qui concerne le toit (fin 1917, Paul Cochin note que « l'église aux sculptures fleuries s'écroule tous les jours davantage »).
- Cependant, Chaudardes est progressivement aménagé et fortifié par le Génie français et, en février 1917, la population est évacuée afin de préparer l'offensive de printemps.

Source: SHD



- C'est pourquoi le 27 mai 1918, les Allemands en pleine progression ne trouvent « qu'un vieillard et quatre femmes qui se cramponnaient courageusement à leur terre natale » (ils sont emmenés lors du repli de l'automne et abandonnés dans le nord du département).
- Le 10 octobre 1918, les Français libèrent définitivement les lieux, toutefois après des bombardements qui – cette fois – ont causé beaucoup de dégâts, endommageant notamment « la belle église que les siècles avaient respectée. »

- En dépit du froid, quelques habitants vinrent occuper leurs ruines dans les premiers jours de 1919, se logeant dans des abris militaires, dans des caves ou sous ces tôles ondulées et cintrées que l'on appelait métros ; autour de ces logis de fortune, un petit carré de terrain était péniblement défrichée et ensemencé. »
- Classée entièrement en zone rouge, la commune en est finalement exclue après la pression des habitants et des élus. Elle intègre donc la coopérative de reconstruction de Roucy. Il n'y a que 74 personnes recensées en 1921.

- L'église, classée aux Monuments historiques, est reconstruite à l'identique. Cependant, la statue de ND de Chaudardes en bois de poirier, disparue en 1918, n'est jamais retrouvée.



Source principale : Maxime de Sars, La commune de Chaudardes (1936) ; sauf indication contraire, les citations sont de l'auteur


dimanche 14 septembre 2008

C comme Clerfeuille (Paul)

- Soldat
- Gençay (Vienne) 1885 – Civray (Vienne) 1983

- Avant guerre, il est roulier (voiturier).
- Il est mobilisé du 5 août 1914 au 11 mars 1919, sur plusieurs fronts : Lorraine, Salonique, Champagne, Chemin des Dames, Belgique, Alsace. Il est blessé deux fois (la dernière, le 5 novembre 1918, une éraflure par une balle de mitrailleuse !).

- Paul Clerfeuille participe à l’offensive Nivelle au sein du 273e RI, près de Craonne. Il y revient de février à mai 1918.

- Pendant toute la guerre, il tient au jour le jour un « journal de guerre ».

- A propos du 16 avril 1917, il écrit : « En haut il y a une crête, il faut coûte que coûte y arriver. C’est notre point d’arrêt sur le plan ; y parvenir n’est pas chose facile. La température s’en mêle, le ciel s’assombrit et la neige tombe en gros flocons comme en décembre. Enfin, après mille péripéties, nous arrivons à cette fameuse crête : nous avons laissé de nombreux morts et blessé en cours de route.
Ordre nous est donné de creuser des trous individuels. Moi qui ai entendu parler du plan, je sais qu’à cette heure nous devrions déjà avoir passé Craonne et être dans la vallée de l’Ailette. Je dis aux camarades : “ Ca ne va pas ! ” C’était vrai. »



Source : Rémy Cazals dans N. Offenstadt (dir.), op. cit. (pages 152 à 174)

V comme Veslud



- Village situé au sud-est de Laon, près de la D 1044. Veslud se trouve au pied des premières pentes du « massif » dont fait partie le Chemin des Dames, après la plaine picarde.
- 250 habitants

- Veslud sert de base arrière aux Allemands, les carrières notamment offrant de bons abris aux troupes.

- En prolongement du cimetière communal, les Allemands ont bâti un cimetière très original et esthétiquement très recherché. Il était destiné aux morts des combats de l’offensive Nivelle (1 704 corps), essentiellement des hommes n’ayant pas survécu à leurs blessures et ayant été soignés dans l’église, qui servait d’hôpital. Le terrain a été travaillé à la dynamite pour bâtir un cimetière avec terrasses et escaliers.
On y trouve aussi un monument rendant hommage à la 50e division d’infanterie allemande.
- Le cimetière, réaménagé à plusieurs reprises, est classé aux Monuments Historiques depuis 1999.

samedi 13 septembre 2008

J comme Jumigny

- Village du versant Sud du plateau du chemin des Dames, près de Beaurieux
- 70 habitants

- Jumigny comptait 211 habitants en 1877. La crise qui entraîne l’arrachage des vignes à la fin du XIXe siècle fait passer la population à 150 en 1911.

- Peu détruit (mises à part les toitures) en septembre 1917, le village subit de nouveaux bombardements allemands en décembre qui l’endommagent sérieusement.
- Jumigny est adopté par le Puy-de-Dôme dans le cadre de la reconstruction, qui ne se fait pas entièrement ni à l’identique d’avant-guerre.

- 62 habitants sont de retour en 1921 (86 en 1926).

(Source principale : Inès Guérin – Base Mérimée)

L comme Luxembourg

- Ferme située sur la D 1044, dans la Marne, à mi-chemin entre Reims et Berry-au-Bac (près d'Hermonville)

- La ferme du Luxembourg est le lieu de combats très violents en 1914. Elle revient finalement aux Français et sert de base arrière au moment de l’offensive du 16 avril 1917 vers Loivre et Brimont.
- Elle est en grande partie détruite puis reconstruite.

- A proximité, sur le Mont Charpentier (côte 102) se trouvait un petit cimetière militaire français. Les 12 corps inhumés ont été transférés en octobre 2007 dans la nécropole voisine de Cormicy.

C comme Cour Soupir (La)


- Grande ferme située sur le plateau du Chemin des Dames (une de ses avancées qui l’amène tout au bord de la vallée de l’Aisne).

- C'est une ferme très dynamique avant 1914, une des plus grandes de la région. (Merci à JF Viel pour la photographie - Le Chemin des Dames avant 1914)



- En 1917, la ferme est sous occupation allemande. Elle est prise par la 127e DI le 18 au matin.

- La ferme est entièrement détruite par les combats, puis reconstruite.

La Cour Soupir ruinée

vendredi 12 septembre 2008

L comme Loivre

(MAJ septembre 2010)





- Village de la Marne, au nord-ouest de Reims, entre l’A26 et le canal reliant l’Aisne à la Marne
- 1 200 habitants

- Le 13 avril 1914, les Français du 28e RI parviennent à chasser les Allemands de Loivre, que ceux-ci occupent depuis quelques jours et où ils ont installé une artillerie puissante. Cependant, la progression s’arrête sur le canal et le village devient cette fois un élément de la défense française face aux contre-attaques ennemies.
Pour les détails sur les combats et des témoignages :
http://vlecalvez.free.fr/Loivre_sept1914/Loivre.html
- Finalement, les Allemands reprennent Loivre, qui se situe alors entre la première et la deuxième ligne de leur réseau défensif pendant plus de deux ans.
(cf. la carte en date du 15 avril dans le JMO de la 14e DI par exemple)




- Le 16 avril 1917, Loivre est à pris dans la journée. A 10 heures, les troupes du 133e RI parviennent dans le cimetière ; « le 23e [RI] progressant vers la verrerie de Loivre, la 9e Cie [du 133e] se lance dans le village », s’emparant d’un abri important (plus de 120 prisonniers), ce qui affaiblit considérablement les défenses allemandes. « Le capitaine fait sonner la charge, le village est pris d’assaut et est nettoyé tranche par tranche. La Sucrerie est visitée et nettoyée à son tour. » En début d’après-midi, les troupes des 23e et 133e RI dépassent le village, franchissent le canal mais sont bloquées au niveau de la voie ferrée qui sépare Loivre et Berméricourt par manque de soutien des autres unités (sources : JMO du 133e RI).

- C’est l’un des seuls succès notables de l’offensive Nivelle, devenu immédiatement objet de propagande et célébré pendant plusieurs années. La prise de Loivre, « racontée à deux reprises dans L’Illustration et sur laquelle Charles Delvert revient longuement dans Quelques héros, est érigée en cas d’école militaire par le général Buat en 1922 », qui écrit Un incomparable fait d’armes. La prise de Loivre par le 3e bataillon du 133e (16 avril 1917). (Ph. Olivera dans N. Offenstadt (dir.), op. cit., page 309)
Voir L’Illustration du 19 mai 1917


- Le front s’installe durablement sur la voie ferrée, et la situation du village change donc peu, toujours sur la ligne de feu, cette fois-ci côté français, jusqu’aux combats du printemps 1918.



- Le village, la sucrerie et la distillerie de Loivre sont entièrement anéantis quand la guerre se termine. Le territoire communal est classé en zone rouge, mais là aussi les habitants parviennent à la faire reculer et à remettre en état les champs. La croix de guerre est remise en octobre 1920.
- La population passe de 1 400 habitants avant-guerre à 558 au recensement de 1921 (chiffre stable par la suite).





- Le monument aux morts de Loivre, construit sur une hauteur en bordure ouest du village, rend aussi hommage à différents régiments ayant combattu dans le secteur : 24e, 28e, 133e.




- Au carrefour de la D30 et de la route de Courcy, un autre monument a été édifié en 1930 en l’honneur du 363e RI, présent dans la zone dès janvier 1917, qui a participé à la prise de Loivre le 16 avril 1917.

- Tous les deux sont aujourd’hui très dégradés et les inscriptions difficilement lisibles.
Voir aussi ici





- Un cimetière allemand a été créé par les autorités françaises près de Loivre : isolé au milieu des champs, on le rejoint par un chemin de terre. 4 312 soldats y sont inhumés (1 913 dans des ossuaires); la plupart ont été tués en 1918. Comme pour les autres nécropoles, les croix de bois ont été remplacées par des croix de fer dans les années 1970, assez endommagées aujourd’hui.





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B comme Brimont

- Village du département de la Marne, au Nord-Ouest de Reims, près du canal Aisne-Marne et de l’A26.
- 450 habitants

- Brimont a une histoire ancienne : situé sur une voie romaine importante (Reims-Bavay), il constitue un site archéologique antique de premier ordre.

- Le fort de Brimont est une forteresse construite à la fin du XIXe siècle (1875-1879), sur les hauteurs qui dominent le village ; il appartient à la ceinture fortifiée de Reims. Ce fort sert de prison aux Allemands pendant la guerre et de base pour bombarder la ville voisine.
- Longtemps resté base militaire, le fort de Brimont est depuis 1999 propriété de la commune.

- Le 16 avril 1917, ce sont les troupes russes qui sont engagées dans le secteur de Brimont. Le fort est l’un de leurs objectifs : il doit être pris en 6 heures. Malgré leur persévérance et des pertes importantes, ils sont bloqués sans pouvoir y parvenir, vers Courcy.
La zone reste ligne de front pendant plusieurs jours, mais sans résultat. Finalement, Painlevé et Pétain obtiennent la suspension d’une nouvelle grande offensive, le 29 avril (fait qui servira par la suite à mettre en avant positivement Pétain et à accentuer les critiques contre Nivelle). Finalement, une nouvelle attaque a lieu le 5 mai.

- Les unités combattantes de cette zone sont très touchées par les mutineries qui suivent l’offensive.

- Le village de Brimont, entièrement détruit, est reconstruit après-guerre.

jeudi 11 septembre 2008

C comme Coucy-le-Château



- Village à proximité de la D1, sur la rive droite de l'Ailette.
- 1 000 habitants

- En 1914, Coucy est pris par les Allemands.
- En 1917, lors de la retraite sur la ligne Hindenburg, ils dynamitent le château et saccagent le village.
- Coucy n’est pas directement concerné par l’offensive Nivelle, qui se déroule quelques kilomètres plus à l’Est, mais sert de base arrière aux soldats.

- En 1921, la commune de Coucy-le-Château absorbe celle d’Auffrique.


- Sur l’autre rive de l’Ailette se trouve la nécropole française et le cimetière allemand (construit par les Français) de Crécy-au-Mont, qui rassemble des corps de soldats morts essentiellement en 1914 et 1918.

V comme Voies de communication

- Au début de 1917, les voies ferrées reliant Laon à Reims et Soissons sont coupées par la ligne de tranchées. Seule une voie secondaire suit la vallée de la Vesle. En vue de l'offensive, trois lignes de dépôts sont organisées, la ligne de la vallée de l'Ardre dotée de gares-dépôts. En mars, le recul allemand permet la pose au bord de l'Aisne d'une voie reliée au réseau du Nord à Crouy avec deux gares de ravitaillement. Au total, le génie équipe la région de 510 km de voies ferrées.

- Un réseau de routes militaires est aussi mis en place. 16 000 hommes vont utiliser 450 000 tonnes de matériaux.

- L'artillerie peut ainsi être ravitaillée : dans la seule journée du 16 avril, elle consomme 1 135 000 obus (un canon de 75 pour 23 mètres de front). Le Service de Santé implante plusieurs hôpitaux d'évacuation de 3 000 lits chacun, submergés dès le premier jour de l'offensive par l'afflux de blessés. Du 16 avril au 15 mai, plus de 300 trains empruntent la voie ferrée réservée aux trains sanitaires, Fère-en-Tardenois - Meaux, transportant près de 80 000 blessés ou malades.

(Source : cheminsdememoire.gouv.fr)

mardi 9 septembre 2008

B comme Braine

(MAJ novembre 2010)






- Ville située sur la Vesle, à l’est de Soissons
- 2 100 habitants

- Braine et sa célèbre abbaye de Saint-Yved restent français pendant presque toute la guerre, à l’exception de quelques jours en septembre 1914 et, surtout, de plusieurs semaines en 1918.
- Fin mai de cette année-là, en effet, les Allemands s’en emparent, au lendemain de leur déferlement sur le Chemin des Dames : « Le 28 mai nous reprenions notre marche en avant, d’abord sans rencontrer l’ennemi qui semblait totalement dispersé. […] A l’horizon nous apercevions Braine, tenu par les Français qui nous arrosaient de rafales de mitrailleuses, depuis les hauteurs environnantes. Notre artillerie fit une nouvelle fois ses preuves. […] Bientôt les obus explosèrent sur les maisons de Braine et au milieu des nids de mitrailleuses. Il ne nous resta pas grand-chose à faire.
Une brève halte à Braine, et tout le monde se mit immédiatement à la recherche de nourriture. La plupart disparurent dans les maisons abandonnées. »
(Lieutenant von Hüllesheim, 2e régiment de la Garde à pied, cité par G. Lachaux, op. cit., page 162)

- Braine n’est que peu concernée directement par les combats de la guerre, même si elle est parfois bombardée par des obus à longue portée ou des avions : les destructions y sont mineures. La ville, qui s’est vidée d’une grande partie de sa population pendant le conflit, voit revenir rapidement ses habitants (1 500 habitants avant 1914, 1 600 après 1918).


- Braine est avant tout une base arrière et joue un rôle essentiel dans la logistique du front du Chemin des Dames. Plusieurs axes de communication majeurs passent par la ville. C’est le point obligé de la plupart des troupes qui vont vers le front ou en reviennent.
- « Braine, chef-lieu de canton, 1 500 habitants avant guerre, maintenant 500. […] Aux tranchées nous avons fait quelques économies et, avec mon escouade, nous décidons de souper en ville dans un petit restaurant. Après un repas copieux et bien arrosé, nous faisons ensemble une promenade autour de Braine. Pour prendre un raccourci, il nous faut passer sur une forte planche pour traverser la Vesle. Le camarade Montblanc tombe à l’eau, nous l’aidons à sortir, mais nous rions aux éclats. Nous revenons dormir dans notre cantonnement. » (Paul Clerfeuille, le 8 mai 1918 après deux mois passés près de Craonne, cité par R. Cazals)





- Au bord de la D14 en direction de Reims, la nécropole française de Braine rassemble sur une pente boisée 1 583 morts des combats du Chemin des Dames (dont 495 en ossuaire).




- On trouve aussi un cimetière des combattants danois de cette guerre (79 corps), le seul existant en France. Originaires du Schleswig-Holstein annexé par la Prusse en 1866, ils ont combattu dans l’armée allemande. Les corps ont été enterrés là à la demande des familles danoises après-guerre, en provenance de divers cimetières allemands de la région, lorsque le Schleswig est redevenu danois (la commune de Braine est jumelée depuis 1922 avec le Danemark, en particulier la ville d’Haderslev depuis 1956).



- Quelques tombes britanniques se trouvent dans le cimetière communal.




Site de la ville : http://www.braine.fr/

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G comme Giono (Jean)

(MAJ février 2011)


- Ecrivain français
- Manosque 1895 – Manosque 1970

- Employé de banque dès 1911 pour subvenir aux besoins de sa famille, Jean Giono est mobilisé en janvier 1915 (140e RI).
- Après Verdun, il est affecté pendant toute la fin de 1916 autour de Loivre et de la cote 108.

- Son régiment accompagne le retrait allemand de mars 1917 dans la Somme avant d’être affecté – et durement éprouvé – au Chemin des Dames du 16 mai au 27 juin, près d’Hurtebise.
- Quelques semaines plus tard, Giono participe aux travaux préparatoires à l’offensive d’octobre autour de Laffaux puis à la bataille de La Malmaison elle-même, en direction de Pinon.

- Il est légèrement gazé au mont Kemmel en 1918.
- Après guerre, il refuse d’adhérer à une association d’anciens combattants et devient pacifiste. Le souvenir de la Grande Guerre le suit, malgré ses écrits. Il écrit dans la revue Europe (1934) : « Depuis 20 ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne suis pas encore lavé de la guerre. L’horreur de ces quatre ans est toujours en moi. » Il prône le refus d’obéissance en 1939 ; il est arrêté (une deuxième fois à la Libération).

- En 1939, dans Recherche de la Pureté, il parle de « la boucherie en plein soleil des attaques Nivelle au Chemin des Dames ».


Source principale : Guy Marival – 1917 Le Chemin des Dames – L’Aisne Hors-série

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M comme Mons-en-Laonnois

(MAJ septembre 2010)





- Village du sud-ouest de Laon
- 1 080 habitants

- En 1914, Mons-en-Laonnois offre un site privilégié aux Allemands qui l’occupent à partir du 1er septembre. On trouve en effet de nombreuses creutes sur les hauteurs du village ; de plus, au-dessus de Mons, on a construit à la fin du XIXe siècle le fort de Laniscourt, déclassé en 1912 comme tous ceux de la région.
Voir http://www.fortiff.be/iff/index.php?page=l34

- Occupé pendant plus de 4 ans, le village subit les affres de la présence ennemie, notamment avec des prises d’otages et une évacuation au moment de l’offensive de La Malmaison, à l’automne 1917.


- En 1921, le recensement donne à Mons-en-Laonnois à peu près autant d’habitants que lors de celui de 1911 (532 habitants).





- A proximité, les Français ont aménagé en 1920 un cimetière allemand qui regroupe des corps issus de 45 lieux d’inhumation (en particulier Vauxaillon). Il regroupe 5 010 corps de combattants du Chemin des Dames, dont 1 753 dans deux ossuaires.
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/cimetiere_detail.asp?cimetiere=46





Sources :
http://www.mons-en-laonnois.fr/vivre_a_mons/patrimoine_et_curiosites

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dimanche 7 septembre 2008

P comme Poteau d'Ailles


- Lieu-dit situé sur le Chemin des Dames, au point le plus haut de celui-ci (200 mètres), à mi-chemin entre Hurtebise et Cerny.

- Le Poteau d’Ailles est situé sur la ligne de front le 16 avril 1917, au début de l’offensive Nivelle. Il est un des lieux où les troupes françaises n’avancent pas du tout : les troupes coloniales qui parviennent au-delà du Chemin des Dames, voire jusqu’à l’Ailette, ne parviennent pas à revenir vivantes (10e DIC) …
Elles sont relevées par le 64e RI. « La relève est effectuée dans des conditions excessivement pénibles, dans un terrain recouvert d’une boue happante et avec des guides mal orientés. Le régiment prend un secteur d’attaque inexistant et présentant en 1ère ligne un large trou sans fin ».
Le Poteau d’Ailles est dépassé après l’offensive du 5 mai.
(source : CRID 14-18)


- C’est aujourd’hui une ferme construite après la première guerre (en 1924 ?), un immense ensemble de plusieurs bâtiments.